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ISBN : 2290143553
Éditeur : J'ai Lu (23/08/2017)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Parce que sa femme l'a quitté, Augustin se voit contraint de vendre la maison où ils se sont aimés, où ils ont élevé leurs enfants et où il a toujours pu se consacrer à l'écriture. Le jour du déménagement le crucifie. Incapable de supporter ce spectacle, il entasse fiévreusement dans le coffre de sa voiture les objets dont il ne peut se passer et s'enfuit. Expulsé de lui-même, hors de lui au sens littéral du terme, il se lance alors dans une course affolée, en quête... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  06 octobre 2016
Le garage. Oui, nous y sommes, avec nos frères et sœurs nous y jouions. Les maisons et les murs qui transpirent des émois, du souvenir. Des saveurs, de douces à aigres-douces, ancrées ou diffuses. Le retour à la mère, aux temps reculés de l'enfance, puis de l'enfant à la mère à nouveau, pour faire le point. L'expertise minutieuse de l'avant soi, de celui qu'on rêvait d'être et de celui qu'on est, du jugement premier envers ses géniteurs à celui second, de sévère à mesuré, puis clément plus rapprochant, fonction du lien et du besoin, à nouveau ou à tout prix, quand rien ne va plus. Le ton est familier, forcément vous me direz, mais non, c'est l'auteur qui vient vers nous, avec son histoire qui met le lecteur à niveau, qui ouvre les portes de nos mémoires collectives. À tel point que Sarah Saber est bouleversée. Amoureuse de l'écrivain, non pas de Lionel Duroy, bien que, mais d'Augustin Revel, lequel nait sous sa plume. La mère encore, soucieuse de tenue et d'habitus, puis déchue et reniée par les siens, ceux de sa classe et de son milieu, un centre où gravitait le fils, Augustin et la famille. Faire le point… avec cette Sarah qui apparaît comme un fantasme, qui lui colle aux basques et l'entrave dans sa liberté nouvelle. Flatté, mais agacé quand même, tandis qu'il vient de divorcer, que la séparation de bien le mine davantage que celle du corps, consommée, plus assumée déjà. Vendre la maison, le bâti de son histoire, son repère, sa référence. Revenir aux sources pour sonder l'être, écrire pour retrouver le fil. Quand le quotidien s'arrête brusquement et qu'il faut reconstruire pour vite combler le trou, niveler la somme des souvenirs de demain. Et pour ce faire, c'est Miss Personne, cette Sarah qui tombe à pic, ou bien ce monsieur, madame tout le monde surgis de nulle part, Robert et sa femme Colette, ces inconnus d'hier qui vous bousculent, aujourd'hui. Mais comme l'absente occupe l'espace, il faut revenir à elle, la mère… et c'est ici que le récit monte en puissance, car si la lecture est introspective c'est la vivacité du mouvement qui nous embarque et nous captive.
Aux éditions Julliard que je remercie vivement ainsi que le partenaire masse critique Babelio.
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carre
  07 septembre 2016
Dans « L'absente », Duroy en pleine déconfiture morale et amoureuse (le divorce avec Esther et la vente de la maison du Pertus) l'ont jeté sur les routes de France en quête d'un nouvel endroit pour lui et ses enfants. L'auteur du « Chagrin » revient dans ce nouveau roman, sur ce qui fait la matière d'une partie de son oeuvre à savoir sa propre famille. Cette fois-ci c'est la mère qui en est le coeur. Augustin espère apporter des réponses aux questions qui le turlupinent sur Suzanne, cette mère dépressive, colérique, fille de la bourgeoisie bordelaise, qui en se mariant avec Théophile dit Toto (pétainiste et antisémite mais surtout homme faible devant son épouse hystérique) se retrouvera en HLM pour sa plus grande honte avec dix enfants à élever. Sous la forme d'un road movie parfois farfelu (les rencontres au gré des routes apportant des scènes improbables), c'est sur les terres de l'enfance de Suzanne qu'Augustin trouvera peut-être un certain apaisement. Duroy déroule sa prose tranquillement et j'ai eu le sentiment que tout cela commençait à tourner en rond. Mais, la deuxième partie du roman elle, se relève bien plus intéressante, les pièces manquantes prennent place en réponse aux tourments existentiels d'Augustin. du Duroy pur jus, toujours agréable à lire, qui semble vouloir s'apaiser les années passants.
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kitou94170
  24 mars 2017
« L'absente » de Lionel DUROY est le premier livre que je lie de cet auteur.
Il se trouve que je ne le connaissais pas avant de l'avoir vu dans l'émission « La grande librairie ». Il était là pour présenter ce roman. Sur le coup, je dois bien l'avouer, l'écrivain ne m'a pas particulièrement donné envie de le lire. Un peu plus tard après l'émission, profitant d'être à la médiathèque, j'en ai profité pour jeter un rapide coup d'oeil à ses différents romans. Là encore, pas d'envie particulière d'en emprunter un.
Et puis, il y a quelques jours, je me suis lancée ! J'ai donc emprunté « l'absente ». Pourquoi celui-ci en particulier, je n'en sais strictement rien.
Durant l'émission, j'avais très vite compris que la matière première de l''auteur du « Chagrin » est sa propre famille.
Dans « l'absente » c'est sa mère qui en est le sujet principal.
Augustin, le narrateur et à priori double de l'auteur, totalement désespéré après la vente de sa maison, conséquence de son deuxième divorce, part à l'aventure sur les routes de France, avec ses deux vélos sur le toit de sa voiture et presque toutes ses affaires personnelles, n'ayant plus aucun endroit où se poser. Son périple va alors le mener de la Bretagne à Verdun, pour finir à Bordeaux, ville natale de sa mère où elle a vécu toute son enfance et adolescence.
Le voilà parti à la recherche du passé de Suzanne, cette mère appartenant à la bourgeoisie bordelaise, totalement dépressive, à la limite de la folie, mariée à un homme aux antipodes d'elle. Médiocre, totalement désargenté, complètement instable, il lui fera 10 enfants. A cause de celui-ci, durant sa vie de femme et de mère, elle sera expulser de Neuilly-sur-Seine, pour finir en HLM, à sa plus grande honte et totalement rejetée pas sa propre famille.
Mais surtout Augustin espère enfin trouver les réponses aux questions qu'il se pose depuis plus de trente ans sur ce couple improbable que forment ses parents : comment ont-ils pu s'aimer et partager leur vie ensemble ?

Durant tout le voyage, il va s'employer à comprendre cette mère, pour laquelle il n'éprouve que du mépris et du ressentiment mais qui a fait de lui l'adulte qu'il est aujourd'hui. Petit à petit, au fil de ses différentes rencontres, puis au final sur la terre natale de sa mère, Augustin trouvera tel un puzzle, les différentes pièces manquantes à la vie de Suzanne, qui lui permettront de trouver enfin l'apaisement qui lui manquait tant, et surtout qui lui permettront de la comprendre vraiment et qui sait peut-être un jour lui pardonner.
Tout le talent de l'auteur, sous une forme assez égocentrique tout de même, est de nous faire rouler avec lui sur ces routes de France et de nous captiver jusqu'à la fin. Au fil du livre, une envie indéniable nous prend de connaitre le secret de cette femme, qui a fait d'elle cette mère si détestable et odieuse aux yeux de son fils.
Lionel DUROY est très certainement un homme torturé mais j'ai plaisir à croire que ce roman lui a permis peut-être de clore cette saga familiale. Ce livre n'est certes pas un coup de coeur pour moi, mais n'ayant lu aucun de ces autres livres, peut-être vais-je en lire un deuxième pour me donner une autre idée de ce qu'il fait.
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Fleitour
  23 juillet 2017
L'Absente est un livre surprenant sur l'écriture, l'auteur Augustin est à la recherche de la première ligne de son roman, cette ligne viendra de sa mère et de son secret.

Écrire pour Lionel Duroy c'est comme pédaler pour W Barguil, pour toucher les sommets, ou pour échapper à « la bêtise » pire à la « cruauté du monde », écrire au quotidien c'est continuer à vivre malgré le tumulte que font les accidentés de la vie. Une fois encore l'écriture est la respiration du livre l'Absente, sa transpiration aussi, l'Absente qui aurait pu s'appeler Survivre, comme Échapper fut le roman qui précéda ce retour aux fracas de son enfance.
L'accidentée de la vie c'est Suzanne, la mère, ou la conne, selon l'humeur des enfants, mais cette fois c'est aussi Augustin, " la perte de cette maison de Pertus, est une souffrance si dense, si intense, aux conséquences dévastatrices" p15. Sa quasi expulsion le projette dans le drame de sa mère, son effondrement moral, quand les gendarmes l'escortent de Neuilly à ce taudis, où elle s'effondre, dans l'incompréhension totale.
La trahison de sa famille de Bordeaux, les mensonges de Toto, le dénouement le plus absolu, comment ne pas se jeter par la fenêtre, quand on s'éclaire à la bougie , quand on n'y voit plus. Cette menace proférée à haute voix, criée souvent, reviendra comme un leitmotiv, perturbant profondément ses propres enfants, au lieu du modeste « si tu n'es pas sage » trop commun.
Que lui reste t-il aujourd'hui, 2 vélos, une Peugeot, ses manuscrits, et quelques photos arrachées aux déménageurs ? Un copier-coller du drame de Suzanne expulsée de Neuilly.
Mais est-ce un drame, pour Lionnel Duroy ? Par dérision, il écrit : " Ils pourront bien te piétiner le corps, te couper l'électricité, vendre tes derniers meubles aux enchères, ils n' atteindront pas ton âme et au fil des années tu nourriras ton travail de leur inhumanité.p90 "

Cette dérision le rattache à Brautigan, il affirme ses exigences littéraires, nous parle de ses auteurs préférés, et avoue son acharnement à se mettre en scène et avec lui ses plus proches, ce parti pris relève pour lui de son défi à l'écriture, il est le témoin insatiable, et le plus tenace de son mal de vivre, se fâcher avec la terre entière n'est pas son problème.
Les seuls témoins des conflits, des trahisons et des rancoeurs sont peut être les photos qui restent du temps où Suzanne habitait Cestas, où pour son père mutilé en 1916, tout doit être tu, figé comme les souvenirs, derrière cette unique injonction, « tenir son rang ».
Tenir son rang pour Lionel Duroy, c'est écrire, encore et encore lorsqu'il erre sans trouver la première phrase, il souligne comme une boutade :  "c'est réconfortant d'être comparé à un boeuf car c'est dire qu'il peut y arriver, que ce n'est pas une question de talent, d'intelligence, de culture, mais seulement d'entêtement, de pugnacité. Tout à fait comme le vélo." p 141
Albert Cohen, est rappelé à l'ordre, pour avoir écrit sans retenu !
À propos de Livre de Ma Mère, "comment pouvait-on écrire de telles niaiseries et, de surcroît se faire encenser par la critique ?"
"  Je t'appelle au secours. Ayez pitié de ce mendiant abandonné au coin du monde je n'ai plus de mère je n'ai plus de Maman je suis tout seul et sans rien, j'appelle vers toi, mon dieu, qu'elle a tant prié.extrait de la prose de Albert Cohen"
P 244
Son obstination paye, il ira au bout de sa quête sur son histoire familiale sur les secrets de cette famille bourgeoise de Bordeaux et des hôtes du château de Cestas, cette longue enquête n'est pas triste, comme furent les amours de la tante Germaine, " la tante Germaine sur laquelle tout l'état-major allemand serait passé. Mais non, crétin pas les Jeep et les tanks !" P 156

Entre ces ballades en Félix Singer ou en Bernard Sangre, ses 2 vélos, et les digressions savoureuses sur ces mondes empesés, sa vrai famille néanmoins, Lionel Duroy ne manque ni d'humour ni de verve.
Une belle dérision se dégage de ces pages, il en faut pour digérer finalement, le comportement exécrable de son père, chaud lapin, menteur invétéré, et piètre vendeur, Toto savait une chose dans la vie, tromper tout le monde, sauf ses enfants trop souvent ses complices.
Un récit plein de désordres, comme je les aime chez Lionel Duroy.


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spleen
  12 octobre 2016
Imaginons des pièces de puzzle éparpillées sur une pente glissante , c'est un peu ce que nous fait vivre Lionel Duroy , alias Augustin Revel lorsqu'il part sur les routes de France avec sa Peugeot remplie de cartons après avoir été expulsé de sa maison du Pertus dans le douloureux partage de son divorce .
Le puzzle, c'est celui de sa vie passée et à venir, un écrivain dont l'oeuvre tourne essentiellement autour de sa famille .
Ce départ involontaire pour ce nouveau sans domicile fixe le ramène à l'histoire de son enfance , quatrième d'une fratrie de dix enfants, où après avoir connu le luxe d'un bel appartement à Neuilly, la famille désargentée se retrouve entassée dans une sordide cité de banlieue .
Suzanne, la mère détestée par ce fils mal aimé devient l'objet de l'obsédante quête d'Augustin et futur sujet de son prochain livre .
Comment cette jeune femme, fille d'une riche famille bourgeoise bordelaise , a t'elle pu épouser Toto, représentant en aspirateur Tornado, le beau Théophile , petit baron mais sans le sou.
De la Bretagne à Verdun , la route est jonchée de rencontres toutes plus improbables les unes que les autres et qui apportent une touche plus farfelue à cette histoire qui ne l'est pas entre le souvenir d'une mère dépressive et imprévisible, un père transparent et une tripotée d'enfants livrés à eux mêmes et le récent naufrage de son mariage.
Tous les chemins finalement mènent à Bordeaux, le berceau familial , le noeud de l'énigme Suzanne, le rebondissement dans cette histoire qui , il faut bien le dire , tournait plutôt en rond .
Un fils à la recherche éperdue d'un peu d'amour de sa mère , des réponses pour la disculper d'avoir si mal aimée cet enfant , une façon de réhabiliter sa mémoire , d'abord à ses yeux mais aussi vis à vis de cette famille hautaine , il y puise également des raisons de poursuivre le chemin : Ne serait-ce que pour ce manque si criant de reconnaissance et d'affection maternelle , ce roman est attachant et touchant.
Un grand merci à Babelio et aux Editions Julliard.
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critiques presse (3)
Telerama   07 septembre 2016
Chez Lionel Duroy, il faut toujours chercher le calme pendant la tempête, et non pas après. Ce goût pour le mariage des contraires lui vient peut-être du couple parental, mal assorti, mais créateur d'un grand écrivain.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox   31 août 2016
Une fois de plus, Lionel Duroy emporte le morceau, en soldant ses comptes avec la figure maternelle.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   29 août 2016
La magie opère (...) L'écriture comme seule planche de salut au mal-être: l'écrivain a trouvé le ton juste et fluide.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   30 août 2016
Quant aux prêtres de Sainte-Croix de Neuilly qui prétendaient que les pauvres seraient les premiers servis au Paradis, ils avaient mis à la porte Augustin et ses frères du jour ou Toto n'avait plus payer la scolarité. Premiers servis au Paradis, peut-être, mais pas sur la terre.
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BazartBazart   01 décembre 2016
Augustin conçoit qu'une telle chose soit possible car il s'est souvent dit que si Maria Callas avait été vivante, il serait allé sonner à sa porte pour lui déclarer qu'il l'aimait qu'il rêvait d'être son amant, qu'aucune femme n'avait jamais éveillé en lui un tel élan du coeur. Tandis que Sarah Barber parlait c'est à ce rêve qu'il confrontait ses mots."
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spleenspleen   06 octobre 2016
- Pendant des mois je vous ai lu , commença t'elle calmement, soutenant son regard et tout ce que je lisais de vous me parlait de moi . On aurait dit que vous regardiez le monde à travers mes yeux, mais vos mots l'éclairaient de telle façon qu'il me devenait enfin possible, familier, presque amical . Jamais aucun écrivain n'était venu si complètement à ma rencontre , au point que j'ai voulu véritablement "habiter" vos livres .
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FleitourFleitour   25 juillet 2017
la perte de cette maison de Pertus, c'est une souffrance si dense, si intense, aux conséquences dévastatrices, il le devine, qu'une partie de lui-même est satisfaite d'y être revenue.
Il est conscient cependant, qu'à trop fouiller, qu'à se repasser le film des événements il pourrait tomber malade, et peut-être bien mourir.
p15
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FleitourFleitour   20 juillet 2017
La permission, la permission, et pourquoi pas essayer d'enculer les mouches aussi...
Je vais te dire une chose qui te servira quand tu auras du poil au menton : dans la vie, mon petit vieux,
on se sert d'abord et en demande la permission ensuite.
p304
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Videos de Lionel Duroy (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lionel Duroy
La rentrée de Transfuge - 38ème édition du Livre sur la place Les coups de cœur de « la revue qui a choisi le camp de la culture » Lionel Duroy L’absente (Julliard), Leonora Miano Crépuscule du tourment (Grasset), Gaël Faye Petit pays (Grasset), Santiago Aminorega Les premières fois (POL) Animée par Oriane Jeancourt, rédactrice en chef littérature du magazine
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