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ISBN : 2355362335
Éditeur : Carnets Nord (26/01/2017)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Août 1939. Qui peut se douter de ce qui va se déchaîner, dévaster tant de vies? Marguerite est à son bonheur, son mariage avec Pierre, son amour de jeunesse. Un mois de lune de miel dans leur petite maison de l’est de la France. Puis Pierre est mobilisé. La France est occupée. Marguerite va devoir affronter la solitude, la dureté d’un monde de plus en plus hostile, mais aussi découvrir sa propre force, l’amitié, les émotions qui l’agitent. Au contact de Raymonde, la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  10 mars 2017
Août 1944. Une grande partie de la France est libérée, mais au milieu de la liesse populaire se déroulent des scènes dramatiques, car il s'agit aussi de faire payer ceux qui ont pactisé avec l'ennemi, de se venger, voire de se dédouaner à bon compte. Quelques jours après la libération de la ville, trois gars attendent Marguerite à la sortie de l'usine pour la conduire sur la place de l'hôtel de ville où elle sera tondue, enduite de trois croix gammées au goudron sur son front et ses joues et affublée d'un carton portant l'inscription «collaboratrice horizontale».
Après cette scène inaugurale violente, Jacky Durand reprend le récit dans sa chronologie. Il retrace les cinq années qui ont précédé, depuis cette année 1939 qui a vu la célébration de son mariage avec Pierre et l'emménagement dans leur nouveau foyer. Un bonheur qui ne durera que quatre semaines, jusqu'à la mobilisation générale et le départ du jeune mari vers le front de l'Est. La période qui suit va être difficile à supporter pour la jeune fille, confrontée à une brutale solitude.
« Marguerite s'effraie et enrage de ce manque trop grand pour la seule absence d'un vivant, de son impuissance à la maîtriser, à le supporter. » Il lui faut certes gérer les affaires courantes, constituer des réserves pour l'hiver, mais le temps s'est comme arrêté dans l'attente d'informations venues de la ligne Maginot.
Et quand un cheminot arrive, porteur d'un message de son mari, les quelques lignes griffonnées pour rassurer son épouse sont décevantes.
Ce n'est qu'à l'approche de Noël qu'une vraie lueur d'espoir arrive : « Mon amour, retrouve-moi à la gare de A., le 24 vers midi, nous passerons Noël tous les deux, je te le jure. »
Un voyage périlleux qui a fallu ne jamais avoir lieu. Fort heureusement l'épouse d'un officier a offert son aide à Marguerite et elle a pu partager quelques heures d'intimité avec Pierre. Sans se douter que cette rencontre sera la dernière avant la fin de la guerre, Marguerite «sent déjà le froid de sa cuisine quand elle ouvrira la porte.»
Quelques heures de ménage chez Raymonde, la receveuse des Postes, vont permettre à Marguerite d'améliorer son ordinaire. Mais aussi de se rendre compte qu'une femme n'est pas forcément sous les ordres d'un mari, fidèle servante d'un ordre établi. le jour où elle découvrira que Raymonde s'est engagée dans la résistance, qu'elle fait passer la ligne de démarcation à des personnes recherchées, elle gagnera en assurance. Quand elle est embauchée à l'usine, elle tiendra tête au contremaître qui semble tenir pour acquis son droit de cuissage sur les ouvrières.
Une autre rencontre va la transformer bien davantage, celle du jeune André qui vit avec sa mère et ses frères et soeurs dans une roulotte. Elle offrira au garçon de la nourriture et des vêtements, il coupera du bois pour elle. Mais surtout, il se liera d'amitié avec Franz, un Allemand qui le prendra son son aile protectrice et évitera à la famille d'être raflée par la Gestapo.
Si Marguerite est plus que méfiante face à cet ennemi, il lui faudra bien vite convenir que ce soldat est «plus courageux que la plupart de ses voisins. Elle veut savoir pourquoi il agit ainsi, à prendre des risques qui pourraient le mener au peloton d'exécution. »
Avec beaucoup de finesse, l'auteur décrit ce lent et imperceptible mouvement, l'évolution de la psychologie de Marguerite, la mutation de l'attente «en un espoir immobile», ce «drôle de sentiment, mélange d'amertume, de résignation mais aussi de soulagement.» L'émancipation d'une femme qui choisit de ne plus subir, mais de décider de son destin, de chercher le vrai derrière les apparences, de ne pas cacher ses sentiments. Quitte à déplaire au point d'en arriver à la scène traumatisante qui ouvre le livre.
Car l'un des points forts de ce livre tient justement à sa construction. le lecteur va finir par comprendre pourquoi et comment Marguerite a été tondue. Mais il sera ensuite invité, en guise de conclusion, à suivre Marguerite durant l'été 1945. L'été où tout devient possible.

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motspourmots
  29 janvier 2017
Marguerite. Un portrait de femme inoubliable. Plein de sensibilité dans sa façon de s'attacher aux détails d'une vie simple, aux sentiments d'une femme encore en devenir dont l'apprentissage est accéléré par les événements. On ne grandit pas de la même façon en temps de guerre qu'en temps de paix.
Dès la scène d'ouverture, le personnage de Marguerite vous happe pour ne plus vous lâcher. Une scène difficile, très dure, témoignage de ce qu'ont vécu des centaines de femmes après la guerre, une fois que la Libération a permis à ceux qui n'avaient pas eu le courage d'affronter les vrais ennemis de se rattraper sur des proies plus faciles et de se racheter une conscience. Que s'est-il passé pour que Marguerite se retrouve ainsi tondue, insultée et molestée en place publique ? C'est tout l'objet de ce premier roman très réussi qui nous plonge dans la réalité d'une existence parmi d'autres, celle d'une anti-héroïne simplement occupée à vivre du mieux possible.
Car Marguerite et Pierre sont mariés depuis moins de quatre semaines lorsque la guerre éclate à l'été 1939. Amoureuse, Marguerite attend, cultive ses légumes, nourrit ses poules dans cette campagne du nord-est de la France, à portée de train de la ligne de front sur laquelle rien ne bouge. Elle espère Marguerite. Après tout, ce ne devait être l'affaire que de quelques semaines, qui s'éternisent néanmoins. Dans le village, la vie s'organise entre femmes, à l'usine où règne un contremaitre profiteur et harceleur, dans les champs où il faut bien remplacer les hommes. Habituée à la tutelle d'un père, puis à l'idée de celle d'un mari, Marguerite doit apprendre à se prendre en charge, à se protéger et à décider pour elle-même. L'exemple de Raymonde, la postière engagée dans la Résistance, libre et rebelle la met sur la voie. La compagnie d'André, un petit gitan dont la famille se cache dans les bois lui apporte un peu de réconfort. L'arrivée de Frantz, un soldat allemand plus humain que soldat provoque en elle un chapelet de sentiments contradictoires.
L'auteur parvient à montrer une réalité loin des images d'Epinal. Une zone grise où les bons et les méchants ne sont pas ceux que l'on croit. Tout ceci est vu et perçu à travers les yeux de Marguerite qui oscille entre naïveté adolescente et méfiance instinctive. Les échos de la guerre et du sort réservé aux juifs et aux tziganes arrivent par bribes étouffées dans cette campagne éloignée des centres de décision. le sens du collectif s'efface souvent face aux intérêts personnels de ceux qui exploitent la situation pour en tirer un maximum d'avantages.
Le livre refermé, reste la figure de Marguerite, libre et fière, meurtrie mais debout face à l'hypocrisie. Une femme plus forte, tout simplement.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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nilebeh
  18 mars 2017
Marguerite, Jacky Durand

Marguerite fait partie de « ces petites mémères » de qui Jean Rochefort a déclaré un jour qu'il aimerait qu'on leur fiche la paix après ce qu'elles ont vécu, tant ce fut douloureux, honteux, perturbant, injuste aussi parfois.
Car cette Marguerite- là a vécu du mieux qu'elle a pu entre septembre 1939 et l'été 1945, dans son petit village de l'Est de la France où chacun sait et commente ce que fait le voisin. D'ailleurs, sa voisine Germaine ne s'est pas fait défaut de les observer, elle et son mari Pierre, derrière son rideau, pas très loin du cadre rayé d'un ruban noir qui représente son fils Célestin, mort au combat. Et pourtant Germaine deviendra une alliée, une amie pour Marguerite durant toutes ces années de solitude, seule à en crever, tenant bon et exécutant toutes les tâches, même les plus dures, que faisait son Pierre « avant ». La vieille dame la soutiendra, lui offrira de vrais repas cuisinés, dans de vraies assiettes, à elle qui n'en peut plus de fatigue et mange à même la casserole les légumes qu'elle fait pousser au potager, près du feu qu'elle se tue à alimenter du bois qu'elle peine à bûcheronner et à détailler en bûches sur son billot, comme un homme.
Car elle fait tout comme un homme, comme son homme, celui qu'elle a épousé un mois avant la guerre, dont le souvenir du corps et des caresses vient la troubler quelque temps, ravivé par l'odeur de vêtements qu'elle ne lave pas, puis, les mois et les années passant, qu'elle finit par ne plus reconnaître comme étant ceux de ce Pierre qu'elle attend, qu'elle attendait, qu'elle n'attend plus. le coeur muselé, la libido cadenassée. Marguerite ne sait même plus ce qu'elle attend. Les lettres maladroites se sont interrompues, une escapade un soir de Noël vers la ligne Maginot reste un souvenir flou.
Dans cette grisaille, ce dés-espoir au sens littéral, un rayon de soleil, une piqûre d'énergie : André, le jeune Gitan qui vient tous les dimanche chez elle manger un vrai repas et recevoir les vêtements qu'elle a préparés pour lui ; Raymonde, l'employé des Postes qui lui trouve un petit travail dans son service et fait en secret passer des juifs de l'autre côté de la frontière. de la tendresse, de la confiance, de l'énergie pour se trouver encore une raison d'être là, dans ce paysage morne et étouffant des années de guerre.
Alors, que c'est-il passé pour qu'au lendemain de la Libération, des hommes excités comme des fauves avides de sang, s'emparent de Marguerite et de son amie Josette, la malmènent et la poussent sous les griffes de la tondeuse du coiffeur local ? La poussent vers le désespoir et la douleur, jusqu'à se réfugier dans cette roulotte de la famille gitane qu'elle a tant aidée ?
Roman à l'écriture incisive, lapidaire parfois, ou bien se délectant de longues évocations du monde villageois de l'époque, là où rien n'est facile, rien n'est limpide, ni les méandres des pensées de Marguerite, ni l'hypothèse d'un future tellement hasardeux.
Quand Frantz, cet Allemand atypique, fait son entrée dans la vie de Marguerite, c'est un petit souffle d'air léger qui arrive avec lui. On s'en veut de s'attacher à lui, tout comme Marguerite, et au final, on se dit : pourquoi pas ? Si l'humanité et la bienveillance dans ce monde fruste doit venir de l'ennemi, pourquoi pas ?
L'auteur ne juge pas, ne prend pas clairement position, n'exclut pas non plus la résilience. La vie n'est pas faite que de noir et de blanc, de tort et de raison. Facile ? Peut-être. Utile ? Sans aucun doute.
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karineln
  20 mars 2017
Dans le cadre de mes premières « 68 premières fois », alors même que j'en suis à ma quatrième lecture avec le roman Marguerite, je constate avec amusement et léger dépit mes erreurs de débutante, toute à sa joie fébrile et pétillante et aussi maladroite et inexpérimentée. J'avais parcouru quelques premières chroniques et messages postés autour de cet ouvrage qui suscitait des avis contraires, certains heureux, d'autres plus réservés, teintés d'ennui ou de déception. Mal m'en a pris, j'ai bien perçu ma réticence et un enthousiasme grisé quand j'ai débuté ma lecture. J'ignore si cet état d'esprit, fâcheusement influençable, a joué dans la découverte de l'histoire de cette jeune femme amoureuse, et toute jeune mariée, à l'orée d'une guerre dont elle ne peut deviner la longueur et l'horreur : j'ai éprouvé un peu d'impatience…et n'ai pas eu d'élan vers Marguerite et son Pierre.
Une belle écriture dans un style académique, ou pourrait-on dire classique, joue paradoxalement en sa défaveur…au début. Car il faut bien admettre que ce roman est très bien construit et que, chemin faisant, nous observons la mue de Marguerite, ravie et légère toute consacrée à son foyer et son homme, en une femme mature, aguerrie par la rudesse d'un pays envahi par l'ennemi et vidé de ses hommes. On admire son courage, et sa façon bien quotidienne, sans héroïsme, de résister, de refuser la fatalité et de gagner sa liberté de penser et d'agir, de mener sa barque. La vie rurale nous est parfaitement décrite dans sa dureté, dans les rapports aux autres à la fois méfiants, brutaux et en générosité non revendiquée, sans oublier la solitude. La rugueuse et triste solitude qui emmure et enveloppe tout à la fois : Marguerite s'en empare, accueille son abysse sans fuir son chagrin mais s'y appuie pour épanouir un tempérament certainement larvé, latent.
C'est bel et bien le portrait d'une femme qui apprend à s'écouter au-delà des convenances, sans clameur ou fracas, s'efforçant à réfléchir et à entendre ce qu'elle perçoit de son environnement immédiat, de ses sensations et autorisant la rencontre avec l'altérité… Marguerite évolue intelligemment et simplement et puise sa force dans les richesses de la terre, dans l'acceptation d'un temps qui défile et vieillit, dans l'observation d'un corps qui se bat, se muscle et se courbe, dans une féminité un peu ternie mais jamais vraiment abandonnée….et tout ça sans manifestation de grandeur, sans discours grandiloquent, dans la discrétion des plus grands.
L'écriture est classique mais réussit à nous faufiler dans les détails d'un quotidien de campagne qui en fait son charme. Je n'ai d'ailleurs pas relevé de phrases, ni de passages précis….J'ai d'avantage été prise dans une atmosphère, un décor, un rythme que l'écriture sert avec beaucoup de justesse. Rien de révolutionnaire sans doute dans ce roman à l'image de cette femme tout à la fois singulière et normale, tout juste « fort caractère » jeté au piloris de la bêtise groupale assoiffée de vengeance et de pouvoir, une femme qui drapera et protégera de son silence la liberté d'être soi, une femme comme de nombreuses autres sur qui les projecteurs ne se braquent pas malgré une force et une solidité dignes des bravoures honorées.
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zazy
  16 juin 2017
« Pensez donc, elle a couché avec les Allemands, Marguerite. C'est écrit en gros sur son front et ses joues : trois croix gammées peintes avec le trait épais et gras du goudron encore tout frais».
Nous sommes en août 1944 dans une petite ville française désertée par les allemands. Des mâles ont chopé deux femmes, dont Marguerite, accusées d'avoir couché avec l'occupant. Ces hommes qui la tondent se prétendent de la résistance, mais certainement juste après le départ des allemands ! Mais là n'est pas l'argumentaire du livre de Jacky Durand.
Après cet épisode, nous remontons le temps. Août 1939, Marguerite est heureuse, elle vient de se marier avec son homme, Pierre. Un bonheur qui ne durera qu'un mois.
« La guerre va frapper à leur porte, Marguerite le sait, Pierre sait qu'elle sait mais ils n'en parlent pas. le silence est la plus supportable des complicités. »
Pierre part au front, enfin là où on l'envoie dans cette drôle de guerre. Commence le mal de l'absence du corps de Pierre, l'ennui, la lente descente dans la solitude.
« C'est le vide et le silence qui se sont engouffrés entre les murs. Tout est devenu froid, inanimé. »
Une petite éclaircie avec une permission volée et des retrouvailles teintées de gris un soir de Noël, puis plus rien, il est prisonnier quelque part.
Heureusement quelques figures bienveillantes mettent un peu de bleu dans son ciel gris. Raymonde la receveuse des Postes, entrée en résistance, lui propose des heures de ménage. Ce sera sa première décision prise sans en référé à son homme. Germaine sa vieille voisine, tant détestée aux heures heureuses, la soutient.
André, un jeune gitan va lui permettre de redonner un peu de sens à la grisaille de sa vie. Juste avant Noël,
« Un gamin rougeaud apparaît, il a les bras chargés de paniers en osier de toutes les ailles dont les anses strient sa pauvre veste rapiécée ». Après l'avoir refoulé, elle remarque que le gamin à la place de godasses « a les pieds enroulés de lambeaux de tissus crasseux maintenus par de la ficelle ».
Prise de pitié, elle lui achète un panier, lui offre un bon café chaud et une tartine beurrée, quelques provision et… la peau du lapin qu'elle vient d'écorcher. C'est leur première rencontre, mais pas la dernière. Un rituel se met en place ; chaque dimanche, il vient manger avec elle et repart avec nourriture et vêtements pour lui et sa famille qui vit dans une roulotte délabrée.
Un jour, elle découvre André chantant la Marseillaise à un soldat allemand ! Imaginez la scène ! C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Franz officier allemand, occupant... Les clichés sur le boche en prennent un coup avec cet allemand qui prend André, un gitan, sous son aile.
«Plus courageux que la plupart de ses voisins. Elle veut savoir pourquoi il agit ainsi, à prendre des risques qui pourraient le mener au peloton d'exécution. ».
Des sentiments contradictoires agitent Marguerite, entre attirance et méfiance, curiosité et peur.
Petit à petit Marguerite découvre la liberté, s'enhardit, est capable de tenir tête au contremaître de l'usine où elle travaille comme un homme, accepte de déplaire aux autres, à ne pas être un mouton. Je la vois prendre de l'assurance au fil des pages. le manque de Pierre se dissipe pour laisser place à un espace de liberté et une crainte du retour, quelque chose d'indéfinissable, même si elle pense que son Pierre n'est pas comme les autres
« Mais Marguerite, elle, redoute qu'avec les hommes revienne la soumission »,
.Marguerite découvre la liberté de soi. Forte tête, elle a trouvé un certain équilibre dans la solitude, s'abrutissant des besognes autrefois accomplies par Pierre, elle y trouve beaucoup de fierté.
André satisfait son besoin de tendresse, de prendre soin de quelqu'un d'autre. C'est osé, à cette époque, d'aider des gitans, alors voués aux camps d'internement.
Marguerite ne veut pas que je m'apitoie sur son sort et l'écriture de Jacky Durand par une certaine distanciation permet cela. Pourtant, à certains moments, le voile se déchire et l'émotion arrive.
Une femme digne.
Livre lu dans le cadre des 68 premières fois

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   10 mars 2017
Marguerite descend de l’estrade par une petite échelle de bois, sa main droite serrant le haut de sa robe sous son menton. De profil, elle ressemble à l’un de ces grands oiseaux charognards qui ont le cou et la tête déplumés.
Pour la photo, on la fait mettre à genoux à l’avant d’une rangée d’hommes, plutôt jeunes, dont certains portent cartouchières et fusils. Ils sourient, insouciants comme des conscrits avant les classes. Un morceau de carton passe de main en main provoquant l’hilarité. On le place bien en vue devant les deux femmes afin qu’on puisse y lire les mots de « collaboratrices horizontales » peints en blanc. (p. 12-13)
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DOMSDOMS   12 janvier 2017
C’est le silence qui surprend désormais après la colère des hommes. Comme s’il ne s’était rien passé en cette fin d’août 1944 dans cette sous-préfecture endormie par la chaleur. Sauf une pluie d’orage qui a déposé une odeur de mouillé sur le gravier échauffé où une vieille traine les pieds dans des chaussures trop grandes. On entend le chuintement pénible de ses pas qui s’éloignent alors que monte le bruit rauque d’un char Sherman remontant du fleuve. La guerre est bien encore là.
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motspourmotsmotspourmots   29 janvier 2017
La guerre va frapper à leur porte, Marguerite le sait, Pierre sait qu'elle sait mais ils n'en parlent pas. Le silence est la plus supportable des complicités
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Vinie1984Vinie1984   08 mars 2017
C'est devenu un rendez-vous hebdomadaire. Tous les dimanches, après le déjeuner, André disparaît au coin de la maison pour retrouver Franz assis sur une borne en granit. Cela fait jaser dans le quartier. Pensez donc ,un boche qui parle à un petit Gitan. On les observe derrière les rideaux, on soupçonne le gamin d'être un mouchard contre une poignée de bonbons, 3 tranches de saucisson. On accuse l'Allemand d' ''en être'', de ceux qui convoitent les petits garçons. Et puis cette femme qui le recueille tous les dimanches, qui ne parle à personne, qui s'est marié un mois avant la guerre, comme si elle avait pu ignorer ce qui allait se produire.
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