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ISBN : 2707303143
Éditeur : Editions de Minuit (01/09/1980)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.43/5 (sur 647 notes)
Résumé :
" Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
- Je ne sais pas. "

Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province.

Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final.

" Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu p... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
marina53
27 septembre 2015
Un après-midi de printemps. Une ville côtière. Les usines qui fument à l'autre bout de la ville. Une sonatine qui s'échappe de la fenêtre d'un immeuble. le petit garçon rechigne à jouer la sonatine de Diabelli. Tous les vendredis, sa maman, Anne Desbaresdes, l'épouse du directeur des Fonderies, l'emmène chez Melle Giraud. Elle, reste un peu à l'écart. Or, ce vendredi, un terrible cri provenant de la rue surgit. A la porte du café d'en face, des hommes et des femmes s'agglutinent. Une fois la leçon finie, Anne s'approche de l'établissement. Une femme aurait été assassinée par son amant. le lendemain, accompagnée de son fils, elle retourne sur les lieux du drame pour en savoir plus...
Une intrigue minimaliste, peu de personnages, un mystère qui reste entier et des non-dits chargés de sens et d'émotions... Voilà un roman aux tonalités particulières. Marguerite Duras orchestre parfaitement la rencontre entre ces deux âmes esseulées que sont Anne et Chauvin, ces deux coeurs qui battent la chamade en discordance. L'auteur chuchote les mots plus qu'elle ne les clame. L'on devine, l'on suppose, l'on attend ce qui va se jouer entre eux dans ce bar. On étouffe et on se débat. Ce court roman, troublant et passionnel, porté par une écriture précise et sans fioritures, est empreint d'une certaine mélancolie.
A noter que ce roman a été adapté au cinéma, deux ans après sa parution, avec Jeanne Moreau et Jean-Paul Belmondo.
Semplice ... Moderato cantabile...
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canel
04 mai 2014
Anne Desbaresdes est la jeune épouse du directeur des Fonderies de cette ville côtière. Pendant la leçon de piano de son petit garçon, elle entend un cri, celui d'une femme mourant dans une dernière étreinte de son amant.
Anne est fascinée par ce crime passionnel.
Au point de retourner sur les lieux du drame, de réécrire inlassablement cette histoire avec un jeune ouvrier.
Au point de s'y noyer, jour après jour, le vin aidant.
Au point de s'identifier avec lui à ce couple.
'Moderato Cantabile' est un des livres fétiches de mes seize ans, je l'ai lu et relu.
Je la trouvais tellement classe, cette femme douce et paumée qui sort timidement de sa cage dorée et se met en danger. Tellement scandaleuse, cette épouse de patron qui s'enivre avec un ouvrier, attendant qu'il la brusque avec des mots.
Se perdre dans l'alcool et parler de passion dévastatrice avec un inconnu, ignorer le regard des autres et les convenances, frôler l'adultère... So chic !
Mais j'ai grandi et mûri, je vois l'alcoolisme différemment, non plus comme de l'élégance, de l'esthétisme, mais comme un symptôme. Cette jeune mère souffre, en effet : immature, fragile, effacée, étouffant d'ennui et perdue dans un milieu social qui ne lui convient pas.
Quoi qu'il en soit, trente ans plus tard, j'ai replongé dans ce texte avec le même plaisir et le même émerveillement que les premières fois.
De bien jolies choses malgré tout ce désespoir : la plume délicieuse, le nom de cette femme, sa douceur, sa réserve, sa "main dans le désordre blond de ses cheveux", la fleur de magnolia entre ses seins. Sa façon d'aimer son enfant, avec passion et désinvolture. Sa sensualité d'autant plus éclatante qu'elle n'est pas calculée, le désir qu'elle fait naître chez cet homme. le trouble croissant entre eux, les errances nocturnes de l'homme devant son jardin, sous ses fenêtres, le parfum entêtant des magnolias... Et puis l'innocence, le pragmatisme et la sagesse, à travers la présence d'un enfant.
Somptueux. ♥
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LiliGalipette
22 juin 2012
Pendant un cours de piano, le cri d'une femme retentit dehors. C'est un meurtre passionnel qui a eu lieu en bas, devant le café. Cet évènement trouble durablement Anne Desbaresdes qui accompagnait son jeune garçon au cours de musique. Quelques jours plus tard, elle revient au café, poussée par une curiosité un peu honteuse. Au comptoir, elle avale plusieurs verres de vin et entame une étrange discussion avec un témoin du crime.
« Si vous saviez tout le bonheur qu'on leur veut, comme si c'était possible. Peut-être vaudrait-il mieux parfois que l'on nous en sépare. Je n'arrive pas à me faire une raison de cet enfant. » (p. 33) Anne Desbaresdes est une mère trop affectueuse, anxieuse et dépassée. « Vous aurez beaucoup de mal, Madame Desbaresdes, avec cet enfant, […], c'est moi qui vous le dit. / C'est déjà fait, il me dévore. » (p. 16) L'enfant ne veut pas apprendre le piano, il ne veut pas perdre ses après-midi sur des gammes alors que le port est si près et que le bal des navires est si fascinant. « Quand même, […], tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. » (p. 20 & 21) Mais à quoi cela sert-il de connaître des indications musicales ? Ne vaut-il pas mieux jouer la mélodie comme on l'entend, même si l'on est en avance de plusieurs mesures ?
Ce court roman de Marguerite Duras ressemble à une pièce de théâtre : on y trouve la tension de certaines tragédies grecques, mais il y manque le drame, l'action. En fait, une fois le crime liminaire accompli, il ne se passe plus grand-chose et l'on suit Anne Desbaresdes et Chauvin sur le chemin d'un adultère incertain. le dialogue est composé de répliques en décalage : on n'est pas vraiment certain que ces deux-là s'entendent et se comprennent, mais il s'agit d'une absurdité régulière, étrangement acceptable.
Après le cri, il faudrait continuer la petite musique, modérément et de façon chantante, mais quelque chose s'est brisé dans l'harmonie artificielle d'avant, et la partition sonne faux. Anne Desbaresdes fuit l'ennui et laisse enfin s'exprimer sa haine des heures fixes, des partitions figées. le vin devient son évasion et plus rien ne reste dans ses limites.
À la fin de l'édition que j'ai choisie sont compilées les critiques contemporaines de la parution du roman. Ces textes donnent un nouvel éclairage et l'envie de reprendre la lecture parce que, c'est certain, on est passé à côté de quelque chose. À la fois fascinant et agaçant, ce roman concentre le talent de Marguerite Duras : plus que jamais, elle exprime son art de ne pas finir.
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zabeth55
27 août 2015
Une ambiance surréaliste dans un décor très précis
un enfant qui apprend le piano à contrecoeur
une femme assassinée dans un café
la mère de l'enfant, étrange, étrangère à sa vie, désorientée
un homme mystérieux
Un texte tout en poésie.
C'est beau, c'est très beau.
C'est troublant et envoûtant
C'est comme une chanson triste, comme une longue plainte
Paradoxe d'un texte écrit d'une manière froide et détachée d'où émergent émotion et sensibilité.
Musical comme la sonatine de Diabelli, je relirai ce livre avec déléctation
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nadiouchka
26 juin 2017
C'est en faisant du rangement dans ma plus grande bibliothèque que j'ai retrouvé ce petit ouvrage de Marguerite Duras : « Moderato Cantabile », publié en 1958 et qui a été adapté au cinéma. Je l'ai relu rapidement pour en faire une petite critique malgré qu'il ait été, depuis ce temps, largement apprécié et chroniqué. Mais tant pis, je tenais à le faire moi aussi.
L'histoire commence ainsi :
« - Veux-tu lire ce qu'il y a d'écrit au-dessus de ta partition ? Demanda la dame.
- Moderato cantabile, dit l'enfant. (…)
- Et qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
- Je sais pas ». (page 9).
Et voilà un petit garçon, très têtu, qui refuse, d'une part de répondre à cette question tant de fois posée dont il connaît la réponse ; d'autre part, de jouer la sonatine de Diabelli. Ceci au grand dam de la personne engagée pour lui donner, une fois par semaine, des leçons de piano, sous les yeux attendris de sa mère.
Tout d'un coup, un cri éclate dans la rue : on vient d'assassiner une femme.
Nous allons avoir comme personnages principaux :
* L'enfant : un garçonnet blondinet, solitaire, qui adore les bateaux, qui aime sa mère, doué pour le piano mais qui refuse d'en jouer, prétendant qu'il n'aime pas ça.
* La mère : Anne Desbaresdes, héroïne de ce livre, qui aime son fils dans son entêtement et qui en rit même mais ne sait pas comment s'y prendre pour vaincre l'obstination de celui-ci.
* La professeur de piano : Mlle Giraud, revêche et antipathique avec la mère, très sévère avec l'enfant. 
* Chauvin : qui va devenir l'ami d'Anne rencontrée dans un café.
* On peut aussi parler de la patronne de ce café, car elle se montre curieuse et aussi complice des rencontres de Chauvin et d'Anne en leur servant jusqu'à plus soif du vin. Il faut dire que ces deux-là n'arrêtent plus de se voir et de boire pendant qu'Anne ne cesse de poser des questions sur le meurtre.
Il s'agit donc surtout de ces rendez-vous, entrecoupés par les leçons de piano qui représentent pour l'enfant une corvée dont il se passerait bien.
Si vous pensez que j'ai raconté l'histoire, pas du tout, je n'ai indiqué que la trame car il y règne une forme de tension et de nombreux non-dits, à découvrir.
Pourquoi Chauvin verse-t-il du vin sans cesse à Anne qui s'enivre à en être malade ? Comment va réagir Anne devant le désir qui s'éveille en elle ? Est-ce que l'enfant va finir par jouer ce qu'on lui demande et comment va-t-il réagir devant l'attirance de ces deux êtres ?
Les questions sont nombreuses ; le cheminement de l'histoire se fait lentement mais de façon rythmée justement par les leçons de musique et les envolées de notes lorsque l'enfant joue.
Ce qui apparaît comme un grand scandale silencieux autour d'Anne et de Chauvin, va trouver une conclusion, à la fin du livre, d'une façon toute simple, par quelques mots.
Marguerite Duras a bien décrit la sensualité qui se dégage de son oeuvre, la complicité entre la mère et l'enfant, la relation ambiguë se nouant entre l'homme et la femme.
Ce fut un grand plaisir de relire cet ouvrage de cette écrivaine née en Indochine – dramaturge – scénariste et réalisatrice, dont j'avais déjà apprécié, entre autres : « L'Amant » (Prix Goncourt en 1984) , « Hiroshima mon amour », « Un barrage contre le Pacifique »… pour ne citer que ceux-ci.
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Citations & extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
liratouva2liratouva213 mai 2010
Moderato cantabile, dit l'enfant.
La dame ponctua cette réponse d'un coup de crayon sur le clavier. L'enfant
resta immobile, la tête tournée vers sa partition.
-Et qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
-Je ne sais pas.
Une femme, assise à trois mètres de là, soupira.
Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame.
L'enfant ne répondit pas. La dame poussa un cri d'impuissance étouffé, tout
en frappant de nouveau le clavier de son crayon. Pas un cil de l'enfant ne
bougea. La dame se retourna.
-Madame Desbaresdes, quelle tête vous avez là, dit-elle.
Anne Desbaresdes soupira une nouvelle fois.
-A qui le dites-vous, dit-elle.
L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait
d'éclater. Il en frémit.
-Je te l'ai dit la dernière fois, je te l'ai dit l'avant-dernière fois, je te l'ai dit cent fois, tu es sûr de ne pas le savoir?"
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hupomnematahupomnemata03 juin 2014
- Je voudrais que vous me disiez maintenant comment ils en sont arrivés à ne plus même se parler.
L'enfant arriva dans l'encadrement de la porte, s'assura qu'elle était encore là, s'en alla de nouveau.
- Je ne sais rien. Peut-être par de longs silences qui s'installaient entre eux, la nuit, un peu n'importe quand ensuite, et qu'ils étaient de moins en moins capables de surmonter par rien, rien.
Le même trouble que la veille ferma les yeux d'Anne Desbaresde, lui fit, de même, courber les épaules d'accablement.
- Une certaine nuit, ils tournent et retournent dans la chambre, ils deviennent comme des bêtes enfermées, ils ne savent pas ce qui leur arrive. Ils commencent à s'en douter, ils ont peur.
- Rien ne les satisfait plus.
- Ce qui est en train de se passer, ils en sont débordés, ils ne savent pas le dire tout de suite. Peut-être qu'il leur faudra des mois. Des mois, pour le savoir.
Il attendit un instant avant de lui parler de nouveau. Il but un verre entier de vin. Pendant qu'il buvait, dans ses yeux levés le couchant passa avec la précision du hasard. Elle le vit.
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liratouva2liratouva213 mai 2010
"-Parfois encore, c'est l'été et il y a quelques promeneurs sur le boulevard. Le samedi soir surtout, parceque sans doute les gens ne savent que faire d'eux-mêmes dans cette ville.
-Sans doute, dit Chauvin. Surtout des hommes. De ce couloir, ou de votre jardin, ou de votre chambre, vous les regardez souvent.
Anne Desbaresdes se pencha et lui dit enfin.
-Je crois, en effet, que je les ai souvent regardés, soit du couloir, soit de ma chambre, lorsque certains soirs je ne sais quoi faire de moi.
Chauvin proféra un mot à voix basse. Le regard d'Anne Desbaresdes s'évanouit lentement sous l'insulte,..."
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hupomnematahupomnemata03 juin 2014
On rit. Quelque part autour de la table, une femme. Le choeur des conversations augmente peu à peu de volume et, dans une surenchère d'efforts et d'inventivité progressive, émerge une société quelconque. Des repères sont trouvés, des failles s'ouvrent où s'essayent des familiarités. Et on débouche peu à peu sur une conversation généralement partisane et particulièrement neutre. La soirée réussira. Les femmes sont au plus sûr de leur éclat. Les hommes les couvrirent de bijoux au prorata de leurs bilan. L'un d'eux, ce soir, doute qu'il eût raison.
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nadiouchkanadiouchka26 juin 2017
- Quand même, dit Anne Desbaresdes en arrivant boulevard de la Mer, tu pourrais t’en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c’est facile.
P.23
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