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EAN : 9782207109793
270 pages
Denoël (11/10/2012)
3.77/5   15 notes
Résumé :


Tous les grands procès d'assises connaissent un point de bascule, un moment précis qui résume l'audience et, parfois, en détermine l'issue. Revirement spectaculaire d'un témoin, aveux inattendus d'un accusé, plaidoirie d'un avocat, ces instants constituent un condensé d'émotion et de tragédie.

Ils font de la cour d'assises un théâtre du réel. Guy Georges, Michel Fourniret, Yvan Colonna, Jacques Viguier, Jean-Michel Bissonnet, Outreau.... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Titisse_75
  16 septembre 2013
"J'aime beaucoup le droit et même si je n'ai pas suivi la voie de la magistrature, j'adore suivre l'actualité des affaires judiciaires. Je n'ai jamais été voir un procès d'assises puisque, pour ceux ouverts au public, ce sont des procès où il faut avoir le coeur accroché : c'est là où sont jugées les affaires les plus horribles. Lorsque j'ai vu que Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro depuis 2001, a rédigé ce livre documentaire qui relate un moment précis où tout bascule dans quatorze affaires judiciaires connues, je ne pouvais que me jeter sur cet ouvrage.
Ne vous attendez pas à voir relater tout le procès de chaque affaire. le livre est court et s'attache vraiment au moment où tout bascule, où un témoin peut avouer qu'il a menti, où un accusé ayant toujours dit qu'il est innocent ne supporte plus la pression, le regard des familles et finit par avouer qu'il est coupable.
Le livre est découpé en quatorze chapitres qui sont construits de la même façon. D'abord, Stéphane Durand-Souffland nous annonce la date du jour du procès qu'il va nous relater. Puis on assiste à ce moment crucial où le procès bascule. Enfin, en quelques lignes, il nous informe du verdict rendu.
Pour les familles assistants aux procès, on voit souvent que c'est très difficile pour elles. Lorsque le président montre les photos de la scène du crime, en général elles sortent de la salle pour ne pas les voir. Mais paradoxalement, les familles n'en veulent pas toujours à l'accusé. Elles veulent qu'il les délivre en admettant le meurtre, mais surtout en leur expliquant les circonstances et les raisons de ce meurtre.On s'aperçoit également que dans un procès d'assises, le président de la Cour d'assises cherche à connaître la personnalité de l'accusé et instaure donc un dialogue avec lui. Certains accusés finissent par se confier tandis que d'autres restent fermés comme une huître.
Dans cet ouvrage, des affaires vraiment connues sont examinées, notamment l'affaire d'Outreau, où l'on ressent aisément la tension qui règne dans la salle rien qu'à la lecture du revirement de l'accusé. L'affaire d'Yvan Colonna, très médiatisée, est également prenante, puisque l'accusé condamné à la perpétuité se dit toujours innocent. Plusieurs procès ont eu lieu, il a formé un pourvoi en cassation après le dernier verdict qui a été rejeté en juillet 2012. A priori, il devrait saisir la Cour Européenne des droits de l'homme.
Attention, ce livre n'a pas du tout pour objectif de juger ou de prendre parti. Stéphane Durand-Souffland a juste voulu raconter le moment où tout bascule, où la salle d'audience est prise de frisson, le moment où le destin de l'accusé se joue. Un livre documentaire que j'ai trouvé très intéressant et parfois prenant.
J'ai chroniqué ce livre pour les Chroniques de l'Imaginaire."
Lien : http://rexlit.wordpress.com/..
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Al3x
  28 janvier 2015
J'ai lu énormément de choses sur les criminels, les tueurs en série, etc.... mais ce bouquin aborde les choses sous un angle tout à fait inédit pour moi : il retrace des bribes de procès. L'auteur ne fait qu'un bref résumé des faits pour que le lecteur comprenne le contexte, puis s'attache à nous décrire un moment-clé du procès, un moment à part, où l'on sent qu'il se passe quelque chose, où l'assassin se livre, se délivre ou se confond. C'est réellement très intéressant, on se sent invité par l'auteur à s'asseoir dans un petit coin discret de la salle d'audience. Vraiment une approche nouvelle.
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critiques presse (1)
LesEchos   19 octobre 2012
Ces minutes, secondes, où un procès bascule et où la salle sent que c'est là que tout s'est joué, [...] où l'avocat s'est pris dans le piège tendu par le président de la cour d'assises ou, au contraire, nous a entraînés dans une plaidoirie sublime... Ce sont ces « frissons d'assises »-là que le chroniqueur du « Figaro » nous invite à redécouvrir avec lui.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   16 septembre 2013
C'est maintenant que l'audience va basculer dans le burlesque. Six semaines affreuses pèsent sur la cour. Il suffit d'une étincelle pour que le sérieux explose. La voici. Le président lit un procès verbal dans lequel Monique Olivier affirme que son ancien compagnon lui a fait subir le supplice de la baignoire. Le magistrat demande au témoin si c'est exact.
André M au président Latapie, d'un air excédé :
"Ce soir, en rentrant chez vous, essayez d'amener votre dame devant la baignoire, vous verrez! Il faut être trois pour ça, deux qui la tiennent .."
Un fou rire irrépressible s'empare de la cour d'assises. Michel Fourniret est hilare, les parties civiles se tiennent les côtes. Le président tente de reprendre ses esprits. Il en vient à un second épisode allégué par Monique Olivier : son ex-compagnon l'aurait un jour conduite de force sur un échangeur autoroutier, où il l'aurait contrainte à avoir des relations intimes particulières avec des inconnus. A nouveau, le magistrat demande au témoin si il confirme.
André M : "Madame n'avait pas besoin de moi pour ce genre de bêtises. (Au président :) Essayez d'emmener votre femme quelque part ce soir et vous verrez. La fellation, c'est tout un art!"
Deuxième éclat de rire. Michel Fourniret s'amuse tellement qu'il en pleure.
Le témoin, offusqué : "Je vois qu'on rigole bien."
Troisième salve de hoquets. Le président, au bout de quelques secondes, remet l'audience sur les rails. Un peu plus tard, on en vient à l'assassinat du témoin projeté par les Fourniret. André M se tourne vers l'accusé et crie : "Espèce de vautour ! Si je vous avais entre les mains, je vous étranglerais!" Puis il quitte la salle.
Une sorte de vertige vous saisit après une telle séquence. Vous avez ri aux assises, ce n'est ni la première ni la dernière fois. Mais vous avez ri en même temps qu'un Michel Fourniret : cela ne vous est jamais arrivé et vous veillerez à ce que cela ne se produise plus. Qui plus est, vous avez ressenti le même besoin de rire que lui à une plaisanterie singulièrement triviale,"deux qui la tiennent", comme à un banquet de carabins. Le fait que tout le monde se soit abandonné n'est pas rassurant. Michel Fourniret constitue, pour reprendre l'expression du grand expert psychiatre Daniel Zagury - avec son alter ego Michel Dubec, ils ont examiné le couple Fourniret-Olivier -, "le tueur en série français le plus achevé". Nulle admiration dans cette formule, mais un diagnostic inquiétant, qui rapproche l'être humain de la machine à tuer - "Je me positionne en technicien habitué au bureau des méthodes", avait notamment déclaré l'accusé au médecin, dans une de ces phrases typiques de sa mentalité vétilleuse. Michel Fourniret n'est pas seulement un semi-alien obsédé par la virginité, mais aussi un type banal qu se tape les cuisses quand un témoin un peu ridicule propose au président de la cour d'assises d’entraîner son épouse dans des jeux sexuelles extrêmes. A bien réfléchir, le public joue davantage son jeu quand il s'horrifie de sa froideur, de sa cruauté, de son sens du détail, que quand il rit en même temps que lui : quand Michel Fourniret rit, il ne jouit pas de la terreur qu'il inspire, il n'est qu'un rieur dans une foule de ses semblables.

(Procès Michel Fourniret - Fou rire sur un champ de ruines)
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