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Jean Rosenthal (Traducteur)
EAN : 9782221110737
322 pages
Robert Laffont (05/06/2008)
3.93/5   36 notes
Résumé :
Nommé en 1949 attaché de presse à l'ambassade de Sa Très Gracieuse Majesté britannique à Belgrade, Lawrence Durrell va y rester trois ans. Trois ans durant lesquels il observera tel un entomologiste le petit monde de la vie diplomatique. Tandis que la Yougoslavie tremble de peur sous la main de fer du maréchal Tito, les gaffes s'accumulent autour du narrateur : les coquilles foisonnent dans le Central Balkan Herald – un quotidien qui n'est jamais parvenu à rattraper... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Je connaissais le Lawrence Durell amer de Citrons acides. Je connaissais le Lawrence Durell fiévreux et inquiet de Justine (je n'ai pas encore trouvé le temps et le courage de lire le reste du « Quatuor d'Alexandrie »). Mais dans le Lawrence Durell de ‘Affaires urgentes', j'ai cru retrouvé l'adolescent un peu imbu de lui-même et pourtant espiègle que décrit son frère Gerald dans ses souvenirs d'enfance ! Des livres d'un humour incroyable, écrit par celui qui allait devenir l'un des plus grand naturaliste du XXème siècle, et dont les récits ont bercé mon enfance.

Ce sont ses souvenirs du temps où il était diplomate qu'il raconte là. Petit monde d'ambassades, d'attachés, de missions, de solennité et de réceptions. Et tous ces graves diplomates en habits impeccables… N'hésites pas à se faire des blagues comme des gosses ! Il y a quelques authentiques fêlés. Quelques aristocrates décavés improbables joueurs de flûte. Des maitres d'hôtel parfois pris de crises mystiques. Et un ambassadeur de la vieille école, essayant de maintenir l'ordre et la dignité.

Tout ce petit monde tourne en vase clôt, installés qu'ils sont dans une Yougoslavie titiste où les contacts entre population et représentants du monde capitaliste sont strictement prohibés. Mais il faut bien avoir des contacts diplomatiques. Et s'amuser un peu.

Tout ça ne serait pas si grave si les Yougoslaves n'essayaient pas de remettre en état des chemins de fer antédiluviens ; si les attachés navales ne s'ennuyaient pas à mourir dans un pays totalement dépourvu de marine, et si les Japonais n'étaient pas aussi redoutables à la valse.

En un mot comme en cent, un livre auquel je ne m'attendais pas du tout, et qui m'a beaucoup fait rire par son humour absurde et pince-sans-rire so british !
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De 1949 à 1952, l'écrivain britannique Lawrence Durrell est attaché de presse de l'ambassade du Royaume-Uni à Belgrade. Plutôt désoeuvré, il a tout le loisir d'observer l'univers des missions diplomatiques, sorte de monde en vase clos, dans ce pays communiste en temps de guerre froide, où les étrangers ne peuvent établir aucun contact avec les Yougoslaves. Ce repli forcé explique peut-être l'atmosphère de douce folie décrite par Durrell dans ces chroniques hilarantes de la vie diplomatique en terre hostile.
Le comique des récits de Durrell tient beaucoup de la personnalité de certains employés de la chancellerie. Il nous offre une galerie de personnages tous plus gentiment frappés les uns que les autres. Ainsi Aubrey de Mandeville, troisième secrétaire de l'ambassade, joueur de flûte, parvenu affublé d'un chauffeur répondant au doux nom de Purfitt-Purfitt, avec qui il se lance dans un cancan déchaîné, déguisés en vierges des neiges, lors d'une réception officielle. Ou encore Trevor Dovebasket, l'attaché militaire adjoint, sourcils qui se touchent, bricoleur diabolique, fabrique des cigares explosifs , ou un train électrique pour servir les repas (bien sûr il déraille…), et organise avec de Mandeville une course de scarabées. Il y a aussi Butch Benbow, l'attaché naval, féru de spiritisme et d'astrologie, qui fait venir de Londres son « swami » indien, sorte de gourou qui se révèlera beaucoup plus attaché aux biens matériels que spirituels. Il faut bien sûr évoquer aussi Drage, le maître d'hôtel gallois, baptiste aux visions mystiques, dont la cérémonie de baptême par l'évêque de Malte tourne à la bouffonnerie. Sans oublier l'ambassadeur lui-même, Polk-Mowbray, aux lubies extravagantes, et qui doit souvent user de trésor de diplomatie pour rattraper certaines situations périlleuses.
Emulation, rivalités amoureuses ou cupidité, ennui et alcoolisme entraînent ce petit monde dans des aventures burlesques qui détonent dans l'univers guindé et extrêmement codifié de la diplomatie : un voyage dans un train vétuste devient une expédition dangereuse et éprouvante ; une mouche inopinément avalée lors d'un dîner officiel provoque des réactions en chaîne, ou comment un pudding peut se transformer en bombe incendiaire ; l'ambassadeur japonais et sa femme, ivres, se lancent dans une valse apocalyptique ; une réception sur un radeau à quai vire à l'expédition fluviale avec bataille navale et naufrage ; un match de football entre les ambassades anglaises et italiennes finit en pugilat, à deux doigts de l'incident diplomatique déclaré ; un diplomate de passage à Paris se retrouve poursuivi par la police en compagnie d'un individu douteux et d'un squelette revêtu d'un imperméable vert !…
Ce ne sont là que quelques-uns des épisodes truculents qui jalonnent le livre. Les coulisses de la vie diplomatique ont été de toute évidence une source vive d'inspiration pour l'humoriste Durrell. Réalité ou fiction ? Certainement extrapolation à partir de choses vues et entendues, étant donné l'outrance de certaines situations. Au fond peu importe, l'essentiel étant de savourer un cocktail détonant d'humour dévastateur, arrosé d'un doigt de slivovitza (eau-de-vie locale). Tout abus est recommandé.


Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Imaginer le quotidien régissant la vie d'une ambassade britannique en Serbie, ce n'est pas tout à fait l'idée qu'on se fait du fun. Et pourtant il s'en passe de bien belles derrière les rideaux d'une mission diplomatique à l'étranger. Les malheureux représentants de sa majesté avaient toutes les raisons de se morfondre, puisqu'ils étaient contraints à vivre en vase clos à l'écart de la vie politique Yougoslave (d'orientation communiste). Mais l'Homme est une espèce récalcitrante : cernez-le par l'ennui, il sèmera la pagaille. Même par inadvertance. Surtout par inadvertance. Une réalité anthropologique dont nous serons les témoins privilégiés, par la bonne grâce d'un ex-attaché de presse devenu écrivain encensé j'ai nommé Lawrence Durrell.

De prime abord, on ne lui prêterait pas une plume trempée dans de l'acide ou un goût immodéré pour la malice, à en juger par ses ouvrages qui l'ont rendu célèbre (Le Quatuor d'Alexandrie). Ce serait oublier que l'homme passa trois années de sa vie à l'ambassade de Belgrade. S'il ne cache pas avoir ruminé la précarité de sa situation à ce moment-là, les trois ans seront émaillés d'évènements ou rencontres totalement improbables que Durrell a choisi de coucher sur le papier. Bien entendu la prudence reste de mise. Les noms sont modifiés, la temporalité n'a aucune importance puisqu'il s'agit plus d'un recueil d'anecdotes. de plus, l'auteur se dissimule non pas derrière la narrateur officiel mais son interlocuteur et raconteur officieux Antrobus, avec un ton plein d'emphase qui projette son humour pince-sans-rire à un rythme très soutenu.

Je fus très convaincu sur les deux premières tournées, gorgées de saynètes proprement désopilantes. Il serait cruel de vous en dévoiler la teneur, alors je resterai dans le vagues en évoquant ce périple dans un train qui a tout d'une machine de mort sur rails, ou le destin d'une mouche kamikaze, en passant par une drôle de soirée sur un radeau ou ce match de foot bien viril avec la délégation italienne. Préparez-vos abdominaux, Lawrence Durrell va beaucoup les faire travailler pendant 200 pages. Personnages excentriques, vengeances mesquines, incidents à répétitions, il y en aura pour tous les goûts. Si le trait semble un rien forcé, l'amoncellement d'absurdités en tout genre laisse à penser que l'homme de lettres en a vu de toutes les couleurs pendant cette longue mission en terres inconnues. Ma joie fut néanmoins tempérée par un dernier tiers en dessous, bien que le sourire s'invite de temps à autre, au gré d'une énième galère avec un squelette ou lors d'une histoire d'excision pour le moins pittoresque. Je dois pourtant reconnaître que la majorité de ce qui constitue ce dernier round fut beaucoup moins sujet à l'hilarité que les deux premières manches.

Cela dit, il ne faut pas bouder son plaisir. Envoyer aux quatre vents les idées reçues derrière les fonctions d'ambassadeurs, de consuls ou d'attachés de presse à de quoi faire rigoler. Sans aller jusqu'à affirmer que tout cela se passe quotidiennement derrière les attitudes guindées et les sourires de convenances de nos officiels, il ne faut pas oublier que l'espèce humaine n'est jamais en reste quand il s'agit de se distinguer.
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Ce livre est composé en fait de trois parties, écrites séparément mais très proches par le thème et l'esprit. Tous ces textes font référence à l'époque pendant laquelle Lawrence Durrell a travaillé pour la diplomatie britannique, en particulier dans l'ancienne Yougoslavie pendant la guerre froide. Ces textes ont pour narrateur Antrobus, un diplomate à la retraite qui connût Durrell à cette époque et pour qui il raconte diverses anecdotes ayant pour protagonistes les diplomates qu'ils ont tous les deux connus dans leurs différents postes.

Toutes ces anecdotes sont cocasses, certaines franchement désopilantes, tout à fait dans l'esprit d'un P.G. Wdehouse ou d'un Evelyn Waugh, que d'ailleurs Durrell admirait beaucoup. L'image que ce livre donne des services diplomatiques, est celle d'une bande d'originaux jamais vraiment sérieux, prêts à toutes les excentricités pour échapper à l'ennui et à la monotonie des postes dans lesquels ils sont nommés.

Une agréable lecture de vacances, mais une oeuvre mineure dans l'oeuvre de Durrell, il semble vraiment avoir pris le style de Waugh et d'avoir un peu perdu son originalité et son talent propre, même si certaines anecdotes sont très drôles, on ne peut s'empêcher de penser qu'il a vraiment forcé le trait et que tout le personnel des ambassades ne peut être à se point dilettante. Mais c'est peut être tout ce que Durrell a voulu voir dans ce métier pour lequel il n'était pas fait et qu'il a quitté par choix.
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C'est drôle, c'est caustique, c'est parfois absurde, c'est très british: bref,un très agréable moment de lecture. Les histoires ne sont pas toutes de la même qualité mais on évolue tout de même du sourire au rire, voire au fou rire. La présentation en saynètes quasi indépendantes permet de passer un bon moment immédiat.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Vous imaginerez donc ma stupéfaction quand je vis les Kawaguchi se lever de leurs chaises. On ne les avait jamais vus danser : je crus tout d'abord qu'ils prenaient congé. Mais quelque chose d'étrange dans leur attitude attira vite mon attention : ils fixaient des yeux les danseurs comme un couple de léopards. Tous deux avaient à la fois un air ahuri et concentré : comme s'ils se trouvaient à une soirée d'éthéromanes. Là-dessus, il saisit soudain son épouse par la taille et, à la stupéfaction ravie de toute l'assistance, ils se mirent à danser. Ils dansaient à la perfection : une véritable valse viennoise, mon vieux, exécutée de façon impeccable. Pour un peu, j'aurais applaudi.
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Peut-être était-ce son énorme barbe qui pendait comme un grillage protecteur, ne s’écartant que de temps en temps quand il bougeait pour révéler la rayure d’une cravate aux couleurs du collège d’Eton. On racontait qu’il portait sa cravate de collège même au lit, par dessus sa veste de pyjama. Certes, nous autres anciens élèves de Twickenham ne pouvons avoir qu’un regard condescendant sur ce genre de rumeur - que d’ailleurs nous ne colportons jamais.
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