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EAN : 9782070776177
256 pages
Éditeur : Gallimard (25/08/2008)
3.51/5   57 notes
Résumé :
"Le 29 septembre 1990, une vingtaine de descendants de René Coty se retrouvèrent à l'Élysée. Chez les petites-filles du Président, d'ordinaire si ardentes à rompre avec le passé, cette perspective suscita un brin d'amusement. Tout le monde avait oublié le nom de Coty - sauf pour le confondre avec celui d'un parfumeur. L'époque présidentielle ne représentait plus une menace avec ses privilèges. Rien ne pouvait désormais entraver le triomphe de cette vie normale vers ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Renod
  05 décembre 2016
« Tout ce qui disparaît me désole. » Benoît Duteurtre exprime une nostalgie douce et amère pour nous raconter la fin d'un monde. Pour ce faire, il puise dans la veine autobiographique. Il retrace le parcours social de la branche maternelle de sa famille et analyse la sociologie de la station balnéaire d'Étretat qu'il fréquente depuis son enfance.
« le 23 décembre 1953, à la surprise générale, René Coty était devenu président de la République française. » Cette élection provoque un cataclysme dans l'existence de ses proches. Habitués à un effacement timide, les voilà projetés dans les fastes de la République, contraints à devoir assumer une notoriété qui leur déplaît. Les petites-filles de René Coty restent indifférentes à la hiérarchie sociale et décident d'épouser des petit-bourgeois (ingénieurs, médecins). Elles choisissent ainsi une vie simple et heureuse, loin des mondanités. le souvenir de l'illustre aïeul s'efface progressivement et chacune finit par mener une vie normale et anonyme.
La deuxième partie du roman s'intitule « La fin du christianisme ». Duteurtre illustre le déclin de la bourgeoisie catholique à travers l'exemple de sa famille. Ses parents formaient un couple à la fois progressiste et très croyant. Enfant, l'auteur appartenait à la chorale de Saint-Thomas-d'Aquin du Havre. Les petits chanteurs entonnaient des morceaux de Lully, Rameau ou Haendel pour la grand-messe. Mais l'esprit libertaire imprègne peu à peu la chorale et bientôt des refrains de guitare issus du répertoire folk américain résonnent au cours de l'office. La chorale devient mixte et perd toute raison d'être. Les premiers renoncements ont marqué le début d'une défaite totale de la tradition. L'ouverture s'est transformée en déconfiture.
Une autre partie du roman porte également un titre évocateur : « La lutte des classes à Étretat ». Ce site est célèbre pour son « aiguille » et ses hautes falaises de craie blanche. Étretat est devenue au cours du XIXème siècle une station balnéaire prisée par la bourgeoisie parisienne. Des familles aisées continuent de s'y rendre chaque saison et pratique l'entre-soi en cultivant les « relations de plage ». C'est un monde fermé qui se retrouve autour de rituels précis : arpenter le Perrey le long des falaises, prendre des bains de mer à heures régulières, manoeuvrer le canot traditionnel nommé périssoire, posséder sa cabine, participer à un gala fin août. Adulte, Benoît Duteurtre tentera de s'intégrer à la société d'Étretat. Il ne parviendra qu'à nouer quelques liens avec les personnages âgées ravies d'échanger avec ce jeune-homme charmant. La plage est partagée avec les touristes issus des campings mais aussi avec ceux issus des quartiers populaires du Havre. La cohabitation est parfois difficile…
Duteurtre regrette la disparition d'une bourgeoisie qui cultivait l'esprit et le luxe et qui savait s'inventer une esthétique. Une classe sociale qui a offert de nombreux artistes à la France et qui se faisait construire des villas de plaisance originales. Désormais, le tourisme n'est plus un privilège, il s'est démocratisé et fait désormais place à une industrie des loisirs qui gomme toutes les disparités pour livrer un divertissement standardisé.
Le 11 août 1999, l'auteur observe l'éclipse totale de soleil de la plage. Ce phénomène symbolise à ses yeux la fin d'un monde à quelques mois de l'avènement d'un nouveau millénaire. La villa familiale est vendue à une famille qui a fait fortune dans la grande distribution, une cousine qui cultivait la mémoire de René Coty décède, certains rituels propres à la société d'Étretat ne sont plus suivis. Pour l'auteur, ce constat peut être étendu à la France. Il regrette la disparition d'un monde remplacé par une modernité décevante. Benoît Duteurtre se désole et relève par la satire quelques traits typiques de notre époque. Il consacre de nombreuses pages au galet d'Etretat qui seul parvient à contenir les marées et à ralentir l'expansion touristique et se moque d'une société avide de "précautions" qui en vient à interdire l'usage d'un canot dans les zones de baignade. Résigné, l'auteur nous livre une nouvelle fois son credo, il faut : "goûter à toutes les joies possibles".
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joedi
  05 août 2013
Benoît Duteurtre raconte Étretat et ses falaises, ses autochtones, les Parisiens … les habitudes et les manies de tout un chacun. L'auteur, arrière petit-fils de René Coty, dernier Président de la IVème République, de 1954 à 1959, évoque ses souvenirs d'enfance, d'adolescence et des premières années de sa vie d'adulte. Les thèmes de ce roman autobiographique sont la vie au Havre et à Etretat des descendants de René Coty, Président.
Un livre intéressant, une analyse de société faite avec humour, la description des falaises d'Étretat et de sa baie, donnent lieu à quelques passages poétiques qui enjolivent le récit.
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Franz
  18 octobre 2021
Maupassant introduit le roman de Benoît Duteurtre, Les pieds dans l'eau, avec une description d'Etretat mise en exergue. Il souffle aussi à l'auteur le titre de son 1er chapitre, Sur l'eau mais l'histoire de Benoît Duteurtre démarre au début des années soixante et retourne volontiers en arrière, lors de l'acquisition de la « Villa Cheu Nous » rebaptisée « La Ramée » par son arrière-grand-père René Coty, en 1948. Par petites touches discrètes et dans un style fluide, l'auteur retrace ses villégiatures à Etretat et dépeint les us et coutumes d'une bourgade aux rituels indéboulonnables. L'ancienneté de l'implantation de l'estivant lui procure des lettres de noblesse au sein d'un cénacle à cheval sur ses principes : « A l'ombre des falaises normandes, chaque sortie à la plage ressemble à une lutte, recouvrant une infinité de plaisirs cachés. Imperceptibles au premier abord, ces plaisirs minuscules sont l'un des attraits de l'existence du Parisien à Etretat. […] mettre les pieds dans l'eau glacée, prendre un bain de soleil sur les cailloux, résister à la bise du nord en plein mois d'août, se baigner sous la pluie, accomplir inlassablement la même promenade entre deux pans de falaise. » Il suffit de relire la chronique De Maupassant, « Etretat », rédigée en 1880 pour le journal le Gaulois. On y retrouve des rituels identiques à ceux décrits par Benoît Duteurtre. le monde pourrait s'être figé pour toujours dans la station balnéaire normande mais il n'en est rien. L'auteur parle de menues choses qui s'évanouissent définitivement. Quand on les a connues, on peut les regretter. Il y avait un vrai bonheur à goûter aux délicieux Brésiliens meringués, nimbés de « Béné » de la pâtisserie fine Lecoeur, rue Alphonse Karr, à Etretat, juste avant d'entreprendre la balade des falaises d'aval en suivant les indications données par Maupassant dans sa correspondance avec Flaubert. Lecoeur a fermé. L'itinéraire a perdu en sauvagerie ce qu'il a gagné en aménagements. Par son écriture déliée, Benoît Duteurtre réveille des souvenirs pâlis, ravive des regards embrumés, rallume des sensations enfouies, tout cela avec beaucoup de délicatesse. Il y a de la bonté d'âme dans cette écriture, une manière naturelle d'être à la bonne distance du sujet, sans pathos, sans mépris, avec une réelle compassion : « Je ne trouvais pas le passé préférable en soi ; mais je le trouvais irrésistible au moment de disparaître, quand il se réduisait à quelques personnes, quelques conversations, quelques souvenirs ». Les pieds dans l'eau est un bon titre et un bon livre.
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Nadael
  27 mai 2013
Dans ce roman clairement autobiographique, Benoît Duteurtre évoque ses souvenirs d'enfance et d' adolescence sur la côte normande, entre le Havre et la plage d'Etretat. Arrière petit-fils de René Coty – dernier Président de la IV ème République, de 1954 à 1959 – , ses réminescences sont indéfectiblement liées à l'histoire familiale ; défilent ainsi ses cousines, ses tantes et ses oncles, sa grand-mère, sa mère... et on sent la figure de l'arrière-grand-père planer de page en page...
À travers des images, des sensations, des lieux, des odeurs, des visages, des saveurs, des bruits, l'auteur retrace des instants d'une époque aujourd'hui révolue avec des sentiments différents : tantôt avec son regard d'enfant empreint de candeur tantôt avec ses yeux d'adulte, lucide et volontiers ironique.
Conjointement, Benoît Duteurtre profite de l'évocation de la deuxième partie du XX ème siècle pour faire une sorte d'étude sur l'évolution de la société durant ces années-là (consumérisme, addiction – casino, drogues – Mai 68...) à travers le microcosme d'Etretat et de sa plage : le comportement des parisiens, des touristes, des autochtones, des jeunes des cités du Havre...
L'écriture est pleine de charme lorsqu'il entre en contemplation. Ses descriptions de la mer et de ses baigneurs sont très belles. Une atmophère un brin désuète avec le luxe des villas de la station balnéaire et les cabines du bord de mer, le poids de l'Histoire et l'influence d'un homme sur l'existence d'une famille entière de génération en génération, les falaises abruptes et les traces laissées par les impressionnistes, de jolis portraits de femmes, l'apprentissage d'un homme devenu écrivain... Une agréable promenade.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Lybertaire
  01 juin 2012
Étretat, ville balnéaire sans histoire ? Pas pour Benoît Duteurtre, qui lui consacre un « roman » sur ce thème. À la fois texte autobiographique et essai sociologique, Les Pieds dans l'eau est le résultat d'une démarche intéressante. Mais.
Tout d'abord, l'écrivain raconte des souvenirs de ses vacances à Étretat, quand il ne vit pas au Havre : l'action est quasiment inexistante, centrée autour d'anecdotes, mais l'écriture est charmeuse, sensitive et contemplative.
Ce qui retient l'attention, c'est sa famille : arrière-petit-fils de René Coty, dernier président de la IVe République, Benoît, en grandissant, devient un adolescent soixante huitard. En vieillissant, il devient un homme antipathique, nostalgique de ses ancêtres bourgeois. le Benoît adulte aime l'apanage du luxe, l'élégance des riches, l'art et les distractions élitistes.
Sauf que l'autobiographie a ses limites : même s'il emporte le lecteur dans les sensations, Benoît Duteurtre s'est contenté d'écrire sa vie. L'exercice est ardu, mais l'on peut s'interroger : où commence l'imagination ? A-t-on envie de lire la vie (presque) banale d'autrui ? Jusqu'à quel point l'écrivain est-il sincère avec lui-même et avec son lecteur ?
« Ce qui m'a le plus frappé au cours de ces années de lecture, écrivait Robert Gallimard en 1978, c'est qu'on voit très vite si un auteur, même totalement inconnu, appartient déjà, par vocation en quelque sorte, à la corporation des écrivains. […] L'"amateur" est majoritairement autobiographe. […] La plupart des manuscrits sont refusés parce qu'ils ne sont pas "écrits", le maniement élémentaire de la langue leur faisant défaut et, plus encore, ce rapport savant à la langue, indissociable du travail d'écriture. […] Mais "bien écrire" ne suffit évidemment pas pour être publié, encore faut-il avoir un "ton", manifester une "originalité", bref, avoir un style qui, prisonnier d'influences diverses, peut ne pas être abouti, mais qu'un lecteur averti percevra1. »
Outre l'autobiographie, discutable en soi, Benoît Duteurtre s'est livré à quelques digressions sur l'histoire et la population d'Étretat. Tout ce qui compose une ville balnéaire, somme toute assez banale, y passe : les riches Parisiens venus parader bien à l'écart des autochtones, la nage, la bronzette, les galets, les cabines de plage…
Outre certaines considérations peu intéressantes, d'autres retiennent davantage l'attention : qui vient à Étretat ? Comment se comporte sa population, au fil du temps ? Il consacre une partie importante aux comportements de la classe bourgeoise, laquelle préserve sa domination par les alliances et le patrimoine. À travers le prisme d'une ville, Benoît Duteurtre développe l'histoire d'un pays, sujet au consumérisme et aux évolutions politiques et sociales.
Les Pieds dans l'eau, c'est un peu comme Les Années d'Annie Ernaux : entre le récit personnel et l'histoire d'un pays pleine de généralités, forcément, tout lecteur se sent impliqué. Forcément, tout est un peu bateau.
Ce « roman » de nature hybride laisse une impression particulière : la construction est pertinente, divisée en courts chapitres alternant le petit oeil du Benoît bourgeois avec celui du grand oeil d'une ville et d'un pays. Mais si le récit est autobiographique, pourquoi déguiser le tout en « roman » ? L'appellation est malhonnête.
La critique sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/les-pieds-dans-l-eau-benoit-duteurtre-a80136670
Lien : http://www.bibliolingus.fr/l..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   03 août 2013
... le galet d'Étretat, roi incontesté du galet normand qui semble avoir choisi de s'implanter dans le plus beau décor de la côte. Ce galet-là nous affirme que, s'il existe un lieu parfait par son architecture naturelle, ce lieu se devait aussi d'accueillir le plus beau galet de la terre : le plus rond, le mieux poli, le plus égal par les dimensions, le plus uniforme par la texture, le plus subtil par ses nuances de couleur.
Devant ce modèle incomparable, harmonieusement réparti selon les degrés de la plage (les gros cailloux en bas, les plus fins au sommet), on en vient à se demander si de mystérieuses brigades ne se chargent pas, depuis la nuit des temps, de ranger les galets en éliminant les suspects, les irréguliers, les vulgaires, pour ne laisser ici que la quintessence. Si la voûte plantaire doit en souffrir un peu, les yeux y trouvent un spectacle enchanteur et le corps une assise où chaque enfant, d'un geste joyeux, peut recommencer son défi à la mer. Les galets s'offrent à lui comme les pièces d'un jeu indéfiniment rebattu. La main n'a qu'à se servir, le torse à s'arquer, le bras à se tendre pour envoyer de nouveau, le plus loin possible, l'une des pièces qui attendra la marée pour remonter la pente et reprendre sa place au milieu des autres.
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RenodRenod   05 décembre 2016
Toutes ces voies se voulaient alors prometteuses. En liquidant le monde ancien, nous marchions sûrs de nous, vers une société meilleure, avant que la modernité ne révèle sa noire litanie de chômage, pauvreté, sida, désastres écologiques, décomposition sociale, liquidation du bien public. Nous rêvions d’un échange foisonnant, d’une humanité sans frontières, avant que le rêve ne s’accomplisse, d’une autre façon, dans le triomphe du marché universel et du tourisme de masse. Nous pensions bâtir un futur enchanté, quand nous nous contentions de nettoyer le vieux terrain national et religieux, comme pour faciliter l’avènement de la nouvelle industrie culturelle mondiale et de ses produits formatés. L’achèvement de l’histoire européenne se voulait audacieux, tel un surcroît de curiosité, de vitalité, d’expérimentations ; mais nos expériences ne valaient que par leur énergie naïve, opposée au vieil ordre que nous étions persuadés de combattre.
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RenodRenod   02 décembre 2016
À l’ombre des falaises normandes, chaque sortie à la plage ressemble à une lutte, recouvrant une infinité de plaisirs cachés. Imperceptibles au premier abord, ces plaisirs minuscules sont l’un des attraits de l’existence du Parisien à Étretat. Dans une station qui ne compte ni palaces ni boîtes branchées, la vie balnéaire paraît fondée sur la répétition de gestes apparemment pénibles : mettre les pieds dans la mer glacée, prendre un bain de soleil sur les cailloux, résister à la bise du nord en plein mois d’août, se baigner sous la pluie, accomplir inlassablement la même promenade entre deux pans de falaise. Tout cela s’apprend et finit par se déguster(...).
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NadaelNadael   27 mai 2013
« L'une des vertus du temps calme est d'inviter le baigneur à s'éloigner du rivage, pour atteindre la distance où se produit un changement d'environnement sonore. On n'a guère conscience, au bord, de ce tumulte, plein de cris et de roulements de galets. Il faut nager et nager encore pour, soudain, découvrir que le bruit diminue puis qu'il disparaît. Il faut que la clameur de la terre s'éteigne pour entendre bien mieux la présence de la mer, cette sonorité première. À présent, tandis que je progresse vers l'horizon, le frottement de l'eau et de l'air produit un léger chuchotement de surface. Je nage et ma nage devient le sujet de tout autre chose, le seul phénomène tangible entre moi et l'infini. Je ne vois plus rien que le casier de pêcheur signalé par un drapeau qui vacille, ou cet oiseau nageur qui plonge la tête et disparaît avant d'émerger un peu plus loin : c'est un cormoran. Je nage et je le regarde sans réfléchir ; car la nage est l'unique occupation de mon être ; non comme performance sportive mais comme façon d'être à la surface des choses. »
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kathelkathel   17 août 2010
Le bleu des flots est animé de minces crêtes blanches entre lesquelles glissent les périssoires. Ces élégants canots de bois blanc conduits par des estivants en maillots de bain se croisent partout sur la mer. Un couple d’amoureux longe la côte sans se presser ; ils se laissent dériver assis l’un derrière l’autre, le dos de la fille appuyé contre le torse du garçon qui, parfois, donne un bref coup de pagaie. En face d’eux, sur la plage, les corps dénudés ne semblent pas trop ressentir le petit vent du nord. Ils profitent du soleil comme dans un pays chaud. Et ce mélange d’air frais, de cailloux brûlants, de corps alanguis, de canots pagayant, de voix et de cris, résonne en moi tandis que nous nous apprêtons, avec ma mère et ma soeur, à descendre l’escalier qui relie la promenade à la plage.
Soudain, comme nous posons nos pieds sur les galets en tournant instinctivement vers la gauche, je vois se dresser tout un groupe de jeunes femmes en maillots de bain une pièce qui s’approchent avec de larges sourires, embrassent ma mère, nous dévisagent ma soeur et moi et poussent des exclamations joyeuses, comme s’il s’agissait d’une bonne surprise…
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Vidéo de Benoît Duteurtre
Benoît Duteurtre - Livre pour adultes .Benoît Duteurtre vous présente son ouvrage "Livre pour adultes". Parution le 18 août 2016 aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/benoit-duteurtre-livre-pour-adultes-9782072548093.html Notes de Musique : When You Leave by Sergey Cheremisinov. Free Musique Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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