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ISBN : 2070376990
Éditeur : Gallimard (14/01/1986)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 169 notes)
Résumé :
L'Espagne. L'été.

Pierre et Maria, leur petite fille Judith et leur amie Claire sont en vacances, en route vers Madrid. Un violent orage les force à s'arrêter et à trouver un abri dans l'hôtel déjà surpeuplé d'une petite ville où un crime passionnel vient de défrayer la chronique: Rodrigo Paestra vient en effet de tuer sa femme et l'amant de celle-ci, avant de prendre la fuite par les toits. Dans la chaleur étouffante de la nuit, l'amour entre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Elisane
  03 avril 2016
Dix heures et demie du soir en été, c'est l'heure idéale pour se retrouver la nuit sur un balcon d'un hôtel endormi, pour entrelacer ses mains et s'aimer dans les yeux. C'est l'heure d'avouer mais de résister et d'adorer en secret.
Une jolie femme, un couple et leur enfant à destination de Madrid. Un hôtel, un bar, la route. Un meurtre, une tension à peine dissimulable et l'amour de Pierre. Pour Claire. Pour Maria. Pour Judith. A quoi résister? A l'alcool? A la solitude et à la peine? A la mélancolie? Au désir enfoui? A rien de tout cela. C'est encore une fois les vacances, il s'en passe des choses, à Vérone ou à Madrid.
Ici aussi on retrouve des thèmes chers à Duras comme l'amour, le désir, l'amant, l'assassinat, l'alcool, la solitude...
La fin m'a d'ailleurs fait pensé à Moderato Cantabile car dans les deux histoires on retrouve une femme seule qui boit dans un bar. La femme semble toujours un peu perdue à elle-même. Elle souffre d'un amour qui s'éteint ou peut-être d'autre chose on ne sait pas vraiment, d'une lassitude et d'une solitude irréparables. Et c'est comme ça...
L'assassinat provoque la naissance d'un amour qui disparaît aussitôt. Cette relation qui meurt prend la forme de l'assassinat lui-même.
J'ai bien aimé le parallèle entre Maria et Rodrigo Paestra. Tout au long de l'histoire, le lecteur s'imagine la possibilité d'une relation, due à la proximité de leur histoire. Ils ont tous les deux été trompés et ils auraient pu s'unir dans leur désarroi. Que ce serait-il passé sans le revolver ? de retour en France avec cet homme? On se demande aussi tout au long de l'histoire si Maria ne va pas emprunter le même chemin que lui et tomber dans une folie similaire.
Il s'agit de mon quatrième Duras et j'aime toujours autant l'histoire, l'écriture et l'atmosphère, ce mélange de mélancolie, de solitude et de désir sur une terre espagnole tantôt pluvieuse tantôt brûlante.
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Moob
  19 septembre 2013
Un régal Durassien ! Aussi délicieux que "les petits chevaux de Tarquinia"
Au rythme des manzanillas, des errances, divagant de langueur sous la chaleur, entrecoupées de siestes, sous un ciel anthracite chargé d'orages menaçants,... de gestes d'amour esquissés, furtifs, de hâvres en hôtels, nuit blanche, isolés au milieu des flots de touristes anonymes, nos personnages s'imbriquent dans une quête, pleine de contradictions et d'interrogations..., une enfant sautillante tisse un lien central entre les deux femmes et l'homme,... l'amant et la mort rôde.
Atmosphère typique, c'est du pur Duras !
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Fabinou7
  27 février 2018
Dix heures et demie du soir en été est mon introduction à Marguerite Duras. J'ai beaucoup lu vos avis et j'ai rarement vu auteur si polémique : vous êtes conquis ou vous avez détesté.
Sur le style, il y a tout d'abord un effet de répétition dramatique qui ancre toujours davantage dans la mémoire du lecteur Rodrigo Paestra, l'orage, l'été, l'hôtel.
Une complice dans la lecture de Duras m'as fait remarquer ceci : c'est un récit sensoriel. Vrai, j'ai senti l'humidité dans l'air à l'approche de l'orage et, lisant en plein hiver, j'ai senti la chaleur de l'Espagne, le goût des manzanillas aux lèvres de Maria.
Parlant de sensibilité, l'érotisme est amené fort à propos, sans excès.
La façon évanescente, poétique et incertaine de décrire une action puis d'ajouter « la chose est possible » ; « l'a-t-il seulement prononcé ? », « Ils se dirent […] ou peut-être pas » (citations de mémoire) donne une irascible saveur au récit.
Duras décrivait chez Bernard Pivot le magnétisme de sa plume qui « court sur la crête des mots ».
A l'heure où le cinéma nous propose clé en main un imaginaire, il est de plus en plus difficile de recréer soi-même, à partir d'une expérience de lecture, les visages, le décor, une atmosphère qui ne répond qu'aux critères de notre propre sensibilité.
Faire d'abord appel aux sens, à l'épiderme, pour stimuler l'imagination et partant, construire une narration située dans un décor non plus descriptif mais olfactif, visuel et corporel est un coup de maître(sse).
Cet ouvrage sensoriel est une occasion de laisser libre cours à son imagination, grâce à une écriture redoutablement efficiente.
Qu'en pensez-vous ?
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ATOS
  26 mars 2014
Toutes les saisons ont une heure. Cet été là il est dix heures et demi du soir.
Ce qui pourrait être la fin d'un demi jour.
Maria a soif et ce n'est pas le soleil d'Espagne qui assèche sa gorge.
Maria a perpétuellement soif, d'une soif qui coule d'une source qui lui est intérieure.
Elle a soif en dedans d'elle même. Une soif qui appelle ceux qui gravitent autour d'elle au péril même de leurs jours.
Elle se livre à cette soif. Elle appelle «une fleur noire poussée sur les désordres de l'amour».
Mais une fleur suffit elle à la source ?
Pierre sait cette soif. Claire, l'amie du jour, est belle. Maria sait la beauté De Claire.
Elle sait l'amour de Pierre, elle sait qu'il connaît la puissance de la source.
Maria connaît les fleurs, elle naissent de sa source.
Si la force d'une source est capable de faucher une fleur, elle est aussi capable de la laisser aller au bonheur des jours.
Il faut savoir remettre au courant ce qui ne coule plus de source.
Un amour à demi jour, où le soir se devine dans le silence des gestes.
Un amour à claire-voie d'une certaine heure des jours.

Astrid Shriqui Garain
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MissSherlock
  08 mai 2016
C'est lors d'un marché aux livres que j'ai découvert dans un carton un bouquin à la couverture passée et aux pages jaunies. Dix heures et demie du soir en été m'attendait sagement.
Dix heures et demie du soir en été, mon premier livre de Marguerite Duras, que j'ai débuté le coeur palpitant de désir tant la réputation de la dame laissait présager un instant délicieux.
Cette première rencontre a été une déception. Pas de celle qui nous dégoûte mais plutôt de celle qui ressemble à un rendez-vous manqué.
Car si j'ai aimé le récit de ce couple dont l'amour s'en est allé, je n'ai pas du tout apprécié le style haché et froid de l'auteur. De ce fait, ma lecture a été plus laborieuse que plaisante.
C'est dommage pour moi car j'ai trouvé l'histoire touchante, vraie et juste. le prochain Duras me parlera peut-être davantage.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
aaahhhaaahhh   24 mars 2012
- C'est la fin de notre histoire, dit Maria. Pierre, c'est la fin. La fin d'une histoire.
- Tais-toi.
- Je me tais. Mais, Pierre, c'est la fin.
Pierre s'avance vers elle, lui prend le visage dans les mains.
-Tu es sure?
Elle dit que oui. Elle le regarde dans l'épouvante.
- Depuis quand?
-Je viens de m'en apercevoir. Peut-être depuis longtemps.
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bb25bb25   31 octobre 2014
C'est encore une fois les vacances. Encore une fois les routes d'été. Encore une fois des églises à visiter. Encore une fois dix heures et demie du soir en été. Des Goya à voir. Des orages. Des nuits sans sommeil. Et la chaleur.
Un crime a lieu cependant qui aurait pu, peut-être,changer le cours de ces vacances-là .
Mais au fond qu'est-ce qui peut faire changer le cours des vacances ?
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Marti94Marti94   22 octobre 2015
Il faut attendre encore. Et tant l’impatience de l’attente grandit qu'elle atteint son comble, et voici, un répit se produit. Une main de Pierre est partout sur ce corps d'autre femme. L’autre main la tien serrée contre lui. C’est chose faite pour toujours.
Il est dix heures et demie du soir. L’été.
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aaahhhaaahhh   23 mars 2012
L'horizon est parfaitement nettoyé par l'orage, enfin. Comme une lame il a coupé le blé. Un vent tiède se lève qui commence à assécher les rues. Il fait beau, comme il ferait beau le jour, lumineusement. La nuit est entière, encore. Des solutions sont peut-être possibles à l'incertitude de la conscience. On pourrait le croire.
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luis1952luis1952   04 septembre 2015
Toute la jeunesse est dehors, sur cette place, sous les éclairs et les grondements du ciel.
Judith, cette fois ne revient plus. Elle regarde des enfants qui jouent pieds nus dans les caniveaux de la place. Une masse d'eau argileuse circule entre leurs orteils. Cette eau est d'un rouge sombre, du même rouge que la pierre de la ville et que la terre environnante.
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Videos de Marguerite Duras (191) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marguerite Duras
Leslie Kaplan L'excès-L'usine éditions P.O.L: où Leslie Kaplan tente de se souvenir comment a été publié "L'excès-L'usine" en 1982 aux éditions P.O.L/Hachette, puis ré-édité aux éditions P.O.L en 1987, et où il est notamment question de Paul Otchakovsky-Laurens, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, à l'occasion de la parution en 2018 de Mai 68, le chaos peut être un chantier, à Paris avril 2018 "L?excès-l?usine montre de face l?usine, le travail à l?usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans « la grande usine univers », infini en morceaux. L?usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d?autant plus impersonnelle (le « je » cède la place au « on ») et le « cela » vécu dans l?usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop."
+ Lire la suite
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