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ISBN : 207036187X
Éditeur : Gallimard (08/05/1973)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 194 notes)
Résumé :
"Il n'y a pas de vacances à l'amour, dit-il, ça n'existe pas. L'amour, il faut le vivre complètement avec son ennui et tout, il n'y a pas de vacances possibles à ça. Il parlait sans la regarder, face au fleuve." Et c'est ça l'amour. S'y soustraire, on ne peut pas. Marguerite Duras Perso - L'Italie et les rapports familiaux "Les petits chevaux de Tarquinia", c'est le roman de vacances passées en Italie, au bord de la mer. Au bout d’une route, au pied d’une montagne, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
04 janvier 2012
Vacances en Italie, entre la plage et les montagnes. Sara, Jacques, l'enfant, Ludi, Gina, Diana et l'homme au bateau passent leurs journées écrasés par le soleil, sans cesse indécis quant au programme de la journée. « Il n'y avait rien à faire, ici, les livres fondaient dans les mains. Et les histoires tombaient en pièces sous les coups sombres et silencieux des frelons à l'affût. Oui, la chaleur lacérait le coeur. Et seule lui résistait, entière, vierge, l'envie de la mer. » (p. 18) du lever au coucher, la chaleur est discutée, haïe et fuie. Les journées s'écoulent mollement entre deux verres de bitter campari, une partie de boules et l'espoir de la pluie. L'indolence saisit chacun et en même temps la haine de cette indolence. « le mal vient de ce qu'on fait tout trop tard, on dîne trop tard, on joue aux boules trop tard. Alors le matin on ne peut pas se lever et on se baigne trop tard, tout ça recommence... » (p. 204)
À se côtoyer de si près et à ne rien faire, les esprits s'échauffent et les disputes éclatent au sein des couples. Il n'y a guère que le projet d'un voyage jusqu'à Tarquinia, pour voir les chevaux sur les tombes étrusques, qui donne une perspective à ce séjour étouffant. Il y a aussi l'ébauche d'une histoire d'amour, les continuels reproches de la bonne, les caprices de l'enfant et l'histoire des deux vieux qui ont entassé dans une caisse à savon les morceaux du corps de leur fils, sauté sur une bombe de la dernière guerre.
La chaleur omniprésente et étourdissante se pose comme moteur de la non-action ou comme anti-moteur de l'action. Elle enraye toutes les volontés et retarde tous les projets. D'elle naissent la lassitude et l'écoeurement. On perçoit une violence latente et un drame en suspend, comme un ressort qui se ramasse et attend le bon moment pour se détendre. Mais ce n'est pas dans ces pages qu'il sautera, tel le diable hors de sa boîte.
Dans le genre lent, chaud et contemplatif, j'ai de loin préféré le désert des Tartares de Dino Buzatti. Voilà le premier roman de Marguerite Duras qui me déplaît. Les pages se tournent finalement sans difficulté, mais quel ennui ! C'était peut-être le but recherché, faire partager au lecteur l'indolence assommée des personnages. Mais ce n'est pas ce que je recherche dans un roman. J'attends d'une oeuvre qu'elle m'éveille à un ailleurs et à un autre que je ne connais pas, pas qu'elle me renvoie à la vacuité d'une existence dont j'ai suffisamment conscience.
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ATOS
08 avril 2014
L'impossible vacance de l'amour. Il n'y a pas de repos à ça. La torpeur voilà peut être le lieu de la douleur.
La fresque de l'« être ensemble ». Dont la cohérence ne peut être maintenue que par un savant dosage des tensions qui relient les êtres entre eux, ces atomes d'humains.
Le groupe, le couple, la famille. Leur crépitement électrique qui annonce tous les orages.
Ce crépitement qui n'est que le cri de nos mémoires. L'instant de nos rencontres.
La torpeur, cette chose établie, qui enraye la mécanique des passions à leur faire perdre leur temps.
Le temps, c'est le fleuve. le possible, c'est l'océan. L'amour, c'est l'enfant. La mort, c'est l'enfant également. le risque, c'est la traversée du fleuve, la peur, c'est de savoir déjà l'autre rive du fleuve. C'est l'amitié chez Duras qui est le grand passeur des sentiments. le maître de la barque et le gardien des rives,
Qu'il soit continu ou alternatif, le sens du courant, chez Duras, c'est toujours l'achèvement, jamais le renoncement. L'amour chez Duras n'est pas un sentiment, c'est une force. On peut ressentir de l'amour, le voir, le presque toucher, mais l'amour on le vit. Entre celui qui connaît le fleuve et celui qui le sait, demeure l'océan.
Astrid Shriqui Garain
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Missbouquin
21 février 2012
Il y a des livres sur lesquels on n'a pas envie d'écrire, pour différentes raisons : parfois parce que l'expérience a été tellement forte qu'on ne trouve pas les mots et que l'on veut garder ses émotions pour soi; parfois parce que le livre n'appelle pas à de multiples paragraphes sur ce qu'on a ressenti et ce que l'on peut juger sur lui.
Les petits chevaux de Tarquinia font partie de la deuxième catégorie. Lu pour le club des lectrices et pour renouer avec Duras, dont je n'avais lu que Moderato Cantabile (qui m'avait déjà rebuté …), ça a été finalement une lecture mitigée.
Une poignée d'amis français se retrouvent en Italie pour des vacances au bord de la mer, alors que le lieu ne leur plaît même pas. La chaleur est immense et les freine dans toutes les actions et initiatives qu'ils vont prendre. le seul élément qui détone est la mort d'un démineur, là-haut dans la montagne, et dont la mère refuse de signer le certificat de décès.
Roman de l'ennui et de la chaleur, qui sont deux personnages à part entière dans ce livre, je n'y ai vu que peu d'intérêt. Les personnages sont exaspérants de mollesse et de médiocrité. L'action est à peu près nulle : ils boivent, ils vont à la mer, ils font la sieste.
« Il n'y avait rien à faire, ici, les livres fondaient dans les mains. Et les histoires tombaient en pièces sous les coups sombres et silencieux des frelons à l'affût. Oui, la chaleur lacérait le coeur. Et seule lui résistait, entière, vierge, l'envie de la mer. »
Aucun d'entre eux n'a envie d'être là : les couples se déchirent, les amis ne se supportent pas toujours, ne se font pas confiance.
Finalement, seul le style de Duras sauve le tout, mais pour moi, la littérature n'est pas égale au style seul. Elle a réussi le pari assez impressionnant tout de même d'écrire un roman sur l'inertie.
Preuve en est la première et dernière phrase du roman :
“Sara se leva tard. Il était un peu plus de dix heures. La chaleur était là, égale à elle-même.”
“Elle espérait que cette nuit-là, la pluie arriverait, et elle s'endormit très tard, dans cet espoir.”
Entre les deux phrases, 200 pages de chaleur, et 200 pages d'espoir qu'il va pleuvoir. Et 200 pages où je me suis aussi trouvée à espérer qu'il pleuve, histoire qu'ils arrêtent de râler sous la chaleur. Quelques pages auraient suffi.
Comme Lili, dans le même genre, j'ai encore préféré le Désert des Tartares de Buzzatti …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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djathi
28 août 2016
Quelle bonne idée j'ai eue d'avancer dans l'oeuvre de Duras ces jours-ci où la canicule force au ralenti , propice donc aux lectures d'ambiance où on prend son temps en s'installant confortablement .
Nous voilà au sein d'un groupe d'amis , jeunes intellos en couples pour la plupart en vacances estivales . C'est l'Italie . Entre mer et montagne . Il fait chaud. Les filles sont belles . On "farniente " dur et grave tout en se donnant du courage pour continuer en buvant Bitter campari sur Bitter Campari . Parce qu'il en faut du courage pour se laisser aller à être soi quelquefois dans ces parenthèses de vie que constituent les vacances qui peuvent devenir rapidement l'enfer sur terre .
Et bien sûr les tensions s'exacerbent dans ce climat de touffeur et d'inertie . On se regarde autrement . On hésite entre le délitement du couple ou remettre un petit coup de braise sur la flamme vacillante . Et puis il n'y a pas grand chose à faire dans ce village du bout du monde , à part faire l'amour ou la guerre et jouer aux boules le soir . Tout tourne au ralenti , la lassitude s'installe .
Heureusement l'arrivée de "l'homme " sur son bateau à moteur , inconnu au "bataillon" apportera une bouffée d'oxygène ainsi qu'un danger potentiel .Mais dès lors une nouvelle dynamique se crée , le désir se réveille , jalousie et séduction en fil directeur de tous les émotions qui se réveillent simultanément .
L'homme restera pourtant l'homme ....Sans identité précise . Au milieu de Sara , Jacques , Diana, Gina et Ludi . Parce que c'était lui mais que ça pourrait être un autre bien sûr .
Heureusement aussi il y a le vieux et la vieille dans la montagne . Des inconnus eux aussi , venus chercher la dépouille de leur fils mort par accidents lors d'un déminage . On se réunit autour , on cherche à comprendre le refus de la vieille de signer l'acte de décès , ça fait diversion et permet de tenir en respect ses affects de la journée ....
Peut-être pour oublier le regard de l'Homme sur Sara pour Jacques , Peut-être pour oublier sa colère , pour Gina qui semble ne plus savoir aimer Ludi autrement ,peut-être pour oublier les trahisons à répétitions de Jacques pour Sara ...Ou peut-être pas ...
Quatre journées sur un rythme languissant dans une ambiance oppressante où rien ne semble réel ...Et où l'ennuie pèse dangereusement .
Alors oui Duras s'affirme , plus encore que dans le marin de Gibraltar . Sa griffe s'émancipe : tout en gardant un classicisme dans le fond ,elle ose quelques barbarismes et solécismes savoureux , elle use de la répétition pour enraciner quelques informations " peut-être " ,' Bitter Campari " , elle déplace la psychologie des personnages de la parole à la sémiotique et c'est là son plus grand talent ....Rien n'est donné dans les normes habituelles pour le plus grand plaisir du lecteur qui aime à déchiffrer autrement que par les artifices ou codes habituels .
Alors oui je tiens ce roman pour meilleur que le marin de Gilbratar encore . L'univers DURASSIEN prend forme !
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Marti94
27 octobre 2013
Dans "Les petits chevaux de Tarquinia" de Marguerite Duras, publié en 1953, on retrouve des thèmes qui se croisent comme celui de l'amour absolu qui est à la fois nécessaire et impossible et celui du fait divers, comme si les drames devaient tapisser le fond de l'existence.
L'histoire se déroule en Italie, dans un village au bord de la mer. Deux couples et un enfant y séjournent pour les vacances. Il y a la chaleur de l'été, le bateau à moteur et la musique du bal en plein air. Il y a aussi une visite programmée des fresques étrusques : les petits chevaux de Tarquinia . Mais la tranquillité des vacances va être bouleversée par l'ennui, les disputes, les doutes, la tentation amoureuse et la mort. La mort c'est celle d'un jeune homme qui a sauté sur une bombe de la dernière guerre et dont les restes sont gardés par ses vieux parents reclus dans la montagne et qui ne veulent pas entendre raison. Les personnes vont se rencontrer, celles qui vivent le moment éphémère des vacances et celles qui représentent l'histoire du pays.
Quand je pense que Marguerite Duras trouve que son livre est trop écrit, qu'il ne laisse pas assez de place à ce qui n'est pas dit, comme dans Dix heures et demie du soir en été, je trouve que ce n'est pas juste. C'est ce livre de Marguerite Duras qui est à l'origine de sa relation avec Yann Andrea : il a été submergé par son écriture au point de ne plus la quitter. Il est haut placé dans mes préférences.
Lu en avril 2013
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Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
lefildelaurelefildelaure09 août 2013
Une des parois du golfe projetait sur la mer une ombre assez vaste. L'homme décida de la traverser et de suivre le mouvement des falaises. Une fois l'ombre atteinte, le fond de la mer apparut. Sara cria. L'homme se retourna, sourit mais ne sortit pas de l'ombre du golfe. Il dit d'essayer de continuer à regarder. C'était l'envers du monde. Une nuit lumineuse et calme vous portait, foisonnante des algues calmes et glacées du silence. La course des poissons striait son épaisseur d'insaisissables percées. De loin en loin, la vie apparemment cessait. Alors des gouffres nus et vides apparaissaient. Une ombre bleue s'en élevait, délicieuse, qui était celle d'une pure et indécelable profondeur, aussi probante sans doute de la vie que le spectacle même de la mort. Mais Diana cria qu'il fallait partir.
- Vous ne savez pas, dit Diana, que nous ne sommes pas des gens à pouvoir supporter le fond de la mer ?
- Mais personne ne le peut, dit l'homme. (Folio, Gallimard, 1953, p. 131)
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Marti94Marti9431 octobre 2015
c'était un petit village au bord de la mer, de la vieille mer occidentale la plus fermée, la plus torride, la plus chargée d'histoires qui soit au monde et sur les bords de laquelle la guerre venait encore de passer.
Ainsi, il y a trois jours de cela, exactement trois jours et une nuit, un jeune homme avait sauté sur une mine, dans la montagne, au dessus de la villa de Ludi.
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rolandm1rolandm124 juillet 2014
Une fois arrivé là, il cria à Sara :
-On va passer plus près pour voir le fond de la mer.
Il diminua de vitesse et s'approcha obliquement des falaises qui étaient hautes d'une centaine de mètres.Il passa à l'arrière du bateau, près de Sara. Il retira les lunettes sous-marines du coffre, frôla de sa tête le pied nu ballant de Sara et embrassa ses orteils. Personne ne le vit, ne pouvait le voir. Il regarda Sara en riant, comme il n'avait pas fait encore, et comme si une audace lui venait subitement à regarder ces choses.
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rolandm1rolandm130 juillet 2014
La plage était à dix minutes de là, mais ce matin-là la chaleur était telle,qu' elles seraient peut-être restées à l'hôtel Elles s'en allèrent toutes les trois Le chemin brûlait les orteils à travers les sandales pieds nus, elles marchaient vite Il y avait sur la plage, très exactement, tous les estivants de l'endroit, une trentaine de personnes environ
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LiliGalipetteLiliGalipette04 janvier 2012
« Il n’y avait rien à faire, ici, les livres fondaient dans les mains. Et les histoires tombaient en pièces sous les coups sombres et silencieux des frelons à l’affût. Oui, la chaleur lacérait le cœur. Et seule lui résistait, entière, vierge, l’envie de la mer. » (p. 18)
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