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EAN : 9782259218450
352 pages
Éditeur : Plon (16/08/2012)
4.2/5   30 notes
Résumé :

Texas, 1949 : photographe-reporter débutante, Rose Calter est jolie, ambitieuse et obsessionnelle. Dans le petit tribunal de Sherman, elle croise un certain Claude Eatherly, un jeune vétéran de l’armée de l’air.

Après enquête, elle découvre que cet ancien pilote a ouvert la route d’Hiroshima au premier bombardier atomique de l’histoire. C’est le début d’une relation mystérieuse et trouble de trente ans entre la photographe et l’ancien as de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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babaou
  16 novembre 2012
J'ai adoré ce roman. le suspens est terrible tout au long quant à ce qui anime Claude Eatherly: imposteur, militant pacifiste... ? On s'attend à ce que le voile finisse par être levé sur cet homme controversé, mais le mystère reste entier jusqu'à la fin.
On peut s'interroger sur le fait qu'un homme comme Paul Tibbets (pilote du B-29 Enola Gay ayant largué la bombe A sur Hiroshima) avec qui Claude Eatherly a été en compétition tout au long de la préparation aux missions de bombardement atomique, si sûr de lui, ne se remettant jamais en question, avide lui aussi de reconnaissance et de notoriété, ne soit pas sorti de l'ombre plus tôt pour tenter de voler la vedette à Eatherly. On a le sentiment qu'à un moment cette compétition va rejaillir pour s'approprier ce que Marc Durin-Valois a justement appelé "la lumière noire d'Hiroshima". Tibbets aurait laisser la presse américaine et mondiale se fourvoyer à propos d'Eatherly pendant si longtemps ?
Peut-être tout simplement parce que lui ne regrette rien, ne se remet absolument pas en question, qu'il se justifie par le fait qu'il a sauvé des milliers de vie de soldats américains en évitant un débarquement au Japon, et qu'il est totalement incapable d'incarner quoi que ce soit susceptible d'intéresser l'opinion publique en tant que fervent partisan de l'emploi de l'arme atomique dont on découvre l'horreur absolue tout au long des années 50-60 où on frôle l'anéantissement total à plusieurs reprises.
La réponse réside peut-être dans le fait qu'Eatherly se place d'emblée comme un pacifiste perçu comme tel, alors que Tibbets serait nécessairement apparu comme un criminel au sang froid, sauf à remettre en cause ses convictions en cherchant à briller sur le devant de la scène. de toute manière dans ce roman, c'est Eatherly qui est intéressant. Tibbets ne présente aucun intérêt.
En tout cas bravo, c'est extrêmement bien documenté. le chapitre 3 est sensationnel et le personnage de Claude Eatherly est extrêmement intéressant: à la fois captivant et attachant. A travers ce roman, chacun est libre de voir en lui ce qu'il a envie d'y voir. Pour ma part, je pense qu'il incarne parfaitement le syndrome de stress post-traumatique lié à l'emploi d'une arme aussi puissante que la bombe A.
Ce qu'il y a de sûr et de totalement déroutant, c'est la manière dont Eatherly cherche à attirer l'attention sur lui, et que l'on ne peut que s'interroger sur ce que cette mission sur Hiroshima a bien pu causer dans la tête de cet homme. Peut-être finalement que ce type de mission n'est pas fait pour des hommes qui ont tendance à se poser des questions. Mais comment ne pas s'en poser ? C'est là que pour moi un homme comme Tibbets reste un mystère et que Claude Eatherly révèle peut-être ce qu'il a gardé d'humain en lui. Un excellent roman, très bien écrit !
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Bonneau
  27 août 2012
En lisant La dernière nuit de Claude Eatherly, on entre d'emblée dans la conscience de la narratrice, Rose Calter, photographe reporter envoyée par son agence au Texas pour trouver un scoop, qui , dès sa première rencontre avec Claude Eatherly, oscille entre fascination et répulsion envers ce pilote dont la vie est définitivement transformée la nuit où il ouvre la route d'Hiroshima au premier bombardier atomique de l'histoire. Elle s'interroge , comme toute la génération après Hiroshima , sur la motivation profonde de cet homme, sur sa manière de survivre à l'événement qui bouleverse le monde : est-il coupable ou victime ? Subit-il le poids écrasant de la culpabilité, en s'adonnant à des déviances de tous genres, ou utilise-t-il sa mission pour assouvir son besoin de notoriété ? L'enquête de cette reporter, outre l'immense documentation sur l'histoire du nucléaire qu'elle présente, s'intéresse à la signification profonde et presque symbolique de cette figure emblématique qu'est devenu Claude Eatherly, « capable de se battre pour la liberté avec une abnégation magnifique et de massacrer en même temps des populations civiles, sans la moindre pitié, comme à Hiroshima, au Vietnam ou il y a bien longtemps aux Philippines. Pour, ensuite, battre sa coulpe. En ce sens, Buck était emblématique de tout un pays ».
La vision de ce personnage historique à travers le regard d'une femme, livrée elle-même à ses propres doutes, à ses propres faiblesses, à ses propres émotions, apporte au roman une dimension humaine et émouvante qui permet au lecteur de s'associer intimement à sa quête passionnée et captivante.
On admirera le style d'une grande fluidité, malgré la somme d'informations documentaires transmises, la vivacité des dialogues, reflétant l'oralité de l'Amérique profonde, et le magnifique passage narratif constituant le journal du pilote racontant sa mission : la progression des pensées fulgurantes et des sensations exacerbées du personnage au gré des lumières, des sons qui l'entourent, rendent compte de l'intensité extra-ordinaire de ce moment dramatique : « 5h55: Les premières lueurs du jour ont percé l'obscurité. Elles font naître un halo composé de vapeurs oranges et violettes qui embrasent l'horizon. Cela ressemble à une rumeur sourde au loin. J'aurais aimé que le matin ne vienne pas. Mais rien ne s'oppose, jamais, à la montée du jour. Ainsi se finit la dernière nuit d'une ère qui va s'éteindre. Je me situe à l'intersection exacte entre les deux espaces, celui d'avant la bombe, et celui d'après. le passage de l'un à l'autre ne se fait pas dans une unité de temps classique mais dans celle que génèrent des engins qui filent à quatre cents kilomètres par heure. C'est pour cela que je suis, malgré moi, le dernier homme de ce monde qui disparaît. »
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kathel
  10 septembre 2012
J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'auteur de ce roman avant de lire des billets lors de cette rentrée littéraire. Et je me dois d'ajouter que je n'avais jamais entendu parler non plus de ce vétéran de l'armée de l'air américaine qui fit parler de lui longtemps après Hiroshima. Marc Durin-Valois analyse très finement la psychologie pour le moins ambigüe de cet as de l'aviation tombé dans l'enfer de l'alcool, allant jusqu'à faire des braquages minables pour faire parler de lui.
Plus encore, il décrit minutieusement la relation étrange qui le lie à une jeune photographe de presse free-lance, fascinée par le personnage de Claude Eatherly, qui n'aura de cesse d'en savoir plus sur ce qui s'est vraiment passé le 6 août 1944, et de comprendre pourquoi le pilote a sombré dans des comportements à risque à son retour au Texas. de 1949 aux années 70, elle le poursuit, le rencontre, le pousse à parler, à publier un document dans lequel il raconte cette mission qui a transformé sa vie. Cette longue relation sera prétexte à ne rien laisser dans l'ombre du destin de Claude Eatherly.
La grande réussite de ce roman est d'avoir mené l'enquête du point de vue de Rose Calter, avec son innocence, elle qui a vingt-trois ans au début du récit, et d'amener progressivement et astucieusement tous les documents et révélations concernant l'ex-pilote. Il ne s'agit pas bien sûr de magnifier la bombe atomique, et aucune de ses conséquences funestes n'est cachée ou négligée. L'auteur rappelle le projet Manhattan, les essais nucléaires qui ont précédé ou suivi Hiroshima. le philosophe Günther Anders qui avait été le premier à mettre en lumière la culpabilité de l'ancien pilote d'Hiroshima est évoqué aussi. Trente années d'événements texans, américains, voire mondiaux en toile de fond, la vie tout ce qu'il y a de plus ordinaire de Rose en avant-plan un peu flou, tant elle est obnubilée par le pilote, tout est fort bien construit pour tenir en haleine jusqu'au bout. C'est à peine si on remarque que l'écriture manque parfois un peu de sobriété. Un destin qui permet de revenir sur l'histoire de la bombe atomique, c'est plutôt inhabituel dans la littérature, et si de plus, c'est bien fait, cela vaut la peine de lui faire une place parmi vos lectures.
Lien : http://lettresexpres.wordpre..
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mabuse
  16 novembre 2012
Je suis une personne « difficile »: difficile à convaincre, à émouvoir, à conforter, à transporter ou à remettre en cause; mes derniers tressauts français contemporains furent Houellebecq , Adam, puis, néant.. Electrochoquez-moi, romanciers français, je vous en prie, sinon je retourne à Buko, Roth, ou Banks, vous l'aurez voulu!
Assez de subir des auteurs creux, à la susceptibilité douteuse, romanciers souvent rétrogrades qui déversent leur savoir comme autant de défense d'eux même sur les plateaux bien éclairés d'émissions bien aseptisées. Pour moi, un roman ne se défend ni dans une émission, ni dans les rouages bien huilés du monde nébuleux et arrangeant de l'édition, mais dans ses premières lignes, tout simplement.
Merci donc à vous Marc, pour ce souffle, pour cette prouesse franco-américaine, ce non lieu commun, cette histoire dans L Histoire qui m'a happé le temps d'une lecture assoiffée, et qui me replace malgré moi dans une situation que je n'envisageais même plus: celle qui m'implique malgré moi dans la conscience tardive de l'erreur Humaine avérée. Merci de refaire de moi un Homme responsable en ces temps de doutes et de dérive, de me gifler dans le sens du vent, et des dépressions atmosphériques en général. de me laisser reprendre ma respiration quelque temps, et d'en remettre une couche; fidèle définition de l'amour...
Mais ne vous y trompez pas, loin d'être masochiste, je suis juste en attente de textes transportant, redorant à mon sens une littérature française en mal d'originalité, et gangrénée par la cooptation.
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dox22
  16 août 2012
Attention, grand, très grand roman de forme classique et d'une très grande profondeur de champ (la narratrice est photographe). Ça commence comme un mauvais film américain ou un polar de série B. Une jolie blonde au Texas qui veut devenir photographe et sillonne l'Etat son appareil photo à la main, de tribunal en tribunal, sans oublier la case shérif, jusqu'au jour où une source lui signale le cas d'un homme qui n'est pas qu'un délinquant.. il a participé à l'attaque d'Hiroshima, dans un premier avion pour vérifier les conditions de visibilité avant qu'un deuxième avion ne largue la bombe atomique. Claude Eatherly a vraiment existé et il a effectivement participé à ce bombardement. Rose Calter, la photographe, va se rapprocher et enquêter sur ce drôle de personnage qui navigue entre tribunal, prison et hôpital psychiatrique, entre manipulation (il n'authentifiera jamais le texte qu'il aurait écrit pour décrire ce qui s'est passé ce jour-là) et culpabilité. Si le roman n'était que cette enquête, il serait déjà très bon, tant Durin-Valois excelle décrire ce personnage aux multiples facettes, joueur, grande gueule, et qu'on imagine pourtant d'une séduction totale. « En vérité, chaque fois qu'une vérité paraissait s'imposer concernant le pilote, elle se révélait inadaptée. En tout cas insuffisante ». le mystère de cet homme cabotin, furieux de ne pas avoir été dans l'avion qui a largué la bombe, qui lui aurait assuré la célébrité et pourtant transpirant le mauvaise conscience, demeure à la fin du livre. Mais il est moins épais, un écrivain est passé par là. Surtout, l'enjeu narratif se déplace peu à peu...

la suite dans:
http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2012/08/romans-francais/la-derniere-nuit-de-claude-eatherly-de-marc-durin-valois
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots   16 août 2012
Les choses me semblaient en tous cas transparentes : hanté par les fantômes d’Hiroshima, l’ancien pilote avait essayé dans un geste désespéré de se supprimer. Les détails de sa tentative avortée étaient parus dans un journal local. Un vétéran du nom d’Eatherly- rien de plus précis- avait avalé des médicaments dans la nuit, une trentaine de comprimés. Sa femme avait téléphoné aux urgences. Conduit à l’hôpital, il avait été tiré d’affaire par aspiration gastrique. A l’époque, faute de recul, j’étais bouleversée. En réalité, tout cela n’était pas si affolant. Un militaire, lorsqu’il veut se tuer, ne se rate pas.
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kathelkathel   10 septembre 2012
Sous mes ailes, le brouillard dense s'est dissipé. Une immense fenêtre au creux des nuages offre une opportunité de bombardement magique, presque irréelle. Le soleil traverse cette ouverture et illumine en contrebas, comme s'il la dessinait avec la pointe d'u couteau, la ville d'Hiroshima, les habitations serrées, structures en bois et bétons mêlées, le quadrillage dense des rues ordonnées par les affluents de la rivière Ohta qui se déploie dans la ville comme une main maigre à six doigts se poursuivant jusqu'à la mer.
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anibalanibal   19 novembre 2012
5h55: Les premières lueurs du jour ont percé l'obscurité. Elles font naître un halo composé de vapeurs oranges et violettes qui embrasent l'horizon. Cela ressemble à une rumeur sourde au loin. J'aurais aimé que le matin ne vienne pas. Mais rien ne s'oppose, jamais, à la montée du jour.
Ainsi se finit la dernière nuit d'une ère qui va s'éteindre. Je me situe à l'intersection exacte entre les deux espaces, celui d'avant la bombe, et celui d'après. Le passage de l'un à l'autre ne se fait pas dans une unité de temps classique mais dans celle que génèrent des engins qui filent à quatre cents kilomètres par heure. C'est pour cela que je suis, malgré moi, le dernier homme de ce monde qui disparaît.
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LucioledanslaluneLucioledanslalune   20 août 2012
Quand j’étais avec lui, je passais des moments étranges et doux, presque agréables. A contrario, sur le chemin du retour quand je songeais à cet homme qui m’avait dévoré les meilleures années de ma vie, mes joues rosissaient d’une fureur glacée.
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tynntynn   30 avril 2013
-Pour attirer les projecteurs, certains hommes sont prêts à toutes les folies...
- Certaines femmes aussi.
- Le problème est que, mis à part quelques jaloux et une poignée d'illuminés, les gens célèbres n'intéressent personne.
- C'est vrai. En même temps, on devient célèbre pour soi et jamais pour les autres...
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Vidéo de Marc Durin-Valois
La dernière nuit de Claude Eatherly de Marc Durin-Valois .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/la-derniere-nuit-de-claude-eatherly-de-marc-durin-valois-408.htmlLe 6 août 1945, Claude Eatherley survole Hiroshima pour ouvrir la voie au bombardier atomique Enola Gay. 5 ans plus tard, le pilote n'est plus que l'ombre de lui-même entre soif de notoriété et culpabilité.« La dernière nuit de Claude Eatherley », le nouveau roman de Marc Durin Valois.Après « L'Empire des solitudes », « Chamelle » et « Les pensées sauvages », le nouveau roman de Marc Durin Valois, « La dernière nuit de Claude Eatherley » aux éditions Plon.Marc Durin Valois est sur WTC.
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