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ISBN : 2260029221
Éditeur : Julliard (18/08/2016)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Parce que sa femme l'a quitté, Augustin se voit contraint de vendre la maison où ils se sont aimés, où ils ont élevé leurs enfants et où il a toujours pu se consacrer à l'écriture. Le jour du déménagement le crucifie. Incapable de supporter ce spectacle, il entasse fiévreusement dans le coffre de sa voiture les objets dont il ne peut se passer et s'enfuit. Expulsé de lui-même, hors de lui au sens littéral du terme, il se lance alors dans une course affolée, en quête... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
06 octobre 2016
Le garage. Oui, nous y sommes, avec nos frères et sœurs nous y jouions. Les maisons et les murs qui transpirent des émois, du souvenir. Des saveurs, de douces à aigres-douces, ancrées ou diffuses. Le retour à la mère, aux temps reculés de l'enfance, puis de l'enfant à la mère à nouveau, pour faire le point. L'expertise minutieuse de l'avant soi, de celui qu'on rêvait d'être et de celui qu'on est, du jugement premier envers ses géniteurs à celui second, de sévère à mesuré, puis clément plus rapprochant, fonction du lien et du besoin, à nouveau ou à tout prix, quand rien ne va plus. Le ton est familier, forcément vous me direz, mais non, c'est l'auteur qui vient vers nous, avec son histoire qui met le lecteur à niveau, qui ouvre les portes de nos mémoires collectives. À tel point que Sarah Saber est bouleversée. Amoureuse de l'écrivain, non pas de Lionel Duroy, bien que, mais d'Augustin Revel, lequel nait sous sa plume. La mère encore, soucieuse de tenue et d'habitus, puis déchue et reniée par les siens, ceux de sa classe et de son milieu, un centre où gravitait le fils, Augustin et la famille. Faire le point… avec cette Sarah qui apparaît comme un fantasme, qui lui colle aux basques et l'entrave dans sa liberté nouvelle. Flatté, mais agacé quand même, tandis qu'il vient de divorcer, que la séparation de bien le mine davantage que celle du corps, consommée, plus assumée déjà. Vendre la maison, le bâti de son histoire, son repère, sa référence. Revenir aux sources pour sonder l'être, écrire pour retrouver le fil. Quand le quotidien s'arrête brusquement et qu'il faut reconstruire pour vite combler le trou, niveler la somme des souvenirs de demain. Et pour ce faire, c'est Miss Personne, cette Sarah qui tombe à pic, ou bien ce monsieur, madame tout le monde surgis de nulle part, Robert et sa femme Colette, ces inconnus d'hier qui vous bousculent, aujourd'hui. Mais comme l'absente occupe l'espace, il faut revenir à elle, la mère… et c'est ici que le récit monte en puissance, car si la lecture est introspective c'est la vivacité du mouvement qui nous embarque et nous captive.
Aux éditions Julliard que je remercie vivement ainsi que le partenaire masse critique Babelio.
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carre
07 septembre 2016
Dans « L'absente », Duroy en pleine déconfiture morale et amoureuse (le divorce avec Esther et la vente de la maison du Pertus) l'ont jeté sur les routes de France en quête d'un nouvel endroit pour lui et ses enfants. L'auteur du « Chagrin » revient dans ce nouveau roman, sur ce qui fait la matière d'une partie de son oeuvre à savoir sa propre famille. Cette fois-ci c'est la mère qui en est le coeur. Augustin espère apporter des réponses aux questions qui le turlupinent sur Suzanne, cette mère dépressive, colérique, fille de la bourgeoisie bordelaise, qui en se mariant avec Théophile dit Toto (pétainiste et antisémite mais surtout homme faible devant son épouse hystérique) se retrouvera en HLM pour sa plus grande honte avec dix enfants à élever. Sous la forme d'un road movie parfois farfelu (les rencontres au gré des routes apportant des scènes improbables), c'est sur les terres de l'enfance de Suzanne qu'Augustin trouvera peut-être un certain apaisement. Duroy déroule sa prose tranquillement et j'ai eu le sentiment que tout cela commençait à tourner en rond. Mais, la deuxième partie du roman elle, se relève bien plus intéressante, les pièces manquantes prennent place en réponse aux tourments existentiels d'Augustin. du Duroy pur jus, toujours agréable à lire, qui semble vouloir s'apaiser les années passants.
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kitou94170
24 mars 2017
« L'absente » de Lionel DUROY est le premier livre que je lie de cet auteur.
Il se trouve que je ne le connaissais pas avant de l'avoir vu dans l'émission « La grande librairie ». Il était là pour présenter ce roman. Sur le coup, je dois bien l'avouer, l'écrivain ne m'a pas particulièrement donné envie de le lire. Un peu plus tard après l'émission, profitant d'être à la médiathèque, j'en ai profité pour jeter un rapide coup d'oeil à ses différents romans. Là encore, pas d'envie particulière d'en emprunter un.
Et puis, il y a quelques jours, je me suis lancée ! J'ai donc emprunté « l'absente ». Pourquoi celui-ci en particulier, je n'en sais strictement rien.
Durant l'émission, j'avais très vite compris que la matière première de l''auteur du « Chagrin » est sa propre famille.
Dans « l'absente » c'est sa mère qui en est le sujet principal.
Augustin, le narrateur et à priori double de l'auteur, totalement désespéré après la vente de sa maison, conséquence de son deuxième divorce, part à l'aventure sur les routes de France, avec ses deux vélos sur le toit de sa voiture et presque toutes ses affaires personnelles, n'ayant plus aucun endroit où se poser. Son périple va alors le mener de la Bretagne à Verdun, pour finir à Bordeaux, ville natale de sa mère où elle a vécu toute son enfance et adolescence.
Le voilà parti à la recherche du passé de Suzanne, cette mère appartenant à la bourgeoisie bordelaise, totalement dépressive, à la limite de la folie, mariée à un homme aux antipodes d'elle. Médiocre, totalement désargenté, complètement instable, il lui fera 10 enfants. A cause de celui-ci, durant sa vie de femme et de mère, elle sera expulser de Neuilly-sur-Seine, pour finir en HLM, à sa plus grande honte et totalement rejetée pas sa propre famille.
Mais surtout Augustin espère enfin trouver les réponses aux questions qu'il se pose depuis plus de trente ans sur ce couple improbable que forment ses parents : comment ont-ils pu s'aimer et partager leur vie ensemble ?

Durant tout le voyage, il va s'employer à comprendre cette mère, pour laquelle il n'éprouve que du mépris et du ressentiment mais qui a fait de lui l'adulte qu'il est aujourd'hui. Petit à petit, au fil de ses différentes rencontres, puis au final sur la terre natale de sa mère, Augustin trouvera tel un puzzle, les différentes pièces manquantes à la vie de Suzanne, qui lui permettront de trouver enfin l'apaisement qui lui manquait tant, et surtout qui lui permettront de la comprendre vraiment et qui sait peut-être un jour lui pardonner.
Tout le talent de l'auteur, sous une forme assez égocentrique tout de même, est de nous faire rouler avec lui sur ces routes de France et de nous captiver jusqu'à la fin. Au fil du livre, une envie indéniable nous prend de connaitre le secret de cette femme, qui a fait d'elle cette mère si détestable et odieuse aux yeux de son fils.
Lionel DUROY est très certainement un homme torturé mais j'ai plaisir à croire que ce roman lui a permis peut-être de clore cette saga familiale. Ce livre n'est certes pas un coup de coeur pour moi, mais n'ayant lu aucun de ces autres livres, peut-être vais-je en lire un deuxième pour me donner une autre idée de ce qu'il fait.
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spleen
12 octobre 2016
Imaginons des pièces de puzzle éparpillées sur une pente glissante , c'est un peu ce que nous fait vivre Lionel Duroy , alias Augustin Revel lorsqu'il part sur les routes de France avec sa Peugeot remplie de cartons après avoir été expulsé de sa maison du Pertus dans le douloureux partage de son divorce .
Le puzzle, c'est celui de sa vie passée et à venir, un écrivain dont l'oeuvre tourne essentiellement autour de sa famille .
Ce départ involontaire pour ce nouveau sans domicile fixe le ramène à l'histoire de son enfance , quatrième d'une fratrie de dix enfants, où après avoir connu le luxe d'un bel appartement à Neuilly, la famille désargentée se retrouve entassée dans une sordide cité de banlieue .
Suzanne, la mère détestée par ce fils mal aimé devient l'objet de l'obsédante quête d'Augustin et futur sujet de son prochain livre .
Comment cette jeune femme, fille d'une riche famille bourgeoise bordelaise , a t'elle pu épouser Toto, représentant en aspirateur Tornado, le beau Théophile , petit baron mais sans le sou.
De la Bretagne à Verdun , la route est jonchée de rencontres toutes plus improbables les unes que les autres et qui apportent une touche plus farfelue à cette histoire qui ne l'est pas entre le souvenir d'une mère dépressive et imprévisible, un père transparent et une tripotée d'enfants livrés à eux mêmes et le récent naufrage de son mariage.
Tous les chemins finalement mènent à Bordeaux, le berceau familial , le noeud de l'énigme Suzanne, le rebondissement dans cette histoire qui , il faut bien le dire , tournait plutôt en rond .
Un fils à la recherche éperdue d'un peu d'amour de sa mère , des réponses pour la disculper d'avoir si mal aimée cet enfant , une façon de réhabiliter sa mémoire , d'abord à ses yeux mais aussi vis à vis de cette famille hautaine , il y puise également des raisons de poursuivre le chemin : Ne serait-ce que pour ce manque si criant de reconnaissance et d'affection maternelle , ce roman est attachant et touchant.
Un grand merci à Babelio et aux Editions Julliard.
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Killing79
12 décembre 2016
L'oeuvre de Lionel Duroy repose en grande partie sur un ressort autobiographique. Comme vous le savez, je ne suis pas forcément attiré par ce type de livre, surtout quand j'ai l'impression que l'auteur se sert de son texte pour se décharger ou pour oublier. En général, je me sens en dehors du drame et très peu concerné.
De ce que j'ai compris en me renseignant, chaque roman de l'oeuvre de Lionel Duroy s'intéresse à un laps de temps précis de son passé. Cela lui permet de préciser chaque moment et ainsi au fil des livres, de retracer avec précision l'intégralité de son histoire familiale. Dès les premières pages, on suit Augustin, le double de l'auteur, dans son quotidien. Ce quotidien qui se résume à l'écriture et surtout à la quête de vérité concernant sa mère. Il nous entraîne sur les routes, en voiture, en vélo, sans attache. Petit à petit, il collecte des éléments qui complètent son puzzle de vie, tout en essayant de ne pas se laisser déborder par le présent. le récit est donc parsemé de lieux communs, de banalités et sa vie, en elle-même, n'a rien de d'extraordinaire. A cet instant, vous devez logiquement penser qu'encore une fois, ma crainte initiale s'est vérifiée…
Et bien pas du tout ! Parce que le talent de Lionel Duroy a fait son effet. Je ne serais pas dire par quel moyen il y arrive, mais ça a fonctionné sur moi. J'ai suivi les pérégrinations de cet écrivain torturé avec une attention constante et une grande envie de connaître la suite. Et c'est là toute la magie de cet auteur, qui a su me passionner pour cette histoire vraiment personnelle et qui n'aurait dû intéresser que lui-même. Grâce à de petites touches d'humour et de brèves rencontres truculentes, j'ai pris un certain plaisir à ce voyage sur les chemins de la vérité. A la fermeture de cette « absente », je pense même me lancer dans un autre de ses romans à l'occasion, afin d'étoffer cette saga familiale grinçante.
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Les critiques presse (3)
Telerama07 septembre 2016
Chez Lionel Duroy, il faut toujours chercher le calme pendant la tempête, et non pas après. Ce goût pour le mariage des contraires lui vient peut-être du couple parental, mal assorti, mais créateur d'un grand écrivain.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox31 août 2016
Une fois de plus, Lionel Duroy emporte le morceau, en soldant ses comptes avec la figure maternelle.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress29 août 2016
La magie opère (...) L'écriture comme seule planche de salut au mal-être: l'écrivain a trouvé le ton juste et fluide.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
rapha511rapha51126 avril 2017
''Si tu arrives a transformer ta détresse en une oeuvre,tu seras sauvée.''
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carrecarre30 août 2016
Quant aux prêtres de Sainte-Croix de Neuilly qui prétendaient que les pauvres seraient les premiers servis au Paradis, ils avaient mis à la porte Augustin et ses frères du jour ou Toto n'avait plus payer la scolarité. Premiers servis au Paradis, peut-être, mais pas sur la terre.
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BazartBazart01 décembre 2016
Augustin conçoit qu'une telle chose soit possible car il s'est souvent dit que si Maria Callas avait été vivante, il serait allé sonner à sa porte pour lui déclarer qu'il l'aimait qu'il rêvait d'être son amant, qu'aucune femme n'avait jamais éveillé en lui un tel élan du coeur. Tandis que Sarah Barber parlait c'est à ce rêve qu'il confrontait ses mots."
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spleenspleen06 octobre 2016
- Pendant des mois je vous ai lu , commença t'elle calmement, soutenant son regard et tout ce que je lisais de vous me parlait de moi . On aurait dit que vous regardiez le monde à travers mes yeux, mais vos mots l'éclairaient de telle façon qu'il me devenait enfin possible, familier, presque amical . Jamais aucun écrivain n'était venu si complètement à ma rencontre , au point que j'ai voulu véritablement "habiter" vos livres .
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carrecarre19 août 2016
Est-ce cela, l'amour, le sentiment d'être sauvé de soi-même ?
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