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ISBN : 2889273415
Éditeur : Editions Zoé (19/08/2016)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 119 notes)
Résumé :
À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale.
C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes.
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  08 décembre 2017
C'est l'hiver à Sokcho. Il n'y a rien à faire. Les touristes ont déserté la station balnéaire, proche de la frontière entre la Corée du Sud et celle du Nord. le vent et le froid engourdissent la ville et les âmes. Aussi, lorsque cet homme, perdu dans son manteau de laine, une valise à la main, demande à la réceptionniste de cette pension s'il peut rester quelques jours, elle est surprise. L'enregistrement fait au nom de Yan Kerrand, originaire de Granville, elle lui présente l'annexe où il dormira et la salle de bain commune. Qu'est donc venu faire ce français, dessinateur de bandes dessinées, dans cet endroit si calme, si vide ? Elle ne le voit pas beaucoup, il vaque dans sa chambre, parle peu tandis qu'elle s'ennuie dans cette pension où elle y prépare les repas et nettoie les chambres...
Un hiver à Sokcho, c'est la rencontre, presque impossible, de deux âmes esseulées, un Français et une Franco-coréenne. Ils se frôlent, se jugent et se jaugent, s'épient, s'approchent pour aussitôt s'éloigner. Leur rencontre se fait silencieuse. Un hiver à Sokcho, c'est ce moment suspendu, cette sorte de flottement, de parenthèse inattendue. Cet homme qui passe son temps à dessiner et elle qui ne semble ne vouloir être que sous sa plume. Moment d'abandon, de quête de soi, où l'on prend conscience que la vie n'est qu'une fuite, que l'autre, à jamais, reste inaccessible et les désirs inassouvis. La plume gracile, aérienne et tout en retenue d'Élisa Shua Dusapin nous plonge dans une ambiance intime, vaporeuse et céleste.
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Annette55
  17 janvier 2017
Rencontre improbable, aérienne, impalpable, contemplative entre deux êtres que tout sépare quoique…
A Sokcho, petite ville portuaire de la Corée du Sud, la narratrice, une jeune franco-coréenne qui n'est jamais allée en Europe rencontre Yann Kerrand, un auteur de bande dessinée, venu chercher l'inspiration loin de sa Normandie natale.
L'intrigue est mince, le vocabulaire précis, l'ambiance feutrée, semblable à un huit-clos.
Un récit très mélancolique, poétique, retenu, où les mots sont déposés d'une manière délicate qui nous plonge dans l'hiver sud-coréen, dans une pension de famille sclérosée , un peu délaissée par le froid et les liens fragiles se nouant entre deux êtres .
La narratrice conte et commente l'oeuvre de Yann Kerrand, son héros, dont la propre histoire se fond progressivement pour se clore sur « des traces de pas dans la neige ».
Je n'en dirai pas plus.
Une oeuvre difficile à commenter, d'une grande sensibilité, une rencontre singulière où le froid ralentit tout.
Une confrontation entre deux cultures qui touche le lecteur, une écriture lumineuse, efficace, épurée.
Un premier roman qui peut se relire afin d'en apprécier la subtilité et la délicatesse.
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Lolokili
  30 mai 2017
On est à Sokcho.
Et c'est l'hiver.
D'où le titre.
Elle est sous la frontière entre les deux Corées, cette ville portuaire qui trimbale tant bien que mal sa routine assoupie sous une brume insistante. Il faut le savoir, Sokcho hors saison c'est un peu la misère.
Et puis, frémissement léger dans ce temps suspendu, une rencontre éphémère. Un auteur français en quête d'inspiration, une jeune autochtone figée dans ses journées ordinaires, deux sensibilités solitaires, deux cultures.

Entre eux, comme à Sokcho, il ne se passe pas grand-chose. Mais quand Elisa Shua Dusapin effleure ce pas grand-chose de sa plume singulière, à la fois pudique et lapidaire, c'est tout une atmosphère qui s'esquisse, mêlant le sensuel au trivial, le poétique à l'insignifiant, suggérant délicatement l'attente et les silences, quintessence de cette histoire qui n'en est pas vraiment une, mais peu importe.

C'est une belle expérience que la découverte de ce premier roman. Gracieuse franco-coréenne de vingt-cinq ans à peine, Elisa Shua Dusapin trouble et surprend par son écriture épurée, intimiste, et déjà si maîtrisée.
Une auteure subtile et prometteuse, incontestablement.


Entre nous je ferais juste ma chagrine quant à l'usage ici du verbe ramener, au lieu de rapporter. Trois fois en moins de vingt pages, ça m'a un peu chiffonnée (faut bien lui trouver un petit défaut à Elisa)
https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/apporter-ou-amener-emporter-ou-emmener/
(c'était la minute pédagogique)

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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kuroineko
  30 novembre 2017
Quel étrange et troublant récit que cet Hiver à Sokcho. Ville balnéaire envahie par les touristes à la belle saison, la bourgade sombre dans un marasme froid et humide durant l'hiver. Située à une soixantaine de kilomètres seulement de la Corée du Nord, Sokcho porte en elle une histoire singulière où l'Histoire rattrape parfois le présent.
Là vit la narratrice, jeune femme métisse dont le père, français, a abandonné sa mère très vite. Elle travaille dans une pension piteuse où vient s'installer un dessinateur de bd normand, aux allures erratiques et décalées. Fascination pour ce Français, cette nationalité qu'elle porte pour moitié dans ses gènes, pour sa profession originale, pour la Normandie idéalisée par la jeune femme à travers ses lectures De Maupassant et les oeuvres picturales impressionnistes. Fascination pour sa conduite déroutante. Peu d'action mais un texte contemplatif et d'introspection.
Tout le roman tourne autour de ce quotidien hivernal, les précipitations tantôt fine brume, tantôt déluge ou bruine impalpable. Cette esthétique météorologique reflète l'ambiance floutée du récit. Elisa Shua Dusapin, franco-coréenne comme son héroïne, effleure les mots d'un doigté délicat. Elle tisse une arachnéenne dentelle autour de ses quelques personnages.
Bien que court et d'une structure éthérée, le roman possède une force indéniable. Voilà un premier roman qui annonce une auteure à suivre avec intérêt.
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canel
  11 avril 2017
Hiver à Sokcho, en Corée du Sud.
Eté à Nantes, ou presque (presque été ou presque Nantes ? les deux).
On recommence à avoir assez d'énergie pour mettre le nez dehors le soir et le week-end, surtout que c'est la saison des festivals littéraires. Le temps de lecture en pâtit et le courage pour rédiger des billets aussi.
J'ai vu passer l'avis d'Acoun sur ce joli roman juste avant de commencer ma lecture. Je ne l'ai toujours pas lu pour ne pas être influencée, mais je suis sûre qu'il est excellent, comme d'hab', alors foncez le découvrir, il saura vous donner envie, d'autant que ce petit bijou délicat* le mérite !
--- là, j'ai cru que je pourrais faire l'économie de quelques lignes, en disant que c'était pas la peine de me faire suer, qu'Acoun en parlait beaucoup mieux, et puis j'ai trouvé ça deux brins : un feignasse et un malhonnête. ---
Ce joli roman ressemble à l'image que donne Elisa Shua Dusapin lors des salons (et sans doute des interviews télé) : cette jeune femme franco-coréenne de vingt-cinq ans est fine, gracieuse, intelligente ; elle semble à la fois modeste et franche...
Beaucoup de sensualité se dégage de cet ouvrage, sous la douceur et derrière la pudeur.
Une grande place est donnée à la cuisine et à la nourriture
- pour le meilleur : un art véritable qui suscite le plaisir des sens (comme dans 'Chocolat' de Joanne Harris, 'Mangez-moi' d'Agnès Desarthe...)
- et pour le pire : elles érigent/entretiennent des barrières culturelles, servent à malmener un corps mal-aimé...
La plume, l'histoire et les images sont belles, tout en subtilité. J'ai été un peu déçue par la fin, j'aurais aimé redescendre un peu sur terre, moins rester dans le flou.
PS : je viens de lire le billet d'Acoun, j'aime beaucoup. Je n'ai pas pensé à Corto Maltese parce que je ne le connais pas, ni à Camus dont je n'ai lu que 'L'Étranger', mais le parallèle avec 'Lost in translation' me plaît bien !
* Je parle du roman, pas d'Acoun, dont je ne connais que les talents sur Babelio. Je ne saurais dire s'il est petit, bijou, et/ou délicat... 😉
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   09 janvier 2017
Cet étonnant premier roman a été l’une de nos plus belles découvertes du temps des Fêtes... et on a eu envie de la partager!
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   08 décembre 2017
Lorsque lui dessinait, il donnait le sentiment de ne penser qu'au mouvement de l'avant-bras, l'image semblait naître ainsi, sans idée préconçue.
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marina53marina53   08 décembre 2017
J'ai tourné les pages encore. L'histoire se diluait. Elle s'est diluée comme une errance entre mes doigts, sous mon regard.
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PiatkaPiatka   25 juin 2017
Ses doigts glissaient avec timidité sur le papier. Le pinceau balbutiait sur les proportions du corps. Du visage surtout. Elle prenait un accent oriental. Il ne devait pas avoir l'habitude de représenter des femmes, j'en avais peu vu parmi ses personnages. Lentement, ses traits se sont faits plus sûrs. Elle s'est mise à tournoyer dans une robe. Tantôt maigre tantôt voluptueuse, bras étendus ou ramassés, tordue toujours, elle se modelait sous ses doigts. De temps à autre, Kerrand arrachait un morceau de feuille pour le mâchonner.
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PiatkaPiatka   26 juin 2017
Ce qui sculpte une image, c'est la lumière.
En regardant bien, je me suis rendue compte qu'au lieu de l'encre, je ne voyais que l'espace blanc entre deux traits, l'espace de la lumière absorbée par le papier, et la neige éclatait, réelle presque.
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BazartBazart   23 octobre 2016
" Le bruit de la plume s'est fait continu, lent comme une berceuse. Avant de m'endormir, j'ai essayé de retenir les images qu'il avait fait naitre en moi, de ne pas les oublier car je savais qu'elles auraient disparu quand je pénetrais dans la chambre le lendemain".
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