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EAN : 9782709623889
190 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (21/08/2002)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 73 notes)
Résumé :
D'un côté, le désert qui avance. De l'autre, la guerre qui menace. Au village, le puits s'assèche, le bétail meurt. Il ne reste plus à Rahne qu'à partir à la tête de tous les siens, dont sa dernière-née, la petite Shasha. Avec, pour seule escorte, une chamelle. Et un seul but, trouver de l'eau. Mais chercher la bonne route ne revient-il pas toujours à se tromper ? Ce sont les cohortes de réfugiés dans les lieux désolés de la planète qui ont inspiré à Marc Durin-Valo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  02 mai 2020
Attention en ouvrant ce livre car il pourrait vous brûler la peau, vous assoiffer comme jamais, vous fendiller les lèvres à moins de vous donner envie de bénir notre ciel pour la pluie et l'eau qu'il nous accorde chaque jour.
Chamelle est une histoire vivante et qui brûle de toute part. En suivant cette famille du désert saharien à la recherche d'eau, c'est plus qu'une histoire que nous découvrons ici. C'est la misère humaine, la famine, une marche interminable sans eau, les pieds en sang, la peau carbonisée.
Le soleil nargue, défie, il décide de la route, du destin, il accroît ses rayons au rythme des soupires, il balaie les larmes d'un revers jaune éclatant, il est maître au royaume des nus-pieds.
Une écriture nette et précise pour saigner la misère d'une famille. Des images qui foudroient le coeur, qui font mal, qui font réfléchir et surtout ressentir tout un environnement hostile entre un soleil qui ne ferme jamais l'oeil, la guerre qui sévit plus loin, et il y a encore des misères plus grandes, des solitudes qu'on ne souhaite à personne.
Merci à Marlène50 de m'avoir permis de découvrir et un auteur et un livre que je ne suis pas prête d'oublier.
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Commenter  J’apprécie          947
domisylzen
  01 octobre 2018
Au village, les puits se tarissent les uns après les autres. Un vent chaud jamais connu dessèche tout : humains, animaux, plantes, même le sable se transforme en poussière. Rhane est le maitre d'école, le seul qui sache lire et écrire, qui a étudié à la ville. Aujourd'hui avec Chamelle, son dromadaire femelle, il erre dans la région à la recherche d'une hypothétique source.
La solution s'impose à lui : "il faut partir". Avec la sécheresse d'un côté et la guerre de l'autre la seule voie possible est à l'Est. Contre l'avis de tout le village Rhane emmène femme et enfants, dromadaire et brebis. Seule la famille d'Assambô décide de le suivre. Commence alors une longue errance à travers le désert.
Déjà lu en 2003 ce roman m'avait particulièrement marqué et bouleversé. Quinze plus tard je fais le même constat. Il y a des passages que je ne lis pas, pas par soucis de rapidité ou de lassitude, non point, mais les images évoquées sont au-delà du soutenable. le style est simple, précis, pour nous décrire d'un côté la misère et de l'autre la nature d'une inégalable beauté.
Un roman toujours d'actualité qui permet de voir derrière chaque personne en exode, les raisons qui les poussent toujours plus en avant. Une ode à ceux et qui prennent la route espérant un futur un peu moins pire.
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marlene50
  22 avril 2020
Que dire en refermant ce livre ?
Nous qui ne manquons pas d'eau (et même la gaspillons bien souvent), nous qui nous plaignons pour une petite sécheresse de rien du tout certains étés.
J'ai accompagné au rythme amblé de la Chamelle, Rahne et sa famille dans ce désert hostile et cette chaleur accablante.
Trouver un point d'eau pour étancher "cette soif féroce qui fend la bouche et fait bourdonner les tempes".
Scruter l'horizon et n'y trouver que des lignes qui se brouillent à cause de la chaleur qui fume du sol en volutes transparentes.
"Ce soleil féroce, vomit une chaleur abominable et huileuse.
Est-ce pour nous seuls qu'il déploie tant d'efforts haineux ?".
Fresque bouleversante, simple et oh! combien cruelle.
Un goût d'éternité, traduit par une écriture dense et musicale.
Tant de morts au bout de ce périple incroyable et vain.
Les descriptions des lieus et des personnages sont beaux cependant, mais l'histoire est d'une cruauté sans pareille et d'une tristesse sans nom !
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Fandol
  08 octobre 2016
La sécheresse, la soif, la souffrance, la quête constante et oppressante de l'eau sont omniprésentes dans cet excellent roman de Marc Durin-Valois, une formidable leçon de courage et de vie.
Rahne est instituteur et a déjà été victime d'un drame familial alors qu'il vivait en ville. Il raconte. Nous sommes dans un petit village africain. Si le pays n'est pas précisé, il est vrai que l'actualité nous rappelle, hélas, que là-bas, la sécheresse, la faim et la soif déciment toujours autant de populations. La pluie n'étant plus tombée sur le village depuis de longs mois, il faut maintenant 4 heures pour aller chercher de l'eau et revenir. D'ailleurs, ce dernier puits se tarit et ne donne plus qu'une eau grise que Rahne rapporte avec sa chamelle. Il a dû économiser pendant six mois pour l'acheter. La seconde famille de Rahne est composée de Mouna, sa femme, de trois garçons dont Ravil, l'aîné, a 12 ans. Enfin, il y a la petite dernière, Sasha. Tous les habitants du village, une cinquantaine de personnes, sont conscients de la nécessité de partir mais ne sont pas d'accord avec Rahne qui veut aller vers l'est et non vers le sud, chercher un lieu où il est possible de subsister.
Toute la famille part de nuit emmenant tous ses biens : les chèvres, les brebis et Chamelle qui fournit encore un lait âcre et chaud. Seule, la famille d'Assambô les suit. Ils rencontrent des centaines d'autres personnes chassées par la guerre, la sécheresse et la faim. Quand ils obtiennent la protection des militaires, cela implique toujours une contribution à verser. Les ravages de la soif et la fatigue qui s'accumule sous un soleil écrasant, commencent à causer des dégâts. Tout contact avec d'autres êtres humains est synonyme de danger. Il y a bien ces humanitaires et ces journalistes qui leur donnent de l'eau mais une famille en perdition, cela ne les intéresse guère.
Alors que Rahne et sa famille avancent encore et encore, les drames se succèdent mais aucun puits ne se trouve sur leur chemin. La présence de Chamelle est une véritable assurance-vie tout au long de cette progression hallucinante dans le désert.
« le soleil carbonise ma peau, fait éclater mes lèvres, c'est une fournaise insupportable ». Marc Durin-Valois écrit simplement, son style est efficace et très prenant. Malgré la dureté de ce que le lecteur découvre au fil des pages, le livre est passionnant de bout en bout.
Même si « dans la misère, l'homme isolé est toujours perdant, quelque voie qu'il prenne », l'histoire ne se termine pas dans le néant.
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cathe
  21 septembre 2015
Dans un village africain, l'eau vient à manquer. Pour survivre, les habitants n'ont pas d'autres solutions que partir dans le désert en direction d'improbables puits encore en activité. Faut-il partir vers le Sud ou vers l'Est ? Rahne, l'instituteur, a étudié la carte et choisit le Sud, avec sa famille et celle de son meilleur ami, et avec la fidèle Chamelle. Mais le premier puits est asséché, le deuxième est pris d'assaut et gardé par les soldats, et pour aller plus loin il faudra payer de la vie de certains. Rahne devra à la fois se battre pour continuer et essayer de trouver enfin un peu d'eau, et aussi accepter les malheurs que cette sécheresse apporte.

Ce livre, qui s'inspire de la situation réelle des nomades, est vraiment d'une grande beauté. le récit, raconté à la première personne par le héros qui tient son journal, montre bien combien ces peuples acceptent leur destin, ce qui n'empêche pas une profonde humanité qui nous les rend très proches.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   30 avril 2020
Beaucoup trouvent dans l’observation du malheur d’autrui un sentiment intense de satisfaction pour leur propre existence, même d’une insondable médiocrité.
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Cath36Cath36   31 août 2011
Bien sûr, je devais admettre que, depuis toujours et malgré moi, tout avait filé et glissé, et fui entre mes doigts. Les choses, les bêtes et les êtres. C'était à cause de cette musique sans air qui se moquait de toute mes initiatives en leur apportant un caractère diffus de vacuité... Depuis notre départ pourtant, tout cela avait cessé. Il n'y avait plus qu'un son, ample et d'une pureté si parfaite qu'il me donnait le frisson. Cette musique sans air ne me quittait pas, et même semblait croître à mesure que nous avancions. Peut-être toute ma vie avais-je attendu ce voyage... A aucun moment, la vilaine musique d'autrefois n'a repris, haut perchée, égrenant sans ordres ses notes tremblantes et aigres, cacophonie acide de citron pleine de cruauté moqueuse, me rappelant que tout est dérisoire, toujours, et mes efforts aussi. Au contraire, mes oreilles sont toujours pleines d'une musique plus forte, plus pure que jamais.
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LadybirdyLadybirdy   29 avril 2020
Nous sommes des centaines et des centaines chassés ainsi par la guerre, la sécheresse et la faim. Dans la misère, il y a pire que sa propre misère: il y a celle des autres.
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marlene50marlene50   22 avril 2020
(En parlant de sa Chamelle)
L'épuisement lui donne un air pensif et profond, la même physionomie grave et mélancolique qu'elle a, la nuit, quand, immobile dans l'obscurité, son long cou dressé et ne paraissant jamais dormir, elle semble poursuivre une méditations millénaire en contemplant les dunes éclairées par la lune.
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litolfflitolff   24 juin 2010
Chamelle qui rumine sans fin, et grogne, et ronfle, et gratte le sol, et blatère, de mauvaise humeur contre tout, contre le ciel, contre la terre, contre ce maudit vent qui lui souffle dans les narines quand elle broute les herbes rares, et contre ceux qui lui ont volé son chamelon pour lui substituer une vilaine poupée en chiffons.
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Videos de Marc Durin-Valois (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marc Durin-Valois
La dernière nuit de Claude Eatherly de Marc Durin-Valois .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/la-derniere-nuit-de-claude-eatherly-de-marc-durin-valois-408.htmlLe 6 août 1945, Claude Eatherley survole Hiroshima pour ouvrir la voie au bombardier atomique Enola Gay. 5 ans plus tard, le pilote n'est plus que l'ombre de lui-même entre soif de notoriété et culpabilité.« La dernière nuit de Claude Eatherley », le nouveau roman de Marc Durin Valois.Après « L'Empire des solitudes », « Chamelle » et « Les pensées sauvages », le nouveau roman de Marc Durin Valois, « La dernière nuit de Claude Eatherley » aux éditions Plon.Marc Durin Valois est sur WTC.
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