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EAN : 9781794329898
313 pages
Éditeur : Auto édition (02/05/2019)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Après avoir quitté une Terre mourante du fait des erreurs de nos sociétés, l'Arche, premier vaisseau à coloniser une exoplanète, arrive au bout d'un long voyage de 80 ans. Les colons sortent de leurs caissons cryogéniques et découvrent ce qui doit devenir un nouveau commencement pour l'humanité. Une nouvelle planète, un monde principalement végétal baptisé Eden. Les surprises se cumulent vite : la surface abrite une espèce primitive mais intelligente, des ruine... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  25 juillet 2019
Une terraformation quelque peu complexe
*
Il n' y a pas à dire, mais la SF c'est la vie !
Oui, oui, j'ose le proclamer haut et fort : c'est toujours un réel bonheur de plonger dans des univers futuristes, découvrir des technologies innovantes, rencontrer d'autres civilisations, voler dans l'espace, croire à une autre vie tout simplement.
Pari réussi pour ce premier tome d'un auteur français rompu à l'exercice de scénarisation (réalisateur de long-métrage entre autres). Ben tiens, justement, ce roman pourrait bien se trouver sur une bobine de film.
*
A la découverte d'une nouvelle planète, baptisée Eden, dans une galaxie voisine, un vaisseau l'Arche se pose; les derniers descendants terriens vont devoir faire face à d'innombrables dangers. Voilà pour le pitch.
*
Une colonisation réussie? Difficile à évaluer. Avec la construction d'un dôme stérile, Outsphère, les terriens devraient être à l'abri de beaucoup de choses. Notamment d'un air potentiellement toxique, de manifestations météorologiques (orages magnétiques, spores jaunes..), d'animaux sauvages et.....la suite, impossible de vous la donner, ce serait vous spoiler !
*
Un espace clos où le danger vient de l'intérieur. Dissensions, complots, actes de révoltes, l'homme est un loup pour l'Homme. La cohabitation est rude et féroce. Militaires et civils ne se comprennent pas. Et l'Etranger fait peur.
Tant de questions abordées ici. Tant de thèmes riches qui sont parfois sous-exploités (mais peut-être approfondis dans le tome suivant). Une multitude de personnages (un peu trop dense :) divers et hétérogènes permettent de suivre plusieurs trames de vie. Un rythme soutenu où beaucoup d'actions se succèdent pratiquement en même temps (mais à plusieurs endroits différents). L'écriture très visuelle (on admire au passage la couverture sublime du livre) apporte des détails d'images, de sons, de sensations qui emportent le lecteur dans une dimension cinématographique (immersion totale dans l'univers). Même les explications scientifiques (qui pourraient rebuter plus d'un) sont ici amenées de manière limpide et surtout crédibles.
*
En conclusion, de nombreuses réflexions humaines sont soulevées : reconstruction de notre civilisation sur une simili-Terre avec une cohabitation houleuse entre plusieurs "genres" de vie intelligente.
*
Une épopée entre le space-opéra et thriller, les fans seront gâtés.
Vivement une suite rapide car j'ai été quelque peu frustrée de la fin abrupte. Ceci est bien la preuve que l'auteur sait manier le suspense !
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Fifrildi
  07 octobre 2019
C'est un peu par hasard que je suis tombée sur ce (premier?) roman de Guy-Roger Duvert sur Amazon en auto-édition. L'accroche m'a bien emballée et je ne l'ai pas regretté car c'est un coup de coeur.
C'est l'histoire de la première expédition de colonisation spatiale sur une planète appelée Eden par les colons terriens. Ils sont arrivés à bord de l'Arche après un voyage de 80 ans en sommeil cryogénique. Outre l'équipage et le personnel « dirigeant », il y a 50.000 civils.
Peu de temps après leur installation un autre vaisseau arrive en orbite avec à son bord des Terriens d'un autre genre… les Atlantes qui ont mis beaucoup moins de temps pour arriver sur Eden. Leur cohabitation s'annonce très difficile. Mais s'il n'y avait que cela !
La planète est habitée par des autochtones plutôt agressifs et la faune est pour le moins inquiétante voire monstrueuse. Il y a aussi le risque biologique de respirer l'air, les cas de « mort subite » et les découvertes mystérieuses qui s'enchaînent crescendo pour un final en cliffhanger !! Il sort quand le tome 2 ??
Franchement, j'ai trouvé que l'histoire avait un très bon rythme et qu'il y avait un bon équilibre entre tous les personnages. Ils étaient bien campés et leur évolution crédible. L'écriture est fluide malgré quelques fautes d'orthographe.
Bref, un excellent moment de lecture.

Challenge défis de l'imaginaire 2019
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Saiwhisper
  18 juin 2020
Une fois encore, Guy-Roger Duvert a su m'embarquer dans un univers futuriste avec, cette fois-ci, le premier tome d'une saga m'ayant fait songer à « Les 100 » de Kass Morgan. On retrouve l'idée d'humains ayant dû quitter leur planète et cherchant un nouvel endroit pour se reconstruire. L'Arche, un vaisseau, va se poser sur l'Eden, une planète inconnue à fort potentiel, mais où les colons vont devoir faire face à de nombreuses péripéties. J'ai aimé suivre les scientifiques et les militaires durant leurs premières sorties. La plume de l'auteure est assez descriptive et fluide, si bien que l'on s'imagine aisément les scènes. Ainsi, je visualisais facilement les décors inquiétants, verdoyants ou brumeux… Aux côtés des protagonistes, j'ai assisté à la rencontre violente et terrifiante des hommes face aux Edeniens, des primitifs autochtones. de fil en aiguille, on se rend alors compte que cette colonie d'indigènes n'est pas le seul danger sur cette planète : il y a aussi la faune locale, des épidémies, des manifestations météorologiques, des phénomènes de combustion spontanée et une pluie d'autres éléments que je vous laisse découvrir. Peu à peu, les têtes tombent… Les habitants de l'Arche vont devoir redoubler d'efforts pour survivre. Cette lutte et cette tension constante furent très intéressantes à découvrir. J'étais tenue en haleine, me demandant ce que chacun allait faire ou encore qui allait vivre. le rythme va s'intensifier progressivement et, une fois que l'on est rentré dans l'ambiance de ce premier volet, on n'arrive plus à décrocher.
J'ai pourtant eu un peu de mal avant de profiter pleinement de ma lecture. En effet, bien que l'action et l'atmosphère me plaisaient, je n'arrivais pas à me repérer parmi les personnages. Ces derniers sont sacrément nombreux ! de plus, on les appelle parfois par leur nom, leur prénom ou leur grade, si bien que j'étais complètement perdue ! le pire, c'était avec les Atlantes dont le nom était similaire. D'ailleurs, je ne me suis pas spécialement attachée aux protagonistes (qu'importe leur caste), car je ne savais plus qui était qui. En revanche, cela ne m'empêchait pas d'apprécier leurs interventions ou leurs réflexions. Je prenais quand même plaisir à suivre chaque narrateur. Olsen, un soldat, est l'un des protagonistes m'ayant le plus captivée, car il a été confronté de très près aux Edeniens ainsi qu'à l'hostilité naturelle de la planète. Les chapitres le mettant en avant ont été prenants, intéressants et intenses ! J'ai été surprise de voir à quel point Guy-Roger Duvert ne ménage pas ses personnages. Ces derniers souffrent, sont tiraillés par leurs idéologies et, parfois, meurent dans d'atroces souffrances.
L'ouvrage va aborder énormément de sujets, notamment des questions d'ordre éthique et moral. En effet, les avis divergent, que ce soit du côté des militaires, des scientifiques, des civils ou encore des Atlantes, un peuple venu du même endroit que les colons, mais à soixante années d'écart. Ces êtres aux physiques similaires, aux noms étranges (ex : M0014) et aux capacités télépathiques vont semer le trouble. de prime abord, ils sont pourtant pacifistes et vont aider les humains… Ce sont plutôt ces derniers qui vont se rebeller et développer progressivement des idées racistes. La cohabitation est alors rude, féroce voire mortelle… Racisme, différence, cohabitation, colonialisme, collectif/individualisme, démocratie, technologie, science, danger (intérieur comme extérieur), liberté, … Les thématiques sont à la fois nombreuses et pertinentes. Même si elles méritent d'être encore exploitées (ce qui semble être le cas dans la suite), elles alimentent bien le rythme du récit.
Je remercie de nouveau l'auteur pour cette découverte immersive. J'ai pris plaisir à découvrir Outsphere qui séduira certainement les adeptes de SF/space opera avec des colons débarquant sur une nouvelle galaxie. La seule chose qui m'a profondément dérangée, c'est l'énorme quantité de personnages. J'aurais dû les noter quelque part pour ne pas avoir ce désagréable sentiment d'être perdue pendant une bonne centaine de pages… Il aurait peut-être également fallu creuser un peu plus la personnalité de certains d'entre eux (En me penchant sur les avis du T2, j'ai constaté que cela sera le cas plus tard !) afin que je m'y attache davantage. Heureusement, l'action et la tension constantes m'ont donné l'envie de poursuivre ma lecture, si bien que je suis ressortie satisfaite de ce premier volet.
Lien : https://lespagesquitournent...
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Fenkys
  25 août 2019
Outsphere est un planet opéra qui raconte la mise en place d'une colonie humaine sur un monde habitable, mais totalement inconnu et inexploré. Mais il ne limite pas à cela.
Contexte :
La Terre est tellement dégradée que peu de gens croient encore à un possible retour en arrière. Une expédition va donc être envoyée vers une exoplanète. C'est l'opération de la dernière chance. Son échec signifiera très certainement la fin de l'humanité. L'exoplanète choisie se révèle riche en eau liquide. Mais c'est à peu près tout ce qu'ils savent sur elle. C'est à la fois à la colonisation, mais aussi à la découverte d'un monde nouveau que sont confrontés ces colons d'un nouveau genre. A priori, la surprise est bonne, l'atmosphère contient de l'oxygène, une faune et une flore sont présentes, la colonisation va s'en trouver facilitée. La planète va être nommée Eden, et la nouvelle colonie Outsphere.
Le monde :
L'action se localise en deux endroits principaux : l'Arche, le vaisseau ayant amené les colons, et Eden la planète. Les visites en d'autres lieux sont anecdotiques.
Eden est une planète semblable à la Terre, mais ne comportant qu'un seul gros continent sur lequel sont répartis quelques grandes mers fermées qui représentent la moitié de sa surface. Elle est accompagnée d'un satellite, Olympe, énorme, mais très peu dense. L'ensemble se situe dans un système multiple, mais la seconde étoile est trop éloignée pour interagir sur la biosphère de la planète. La grande particularité d'Eden est la présence à sa surface d'orages magnétiques qui brouillent tous les appareils électroniques. Les zones recouvertes sont ainsi appelées zones muettes parce que toute communication y est impossible. La faune et la flore entre les deux types climatiques sont très différentes. D'ailleurs, certains animaux des zones muettes savent utiliser le magnétisme pour leurs besoins. le problème est que les humains peuvent difficilement se préparer à ce qui s'y trouve, puisqu'ils ne peuvent pas voir ce qui se passe dedans.
Les personnages :
Comme dans ce genre d'oeuvre, ils sont nombreux et aucun ne se distingue fortement du lot. Certains toutefois, sont plus importants que d'autres pour la colonie.
Amiral Suleiman : chef de l'expédition des Anciens. Il dirige le contingent militaire chargé de protéger les colons, contre toute menace en provenance de la planète, mais aussi dont ils seraient à l'origine.
Colonel Bowman : le Jack O'Neill de l'expédition. Militaire efficace, aimé de ses hommes. Il n'a jamais connu l'échec… jusqu'à Eden.
Vanessa Fulton : scientifique spécialiste de l'exobiologie, elle s'accommode mal des procédures de sécurités que lui impose Bowman.
Vincent Falcade : c'est un colon dont le but est de se débarrasser le plus vite possible de la tutelle militaire pour entamer rapidement la colonisation.
M0014 : chef du corps expéditionnaire Atlante. Sa mission est d'assister et de protéger les Anciens aussi longtemps que ceux-ci ne constituent pas une menace pour sa culture.
Bien que les personnages soient bien caractérisés avec leurs habitudes et leur logique, renforcée par l'examen de leurs pensées que nous offre l'auteur, on peut regretter que la société Atlante, prétendument futuriste, utilise un système d'identification remontant à la préhistoire de l'informatique. Or, même s'ils utilisent des matricules, ils restent humains et interagissent avec les anciens. Comment se fait-il dans ce cas, que des surnoms ne leur aient pas été attribués, ne serait que par les anciens. Connaissant mes compatriotes, je suis surpris qu'aucun militaire n'ait pensé à renommer M9422 « La bombe » ou d'un autre surnom emprunt de finesse et tout aussi créatif. Sans compter que ce genre de nommage entraîne des confusions. À un moment, je me suis perdu pour avoir confondu la fameuse M9422 avec S8588 qui n'a rien à voir. C'est d'autant plus dommage que les Atlantes sont très intéressants avec leur unité et leurs contrastes. En étudiant les Anciens, leurs ancêtres en quelque sorte, ils redécouvrent toute la richesse de l'humanité qu'ils avaient perdue. Leur apprentissage constitue un aspect passionnant de l'histoire.
Les thèmes :
Outsphere aborde de nombreux thèmes. Tout d'abord, le sujet principal de l'histoire : le planet opéra. Il décrit une colonisation avec tous ses aléas, les problèmes climatiques imprévus, les espèces dangereuses et l'environnement hostile. Mais il ne se limite pas à cela.
Les interactions entre les deux communautés humaines sont particulièrement intéressantes. D'un côté, nous avons les Anciens des humains non modifiés avec leur individualité, leur respect plus ou moins poussé de la hiérarchie et la quasi-anarchie qu'ils créent (c'est nous) et de l'autre les Atlantes, des humains modifiés bénéficiant d'une sorte de conscience de groupe ou tout individualisme est gommé, tout en restant humains cependant. Les deux approches dans la colonisation sont abordées, chacune avec leurs avantages et leurs inconvénients. La plus grosse différence apparaît dans la gestion d'une épidémie où les Anciens vont tenter de sauver tout le monde au risque de tout perdre alors que les Atlantes vont sacrifier sans états d'âme leurs compagnons malades. La question de la cohabitation entre deux cultures très différentes est ainsi posée, est-elle possible ou pas ?
De même, la cohabitation entre les militaires et les civils se posent. Les premiers sont pour la sécurité avant tout et un respect strict des priorités et le respect absolu de l'autorité alors que les derniers sont pour la connaissance et la colonisation en premier, quitte à prendre des risques. D'ailleurs, il est amusant de voir que ce ne sont pas les colons qui ont peur des militaires, mais le contraire ; l'amiral Suleiman est effrayé par leur anarchie et leur sens à son avis faussé des priorités.
Enfin, un dernier thème, mais pas des moindres, l'exploration de la planète. Au fur et à mesure de leur exploration, les colons vont découvrir une faune et une flore inconnue, avec ses dangers, sa population primitive de l'âge de pierre, mais surtout les traces d'une civilisation avancée disparue, voire de plusieurs. D'ailleurs les primitifs ne semblent pas effrayés par la technologie, les vaisseaux spatiaux des colons et leurs armes. Ils savent ce que c'est et savent y faire face, même s'ils ne disposent que d'une technologie néolithique.
Le style :
En général, il ne se remarque que quand il est mauvais. Ce n'est ici pas le cas. L'auteur utilise un vocabulaire riche avec des phrases fluides, agréables à lire. Souvent en SF, il faut désigner des objets qui n'existent pas, et donc inventer des mots. Beaucoup d'auteurs n'ont que des idées ridicules. Dans ce roman, où il ne fait qu'extrapoler nos propres technologies, ces cas sont rares. Mais il y en a. En particulier dans les véhicules de transport terrestre. Les noms de ses inventions sont élégants, reflétant la fonction de l'objet sans prêter à sourire.
Mon avis :
Certains critiques considèrent que la science-fiction n'est intéressante que si elle pose des questions. C'est à mon avis un tort. Son but premier est de distraire. Les questions, s'il y en a, sont un plus, mais ne sont pas indispensables. Outsphere ne permettra pas de répondre dans ce débat parce qu'il fait les deux : il distrait et il questionne. L'installation des colons sur la planète est intéressante, mais le roman va bien au-delà de la simple robinsonnade.
Une première question qu'il pose est : si l'humanité, connaissant les erreurs commises par le passé, avait une chance de tout recommencer, ferait-elle mieux. Il faut avouer que la réponse est pessimiste. Aussi bien les Anciens que les Atlantes s'en montrent incapables. Peut-être qu'une autre race le pourrait, mais pas les humains.
Une autre question est : que se passerait-il si les Terriens rencontraient une espèce moins évoluée ? Dans le livre, ils s'en balancent. Ils s'installent loin pour ne pas entrer en concurrence, leur nombre compensant largement leur arriération. Mais à terme, la colonisation de toute la planète est envisagée. Les autochtones ? Ce ne sont que des primitifs. Agressifs qui plus est. Inutile de s'occuper d'eux. En clair, ils se préparent sans scrupule à commettre un génocide qui ne dit pas son nom. Tout au plus, on peut imaginer que tôt ou tard, dans un sursaut de conscience, ils créeront des réserves pour accueillir les survivants. Une redite de la colonisation américaine en somme.
Une autre raison qui fait que le roman m'a emballé c'est que l'auteur s'est un jour posé des questions similaires aux miennes. Mais il les a utilisées dans un roman, contrairement à moi. Si une civilisation évoluée comme la nôtre avait existé autrefois, disons au temps des dinosaures, pourrait-on en retrouver des traces aujourd'hui ? La réponse est oui. Et quand ces traces apparaissent dans le roman, j'ai compris ce qui se préparait. Mais ça, c'est le résultat d'un questionnement personnel. La plupart des lecteurs passeront à côté.
Il n'est pas exempt de défauts non plus. En particulier, Eden se révèle vraiment favorable à la vie humaine alors que cette biosphère s'est formée à des années-lumière de la Terre. Il y a aussi dans la gestion de l'épidémie : une succession de mauvaises décisions totalement irréalistes (comme cacher la maladie à sa famille pour ne pas l'attrister au risque de propager encore davantage l'épidémie). Les diplômes aussi, dans le but de montrer à quel point les scientifiques sont badasses, font dans la surenchère jusqu'à l'excès (ce qu'en littérature, on appelle le complexe de l'Everest : la personne ne doit pas être bonne, elle doit être la meilleure dans son domaine). Avec les difficultés et le temps qu'il m'a fallu pour acquérir un seul doctorat ; alors cinq dans des domaines différents, j'y aurai passé ma vie entière. Et j'aurai alors été trop vieux pour voyager sur l'Arche.
D'ailleurs, dans le choix des personnages, il y a à mon sens, une lacune. Pour recréer une civilisation humaine ailleurs, il faut certes des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers et protéger l'ensemble par des militaires. Mais il faut aussi quelque chose d'indispensable qui définit l'humanité : des artistes. Or ils sont quasiment absents de l'arche. Il y a bien Fancer, un écrivain. Et à un moment on voit un colon s'adonner à la peinture comme loisir. Mais il n'y a pas de musiciens, de chanteurs, de sculpteurs. Il n'y a pas non plus de journalistes et de chroniqueurs pour la postérité. Si c'est un choix des colons, il aurait dû être expliqué, ce qui n'est pas le cas.
Ces défauts sont cependant mineurs face aux qualités de l'oeuvre. En particulier, l'auteur a soigné ses personnages. En entrant plus profondément que n'importe qui d'autre dans leurs pensées comme il le fait, on comprend leurs motivations et leurs actes ne nous paraissent jamais illogiques. Stupides parfois, mais logiques. En particulier Suleiman, qui a compris qu'il n'y a pas de plan B et que si la colonisation échoue l'humanité disparaîtra, d'où sa peur constante de ce qui peut mettre en danger la communauté. Les découvertes sur les autochtones s'enchaînent nous faisant aller de surprise en surprise, révélant une société primitive, mais plus organisée qu'il n'y parait. Et les indices sur le secret de la planète sont distillés avec intelligence jusqu'au moment des explications qui paraissent alors naturelles.
Si ce roman commence comme un planet opéra, il enrichit vite le genre en ouvrant des perspectives multiples. Et ce n'est pas fini. Ce n'est qu'un tome 1 et la fin laisse présager d'autres confrontations. J'ai aimé le lire, d'ailleurs, je l'ai dévoré en seulement deux jours. Et j'attends la suite avec une certaine impatience.

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Aryia
  29 juillet 2019
Après une cure de fantasy, l'heure est venue de basculer vers un peu de science-fiction avec un bon planet-opera des familles ! C'est un sous-genre que je lis assez peu, mais que j'affectionne tout particulièrement : c'est pourquoi lorsque l'auteur m'a gentiment proposé de recevoir ce roman au résumé fort intriguant et à la couverture absolument magnifique, je n'ai pas hésité bien longtemps … sans écouter la petite voix de la raison qui me rappelait que les mois de mai et de juin étaient suffisamment chargés comme cela (et que la pile des services de presse était déjà assez conséquente comme cela). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne regrette absolument pas d'avoir cédé à cette impulsion : j'ai vraiment passé un excellent moment en compagnie de ce roman riche en mystères et en rebondissements ! Alors, prêts à décoller pour Eden avec moi ?
80 ans. C'est le temps qu'il aurait fallu à l'Arche pour atteindre l'orbite d'Eden, première exoplanète en passe d'être colonisée par les Terriens. 80 ans que les colons cryogénisés dans le vaisseau ont quitté leur planète mère à l'agonie dans l'espoir de trouver un nouveau monde pour l'humanité. Et les voici, militaires, scientifiques et civils, prêts à fouler le sol de cette planète dont ils découvrent progressivement de nouvelles facettes qui viennent remettre en question pas mal de certitudes … Mais quelques semaines à peine après leur arrivée, un nouveau vaisseau spatial s'approche d'Eden. A son bord, des Terriens génétiquement modifiés, doués de capacités psychiques hors du commun, synchronisés télépathiquement, partis à bord de l'Utopia il y a 20 ans à peine …
C'est un livre qui commence comme une sorte de Robinson Crusoé spatial : fraichement débarqués sur une planète inconnue, les colons en découvrent progressivement tous les secrets … Confrontation avec une espèce humanoïde primitive mais intelligente, découverte de ruines dotées d'une technologie avancée … Sans oublier les phénomènes météorologiques et climatiques plus surprenants les uns que les autres, la faune pas si inoffensive que cela, et bien d'autres mystères encore. C'est vraiment un régal que de découvrir cette nouvelle planète aux côtés de personnages aussi divers que Bowman, Colonel pragmatique mais juste, Fulton, scientifique passionnée et réservée, ou encore Vincent, civil rebelle ne supportant pas la domination militaire de la colonie ! Contrairement à d'autres blogueurs qui ont soulignés avoir un peu de mal avec cette multitude diversité de protagonistes, j'ai personnellement énormément apprécié d'avoir plusieurs points de vue : on s'en doute, un militaire ne va pas appréhender cette colonisation de la même manière qu'un scientifique, et encore moins qu'un civil !
Car ce livre ne se contente pas de nous raconter l'exploration de cette planète pleine de surprises, il nous raconte bien plus l'établissement d'une colonie humaine constituée d'individus aux opinions et aux aspirations différentes, qui doivent néanmoins cohabiter et même collaborer dans cette installation d'un genre nouveau. Tandis que les militaires se concentrent sur la sécurité, la survie de la colonie, les scientifiques sont obnubilés par les mystères géologiques, archéologiques, biologiques et physiques de ce monde si différent de la Terre …. Et les civils, eux, aspirent juste à la liberté : ils se sont embarqués dans cette aventure pour vivre un nouveau départ, loin de la décrépitude politique et sociale de leur planète natale, pas pour vivre enfermés dans une ville dirigée par des soldats ! Inévitablement, des tensions se créent, des révoltes menacent d'exploser … Les incompréhensions mutuelles viennent mettre en péril cette société naissante : faute de réussir à discuter pacifiquement, chacun étant persuadé d'être dans son bon droit, les intérêts des militaires, scientifiques et civils finissent par se liguer les uns contre les autres …
Jusqu'à l'arrivée de l'Utopia, un vaisseau spatial terrien à la technologie incroyablement avancée, et de ses habitants : les Atlantes, humains génétiquement modifiés dotés d'une intelligence collective du fait de synchronisations télépathiques quasi-permanentes. Incapables de mentir, suivant aveuglément la logique et la raison, les Atlantes ont pour mission de protéger les Anciens – c'est-à-dire les colons, derniers représentants des habitants initiaux de la Terre – tant que cela ne les menace pas … L'arrivée de ces « clones » dans la colonie vient perturber encore un peu plus l'équilibre précaire de la Cité. La plupart des terriens perçoivent ces humains modifiés comment une menace, et la cohabitation au sein d'Outsphere devient de plus en plus périlleuse … Progressivement, l'objectif initiale de cette colonisation – créer une société sans les conflits qui existaient sur Terre – s'efface tandis que la méfiance et la haine envers ces nouveaux arrivants poussent certains civils à commettre l'irréparable … Il faut dire que les Anciens et les Atlantes ont beaucoup de différences : les premiers sont profondément individualistes et dominés par leurs désirs propres, tandis que les seconds forment une espèce profondément collectiviste et rationnelle où l'individu s'efface derrière le bien commun.
Vous vous en doutez : entre les conflits internes aux colons initiaux, la cohabitation forcée avec ces humains si différents et les dangers et mystères de cette nouvelle planète, il y a de quoi créer une histoire complexe et incroyablement palpitante ! Ces différentes intrigues se mêlent et s'entremêlent pour offrir au lecteur un récit riche en rebondissements, en suspense et en action. On ne s'ennuie pas une seule seconde, on dévore ce roman du début à la fin, on tourne avidement les pages sans même s'en rendre compte … Pourtant, on ne va pas se mentir : le style est assez sobre, presque quelconque, parfois maladroit. Mais l'histoire s'autosuffit : on en oublie totalement la narration, car on a juste le sentiment qu'un film – voire plutôt une série télévisée – est en train de se jouer dans notre imagination. La quatrième de couverture nous le dit, et ça se ressent énormément à la lecture : l'auteur est avant tout réalisateur et scénariste. On est juste immergé dans ce récit riche en péripéties, mais également riche en réflexions sociologiques et anthropologiques nous invitant à réfléchir en profondeur sur la question de la collectivité et de l'individualité, sur la question de la raison et de la passion …
En bref, vous l'aurez bien compris : j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre aux multiples facettes ! D'un côté, nous avons donc le récit de cette installation sur une exoplanète qui est loin d'avoir livré tous ses secrets aux colons … et de l'autre, nous avons le récit de cette cohabitation entre deux peuples humains que tout semble opposer. L'auteur a su trouver un équilibre entre ces deux intrigues pour nous propose quelque chose de vraiment unique et de vraiment addictif : on en redemande ! On en redemande d'autant plus qu'une jolie surprise nous attend à la fin de l'épilogue : « fin du tome 1 » … Alors on se met à sautiller de joie : un second tome est prévu, on va pouvoir savoir la suite de l'histoire, chic, chic, chic ! Et puis, on se met à soupirer de dépit : mais quand sortira donc ce second opus ? combien de temps encore devons-nous patienter pour connaitre la suite des événements ? Il faut dire que le cliffhanger final est vraiment atrocement frustrant … l'attente va être longue !
Lien : http://lesmotsetaientlivres...
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   26 mai 2020
Un deuxième tome pour la saga primée Outsphere qui confirme cette saga Sf comme un page turner grand public haletant. Très cinématographique et avec un cliffhanger digne d'une série Tv US, Outsphere nous emporte sur Eden une exoplanète aux mille dangers. la colonie humaine a désormais plusieurs comptoirs mais des ennemis plus nombreux et imprévisibles. Leur survie est de nouveau menacée !
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
SciFiUniverse   16 octobre 2019
Outsphère est un premier roman ambitieux de SF bourré de bonnes idées pas toujours assez développées. [...] Les personnages à suivre sont assez nombreux et montrent tout les aspects de cette aventure. S'inspirant du cinéma, Guy-Roger Duvert rythme son histoire de multiples péripéties et d'une ambiance réussie.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
FlofloEnaelFlofloEnael   26 juin 2019
Aujourd'hui, je viens vous parler du livre Outsphere de Guy-Roger Duvert que je tiens à remercier pour l'envoi de son livre.


Tout d'abord, j'ai adoré la couverture qui nous donne déjà un aperçu de ce que l'on va découvrir au fil des pages.

Le sujet de ce roman est au goût du jour. A force de tirer sur la corde avec notre planète, ne court-on pas à notre perte ? Un groupe va chercher une solution en construisant une arche et en cherchant un nouvel endroit où vivre. Au bout de 80 ans, l'endroit recherché est enfin atteind. L'heure de sortir de leurs caissons cryogéniques a sonné. Cela ne se passera pas si facilement que voulu. D'autres humains mais 60 ans plus tard et donc plus intelligents, vont arriver également. Ceux ci ne ressentent rien et sont capables de se synchroniser pour "penser" comme les autres.
De multiples décisions vont entraîner la perte de nombreuses personnes.

J'ai eu du mal de me mettre dans le livre avec les nombreux personnages, tous ne portant pas des prénoms mais certains des suites de chiffres et lettres. Cela n'empêche que j'en ai apprécié certains, me demandant ce qu'ils allaient devenir, espérant qu'ils allaient s'en sortir... Quelques moments d'émotions intéressants où l'on se met réellement à la place des protagonistes. Comment réagirions-nous loin de notre famille, 80 ans après notre ancienne vie...?

L'auteur donne beaucoup de détails ce qui nous permet de nous sentir à l'intérieur de l'Arche. Plusieurs clans existent, les civils, militaires, scientifiques, atlantes...

J'ai beaucoup aimé la présence de vestiges, un côté historique intéressant et plein de suspense 😊

Outsphere est une saga de science fiction qui nous amène à nous poser de nombreuses questions philosophiques quant à la sauvegarde de notre espèce notamment.

Si vous avez aimé the 100, ce roman devrait vous intéresser.

Hâte de voir où le deuxième tome va nous emmener 😊

L'auteur est également réalisateur, scénariste et compositeur de musiques de films dont plusieurs ont remportés des prix. Peut être une adaptation de cette histoire à l'avenir ? 😉
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jonatjacksonjonatjackson   10 septembre 2019
"Elle, plus que beaucoup, avait compris que l’humanité sur Terre courait à sa perte... Le fait était qu'à la fin de son mandat, elle ne croyait plus du tout à la possibilité de sortir l'humanité du marasme économique, social et écologique dans lequel elle s'embourbait. L'humanité était fichue mais ne s'en rendait simplement pas encore compte."
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FifrildiFifrildi   05 octobre 2019
C'est déjà dur de se dire qu'on ne retournera jamais sur Terre. C'est presque pire de se dire que la Terre qu'on a connue n'existe de toute façon plus... Dieu sait ce qui a pu changer en presque un siècle...
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FifrildiFifrildi   07 octobre 2019
M0014 ferma les yeux. Il n'avait pas prévu de mourir ce jour-là. Mais il devait reconnaître qu'il y avait de nombreuses choses qu'il n'avait pas prévues ce jour-là.
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DystopiesDystopies   22 novembre 2019
L'assemblée devint complètement silencieuse, chacun étant subjugué par la vue de l'astre qui leur faisait face. Une planète verte, recouverte en grande partie de nuages sombres.
La planète était constituée à moitié de terres émergées et à moitié d'eau. Ces terres constituaient un gigantesque continent, qui faisait le tour complet de l'astre, entrecoupé ici et là par de grandes mers fermées.
Autour de la planète, un satellite d'une taille impressionnante, une lune monstrueuse d'une teinte légèrement bleutée.
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