AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782889273416
144 pages
Editions Zoé (19/08/2016)
3.6/5   427 notes
Résumé :
À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale.
C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes.
>Voir plus
Que lire après Hiver à SokchoVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (145) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 427 notes
5
37 avis
4
62 avis
3
27 avis
2
6 avis
1
0 avis
C'est l'hiver à Sokcho. Il n'y a rien à faire. Les touristes ont déserté la station balnéaire, proche de la frontière entre la Corée du Sud et celle du Nord. le vent et le froid engourdissent la ville et les âmes. Aussi, lorsque cet homme, perdu dans son manteau de laine, une valise à la main, demande à la réceptionniste de cette pension s'il peut rester quelques jours, elle est surprise. L'enregistrement fait au nom de Yan Kerrand, originaire de Granville, elle lui présente l'annexe où il dormira et la salle de bain commune. Qu'est donc venu faire ce français, dessinateur de bandes dessinées, dans cet endroit si calme, si vide ? Elle ne le voit pas beaucoup, il vaque dans sa chambre, parle peu tandis qu'elle s'ennuie dans cette pension où elle y prépare les repas et nettoie les chambres...

Un hiver à Sokcho, c'est la rencontre, presque impossible, de deux âmes esseulées, un Français et une Franco-coréenne. Ils se frôlent, se jugent et se jaugent, s'épient, s'approchent pour aussitôt s'éloigner. Leur rencontre se fait silencieuse. Un hiver à Sokcho, c'est ce moment suspendu, cette sorte de flottement, de parenthèse inattendue. Cet homme qui passe son temps à dessiner et elle qui ne semble ne vouloir être que sous sa plume. Moment d'abandon, de quête de soi, où l'on prend conscience que la vie n'est qu'une fuite, que l'autre, à jamais, reste inaccessible et les désirs inassouvis. La plume gracile, aérienne et tout en retenue d'Élisa Shua Dusapin nous plonge dans une ambiance intime, vaporeuse et céleste.
Commenter  J’apprécie          816
Sokcho, petite station balnéaire côté sud de la frontière entre les deux Corées.
Sokcho en hiver, ville portuaire déserte et glaciale.
Une pension miteuse, où travaille une jeune femme franco-coréenne. Il n'y a rien de mieux à faire, entre les visites à sa mère et les rendez-vous avec son petit ami attiré par le bling-bling de Séoul.
Rien de mieux à faire que d'étouffer sous la pression sociale (il faut être mariée, il faut être belle, même si c'est grâce à la chirurgie esthétique) et la peur latente à l'égard de l'encombrant voisin du Nord.
Et pourtant.
Une parenthèse s'ouvre.
Un Français arrive dans cette pension du bout du monde. Il dessine des bandes-dessinées.
Elle l'épie, il refuse de goûter sa cuisine, elle l'emmène en excursion. Frôlements, regards, silences, quelques phrases pour peu en dire.
Pas de révélation, de révolution, pas d'histoire d'amour, pas de tremblement de terre passionnel.
Pudeur sensuelle (ou l'inverse), brèves attirances aussitôt repoussées, solitudes irréductibles, fragilités.
Parenthèse refermée.
Une histoire sans histoire, un texte épuré, délicat, subtil.
Pas d'histoire mais des sensations, des impressions, de la retenue.
Rien qu'une ambiance, c'est déjà beaucoup.
Lien : https://voyagesaufildespages..
Commenter  J’apprécie          849
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce - pourtant - court roman. La faute à un sentiment de déjà-lu et à une écriture tellement épurée qu'elle peine au départ à donner du relief à ces pages de l'infime et d'un quotidien qui peut sembler insipide.
Et puis le charme m'a prise. Je me suis laissée bercer par la sensualité des mots pour décrire les liens qui se tissent en silence entre l'héroïne sud-coréenne et le Français taiseux, les ressentis météorologiques dans cette Corée hivernale, la préparation minutieuse des plats qui disent beaucoup plus que des paroles, le cheminement de l'encre sur le papier lorsque l'étranger dessine et peint sous le regard clandestin de la narratrice. Les sentiments s'affinent, l'envie et le besoin d'émancipation s'affirment chez la jeune femme sous emprise d'une vie qu'elle subit. C'est très subtil.
Certains passages sont surprenants, lorsque le roman quitte les sentiments éthérés pour revenir sur terre, notamment un, très saisissant, qui décrit le visage de la tante de l'héroïne lors d'un repas avec les aliments qui s'y engouffrent et en sortent d'une façon quasi animale.
Commenter  J’apprécie          674
Rencontre improbable, aérienne, impalpable, contemplative entre deux êtres que tout sépare quoique…
A Sokcho, petite ville portuaire de la Corée du Sud, la narratrice, une jeune franco-coréenne qui n'est jamais allée en Europe rencontre Yann Kerrand, un auteur de bande dessinée, venu chercher l'inspiration loin de sa Normandie natale.
L'intrigue est mince, le vocabulaire précis, l'ambiance feutrée, semblable à un huit-clos.
Un récit très mélancolique, poétique, retenu, où les mots sont déposés d'une manière délicate qui nous plonge dans l'hiver sud-coréen, dans une pension de famille sclérosée , un peu délaissée par le froid et les liens fragiles se nouant entre deux êtres .
La narratrice conte et commente l'oeuvre de Yann Kerrand, son héros, dont la propre histoire se fond progressivement pour se clore sur « des traces de pas dans la neige ».

Je n'en dirai pas plus.
Une oeuvre difficile à commenter, d'une grande sensibilité, une rencontre singulière où le froid ralentit tout.
Une confrontation entre deux cultures qui touche le lecteur, une écriture lumineuse, efficace, épurée.
Un premier roman qui peut se relire afin d'en apprécier la subtilité et la délicatesse.
Commenter  J’apprécie          667
On est à Sokcho.
Et c'est l'hiver.
D'où le titre.

Elle est sous la frontière entre les deux Corées, cette ville portuaire qui trimbale tant bien que mal sa routine assoupie sous une brume insistante. Il faut le savoir, Sokcho hors saison c'est un peu la misère.

Et puis, frémissement léger dans ce temps suspendu, une rencontre éphémère. Un auteur français en quête d'inspiration, une jeune autochtone figée dans ses journées ordinaires, deux sensibilités solitaires, deux cultures.

Entre eux, comme à Sokcho, il ne se passe pas grand-chose. Mais quand Elisa Shua Dusapin effleure ce pas grand-chose de sa plume singulière, à la fois pudique et lapidaire, c'est tout une atmosphère qui s'esquisse, mêlant le sensuel au trivial, le poétique à l'insignifiant, suggérant délicatement l'attente et les silences, quintessence de cette histoire qui n'en est pas vraiment une, mais peu importe.

C'est une belle expérience que la découverte de ce premier roman. Gracieuse franco-coréenne de vingt-cinq ans à peine, Elisa Shua Dusapin trouble et surprend par son écriture épurée, intimiste, et déjà si maîtrisée.

Une auteure subtile et prometteuse, incontestablement.




Entre nous je ferais juste ma chagrine quant à l'usage ici du verbe ramener, au lieu de rapporter. Trois fois en moins de vingt pages, ça m'a un peu chiffonnée (faut bien lui trouver un petit défaut à Elisa)
https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/apporter-ou-amener-emporter-ou-emmener/
(c'était la minute pédagogique)


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
Commenter  J’apprécie          6610


critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec
09 janvier 2017
Cet étonnant premier roman a été l’une de nos plus belles découvertes du temps des Fêtes... et on a eu envie de la partager!
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
Ses doigts glissaient avec timidité sur le papier. Le pinceau balbutiait sur les proportions du corps. Du visage surtout. Elle prenait un accent oriental. Il ne devait pas avoir l'habitude de représenter des femmes, j'en avais peu vu parmi ses personnages. Lentement, ses traits se sont faits plus sûrs. Elle s'est mise à tournoyer dans une robe. Tantôt maigre tantôt voluptueuse, bras étendus ou ramassés, tordue toujours, elle se modelait sous ses doigts. De temps à autre, Kerrand arrachait un morceau de feuille pour le mâchonner.
Commenter  J’apprécie          200
Ce qui sculpte une image, c'est la lumière.
En regardant bien, je me suis rendue compte qu'au lieu de l'encre, je ne voyais que l'espace blanc entre deux traits, l'espace de la lumière absorbée par le papier, et la neige éclatait, réelle presque.
Commenter  J’apprécie          421
" Le bruit de la plume s'est fait continu, lent comme une berceuse. Avant de m'endormir, j'ai essayé de retenir les images qu'il avait fait naitre en moi, de ne pas les oublier car je savais qu'elles auraient disparu quand je pénetrais dans la chambre le lendemain".
Commenter  J’apprécie          210

C'était un lieu sans en être un. De ces endroits qui prennent forme à l'instant où l'on y pense puis se dissolvent , un seuil, un passage, là où la neige en tombant rencontre l'écume et qu'une partie du flocon s'évapore quand l'autre rejoint la mer.
Commenter  J’apprécie          220
En retournant à la réception, j’ai fait un détour par le marché de poissons pour chercher les restes que ma mère me mettait de côté. J’ai traversé les allées jusqu’à l’étal quarante-deux sans prêter attention aux regards levés sur mon passage. Vingt-trois ans après que mon père avait séduit ma mère puis était reparti sans laisser de traces, mon métissage français restait source de commérages.
Ma mère, trop fardée comme toujours, m’a tendu un sac de bébés poulpes :
- On n’a que ça en ce moment. Il te reste de la pâte de piment ?
- Oui.
- Je vais t’en donner.
- Pas la peine, j’en ai encore.
- Pourquoi tu ne l’utilises pas ?
- Je l’utilise !
Dans un bruit de succion, elle a enfilé ses gants de caoutchouc jaune et m’a dévisagée, suspicieuse. J’avais maigri. Le vieux Park ne me laissait pas le temps de manger, elle allait lui parler. J’ai protesté. Depuis que je travaillais j’engloutissais des toasts chaque matin et des litres de café au lait, je n’avais sûrement pas maigri. Le vieux Park avait mis du temps à s’habituer à ma cuisine mais il me laissait maîtresse des repas de la pension.
Commenter  J’apprécie          40

Videos de Elisa Shua Dusapin (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elisa Shua Dusapin
À l'occasion de la 45ème édition du festival "Le livre sur la place" à Nancy, Elisa Shua Dusapin vous présente son ouvrage "Le vieil incendie" aux éditions Zoé. Rentrée littéraire automne 2023.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2884576/elisa-shua-dusapin-le-vieil-incendie
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : coréeVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus


Lecteurs (765) Voir plus



Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
1141 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..