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ISBN : 2260030009
Éditeur : Editions Julliard (01/03/2018)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 33 notes)
Résumé :
En 1935, l'écrivain juif roumain Mihail Sebastian donne une conférence à l'université de Jassy,capitale culturelle, riche, cosmopolite et raffinée, de la Roumanie. Lorsqu'il est violemment agressé par des étudiants antisémites, seule une jeune femme, Eugénia, prend sa défense. Cette haine viscérale des juifs, Eugénia doit encore la combattre au sein de sa propre famille. L'un de ses frères occupera bientôt de hautes responsabilités au sein de la Garde de Fer, milice... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  06 juin 2018
À La fin de la Première Guerre mondiale la Bessarabie, la Transylvanie (hongroise depuis 1867 au sein de la monarchie austro-hongroise), la Bucovine et une partie du Banat votent leur rattachement à la Grande Roumanie, officiellement neutre. En 1938, le roi Carol II instaure une dictature. Il fait tirer sur les fascistes de la Garde de fer, juger et exécuter leur chef Codreanu. Au début de la Seconde Guerre mondiale ce roi anglophile, qui combat également les communistes, fait garantir les frontières du royaume par le Royaume-Uni et la France.
 
Allié ensuite avec Staline par le pacte germano-soviétique de 1939, Hitler considère la Roumanie, à juste titre, comme une puissance hostile. À l'été 1940, après l'effondrement de la France, Hitler contraint Carol II à céder la Bessarabie et la Bucovine du Nord à l'URSS, la Transylvanie du Nord à la Hongrie. Par la suite, Hitler et la Garde de fer renversent le roi et le remplacent par le maréchal Antonescu ; la Garde de fer qui organise des attentats, et s'en prend aux Juifs et aux Tsiganes ; Antonescu qui engage, lors de l'opération Barbarossa (en juin 41), la Roumanie aux côtés de l'Allemagne dans l'offensive contre l'URSS.
 
Un contexte historique complexe, dans lequel Lionel Duroy imagine une histoire d'amour entre Eugenia, une journaliste roumaine, et l'écrivain juif roumain Mihail Sebastian. Eugenia a été élevée dans la haine des juifs — considérés par les Roumains comme des profiteurs à éradiquer — mais son amour pour Mihail la sensibilise à leur sort. Traumatisée par l'épouvantable pogrom de Jassy en 41, la jeune femme, après avoir cherché à comprendre l'origine du mal auprès des bourreaux, entre pendant la guerre dans la Résistance pour les combattre...
...Alors que son ami Mihail est sans espoir : « Nous mourons si mal, nous autres ! écrit-il dans Depuis deux mille ans. Les siècles de mort que nous avons traversés ne nous ont même pas appris si peu de chose. Nous vivons mal, mais nous mourons encore plus mal, dans le désespoir, dans la bataille. Nous manquons notre dernière chance de paix, notre unique chance de salut. Triste mort juive de gens qui, n'ayant pas vécu parmi les arbres et les bêtes, n'ont pas pu apprendre la beauté de l'indifférence dans la mort, sa dignité végétale.  »
Mêlant habilement fiction romanesque et réalité historique, un récit fluide et puissant sur l'engagement, les racines du mal, les nationalismes et l'antisémitisme, mais aussi, évoquant Malaparte, Cioran, Micea Eliade, Mihail Sebastian, sur le rôle des journalistes et des écrivains dans l'interprétation des événements dont ils sont les témoins. Avec ce sujet plus que jamais d'actualité — au regard de la résurgence des partis populistes dans le monde occidental — Lionel Duroy signe ici sans doute un de ses meilleurs romans.
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Pancrace
  06 juin 2018
Je m'en suis voulu du plaisir que j'ai pris à larmoyer sur le malheur des autres. Il y a des auteurs qui font éclore des idées exactement vôtres mais que l'on ne pourrait jamais exprimer.
C'est surement ça le talent !
Quelle joie donc de faire la connaissance d'Eugenia, fraiche jeune femme intelligente dans la Roumanie de Juin 40 où l'Allemagne vient d'écraser la Pologne, le Danemark et la France.
Le roi Carol II n'a d'autres choix que d'accepter l'alliance que lui impose Hitler.
En interne depuis 1935 les fascistes des « gardes de fer » rêvent déjà de rendre la Roumanie aux roumains en éliminant l'ensemble des juifs.
D'une puissante charpente historique, les mots forts de Lionel Duroy lèvent pour moi le voile d'une Europe centrale basculant dans l'horreur et ce, soutenu par une romance improbable :
Eugenia est amoureuse de Mihail écrivain et dramaturge juif qui accepte sa condition.
« le sauver du sombre fatalisme dans lequel je le voyais s'enfoncer ».
Elle est également la soeur de Stefan dirigeant des « gardes de fer ».
La famille et la fratrie seront écartelées par ces convictions opposées.
J'ai apprécié le charisme et le dynamisme d'Eugenia, son altruisme et sa force de caractère qui lui permette d'affronter des situations inédites atroces. « Je n'en pouvais plus de devoir décider toute seule, de ne pouvoir compter que sur moi-même dans cette Europe qui semblait être tombée dans la main du diable. »
Cette main du diable sera cuirassée d'une telle haine des juifs qu'elle s'exécutera finalement dans le « pogrom de Jassy ».
Derrière ces mots à la jolie consonance se terrent la férocité et la barbarie. La moitié d'une ville a massacré l'autre. « Ce furent les jours les plus bestiales de l'histoire de l'humanité. »
Eugenia entrera en résistance laissant Mihail végétatif, tapi dans son appartement de Bucarest à écrire son journal, un peu comme s'il écrivait pour se taire. Ecrire pour ne pas mourir !
Lionel Duroy m'a littéralement embarqué dans le destin de l'Europe, d'un pays tourmenté,
d'un peuple roumain exsangue s'interrogeant : « Qu'étions nous allés faire jusqu'à Stalingrad quand nous roumains avions pour seule ambition de récupérer la Bessarabie et la petite Bucovine ? »
Ce commentaire parait bien mièvre comparé à la densité et au foisonnement d'idées de ce texte brillant notamment sur les suites du pogrom où Eugenia se demandera pourquoi après avoir relaté les faits, n'étions nous pas allé voir celui qui a tué toute une famille à la hache, ses voisins, alors qu'il les saluait chaque matin ?
« Ce qui fait la beauté d'Eugenia, c'est qu'elle n'en a aucune conscience. »
Je ne t'oublierai jamais, tu t'es battu pour ton pays, tes idéaux, ta famille, ton amour.
Pour revenir vers toi, il suffira que je prenne ce livre dans mes mains, compact, il se pliera à peine sous l'épaisseur des feuillets, que je ferme les yeux et tu seras là, à arpenter les rues de Jassy ou de Bucarest pour sauver du péril l'humanité, ton humanité.
Dansent les ombres du monde…
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Eve-Yeshe
  21 mai 2018
L'auteur nous raconte un pan de l'histoire de la Roumanie, des années trente jusqu'à 1945, à travers une histoire d'amour entre une jeune étudiante Eugenia Radulescu et un écrivain juif célèbre Mihail Sebastian.
Eugenia a été élevée dans une famille où règne un antisémitisme pur et dur, son frère aîné Stefan ayant même rejoint la milice populiste qu'on appelle la « Garde de Fer » qui défile en terrorisant les Juifs, les maltraitant, et font du racolage...
Elle fait la connaissance de Mihail le jour où celui-ci vient faire une conférence dans son université, en 1935, conférence organisée par une enseignante qu'elle admire, Madame Costinas, laquelle jouera un rôle déterminant dans sa vie.
Lors de cette conférence, Stefan envoie ses sbires frapper Mihail, et Eugenia, horrifiée, aide son professeur à le prendre en charge. C'est ainsi que commence une prise de conscience chez la jeune étudiante.
« Il est inoubliable le moment où nos paupières se dessillent, où nous comprenons que nous avons été abusés. » P 37
En fait, les Roumains n'ont jamais accepté que les Juifs entrés chez eux à la fin de la première guerre mondiale aient été naturalisés, et sur fond de crise, il est tellement simple de rejeter la faute sur une population désignée d'avance…
« Pour nous, ces juifs venus de Galicie, de Russie, de Hongrie, de Pologne, d'on ne savait trop où encore, qui avaient envahi notre ville sans vergogne et dressé leurs synagogues ici et là, demeuraient des juifs, des étrangers, et ne seraient jamais de véritables Roumains. » P 22
On découvre ainsi le comportement de la Roumanie, pendant la guerre, le roi Carol II tentant de ménager la chèvre et le chou, les actifs de la Garde de Fer sont arrêtés jugés exécutés, le mouvement interdit, malgré la fascination du peuple pour Hitler, mais il y a eu la signature du pacte germano-soviétique et la grande peur de l'URSS qui veut récupérer des terres conquises par la Roumanie : Bessarabie, Bucovine…
Quand la guerre éclate avec l'URSS Andrei, le jeune frère d'Eugenia est envoyé au front, tant que Stefan s'est réfugié à Berlin, planqué dans l'entourage d'Hitler. Mais les Russes finissent par l'emporter et évidemment c'est de la faute des Juifs d'où le pogrom de Jassy en juin 1941 (comme il y a eu celui de Bucarest en janvier) qu'Eugenia nous raconte dans le détail, arpentant la ville pour couvrir les évènements pour un journal de Bucarest.
Cet évènement va déclencher des prises de conscience, des gens vont entrer dans la Résistance, tous ne sont pas des collabos à la botte des nazis. Comment peut-on assassiner du jour au lendemain des gens qui ont été des voisins, des proches parfois ? c'est une question que je poserai toujours car elle reste malheureusement d'actualité, on connaît l'effet « meute » …
Les exactions de la Garde de Fer étaient d'une telle violence que même Hitler et ses troupes s'en inquiétaient… Selon cet officier, le chaos qui s'installait dans le pays inquiétaient de plus en plus les Allemands et ils ne laisseraient sûrement pas la situation perdurer. » P 204
Tout au long de ce roman, c'est Eugenia qui parle, utilisant le « je » et on assiste à son évolution, son éveil politique ; on voit évoluer sa réflexion, son appréciation de la situation, et son comportement va se modifier en profondeur; en même temps, elle découvre un autre univers, le monde de Mihail et de son écriture… elle ne porte pas de jugement péremptoire, elle constate les actes et les paroles des uns et des autres et les note de manière la plus objective possible, ce qui ne l'empêche pas de réfléchir sur la responsabilité des hommes et la répétition d'évènements qu'on pensait ne jamais voir se reproduire, tant ils étaient atroces.
Lionel Duroy alterne des évènements du présent (1945) et du passé, et mêle habilement l'histoire d'amour, plutôt à sens unique, entre Eugenia et Mihail, ce qui donne un rythme particulier à ce récit puissant et passionnant. Il évoque aussi très bien les déchirements dans une même famille, lorsque les enfants ont des engagements qui s'opposent, et le rôle de l'éducation, dans le rejet de l'autre.
Je connaissais peu l'histoire de la Roumanie et son côté fasciste pro nazi, à part, Ceausescu, le génie des Carpates, ainsi qu'il se surnommait, son exécution, Petre Roman, ou encore Nadia Comaneci… Donc surtout l'histoire après 1945. J'ai donc appris beaucoup de choses et ce roman m'a donné envie d'en savoir davantage sur Mihail Sebastian, ses livres, notamment « Depuis deux mille ans », son journal, dont l'auteur nous donne des extraits, ses pièces de théâtre…. Et bien sûr sur les protagonistes du pogrom, tel le général Antonescu…
Ce qui fait aussi l'originalité de ce roman, c'est le choix que fait Lionel Duroy de commencer le récit le 30 mai 1945, nous disant d'emblée si Mihail a survécu ou on à cette guerre, ce qui permet au lecteur de profiter de l'histoire sans se poser la question de manière lancinante…
J'ai adoré ce roman, qui avait tout pour me plaire car cette période de l'Histoire me passionne, et j'ai été conquise par le travail de recherche et le style de Lionel Duroy, dont j'aborde l'oeuvre pour la première fois, alors que plusieurs de ses livres sont dans ma PAL débordante…
Auteur à suivre de plus près donc.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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tynn
  06 mai 2018
Voici tout ce qui me plait dans la bibliographie de Lionel Duroy ! Cette capacité à raconter, mêlant intimement le romanesque à l'Histoire ou/et au journalisme d'investigation. On lit un roman et on sait très vite que le travail de documentation est fouillé sur une période, un personnage réel, un contexte social ou historique.
Eugenia est notre guide dans la Roumanie fasciste des années 30 et la décennie de guerre, dans le poker menteur des alliances internationales.
Jeune étudiante, sa rencontre avec l'écrivain juif Mihail Sebastian* est un tournant dans sa compréhension de l'antisémitisme féroce qui gangrène les mentalités de son pays. Elle découvre, vit, participe puis témoigne d'une époque violente aux accents nationalistes et exhume les souvenirs doux-amers de sa relation amoureuse avec l'auteur, dont des extraits de journal ou de publications étaient la trame fictive du roman.
Toujours intéressé par l'amour entres les êtres, l'intime et le tumulte des sentiments, Duroy produit un couple improbable et un beau portrait de femme dans une fiction sociale étroitement imbriquée dans la géopolitique de l'Europe, autour de la seconde guerre mondiale.
La Roumanie, écartelée entre ses anciens alliés de 14/18 et la cupidité de ses deux grands voisins offre une prise de vue inhabituelle et passionnante de la période. La chronologie est d'une grande limpidité, accompagnant une enquête sur les racines profondes de l'antisémitisme dans la population roumaine, les raisons de la haine à l'image de nombreux pays d'Europe, le journalisme de guerre et la désinformation.
Addictif, intelligent, documenté, une pertinente acuité intellectuelle et une toujours très belle fluidité d'écriture: un livre effrayant de réalisme, à ne pas rater.
*Mihail Sebastian (1907-1947) était un écrivain, dramaturge et essayiste roumain de culture juive.
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Archie
  06 juin 2018
C'est en Roumanie, dans les années 1935 à 1945, que Lionel Duroy a situé son dernier roman, Eugénia. La construction de l'ouvrage est ingénieuse, audacieuse, sophistiquée, mais nébuleuse au premier abord. Il m'a fallu un certain temps pour m'y sentir à l'aise, car pendant une bonne centaine de pages (sur cinq cents), je me suis interrogé sur l'objet et le sens que l'auteur avait voulu lui donner.
S'agit-il, me suis-je demandé, d'une monographie sur l'écrivain juif Mihail Sebastian, mort brutalement à Bucarest en 1945, aujourd'hui tombé dans l'oubli ? N'est-ce pas plutôt une fiction romanesque, l'histoire d'une longue et épisodique liaison amoureuse entre ce même écrivain et Eugénia, la jeune femme imaginée par Lionel Duroy pour incarner son livre ? On peut aussi y voir une chronique politique des années trente en Europe, observée depuis Bucarest, où l'exacerbation du nationalisme conduira la Roumanie à une alliance exaltée avec l'Allemagne nazie, sous l'oeil bienveillant d'intellectuels de renom comme Mircea Eliade et Emil Cioran, auteurs de propos antisémites on ne peut plus clairs.
Au-delà de ce contenu déjà fourni, le livre dépeint la vie quotidienne dans le pays, caractérisée par l'antisémitisme de ses habitants. Un antisémitisme viscéral, obsessionnel, omniprésent dans la moindre conversation, où chacun vomit les youpins, les youtres, où tous trouvent normal de voir des Juifs se faire tabasser au coin de la rue, au hasard des rencontres et des rapports de force. Un antisémitisme tellement primaire que j'ai un moment pensé à une exagération de l'auteur !...
Mais les faits ne mentent pas. À Jassy, ville natale d'Eugénia, la tension monte, effrayante, jusqu'à l'explosion. En juin 1941, juste après la rupture du pacte germano-soviétique, se produit l'événement central de l'ouvrage, le pogrom de Jassy. Un massacre d'une ampleur et d'une violence sans précédent, puisque treize mille Juifs sont tués en deux ou trois jours, sous le prétexte fallacieux qu'ils allaient livrer la Roumanie aux Russes. L'oeuvre de soldats nazis ? de milices nationalistes d'extrême-droite ? Que nenni ! Ce sont les braves gens du quartier, qui massacrent leurs voisins juifs avec lesquels ils avaient l'habitude de converser et de commercer, dans une impulsion de sauvagerie qui fit dire à un intellectuel témoin, que ce furent « les journées les plus bestiales de l'histoire de l'humanité ». Des descriptions insoutenables et absolument révoltantes, évoquées dès 1944 dans Kaputt, un roman de l'écrivain italien Malaparte, témoin trouble et lucide de l'époque.
Selon Lionel Duroy, son livre consacre l'émergence d'une conscience. Pas la sienne ! Ses preuves d'humanité sont établies depuis longtemps, à l'image de ses enquêtes et de ses écrits sur d'autres crimes de guerre, captés courageusement au plus près des criminels. Car pour lui, seule l'écoute des auteurs de crimes peut permettre d'en comprendre la gestation, tandis que la parole des victimes suscite émotion, compassion et colère, mais n'explique rien.
La conscience qui émerge est celle d'une jeune femme, la narratrice et héroïne de l'ouvrage, Eugénia, miroir féminin de l'auteur, issue comme lui d'une famille où l'on n'aimait pas les Juifs. Eugénia ouvrira peu peu les yeux sur l'absurdité de l'antisémitisme et sur ses risques de dérives barbares. Elle entrera en résistance tout en projetant d'immortaliser par l'écriture ce qu'elle aura vu et compris.
Malheureusement, une fois le calme revenu, les bouches sont closes, les témoins introuvables, le souvenir du pogrom, effacé. « Il y a eu quelques violences, dira-t-on, mais vous savez, c'était la guerre, un grand malheur pour tout le monde !... » Circulez, y a rien à voir !... Les chiffres parlent, pourtant. A Jassy, en 1930, cent mille habitants, dont plus de trente mille Juifs. Aujourd'hui trois cent mille habitants, dont quelques dizaines de Juifs ! On observe la même chose dans la plupart des pays de l'Est, où la population juive a quasiment disparu entre 1930 et 1950, et où les traces mêmes de son existence et de sa culture ont été effacées.
Au-delà de la performance littéraire que représente ce roman, où l'écrivain, un homme, se transpose dans un personnage de femme évoluant parmi des personnalités ayant existé, j'ai apprécié le pragmatisme de sa pensée, lorsqu'il précise que pour pouvoir témoigner d'un événement grave, il convient de lui survivre, par tous moyens. Il rappelle aussi que nous pouvons aimer nos proches, même s'ils professent des idées aux antipodes des nôtres. Un bel exemple de conscience.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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critiques presse (4)
LaCroix   16 avril 2018
Lionel Duroy explore les racines de l’antisémitisme dans la Roumanie fasciste des années 1930 et 1940, dans une ample fresque romanesque mêlant fiction et réalité.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   29 mars 2018
Avec « Eugenia », superbe et terrifiant roman de la Roumanie fasciste des années 1930 et 1940, l’écrivain affronte la violence de l’Histoire et la façon dont chacun y réagit.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   26 mars 2018
Eugenia, le roman de Lionel Duroy, est à la fois historique, philosophique, tragique, foisonnant, déchirant, fascinant. Total.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   09 mars 2018
L'héroïne du nouveau roman de Lionel Duroy est une jeune journaliste qui fait face à la montée dans son pays de l'antisémitisme des années 1930 et 1940.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   13 juin 2018
Pourquoi donc la mort continue-t-elle de nous effrayer quand la vie ne nous offre plus aucune joie ?
Commenter  J’apprécie          200
blandine5674blandine5674   13 juin 2018
C’est un bon camarade, je l’ai constaté à la façon dont son collègue le regardait, il doit être également un bon père et un bon mari – vous auriez vu comme sa chemise était soigneusement repassée ! – et cependant il perd toute humanité lorsqu’il s’adresse à un juif. Mon frère Stefan est pareil. Pourquoi ?
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blandine5674blandine5674   13 juin 2018
Puisque la chose avait eu lieu, qu’elle avait horrifié le monde entier, elle ne se reproduirait plus. Ainsi pensons-nous, nous figurant que l’expérience d’une atrocité nous prémunit contre sa répétition.
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blandine5674blandine5674   11 juin 2018
… que Jean-Jacques Rousseau avait eu raison d’écrire que l’homme naît « naturellement bon » et que c’est la société qui « le déprave et le pervertit ».
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palamedepalamede   07 juin 2018
J’envie les gens qui se trouvent en harmonie avec ce que la vie nous offre.
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Videos de Lionel Duroy (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lionel Duroy
08.03.18 - INTEGRALE - N. Kuperman, A. Cojean, S. Mukasonga, L. Duroy, D. Sylvain et G. Tallent.
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