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EAN : 9782732492612
400 pages
Éditeur : Editions de la Martinière (07/01/2021)
4.22/5   95 notes
Résumé :
Maudite année 1798 pour la Pâqueline ! D'abord le procès de son fils Victor, qui lui vaut une réputation ignominieuse. Et maintenant l'incendie de sa maison ! Réfugiée chez son rejeton, qui a fait fortune de son métier d'embaumeur et de trafics d'organes, exaspérée, elle accouche d'une idée diabolique : elle va lui jeter au visage les secrets dramatiques de son enfance, en couvrant les murs de ses écritures. Et ira jusqu'à le dépouiller de ses richesses...
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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ODP31
  17 février 2021
Une peau de vache bien tannée mais attachante.
Dotée d'un instant de survie plus développée que son instinct maternel, La Pâqueline squatte le logis de son Victor de fils, embastillé pour un usage un peu trop privatif de son métier d'embaumeur.
Nous sommes en 1798 et les Lumières n'éclairent pas l'âme tamisée de la marâtre. En revanche, ces temps agités où la guillotine avait tranché de la particule et où l'espérance de vie relevait de l'oxymore, les croque-morts comme Victor, artiste dans son domaine, avaient fait fortune.
Sans le sou mais pas sans ressource, la veuve dépose tous les biens du fiston chez quelques recéleurs. Un mont de piété sans pitié. La Pâqueline va aussi reprendre le commerce macabre du rejeton en optimisant les bénéfices. Entre la revente des effets personnels ou tenues mortuaires plus ou moins élégantes de sa clientèle avare en réclamation et le troc de quelques abats à des étudiants en médecine en manque de travaux pratiques ou à des tanneurs de cuir bio, la Pâqueline fait peau neuve. Tout est bon dans le macchabé et les cercueils sont moins lourds à porter. Une mise en bière sans alcool ni dents en or.
Plus agacée qu'émue que par les pleurnicheries carcérales de son unique descendance, la mère indigne va muer en Valérie Damidot et écrire son histoire diabolique, à l'aide d'une plume volé sur le cul du paon qui lui tient compagnie, sur les tapisseries du logement du rejeton pour que l'ingrat découvre sa dramatique généalogie. Cela change de la cloison peinte couleur parme ou crème de marron.
Isabelle Duquesnoy alterne dans son récit les mauvais coups de la Pâqueline avec l'enfance un peu « Cosettienne » de son épouvantable héroïne. le présent est truculent, le passé impitoyable. Itinéraire d'une enfant pas gâtée, sauf ses dents.
Je ne confierai pas mon chat en pension à l'abominable Pâqueline mais la verve rabelaisienne d'Isabelle Duquesnoy m'a rendu ce récit très sympathique. La très grande érudition de l'auteure immerge le lecteur dans l'époque, mais pas dans les pas de Bonaparte en voyage organisé en Egypte ou ceux des acteurs essoufflés du Directoire. Isabelle Duquesnoy nous raconte les rustres, les vauriens et ceux qui ne valent pas davantage et c'est jubilatoire.
Suite de « L'embaumeur » que je n'ai pas encore déterré de ma bibliothèque, La Pâqueline peut se savourer à l'unité ou à l'unisson.
Une histoire originale, merveilleusement rythmée, qui ne ravira pas que les thanatopracteurs. Une masse critique qui, malgré son sujet, mérite bien plus de remerciements que de condoléances.
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Iboo
  04 février 2021
Je ne le formulerais pas mieux que cette mention en 4ème de couverture : "Isabelle Duquesnoy écrit dans une langue époustouflante, entre préciosité du XVIIIe siècle et démesure rabelaisienne".
Ce roman est étonnant, insolent, je dirais même mieux : culotté ! Cette histoire, ces personnages, il fallait les trouver ; il fallait oser. Et cette écriture, ce style qui ne cherche pas à plaire et qui colle si bien à cette "monstrueuse" Pâqueline qu'effectivement, on se surprend à détester et à aimer à la fois.
Aucun laisser-aller, aucun à peu près non plus, dans les détails relatifs au contexte historique de l'affaire. Il est clair que ceux-ci ont fait l'objet de recherches appliquées.
Un grand bravo à Isabelle Duquesnoy ! Elle m'a épatée et, bon sang, comme ça fait du bien de sortir des sentiers battus.
Je tiens à remercier sincèrement les Editions La Martinière pour cet envoi gracieux.
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Kittiwake
  20 février 2021
La Pâqueline ! Un sacré personnage et un roman ébouriffant!

Très dépaysant, même si l'histoire se déroule entre Paris et la Normandie : nous sommes au dix-huitième siècle ! Autres temps, autres moeurs et on en apprend à chaque page, de l'art de vivre (c'est du second degré) dans les villes et les campagnes du siècle des Lumières.
La construction est aussi originale, puisque la Pâqueline, que l'on découvre au début du roman, veuve et bannie de son village, rejoint Paris alors que son fils croupit en prison pour un crime très moche, et dont la victime ne se sera pas plainte et pour cause. C'est sur les murs de la demeure de son gredin de fils que la dame décide de conter son histoire…
Outre l'intérêt historique, qui permet de se faire une idée de la vie quotidienne de cette époque, et on doit reconnaitre le talent de l'auteur pour que les leçons délivrées s'intègrent plutôt bien dans l'histoire, c'est aussi un roman truculent et drôle, rythmé par des dialogues hauts en couleur. de quoi enrichir également un lexique en insultes originales qui, de datées, pourraient avec bonheur devenir cultes.
La Pâqueline ne mérite certes pas le bon dieu sans confession, mais elle croise un certain nombre de personnages qui, eux, mérite de griller en enfer sans passer par le purgatoire.
Découverte de cette autrice et bien envie d'en savoir plus et de découvrir ses autres romans.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Bazart
  02 février 2021
La Pâqueline aurait-elle été touchée par la grâce de l'instinct maternelle ? Pâqueline Sénéchal, veuve de Johann Renard, rend visite à son fils Victor l'embaumeur qui se morfond sur la paille humide d'un cachot.
Victor, qu'elle a foutu à la porte il y a plus de deux ans et qui a eu l'arrogance de faire honteusement fortune depuis.
Il faut dire qu'en cette fin de siècle le commerce de cadavres royalistes ou contre-révolutionnaires est des plus florissant.
Mais la Pâqueline n'a plus de maison, alors le magot et l'appartement bourgeois de la rue des Blancs-Manteaux vaut bien une petite visite à Victorniole. Une mauvaise femme la Pâqueline, peut-être, une mauvaise mère certainement, mais elle a été aussi une petite fille qui n'a pas eu la vie facile.
Et ça la Pâqueline, de peur de l'oublier, l'écrit sur les murs nus de l'appartement, quand Victorgoule rentrera chez lui, il aura une sacrée surprise.Ses souvenirs, la Pâqueline, les verrait bien imprimés dans un joli livre à couverture de peau humaine.
Ah oui, j'oubliais, la Pâqueline, durant le séjour en prison de son cher Victor, a repris son commerce.
Chez les Renard, les cadavres on ne fait pas que les détrousser, on les découpe et les désosse
La France en cette fin de dix-huitième siècle, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Diderot, la France au temps des Lumières et de la pensée philosophique humaniste, certes, elle bien là quelque part mais tout de même bien cachée.
Et ce n'est vraiment pas sous cet angle là qu'Isabelle Duquesnoy a décidé de la raconter, notre Histoire de France.
Il faut dire qu'Isabelle Duquesnoy est une romancière érudite à l'écriture fleurie, les lecteurs de «L'embaumeur », son précédent et formidable ouvrage, ne l'ignorent plus.
Johann, Pâqueline et Victor sont bien des héros, mais les héros d'une autre Histoire de France.
Un roman qui se lit le coeur et le rire au bord des lèvres, vivement la suite!!


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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tynn
  19 février 2021
Oyez, citoyens!
Voici le récit d'une détestable et odieuse mère, génitrice d'un fils non désiré qu'elle exècre.

Qu'elle est insupportable, cette Pâqueline Renard !
Rongée de haines recuites, ruinée et conspuée, elle macère des rancoeurs solides envers ses contemporains et déteste encore plus un fils contrefait, embaumeur pervers, emprisonné pour actes licencieux sur cadavres.
Le contexte est fleuri, le propos égrillard et paillard, la légèreté décapante.
Le décor du Paris du Directoire est posé, avec ses rues qui grouillent, parfumées de pestilence, peuplées d'individus qui puent, pètent, vocifèrent et s'injurient. L'argument narratif se décline en deux parties imbriquées, entre souvenirs de la Pâqueline jeunette et attachante, et son quotidien de veuve, rusée et malhonnête.
Dans un style rabelaisien, par une tonalité d'humour et d'exagération dans l'exécrable et le monstrueux, et par le raffinement décalé d'une écriture 18ème siècle, la vie de la mégère s'apparente à une tragicomédie qui se déguste sourire aux lèvres, non sans se délecter de la solide érudition sur l'époque, ses us et coutumes.
Faisant diptyque avec L'embaumeur, précédent opus tout aussi truculent, Isabelle Duquesnoy, toujours très inspirée, nous offre un revigorant roman historique !
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   02 février 2021
Nous longeâmes la rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie, où l’on proposait des locations à la verticale : une cuisine en bas et une chambre au dernier étage, sous les combles. Paiement du loyer d’avance et interdiction de s’aviner ou d’entreposer ses affaires dans l’escalier commun. J’avais oublié l’amabilité légendaire du Parisien se méfiant du paysan aux habits usés, de l’étranger au teint olivâtre, des chiens galeux comme des chats errants, des femmes sans escorte, des aigrefins sans panache, des boutons, cloques, bubons et pustules du mendiant, du vin trop clair et de la bière sans mousse, du pain sans farine et des figures sans fards. »
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mongebmongeb   22 janvier 2021
Maudite fin d’année 1798.

Il y avait eu d’abord l’insupportable humiliation, le procès de Victor, son fils : onze jours d’audience à l’écouter la calomnier, la décrire mauvaise mère, nuisible, et prétendre que c’était elle qui l’avait conduit sur le chemin de l’horreur.

Elle ne s’était jamais sentie responsable du crime de son garçon pourtant, d’ailleurs les juges et la police ne l’avaient pas inquiétée. Mais la déchéance de son rejeton l’avait salie autant qu’elle l’avait rendue célèbre. Dès le premier jour de l’affaire, on avait chicoté sur son passage : « C’est Pâqueline Renard, la mère de l’embaumeur, celui qui s’est fait surprendre en train de foutre un cadavre. »

Alors, elle courbait l’échine dans la rue, baissant les yeux devant ses voisins ; elle murmurait « je rentre chez moi » car, à cette époque, elle avait encore un logement. Mais une troupe de garnements lui avait jeté des cailloux, brisant ses carreaux de cuisine ; ses volets restaient fermés tout le jour, le vitrier ayant refusé de réparer sa fenêtre. Elle se couchait avant la tombée de la nuit, entre ses draps rêches, accablée de honte et les doigts blancs de convulsions.

Autrefois, sa maison leur rapportait quelques revenus : l’étage était occupé
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EdieEdie   24 janvier 2021
On l'avait craint. On l'avait détesté, mais on avait adoré le haïr. Simplement parce que l'ensemble de ces petites cervelles était incapable de concevoir que, dans son esprit embrouillé par le chagrin, Victor n'avait pas profané un corps. Non, il était persuadé de l'avoir chéri au-delà de mort.
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BazartBazart   02 février 2021
Tu peux graisser tes roues avec le gras d’un pendu, tout le monde s’en moque. Les membres du Directoire eux-mêmes éclairent leurs réceptions avec mes huiles récoltées sur les cadavres. Tu r’garderas ce soir, les lampions au palais du Luxembourg… Tu penseras à moi, et aux épiciers du quartier qui en vendent tous les jours !

Pâqueline, la fenêtre du coche ouverte, avait tout entendu. Décidément, à Paris, tout le monde faisait commerce des morts, sans vergogne. Elle n’avait plus à avoir honte… »
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MontanaMontana   21 avril 2021
Pâqueline perdit ses nerfs et se redressa. Elle sortit son pistolet, le brandit vers la victime, puis l'agita en direction du perron pour marquer sa direction. Mme Faudais eut un mouvement d'effroi et se laissa pencher en avant.
- Il serait fâcheux que je m'énervasse, et qu'un faux mouvement m'échapisse, menaça Pâqueline.
- M'échapisse ? Mais d'où sort-elle, la rustaude?
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Vidéo de Isabelle Duquesnoy
[EMISSION] LES COUPS DE COEUR DES LIBRAIRES 15-01-2021
L'émission "Le coup de coeur des libraires est diffusée sur les Ondes de Sud Radio, chaque vendredi matin à 10h45. Valérie Expert vous donne rendez-vous avec votre libraire Gérard Collard pour vous faire découvrir leurs passions du moment ! • Retrouvez leurs dernières sélections de livres ici ! • • La familia grande de Camille Kouchner aux éditions Seuil https://www.lagriffenoire.com/1068600--la-familia-grande.html • Mademoiselle Coco et l'eau de l'amour de Michelle Marly et Dominique Autrand aux éditions Fleuve https://www.lagriffenoire.com/1069159-jeunesse-mademoiselle-coco-et-l-eau-de-l-amour.html • La Dame du Ritz de Melanie Benjamin aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/1060860-divers-litterature-la-dame-du-ritz.html • le N°5 de Chanel. Biographie non autorisée. de Marie-Dominique Lelièvre aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1067722&id_rubrique=51 • L'embaumeur - ou L'odieuse confession de Victor Renard de Isabelle Duquesnoy aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=116284&id_rubrique=12 • La Pâqueline: ou les mémoires d'une mère monstrueuse de Isabelle Duquesnoy aux éditions De La Martinière https://www.lagriffenoire.com/1069144-jeunesse-la-paqueline-ou-les-memoires-d-une-mere-monstrueuse.html • Comment cuisiner les lapins de Manon Gauthier et Michaël Escoffier aux éditions Kaléidoscope https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1033429&id_rubrique=4 • Fais coucou ! de Giuliano Ferri et Julie Duteil aux éditions Minedition https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1062117&id_rubrique=4 • Porculus (Edition de luxe) de Arnold Lobel aux éditions L'école des Loisirs https://www.lagriffenoire.com/1067717-romans-porculus.html • Isabelle de Arnold Lobel aux éditions L'école des loisirs https://www.lagriffenoire.com/1067718-romans-isabelle.html • La chute de Nixon de Georges Ayache aux éditions Perrin https://www.lagriffenoire.com/1056192-romans-la-chute-de-nixon.html • • Chinez & découvrez nos livres coups d'coeur dans notre librairie en ligne lagriffenoire.com • Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • Notre Newsletter https://www.lagriffenoire.com/?fond=newsletter • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel • • • #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #sudradio #conseillecture #editionsseuil #editionsfleuve #editionsalbinmichel #editionsjailu #editionspoints #editionsdelamartiniere #editionskaléidoscope #editionsminedition #editions #editionslecoledesloisirs #editionsperrin
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