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ISBN : 2072532507
Éditeur : Gallimard (02/01/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 105 notes)
Résumé :
« Voici l'aurore, la nuit craque de tous les côtés. On la croyait éternelle. On aurait dû dormir. Puisque voici un nouveau, un immense jour jusqu'à ce soir. Tout est déjà passé. Tout est déjà passé de l'autre côté, déversé dans le gouffre où les jours s'entassent lorsqu'ils ont été vidés, et la mort de Jérôme, et ma vie qui traîne le long des années et de mon âge sans y entrer jamais. »

Curieux roman paysan situé dans le sud-ouest de la France. Un meu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
petch
  30 décembre 2012
Drame familial, inceste, deuil, absence et temps qui passe, on retrouve dans ce roman de jeunesse de Marguerite Duras beaucoup de thématiques qu'elle développera dans la suite de son oeuvre. le style est déjà bien en place : phrases courtes, une certaine monotonie dans le récit, qui agace certains, mais qui donne à l'ensemble cette mélancolie profonde et permet de s'identifier aux personnages et à leur histoire. Rien de très spectaculaire, mais des thématiques essentielles et universelles de l'existence traversent cet ouvrage et ne laissent pas indifférents.
Le titre surprenant par rapport au récit du livre trouve son explication dans les dernières pages « Il n'y a rien à faire contre l'ennui, je m'ennuie, mais un jour je ne m'ennuierai plus. Bientôt. Je saurai que ce n'est même pas la peine. On l'aura la vie tranquille. ». Un grand livre.
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Moob
  27 octobre 2013
C'est toujours avec plaisir et étonnement que je goûte sa maîtrise du rythme... Une respiration qui vous tient au travers de ses mondes qui vont et viennent chargés d'émotions, de climats intérieurs mêlés de questionnements sans réponse...
Un univers mental qui s'étend aux paysages, à l'orage, au décor, aux ambiances, aux vagues... où foisonnent d'intenses sensations, viscérales, sensuelles, olfactives...
Je suis littéralement assaillie par son talent et charmée par ce doute très Durassien, qui plane tel les oiseaux au dessus de nos têtes... Est ce un signe ? Chaque mot compte, son sens décortiqué de son essence...
Et la mort ? toujours pesante et inattendue mais pas très loin...
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djathi
  21 juin 2016
Quelle évolution depuis Les impudents ! le deuxième roman de Marguerite Duras commence à porter en germe la voix unique , mystérieuse , pénétrante et pourtant insaisissable qui fera d'elle "La Duras" .
Nous voilà à Périgueux ,dans ce Périgord que connait si bien Marguerite .
Au Bugues ,dans une ferme , en compagnie d'une drôle de famille où il vient de se passer un drame .
C'est Francine qui parle . On pourrait dire Marguerite .
Elle n'a pas le verbe large la Francine , en bonne terrienne efficace qui n'a que faire des étalages .
Le drame ? Parlons -en quand même , puisque La francine nous en conte des bribes . Mais juste ce qu'il faut pour laisser surgir la conscience et voir ce qu'on en fait , ce qu'elle en fait !
Il s'agit d'un meurtre .
Et la Francine elle sait bien que qu'elle a une grosse part de responsabilité dans la mort de l'oncle Jérome . Mais bon ,là voilà pendant des nuits et des nuits dans l'attente de son possible amant le Tiene , l'ami de son frère Nicolas , et qu'elle entend les ébats amoureux de la femme de Nicolas dans les bras de l'oncle . Alors allez savoir pourquoi , trop c'est trop , elle s'en va faire acte de délation auprés de son frère chéri . Les choses vont vite . Une rixe entre les deux hommes concernés et la mort est là !
C'est à ce moment là que commence véritablement la première partie du roman ; belle entrée en matière pour une vie tranquille !
La suite ?
Clémence qui a fauté s'en ira , laissant sa "marmaille" au père .
Eh puis la vie après ....
Celle de la Francine sensuelle ou éteinte ,
des amours perdus d'avance ( On n'aime pas son frère d'amour impunément, ça s'appellerait l'inceste ) ou contrarié , le suicide de Nicolas , des éclairs de lucidité qui doivent gratouiller l'âme et la conscience ...Mais nulle trace de ce qu'on appelle remord ou culpabilité pour la Francine . C'est qu'elle se cache du lecteur la Francine .
Elle partira voir la grande bleue , celle qui n'avait jamais vu la mer .
Surprise pas son propre regard dans un miroir , elle prend conscience de l'état d'être , son existence propre , son identité on dirait, par une sorte de dédoublement et de vision fragmentaire de son schéma corporel ...A part que , il est bien difficile de savoir qui l'on est lorsque le passé n'a aucun point d'ancrage dans le moi . Difficile donc de se positionner dans la relation à autrui sans cette connaissance . Alors peut-être bien que la vie et la mort n'ont pas de frontière bien définie .
Des jours plein de vide sous le soleil de fin d'été languissant , sur la plage , un homme qui se noie . On se surprend à penser Meursault .
Et comme il faut bien rentrer , sans trop savoir pourquoi , elle retournera vers le Tiene . Et la boucle le sera lorsque celui ci la demandera en mariage . Par amour ? Par faiblesse ? Par lassitude ? Ou juste parce que ce jour là , à cet instant unique et irréversible , le choix n'existe plus sous le regard de la Francine , celle qui sait avant les autres la destinée , et ce qu'on a à y voir la dedans , nous les acteurs de la vie .
Toutes griffes dehors , elle blesse au passage . La vie .
Mais elle continue à passer ...Tranquille ?
Que nenni , voilà un paradoxe Durassien qui affirme déjà une plume facétieuse .
On en redemande .
A travers tous ces personnages on pourra établir des parallèles avec son vécu du moment , comme souvent dans son oeuvre où réalité et fiction s'entrelacent
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FleurDuBien
  29 mai 2018
Que dire ?
Ce n'est pas le plus accessible des livres de Duras.
C'est son second, après Les impudents.
Écrit en 1944.
On y retrouve les thèmes chers à l'auteur.
Mais quel style !
Elle y parle d'ennui, beaucoup, peut être trop.
Car je m'y suis ennuyée, surtout à la moitié de la seconde partie, lorsque l'héroïne se rend au bord de la mer.
Elle ne se reconnaît plus dans le miroir, elle fait visiblement des crises d'angoisse de dépersonnalisation, et d'une perte d'identité, n'arrivant plus, comme elle l'explique, à rassembler ses morceaux de son corps.
Elle devient à moitié folle, en tout cas c'est que j'ai ressenti.
Dans la première partie, celle que j'ai préférée, elle nous narre le meurtre de Jérôme, qui est de sa faute, et puis la mort de l'assassin, Nicolas, son frère, suicidé sous un train.
Elle nous parle également de sa relation avec Tiène, son tout premier amant, même si un inceste à été commis entre elle et son frère adoré. C'est après son suicide qu'elle perd la tête.
On pourrait peut être faire un rapprochement avec la mort de son frère tant aimé dans son enfance, son'"petit frère" comme elle l'appelait, alors qu'il etait plus vieux qu'elle. Mort en 1942, c'est à se demander si elle n'a pas voulu parler dans ce roman de ce frère-là.
Je vais lire très prochainement la biographie de Duras (et oui je suis dans ma période Durassienne, et ceux qui me connaissent et qui me lisent savent que je ne fais jamais les choses à moitié...j'ai d'ailleurs commandé d'autres de ces romans, plus accessibles j'espère que La vie tranquille.)
La douleur m'avait pourtant bien plu.
Il me semble que Duras explore ses propres failles dans ce roman, qu'elle perd un peu la tête, car elle nous raconte des choses incroyables face à la mer, parfois cela n'a aucun sens.
En tout cas, Duras a dû faire de sacrées crises d'angoisse pour si bien les décrire !
C'est effrayant, redoutable de folie, sa folie, on s'y perd si l'on rentre trop profondément dans ce roman, au risque de s'y noyer comme l'homme qu'elle n'a pas voulu sauver.
A ne lire que si l'on est une inconditionnelle de cette auteure magnifique, certes, mais parfois si tourmentée. Et si complexe psychologiquement. C'est qu'elle en a dans la caboche Marguerite !
Sinon, vous risquez de devenir aussi tourmentée qu'elle, et ne plus avoir accès à La vie tranquille...
Ce serait bien dommage.
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NMTB
  20 décembre 2014
Francine vit dans « le désordre et l'ennui » aux Bugues, une ferme familiale où chaque habitant étouffe de l'existence de l'autre. Mais dans l'indifférence générale, les désirs, ceux de Francine en particulier, sont prêts à se libérer jusqu'à provoquer une suite de drames. Elle cherchera à bousculer cette vie désordonnée, morne, pour pouvoir accéder à La vie tranquille. C'est l'un des premiers romans de Margueritte Duras et elle y exprime, avec des phrases courtes, haletantes et déjà beaucoup de maturité ce que peut être le désir. Un désir libéré de tout préjugé, de toute sensiblerie, ausculté sous les rapports qu'il entretient avec la mort, le corps, l'ennui. Elle a su montrer ce que l'indifférence, comme réponse au désir, pouvait engendrer ; ce que ce petit détonateur pouvait provoquer comme réaction en chaîne. Car c'est bien l'indifférence qui est la cause de tous les drames de ce roman. Non seulement celle que subit la narratrice, mais aussi celle dont elle fait preuve et peut-être jusqu'à ces remords qu'elle n'éprouve pas, qu'elle ne veut pas éprouver. Car seuls les indifférents survivent et on meurt de l'indifférence d'autrui.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
line70line70   19 mars 2011
Je ressemble aux autres femmes. Je suis une femme d'aspect assez quelconque, je le sais. Mon âge est un âge moyen. On peut dire qu'il est encore jeune. Mon passé, les autres seuls pourraient me dire s'il est intéressant. Moi je ne sais pas. Il est fait de jours et de choses dont je n'arrive pas à croire qu'ils me sont arrivés vraiment. C'est mon passé, c'est mon histoire. Je n'arrive pas à m'y intéresser parce que c'est la mienne. Il me semble que mon passé c'est demain qui commencera vraiment à le contenir. A partir de demain soir, le temps comptera.
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Marti94Marti94   23 juillet 2016
Un soir, j’ai été près de la mer. J’ai voulu qu’elle me touche de son écume. Je me suis étendue à quelques pas. Elle n’est pas arrivée tout de suite. C’était l’heure de la marée. Tout d’abord, elle n’a pas pris garde à ce qui se tenait couché là, sur la plage. Puis je l’ai vue, ingénument, s’en étonner, jusqu’à me renifler. Enfin, elle a glissé son doigt froid entre mes cheveux. Je suis entrée dans la mer jusqu’à l’endroit où la vague éclate. Il fallait traverser ce mur courbé comme une mâchoire lisse, un palais que laisse voir une gueule en train de happer, pas encore refermée.
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LounatLounat   20 octobre 2013
J'aime Tiène. Ce n'est plus une chose qui peut encore arriver. Elle est déjà arrivée. C'est fait. J'aime. J'aime Tiène. Même de loin, je sens très bien que je ne veux plus d'un autre que lui. Ce que je croyais qui me tenait le plus à cœur jusqu'ici s'est évanoui. Mais il me reste toujours cette envie de Tiène. C'est là, endiguée entre mes hanches, une espèce de sagesse plus sage que moi et qui sait mieux que moi ce que je veux.
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jovidalensjovidalens   15 février 2019
J'ai pensé à mon âge, à celui de tous ceux qui dormaient dans cette maison, et j'ai entendu le temps nous ronger tous comme une armée de rats. Nous étions du bon grain. Il y avait vingt-quatre ans qu'on se laissait vivre. On avait compté sur le temps pour mettre de l'ordre dans les affaires de la maison. Du temps avait passé. Le désordre avait gagné d'autant. C'était maintenant un désordre des âmes, du sang. Nous ne pourrions plus guérir, nous ne voulions plus. Nous ne savions plus vouloir être libres, nous étions des rêveurs, des vicieux, des gens qui rêvent du bonheur et qu'un vrai bonheur accablerait plus que tout.
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jovidalensjovidalens   12 février 2019
La chambre respirait maintenant un grand calme. Cette mort m'a paru aussi loin de ma propre mort que de celle de Tiène, que de la mort elle-même telle qu'on l'imagine toujours. Elle avait du se produire au milieu de la nuit et maintenant Jérôme n'était plus effrayant, il était mort, c'est-à-dire une chose éternellement à l'abri de la mort. Jérôme avait réussi à nous quitter, à se hisser jusque-là tout seul, par ses propres forces. Il ne m'avait pas appelée, je ne saurais jamais s'il était mort bêtement, en dormant, ou s'il n'avait pas repris connaissance avant et ne s'était pas refusé à m'appeler. Mais à cause de ce dédain que je lui ai soupçonné d'avoir eu finalement à notre égard, j'ai cessé tout à fait, à la minute, de lui en vouloir.
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Vidéo de Marguerite Duras
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