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ISBN : 2070385531
Éditeur : Gallimard (09/10/1992)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 124 notes)
Résumé :
Elle ouvre les yeux. Elle le voit, elle le regarde. Il se rapproche d'elle. Il s'arrête. Il demande : - Qu'est-ce que vous faites là... il va faire nuit. Elle dit qu'elle regarde : - Je regarde. Elle montre devant elle la mer, la plage, la ville blanche derrière la plage, et l'homme, qui marche le long de la mer. Elle dit : - Ici c'est S. Thala jusqu'à la rivière. Et après la rivière c'est encore S. Thala.
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  19 octobre 2015
Magnifique ! J'ai été happée dès les premières lignes... J'ai adoré l'écriture, même la mise en page, espacée, correspond si bien au tempo lent du récit.
J'ai été intégrée dans l'âme des personnages et j'ai eu l'impression d'être, moi lectrice, l'un des protagonistes, car j'avais de la place _je tournais autour des personnages pour les regarder de plus près, presque comme sur une scène de théâtre à les suivre dans leurs mouvements_ et tout méritait exploration, et me laissait juge de prendre tel ou tel chemin pour continuer la lecture.
Le style utilisé par Marguerite Duras, tout en esquisse, en dialogues, tellement épurés, permet au lecteur de s'attacher aux âmes présentes dans ce roman, très court, confortant ainsi le sentiment de fugacité, d'immatérialité et finalement j'ai comme ressenti de la folie qui surgissait au détour des pages. D'autant que l'ambiance était oppressante, "la musique des fêtes mortes", "des plantes noires remuent dans le vent qui entre par la porte" de l'hôtel, la station balnéaire pas vraiment idyllique !
Tout commence par un triangle amoureux, deux hommes et une femme sur une plage, les vagues les rapprochent pour les séparer dans une écume crémeuse. Et puis, dans une immobilité feinte, on sent les remous et on plonge entre des murs blancs d'un hôtel, on marche sur les planches de la plage avec eux pour se retrouver dans un décor fantôme.
N'ai-je finalement fait un voyage dans la tête de l'un des trois protagonistes, lequel était-ce ? Je ne saurais le dire.. Cet esprit cherche une ouverture au travers de souvenirs, mais ils reviennent par bribes. "Les murs augmentent en nombre, se multiplient, ils se coupent, se suivent, se recoupent, ils battent dans les tempes, font saigner les yeux. Il n'y a toujours aucune ombre".
Une peine d'amour, de mort (peut-être d'un enfant) a créé un vide et tout a basculé. "Je suis la morte de S. Thala."
Je pense qu'il ne peut y avoir de demi-mesure, on aime ou on déteste ce récit et que, pour une même personne, d'un moment à un autre, la lecture bascule aussi. Aujourd'hui ces mots ont fait écho en moi, et quelle chance !
"Il n'est plus là. Elle est seule allongée sur le sable au soleil, pourrissante, chien mort de l'idée, sa main est restée enterrée près du sac blanc."
J'adore
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cicou45
  05 juin 2012
Moi qui avait tant aimé le roman de Marguerite Duras "Ecrire", je me suis dis que si elle était capable de transmettre de telles émotions au lecteur sur ce qu'est le plaisir d'écrire, quelle ne devait pas être sur ce qu'elle aurait à nous dire sur le plaisir d'Aimer et d'être aimé(e). Aussi ai-je emprunté cet ouvrage à ma belle-mère qui adore littéralement cette auteure et qui possède tous ses livres dans sa bibliothèques mais, je ne sais pas si j'oserai lui avouer pour ne pas la froisser, mais en tout cas, ici, je le dis, je n'ai pas du tout aimé cet ouvrage. Certes, l'écriture est très belle mais il s'agit d'un livre dans lequel il ne se passe rien. Il y a trois personnages, une femme et deux hommes dont on ignore quasiment tout si ce n'est que l'un est surnommé "le voyageur" et l'autre "celui qui marche", qu'ils se rencontrent, se parlent sans vraiment se parler, se rencontrent sans vraiment être ensemble...
La chronologie est très confuse car ils finissent par se retrouver mais on ne sait pas exactement combien de temps après, il y a beaucoup de non-dits et cela m'a énormément frustré.
L'amour est présent dans cet ouvrage, cela est certain mais entre qui est qui ? Entre les hommes, entre un homme et une femme, entre la femme et l'enfant qu'elle va mettre au monde ou tous simplement entre les homme et cet étrange lieu du nom de S. Thala ? Peut-être y a t-il un peu de tout cela à la fois et c'est certainement un très bau livre pour ceuw qui arrivent à cerner ce genre d'écriture décousue, ce qui n'est pas mon cas, bien que je ne remette absolument pas en cause les talents d'écrivains de Marguerite Duras...
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aaahhh
  06 août 2012
Magnifique! Génial! Important!
J'ai lu plusieurs critiques négatives et je les comprends toutes.
Je comprends qu'on soit dérouté quand on espérait lire un roman d'amour et qu'on se retrouve perdu sur une plage inconnue où il ne se passe rien, sinon qu'un homme marche et qu'un autre regarde une femme.
Je comprends qu'on soit déboussolé de cette inaction apparente. Je comprends qu'on flanche devant tant d'inconnu car les personnages, le lieu et même le sens demeurent insaisissables et obscures.
Je comprends et pourtant...
Moi cette langueur, cette absence d'action et d'explications, cette folie apparente des mots, c'est justement ce que j'aime chez Duras, et qui m'a fait adorer ce roman.
Je crois que pour l'aimer comme je l'ai fait il faut surtout ne s'attendre à rien. Il faut se laisser porter comme dans un rêve par la puissance des mots qui convoquent des images. Il faut regarder ces images et c'est tout. Sentir le vent, la chaleur, regarder l'homme qui marche au loin et l'autre qui voudrait mourir. Il faut sentir la folie de ces trois personnages, et accepter de ne rien y comprendre, à cette folie là... Alors, quand on a abdiqué, quant on a rendu son savoir et ses à priori sur ce qu'est une histoire, on peut , je crois, aimer Duras et "L'amour".
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Myriam3
  18 mars 2018
J'aime les phrases de Marguerite Duras, courtes, simples d'apparence mais dont coule une poésie à la fois grave et lumineuse. J'aime aussi ses personnages et ses atmosphères. Ici, un bord de mer, comme dans d'autres de ses romans, et bien sûr, une femme et un homme, ou plutôt deux.
Le récit est oppressant, on attend quelque chose alors que la lumière du ciel change, qu'un homme marche sans cesse, qu'une femme dort ou regarde la mer, et qu'un autre homme la regarde. Puis tout s'emmêle: ils se connaissent? Il y a un passé cité à demi-mots, une prison, une folie, un suicide prémédité, des enfants...
Je me suis perdue dans des dialogues trop énigmatiques cette fois-ci et j'ai fini le livre avec une note de déception et de frustration. Les autres lecteurs ne semblent pas avoir compris grand chose de plus, il faudra rester avec cette impression...
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Jackiedream
  27 décembre 2014
C'est avec déception que j'admets me pas avoir accroché du tout à ce livre. Je dois le lire pour le lycée, et j'avais déjà un mauvais pressentiment en lisant le résumé, pressentiment qui s'est révélé exact à la lecture. Je pense donc pouvoir dire que ce Nouveau roman est réussi : j'ai été totalement à l'écart du récit, des personnages, aucune identification n'a été possible... L'oeuvre correspond tout à fait à ce que je craignais, moi qui aime les textes riches, vibrants, les personnages hauts en couleur. Malheureusement ce n'est pas du tout le genre de livre que je goûte, bien que je sois contente d'en avoir lu au moins un. J'ai éprouvé le plus grand désintérêt, le plus profond ennui en lisant ce livre. le finir a été une sorte de corvée tant la lecture m'a laissée de marbre. Je confondais sans cesse les deux personnages masculins, j'oubliais ce que j'avais lu auparavant... Je n'ai pas su saisir l'essence de l'Amour, j'imagine. Cependant, je comprends tout à fait ceux qui ont adoré ce roman, certains passages sont très purs, très beaux, il y a une vraie atmosphère, très singulière et que j'aurais bien du mal à définir. Je ne compte pas m'arrêter à cet échec, et j'aimerais beaucoup lire d'autres oeuvres de l'auteure, peut-être moins radicales ? J'attends vos propositions.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
CandilaCandila   05 octobre 2019
"[...] les mouettes de la mer qui crient et dévorent le corps du sable, le sang."
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aaahhhaaahhh   06 août 2012
Elle ouvre les yeux. Elle le voit, elle le regarde. Il se rapproche d'elle. Il s’arrête.
Il demande :
- Qu'est-ce que vous faites là... Il va faire nuit.
Elle dit qu'elle regarde.
- Je regarde.
Elle montre devant elle la mer, la plage, la ville blanche derrière la plage, et l'homme qui marche le long de la mer.
Elle dit :
- Ici c'est S. Thala jusqu'à la rivière. Et après la rivière c'est encore S. Thala.
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aaahhhaaahhh   23 août 2012
Le triangle se ferme avec la femme aux yeux fermés. Elle est assise contre un mur qui délimite la plage vers sa fin, la ville. L’homme qui regarde se trouve entre cette femme et l’homme qui marche au bord de la mer. Du fait de l’homme qui marche, constamment avec une lenteur égale, le triangle se déforme, se reforme, sans se briser jamais.
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aaahhhaaahhh   23 août 2012
Il prend du sable, il le verse sur son corps. Elle respire, le sable bouge, il s’écoule d’elle. Il en reprend, il recommence. Le sable s’écoule encore. Il en reprend encore, le verse encore. Il s’arrête. – Amour.
Les yeux s’ouvrent, ils regardent sans voir, sans reconnaître rien, puis ils se referment, ils retournent au noir.
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SabrinaaydoraSabrinaaydora   15 mai 2015
Nuit.
Dans la lumière électrique le voyageur écrit.
Le voyageur éloigne la lettre de lui, reste là.
Devant lui, la route vide, derrière la route, des villes éteintes, des parcs. Derrière les parcs, l'épaisseur, insaisissable, S. Thala dressée.
Il reprend la lettre. Il écrit.
"S. Thala, 14 septembre."
"Ne venez plus, ne venez pas, dites aux enfants n'importe quoi."
La main s'arrête, reprend.
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Vidéo de Marguerite Duras
Solennel ou dépouillé, prolixe ou lapidaire, maniéré ou laconique... Il y a autant de styles que d'écrivains, et ce sont eux qui en parlent le mieux. Céline, Duras, Sagan ou encore Houellebecq nous racontent ce que c'est pour eux que le style littéraire. Et pour vous, ça veut dire quoi ?
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