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ISBN : 2709610582
Éditeur : J.-C. Lattès (06/01/1993)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Du 28 mai au 22 juin 1992, a bord d'un cargo naviguant entre les Antilles et Le Havre, le romancier d'Izo rédige son journal. Depuis quatre mois il se sait atteint du S.I.D.A. Cargo Vie est d'abord la chronique de la maladie, avec ses harcèlements et physiques et mentaux (le mal, dans son cas, a attaqué et détruit prioritairement le cerveau). Mais ce voyage en mer est aussi l'espace-temps symbolique d'un rapport fragilisé, et du même coup absolu, de cet absolu qui f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
latina
  27 juillet 2012
"Sida mon amour. Toi au moins, tu me resteras fidèle jusqu'à la Mort.(...) Sida mon amour, je t'aime. Je t'adore autant que je t'abhorre. Je t'aime parce que tu es mien, à nul autre pareil. Je t'aime parce que tu t'occupes méticuleusement de moi, sans relâche. Je t'aime parce que nous mourrons ensemble. Et enfin, je t'aime surtout parce que, grâce à toi, ma vie écourtée devient chaque jour plus extraordinaire. Avant, je ne pleurais pas d'émotion en regardant la beauté du ciel; je ne le voyais même pas. Grâce à toi, ma vie ne s'étirera pas mollement jusqu'à une vieillesse indifférente et blasée."
Et voilà, le ton est donné. "Cargo Vie", c'est le journal intime de l'auteur, pendant les quelques mois de son dernier grand voyage, avant celui de la Mort. Il mourra moins d'un an après.
Ce sont des réflexions intimes et disparates, mais qui tournent toutes autour de la mort, de la maladie, de la beauté du monde et de son amour perdu, un certain "E".
L'état d'esprit de Pascal de Duve est positif et lucide. Il donne des détails sur la progression de sa maladie, mais ne s'y appesantit pas. Comme c'est un professeur de philosophie, il a appris à apprivoiser toutes ces grandes Idées, qui restent des idées vagues pour ceux qui n'y sont pas (encore) confrontés. Il en fait des amies intimes. Il vit avec elles.
Mais ce que j'aime surtout chez lui, c'est qu'il ne s'effondre pas. Au contraire, il tend tout son être vers ce qui est plus grand, plus beau.
C'est un être humain à part entière, qui a aimé et a été abandonné, qui s'est extirpé du désespoir par sa seule volonté. Et il a voulu vivre ses derniers instants pleinement. C'est comme ça que j'aimerais aussi les vivre...
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FritzLangueur
  16 avril 2014
Comparativement à un Cyril Collard dévoreur de vie(s) ou encore un Hervé Guibert à la morbidité éclairée, Pascal de Duve, autre auteur médiatique des années 90 ayant écrit autour et sur le sida, semble le plus sensible. Son approche de la maladie se tient par la véracité de ses réflexions simples, lui donnant un sens, voire un équilibre. « Cargo Vie » loin de toute provocation ou d'intellectualisation mécanique offre au lecteur un aperçu réaliste et sans mise en scène de ce qu'endure l'individu frappé par le sida. Il « désingularise » cette pathologie qu'il replace, au même titre que le cancer, ou autre altération de l'organisme, à son stade de souffrance physique et morale. Son périple de 26 jours chroniqué en quelques mots révèle plus sur l'état d'âme face à l'abomination que tous les romans et films sur le sujet. 26 jours est le temps qu'il à fallu à Bouddha pour méditer sous le figuier, selon les bouddhistes… C'est le temps qu'il faudra à Pascal de Duve pour s'apaiser… 26 jours de retraite, 26 jours et nuits de larmes enfouies, de sourires masqués, 26 jours d'émerveillements régénérant (profiter des petits bonheurs), de colères à peine contenues face à l'abandon d'un ex inhumain… Les jours passent, la maladie progresse au même rythme que la sagesse annonciatrice de la fin de vie. Quoi de plus terrible que de quitter la vie en souffrance. Pascal de Duve n'accable pas, ne regrette pas. Il subit la Fatalité-Sida de l'époque avec courage, optimisme et une volonté d'exister jusqu'au dernier instant. le style est ici des plus incisifs et très précis. L'auteur distille ses mots, les détourne, en joue pour livrer une épure des plus éblouissantes en matière de leçon de mort.
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Poussa
  20 février 2019
Pascal va mourir, il le sait.
Nous sommes au milieu des années SIDA, la maladie est mortelle, infamante. Il part sur un cargo, faire son dernier voyage, le dernier voyage du condamné.
Lui le nouvel auteur star, beau et talentueux, sans ce virus, qui sait s'il ne serait pas assis à la table d'Amélie Nothomb ou Eric-Emmannuel Schmidt, qui écloront peu de temps après lui.
Son dernier voyage, comme une course contre le temps, ralentir le peu qui lui reste, courir après celui qu'il n'aura pas.
Avec pour seuls compagnons la Bible, le Coran et les oeuvres de Stefan Zweig,il part pour chercher en moins d'un mois le sens d'une vie qui va s'arrêter trop vite.
Cargo-vie est un roman beau et poignant, qui ne verse jamais dans la colère ou les cris à l'injustice. Un chant du cygne digne et magnifique qui nous laisse comme regrets toutes les oeuvres que Pascal de Duve auraient pu écrire et que nous ne pouvons qu'imaginer.
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Clytemnestre
  15 mai 2018
En 1992, une jeune homme de 28 ans effectue une traversée de l'Atlantique sur un cargo. C'est un aller-retour, sans d'autre but que de se retrouver avec lui-même à un moment où il apprend que le sida le condamne à court terme. Il partage ses réflexions sur la mort, son appréhension d'une fin de vie annoncée. L'écriture est facile, faite de courts paragraphes.
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Madimado
  07 juillet 2013
Ce texte est une vraie merveille !
Pascal de Duve, en phase terminale du sida, décide de traverser l'Atlantique dans les deux sens sur un cargo. C'est le récit de son voyage qu'il nous livre ici. S'y mêlent des réflexions sur sa maladie et sur sa rupture douloureuse. Une succession de courts paragraphes comme autant d'instantanés de sa vie.
L'écriture est très poétique. L'auteur a un véritable talent pour évoquer des images fortes et retranscrire les sentiments. Une véritable ode à la vie.
Lien : http://madimado.com/2013/06/..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   27 juillet 2012
Frères et soeurs d'infortune, ne négligez pas de puiser dans les ressources qu'offre cette maladie à votre sensibilité. Ouvrez les yeux pour vous émerveiller des grandes choses et surtout des petites, toutes celles dont ceux que la Mort ne courtise pas encore, ceux pour qui la Mort est lointaine et abstraite, ne peuvent véritablement jouir comme nous le pouvons. Grisons-nous de ce privilège, pour mieux combattre nos souffrances que je ne veux nullement minimiser.

Qui s'aigrit maigrit.
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latinalatina   27 juillet 2012
Lat. "credere" (croire). "Donne-moi tes consonnes et je te dirai ce que tu signifies."
CRDR : "cor-dare", donner son coeur. E., j'ai cru en toi, je t'ai donné mon coeur, délicieusement arraché à ma poitrine. Maintenant il gît dans une poubelle de l'oubli. Notre amour est plus qu'ajourné - il est "anuité". Et si désormais je reste "écoeuré", ce n'est plus dans le même sens.
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latinalatina   27 juillet 2012
Après le tramatisme initial, mon sida est rapidement devenu une passion exaltante, qui changea ma vie, sur laquelle j'ouvre désormais tous les jours, de plus en plus, des yeux émerveillés.
Quel bien précieux que ce restant de vie ! Le "condamné" qui ne s'ignore pas peut vivre, de façon privilégiée, l'intensité flamboyante du crépuscule. Réservons plutôt notre compassion aux humains qui, sur leur lit de mort, sont pris d'un ultime et fatal sursaut d'horreur en se rendant compte, trop tard, qu'ils sont ent train de mourir sans avoir vécu, "comme on perdrait un diamant avec l'eau du bain".
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CeventdefolieCeventdefolie   29 octobre 2014
L'homme de Dieu et le poète partagent l'amour de l'émotion, l'émotion de l'amour. La lumière des étoiles, l'ardeur du ciel bleu et la furtivité des nuages ne sont pas, pour ces mystiques, de simples phénomènes quotidiens et répétitifs. Non, pour eux, ce sont d'extraordinaires événements perpétuellement uniques, comme les visages humains.
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latinalatina   27 juillet 2012
Ce qui m'intrigue le plus dans la religion est précisément ce qui m'en a éloigné. Il s'agit du lien fondamental et originel entre la Foi et le Bien, postulat sans appel, commun aux trois grandes confessions monothéistes. Croire relève du Bien, ne pas croire est indissocié du Mal. Vu le nombre de non-croyants et celui de ceux qui, à tort, "croient croire", l'Enfer serait vite surpeuplé. C'est d'ailleurs peut-être ça, l'Enfer.
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Video de Pascal de Duve (1) Voir plusAjouter une vidéo

[Pascal de Duve]
Entretien avec Pascal de DUVE, professeur de philosophie, à propos de son livre "Izo" (aux éditions Jean-Claude Lattès), dont le personnage principal Izo est un réfugiépolitique.Son roman est né à partir de ses différents écrits qu'il a rassemblé.Il parle du contenu de son livre et de son personnage, basé sur un tableau de MAGRITTE , ainsi que de ses autres oeuvres.
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