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EAN : 978B085F2P4HV
238 pages
Éditeur : Aux forges de Vulcain (07/05/2020)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Issu d'une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d'être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l'Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques.
Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s'embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et deve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
MarcelineBodier
  07 mai 2020
La magie a opéré.
Pourtant, ce n'était pas gagné : je ne lis pas de fantasy, je ne suis pas attirée par un livre décrit comme « un conte merveilleux ».
Oui, mais j'ai quand même tenté ma chance : David Meulemans, l'éditeur des Forges de Vulcain, fait actuellement des vidéos sur YouTube pour parler de son métier. Or, elles m'ont donné envie de lire toute sa collection les yeux fermés. Il parle de ses auteurs comme de ses Brancusi, dont il serait le forgeron qui travaille à rendre leurs textes parfaits… il parle de son idéal en littérature : non pas produire des livres qu'on fabrique en série pour les vendre à tout prix, mais forger de beaux objets dans l'espoir que l'un d'eux, peut-être, changera un jour la vie de quelqu'un.
Or, en ce printemps très particulier, sa maison d'édition sort un livre, un seul, un premier roman écrit par une autre éditrice, Claire Duvivier. C'est certainement la garantie d'une intertextualité riche (sur Babelio, elle a déjà suscité une référence à Ursula K. le Guin) : n'étant pas du tout familière du genre, je ne peux pas y être sensible, mais la simple idée que ce « conte merveilleux » est situé au carrefour d'un riche réseau de références fait partie de celles qui m'ont donné envie de le découvrir.
Et la magie a opéré. Pourtant, j'ai résisté pendant tout le début du texte. Parce que je me sentais étrangère à ce monde, et aussi parce qu'un conte merveilleux, c'est un livre qui se construit lentement, dont on ne comprend pas tout de suite où il nous emmène ni pourquoi. Il faut s'approprier les personnages, se laisser intriguer par le nom de Gémétous, l'inconnu.e à qui Liesse conte son histoire, et dont on ne saura qu'à la fin quelles émotions contradictoires suscite l'idée que c'est à cette personne, et pas à une autre, que le livre est adressé.
J'ai accepté tout cela, j'ai persisté au-delà des premières pages qui ne me ressemblaient pas, et quel souffle m'a alors rattrapée ! J'ai adoré l'évidence avec laquelle j'ai accepté la manière dont le surnaturel donne la clé de l'expérience extraordinaire et insoupçonnable qu'a vécue Malvine Zélina de Félarasie. J'ai adoré ne pas me demander si c'était l'enfant en moi qui s'était laissée pénétrer de cette évidence, ou la lectrice qui reconnaît les mots qui parlent à son inconscient. J'ai adoré voir le nom poétique de Malvine écrit in extenso tout au long du roman. J'ai adoré que le livre soit parcouru de leitmotivs récurrents (autour de la fonction du toucher notamment), semés légèrement, qui permettent de faire déboucher l'ouvrage sur une des plus belles dernières pages de roman que j'aie jamais lues, peut-être même la plus belle (vraiment).
Pourquoi cette magie a-t-elle finalement opéré sur moi ? Peut-être parce que Claire Duvivier a créé un monde dont le surnaturel n'est pas convenu : elle n'affuble pas ses personnages de chapeaux pointus, de formules magiques et de titres bizarres. Son surnaturel ressemble à celui qui est dans la tête de chacun, d'une manière informe, désordonnée, semi-invisible à nos propres yeux, et qu'elle a rendu cohérent et visible, incarné dans un monde qu'elle a bâti.
Dès lors, son monde ressemble au nôtre, sauf qu'il abolit les frontières entre ce qui est réputé réel et ce qui est réputé imaginaire, et sauf qu'il en profite aussi pour redéfinir les rapports entre les êtres. J'ai particulièrement apprécié que la question du féminisme ou de la place des femmes ne se pose pas : simplement parce que c'est un monde où les femmes occupent une place qui ne dépend ni dans un sens ni dans l'autre du fait qu'elles sont femmes. Pourtant, le viol existe, l'exploitation sexuelle aussi ; mais ils n'essentialisent rien, ils ne créent pas des destins limitants. Ça, c'est intéressant, et c'est peut-être la position de la fantasy qui le permet, puisqu'il est bien entendu que l'auteur crée un monde avec des règles qui n'ont pas de raisons d'être les mêmes que d'habitude.
Est-ce que je lirai encore de la fantasy, pour que la magie opère de nouveau ? Je ne sais pas. Je continue à ne pas avoir envie de naviguer dans un monde de mages et de sorcières. En revanche, s'il existe un pan de littérature qui se situe sur cette ligne étroite de l'imaginaire à la fois clairement imaginaire et pourtant totalement crédible, alors oui, je demande à voir ! En attendant, je répète volontiers les paroles de l'éditeur de Claire Duvivier sur les réseaux sociaux, maintenant que j'ai vérifié par moi-même que je pouvais aimer ce roman : « plus que de la fantasy : un des meilleurs romans de cette année, tous genres confondus ».
Merci aux Editions des Forges de Vulcain et à #NetGalleyFrance pour cette très belle découverte.
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JustAWord
  08 avril 2020
Qu'arrive-t-il quand une éditrice prend la plume ?
C'est à cette question qu'Un Long Voyage tente de répondre.
Premier roman de Claire Duvivier, l'une des co-fondatrices des excellents éditions Asphalte avec Estelle Durand, Un Long Voyage se range dans la catégorie fantasy mais pas n'importe laquelle : une fantasy dénuée de créatures fantastiques et autres mages qui jalonnent habituellement ce genre d'histoires.
Trouvant son chemin auprès des Forges de Vulcain, Un Long Voyage tente à présent de se faire une place dans les rangs de la fantasy française en évitant les pièges du premier roman. Un exercice pour le moins complexe.
Un voyage inattendu
Loin des stéréotypes habituels, Un Long Voyage s'ouvre sur un tabou.
Celui qui entoure Liesse, petit garçon du village de Roh-henua, l'une des îles de l'Archipel, dont le père décédé laisse la charge écrasante de trois enfants à une mère désormais seule. Les sages du peuplement décide alors que le cadet de la famille sera retiré de la garde de sa mère pour alléger son fardeau.
C'est ainsi que Liesse est confié au comptoir impérial de Tanitamo, capitale de l'Archipel situé sur l'île de Tan-henua.
Vendu comme un esclave, il atterrit donc au sein de la communauté impériale, occupant et souverain de l'Archipel, dont les membres vont l'élever comme l'un des leurs par la force des choses.
Au sein de cette concession, Liesse va rencontrer une figure importante de l'Empire, une jeune régisseuse promise à un avenir particulièrement brillant : Malvine Zélina de Félarasie. Au fil du temps, le jeune homme se lie d'amitié avec Malvine jusqu'à accepter de l'accompagner à l'autre bout de l'Empire dans la Cité-État de Solmeri, la plus petite province impériale.
Il n'a alors aucune idée que sa vie en sera changée à jamais et qu'il devra, un jour, raconter les terribles événements qui s'abattirent sur les habitants de Solmeri pour que les générations futures connaissent la vérité sur leur propre passé.
Histoire intimiste dès les premières lignes, le récit de Claire Duvivier emprunte la plume de son personnage principal, Liesse, qui couche en réalité ici les différentes étapes de son existence dans un but affiché dès le début : témoigner au sujet de Malvine, grand personnage historique du monde où évolue notre modeste héros.
Avant toute chose, Un Long Voyage explique la jeunesse d'un gamin qui, toute sa vie durant, se sentira étranger, pris entre les mâchoires de ses propres origines et des diverses influences étrangères qui s'exerceront sur lui au fil du temps, des îles de son enfance à la Cité-État de Solmeri en passant par la capitale de l'Empire, Grande-Quaïma. Avec une langue remarquablement subtile et d'une fluidité déroutante, l'autrice française décrit non seulement un monde sobre et crédible par petites touches mais surtout un voyage, celui de Liesse (et de Malvine au passage) à la fois sur le plan matériel mais aussi, et surtout, sur le plan psychologique. le lecteur devient ainsi l'invité d'une existence, suivant les remous qui viennent secouer Liesse et les gens qu'il croisera.
Perpétuer l'Histoire
Surtout, Un Long Voyage parle du temps et de l'histoire, celle avec un grand H et celle, plus méconnue mais toute aussi importante, qui utilise une minuscule pour une vie que l'on pourrait croire entre parenthèse.
Liesse livre non seulement son autobiographie mais également la biographie de Malvine, cette grande servante de la Timonerie (le nom donné à l'Administration de l'Empire) qui finira injustement dans l'ignominie.
Ce Long Voyage est aussi celui de la réhabilitation, celle d'une femme qui aura voulu vivre sa vie de la façon la plus droite possible malgré les épreuves et qui aura donné jusqu'à son dernier souffle pour son peuple assiégé.
Claire Duvivier explique l'importance de l'historien et de la vérité transmise à travers les âges. Entre les lignes, Liesse se fait témoin de son époque, témoin d'une société qui se termine et d'une autre qui commence. Il contemple avec horreur le passé se heurtant au présent avec tous les dangers que cela suppose…
Si le noeud de l'intrigue pourrait se situer dans la mystérieuse disparition de Malvine, c'est à côté qu'il faudra pourtant chercher, dans le regard d'un homme qui affronte les mêmes tourments que les gens du peuple et qui les comprend donc d'autant mieux. En se mettant à hauteur humaine, l'autrice porte un regard tendre sur les personnages que croisent Liesse. Elle dissèque les rapports sociaux et les ambitions des uns et des autres, les rancoeurs et les joies, les peines et les amours déçus. D'une façon qui rappelle furieusement Ursula K. le Guin, Claire Duvivier soigne l'intime et en fait une parabole sur l'être et l'existence pour croquer le temps qui passe tout en rappelant que le souvenir doit respecter la vérité historique.
Construire des ponts
Mais au final, c'est un message d'une profonde et vibrante humanité qui irrigue l'ensemble du roman. Pont entre les peuples et les générations, entre les empires et les époques, le récit de Liesse offre enfin une place au personnage d'à côté, celui qui n'est ni le grand guerrier ni le politicien reconnu. Claire Duvivier permet de suivre un héros de l'ombre, un petit scribe, un bras droit, un ami, un confident, un père. Liesse ne sera jamais celui qui fera l'Histoire mais son rôle à l'intérieur n'en reste pas moins primordial, aussi primordial qu'une simple main posée sur un bras frissonnant peut l'être.
Tout au long de ce voyage, l'autrice nous montre des peuples différents mais qui arrivent toujours, d'une façon ou d'une autre, à établir entre eux des ponts. Cela ne se fait jamais facilement, n'arrive jamais sans errements ou sans drames, mais la vie trouve toujours une façon d'unir ceux qui, hier encore, pensaient ne jamais pouvoir vivre ensemble.
Roman plein de tolérance et magnanime jusqu'à la dernière ligne, Un Long Voyage traverse les âges et les générations, montre que malgré la fin des Empires et malgré les désastres, tout continue, à commencer par l'humain.
En nous réside toujours une part de vérité, celle qui fera un jour se lever un soleil nouveau sur le passé de générations autrement oubliées, voilà le plus bel enseignement d'Un Long Voyage, celui du coeur qui se souvient.
Sous la plume de Liesse, Claire Duvivier donne chair et âme aux petits héros, ceux dont on ne parle jamais et qui, pourtant, font aussi l'Histoire. En évitant l'esbroufe et les clichés inhérents au genre, Un Long Voyage parle de tolérance, d'humanité, de vérité et de modestie, sanctifiant le rôle de l'historien et du souvenir.
Simplement l'un des plus beaux romans de fantasy française de ces dernières années.
Lien : https://justaword.fr/un-long..
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Brize
  07 mai 2020
« Gémétous, ma hiératique, c'est pour toi que j'allume cette lanterne, que je sors ces feuilles, que je trempe cette plume dans l'encre. A vrai dire, je me lance dans cette entreprise sans savoir si je pourrai la mener à bien : il y a fort longtemps que je n'ai pas couché des mots sur le papier et, même à l'époque où cette tâche m'était quotidienne, mes oeuvres se limitaient à des rapports et procès-verbaux. Mais après tout, ce n'est pas une épopée que tu m'as demandée ; toi, tu veux la vérité sur Malvine Zélina de Félarasie, et je suis l'un des derniers en vie à l'avoir connue. Je vais donc faire la lumière sur elle… »
Ainsi commence « Un long voyage », récit-mémoires avec promesses de révélations autour d'une figure qu'on devine historique mais restée pour partie entourée de secrets, avec cette adresse un peu solennelle à une mystérieuse Gémétous. le ton d'emblée m'a séduite, me plaçant sous le charme d'une écriture dont la qualité ne s'est jamais démentie au fil des pages : « le long voyage » est un premier roman mais son auteure maîtrise sa plume comme le plus aguerri des écrivains.
Liesse, le narrateur, est un homme ordinaire, loin des « Elus » dotés de pouvoirs magiques auxquels les romans de fantasy nous ont habitués, et le lecteur s'attache immédiatement à lui, tant l'auteur nous le rend proche. Avant de devenir un rouage participant au fonctionnement de l'Empire et un homme tentant de contrôler le cours de son existence chaotique, il fut un orphelin d'une île de l'Archipel placé sous le sceau d'un tabou, recueilli et éduqué par les fonctionnaires du comptoir impérial de Tanitamo, capitale de l'Archipel. C'est tout jeune qu'il croisa pour la première fois la route de Malvine Zélina de Félarasie, « étoile montante de Haute-Quaïma, dans les veines de laquelle coulait du sang impérial », lorsqu'elle fut appelée à venir remplacer comme régisseuse le chef du comptoir où il vivait. La suite, qui conduisit nos deux protagonistes vers la cité-Etat de Solmeri et lia irrémédiablement la vie de Malvine au destin de l'Empire, appartient à l'Histoire, du moins ce que chacun en connaît, car entre la manière dont elle se vit et celle dont elle se transmet, il peut se creuser un écart que le roman invite incidemment à interroger.
De Malvine, nous ne saurons d'abord que ce que Liesse en verra, lui, témoin privilégié de son temps assistant à des événements majeurs, dont les confidences de l'intéressée lui dévoileront, plus tard, la part obscure celée aux yeux de ses semblables. Héroïne impressionnante, Malvine est une jeune femme fougueuse marquée par un destin d'exception dont le portrait, en contrepoint, captive le lecteur autant que le personnage a fasciné Liesse. L'auteure apporte un soin particulier à dépeindre les liens que Liesse et Malvine nouent entre eux, une relation hiérarchique se muant en amitié et ceux qu'ils tissent par ailleurs, elle en fait des personnages très accessibles, au meilleur sens du terme.
Il y a de la magie dans ce roman, mais elle ne se dévoile qu'à mi-parcours. Jusque-là, l'auteure laisse habilement entrevoir l'ombre dans laquelle demeurent certains aspects du monde entourant Liesse, évoquant ainsi cet Empereur qui fut « ravi » à son peuple, un ravissement dont le lecteur, intrigué, s'étonne au passage, comme il s'étonnera ultérieurement de la disparition, durant quelque temps, de Malvine. C'est ainsi qu'une aura de mystère flotte sur les pages et elle participe à la tension narrative du récit, poussant le lecteur toujours plus avant afin de découvrir le pourquoi des choses.
J'ai tout aimé dans « Un long voyage » : sa tonalité, sa capacité à aller à l'essentiel dans un récit resserré dont la construction ne laisse rien à redire, son histoire originale, avec ce tour surprenant qu'elle adopte en chemin, ses personnages dont l'humanité ne peut que toucher. Un coup de coeur !
Challenge multi-auteures SFFF
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ludi33
  26 avril 2020
Le premier roman de Claire Duvivier nous parle d'un voyage. Mais le voyage du titre n'est pas tant un voyage physique à travers le monde, que le voyage dans le temps que Liesse, le narrateur, va devoir entreprendre pour coucher ses souvenirs sur le papier.
Le livre commence sous des auspices assez classiques. Racontée à la première personne, l'histoire est celle de Liesse, un jeune garçon pauvre, vendu par sa mère comme esclave, alors même que l'esclavage est aboli dans l'empire. le récit se poursuit alors, narrant la jeunesse du garçon, son ascension progressive et sa rencontre avec Malvine Zelina, que l'on devine importante à l'histoire. Rien de plus banal, mais le tout est fort joliment raconté. Et au bout d'une centaine de page, le mystère arrive sans prévenir.
L'autrice développe son style délicat pour nous conter son histoire faite de rencontres, de violence, de revanche et de réconciliation. Et plus on avance dans l'histoire, plus le récit se teinte peu à peu de nostalgie. Nostalgie d'une époque révolue et d'un monde disparu.
J'ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman et je remercie chaleureusement Netgalley et les éditions Aux forges de Vulcain pour m'avoir permis de le découvrir en avant première.
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Nekotalife
  01 juin 2020
Nous suivons Liesse, une personne ordinaire au départ qui doit quitter sa mère et le reste de sa famille à la mort de son père afin d'alléger le fardeau de celle-ci. Il se retrouvera au comptoir commercial où il deviendra un « Esclave » avant de devenir, bien plus tard, un rouage plus important dans ce monde que nous découvrons avec lui. Un monde où les tabous existent, où les rencontres peuvent avoir leurs importances et dans lequel les mystères sont également présents. Nous découvrons un témoignage, un « récit-mémoire », ce qui pourrait en rebuter plus d'un et qui pourtant fonctionne à merveille dès que l'on entre dedans quant aux personnages, ils sont réellement accessibles, je n'ai pas eu envie d'en secouer un durant toute l'histoire ce qui est déjà une bonne chose.
Car des rencontres, il y en a et ce sera toujours du point de vue de Liesse que l'on saura qui est qui, sa vision du dit personnage. C'est lui qui nous fait vivre des événements déjà passé, des événements emprunts de nostalgie pour notre héros… On se sent proche de lui au fil des pages, même si le début peut aisément nous faire croire que notre voyage sera composé d'éléments connus, des éléments que nous ne retrouvons pas à tous les coins de page rien que par notre protagoniste principal. Un être qui n'a pas de pouvoirs, qui devra se débrouiller avec ses propres ressources, qui n'avait rien de ce que l'on nomme un « Elu » et qui est le témoin de la fin d'un Empire… Celui qu'il a connu, que nous avons découvert avec lui.
Ce qui fait de nous des « témoins indirects » de l'histoire de ce lieu, du voyage dans cet Archipel, en Félarasie, en ces lieux inconnus de nous-mêmes et que j'ai apprécié découvrir, arpenter. du quel j'ai apprécié en savoir plus car le texte n'était pas « lourd », il restait vivant, donnait envie d'en savoir plus une fois dedans. Une histoire racontée à « échelle humaine », où les ressentis prennent le pas sur le reste. Bien sûr, il se peut que ça ne prenne pas pour tout le monde, que certains recherchent tout autre chose. Mais comme tout conte, l'histoire débute en douceur avant de nous entraîner, de nous faire apercevoir d'autres chemins possibles, des vies que l'on voudrait également découvrir.
J'ai réellement apprécié la plume de l'auteur, sa manière de faire permettant au lecteur de découvrir petit à petit ce qu'il se passe, de voir que tout se met en place de manière logique, est pensé jusqu'au final, jusqu'à la dernière page de ce « témoignage ». On réalise qu'il existe un écart entre ce qui est vécu et raconter, faisant comprendre au lecteur que c'est pareil dans notre monde. Que ce que nous connaissons ne provient, au fond, que de peu de gens par rapport au roman et que cela peut arriver, chez nous, lorsque nous n'avons qu'un seul son de cloche. Car, nous y mettons de nous lorsque nous écrivons quelque chose, même en voulant être le plus objectif possible cela reste subjectif et nous le voyons également avec Liesse. Une douce surprise qui m'aura entraînée et pour laquelle j'ai tenté d'être la plus évasive possible afin de ne pas vous spoiler.
Lien : https://otaklive.wordpress.c..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   15 mai 2020
Avec son héros et narrateur, Claire Duvivier sait rendre son texte vivant pour des événements déjà passés et trouve de quoi dynamiser le récit de temps à autre lorsque Liesse s’adresse à son mystérieux interlocuteur pour déjouer ses attentes, tout comme au lecteur que nous sommes, qui, lui, ne sait pas à quoi s’attendre…
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ThomasSpoketcompagnieThomasSpoketcompagnie   30 mai 2020
Personne ne me parlait jamais de mon statut, même s’il n’était un secret pour personne. Je n’y voyais qu’une broutille administrative qui m’intéressait peu : l’esclavage n’était pas une chose réelle à mes yeux ; ce n’était qu’un bref chapitre dans les livres d’histoire. Bref, car ce que je savais de l’histoire de l’Empire restait tiré des livres d’histoire… de l’Empire.
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Charybde2Charybde2   19 mai 2020
Pour ce faire, peut-être dois-je d’abord la diriger vers moi. Il y a des broutilles que tu ignores encore sur mon passé, mais qui ont leur importance si je dois te conter cette histoire. Tu me connais sous le nom de Liesse de Roh-henua ; en réalité je suis Liesse, seulement Liesse : nous n’avons pas de patronyme sur l’Archipel. En arrivant à Solmeri, seul, intimidé, contraint de me faire respecter, j’ai vite pris l’habitude, pour me donner un peu d’importance, d’ajouter le nom de mon île natale, dont personne ici n’avait jamais entendu parler. Je précisais « sujet impérial » comme s’il s’agissait d’un titre de noblesse, mais ce n’était qu’un mensonge, car à cette époque j’étais encore une possession de l’Empire. Je suis le troisième fils d’une famille de pêcheurs ; j’avais une poignée d’années quand mon père n’est pas revenu d’une sortie en mer. Ma mère était incapable de s’occuper seule de ses quatre enfants et s’en ouvrit aux autres familles du peuplement. La décision fut alors prise, pour alléger son fardeau, de retirer à sa garde l’un de ses enfants. Le choix se porta sur moi, sans que je me rappelle pourquoi : peut-être étais-je celui qui ressemblait le plus au défunt, ou qui était le plus affecté par sa disparition. En d’autres temps, ces sages m’auraient jeté à l’eau loin de la côte, mais pour rembourser le bateau que l’imprudence de mon père leur avait coûté à tous, on prescrivit de me « placer » au comptoir impérial de Tanitamo, capitale de l’Archipel située sur l’île de Tan-hemua. À l’époque, je n’étais encore jamais allé plus loin que le marché du peuplement voisin ; j’ai un souvenir net de ce premier voyage, ou plutôt de l’arrivée dans le port de Tanitamo, avec ses voiliers immenses qui mouillaient à distance, et les navires à quai plus vastes que des vaisseaux funéraires. Sans parler de la ville elle-même, avec ses bâtiments de pierre volcanique ou de bois à l’architecture continentale, et sa forte concentration d’habitants ; pourtant, ce n’était qu’une capitale mineure, provinciale, avec ses rues en terre battue au tracé hasardeux.
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Charybde2Charybde2   19 mai 2020
Pendant les années qui suivent, elle étudie avec ténacité rhétorique et logique, histoire des peuples et civilisations antiques, géographie politique, économie, droit ; tout ce qui peut la préparer à devenir une servante efficace et obéissante de l’Empire. Malvine a une capacité d’abstraction qui la détourne aisément des divertissements de Grande-Quaïma ; la solitude ne lui fait pas peur et elle sort peu de sa chambrette de l’internat. Sa vie ne diffère alors pas vraiment de celle de son frère. Quelques professeurs lui font remarquer que l’enjeu de l’Académie est d’emmagasiner, outre des connaissances, des relations qui lui seront utiles dans sa future carrière ; on l’encourage à se mêler aux autres étudiants, constitués en majeure partie de la petite noblesse impériale, mais aussi d’une proportion toujours plus grande d’enfants de la bourgeoisie quaïmite, voire guimpalaise ou bauriquoise, afin que les provinces les plus importantes de l’Empire soient également représentées. Sans oublier les symboliques rejetons des classes laborieuses qui permettent d’entretenir l’illusion méritocratique… Malvine finit par forger quelques alliances et amitiés, mais son frère lui manque tellement qu’au lieu de profiter de ses congés pour les renforcer, elle préfère sauter sur un cheval et galoper vers Haute-Quaïma, ou plus précisément le monastère des Tempérés. Une fois réunis, Cosime et elle partent pour de longues excursions dans la montagne, jusqu’au lac Maiora qui est gelé la moitié de l’année, ou bien à la grotte de Trace où, quelle que soit la saison, une goutte d’eau tombe de la stalactite centrale toutes les sept secondes exactement. Ils passent des journées entières dans la nature, dormant dans les petits refuges qui accueillent ceux qui savent où les trouver. Et Malvine revient de ces escapades le teint rouge et les yeux brillants, reprenant sa place en salle d’étude au milieu de ses camarades livides.
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Charybde2Charybde2   19 mai 2020
C’était, bien entendu, de mauvaises langues à l’œuvre. Nous l’apprîmes par fragments, au gré d’autres bruits venus du continent. La jeune carrière de Malvine était brillante. À la Manufacture des glaces, elle avait été remarquée à la suite d’un conflit l’opposant à un contremaître, qui avait fait venir des artisans de la province de Guimpale afin qu’ils enseignent leurs techniques aux ouvriers de Grande-Quaïma. Une fois le compagnonnage terminé, cette ordure s’arrangeait pour que les Guimpalais repartent chez eux intoxiqués au plomb; dans l’idée qu’ils meurent peu après leur retour au bercail, laissant leur savoir-faire en sécurité dans des têtes quaïmites. Malvine ne l’entendait pas de cette oreille : pour elle, il s’agissait d’un gaspillage de talents et de bonnes relations. S’abaisser à ce genre de pratiques était indigne d’une manufacture impériale. En livrant le contremaître à la justice – le meurtre étant puni de mort dans l’Empire -, Malvine avait attiré l’attention d’une faction des grands corps de l’État, à laquelle appartenait le recteur Balateste. Mais l’ambiance était devenue si délétère sur le continent que la décision avait été prise en haut lieu de préserver Malvine et deux autres jeunes fonctionnaires qui s’étaient pareillement distinguées, et de leur faire poursuivre leur carrière outre-mer. Afin d’éviter que leur poigne et leur idéalisme ne s’émoussent, on leur avait choisi des concessions où elles ne feraient que s’affirmer.
Je ne sais pas ce qu’il advint des deux compagnes de Malvine dans leurs postes respectifs, ce qui en soi n’est pas bon signe, mais nul doute qu’elle, de son côté, réussit à imprimer sa marque sur l’Archipel. Les années qu’elle y passa furent, contrairement à ce que prophétisaient les aigris, des années lumineuses. Et des années de changements.
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Charybde2Charybde2   19 mai 2020
Gémétous, ma hiératique, c’est pour toi que j’allume cette lanterne, que je sors ces feuilles, que je trempe cette plume dans l’encre. À vrai dire, je me lance dans cette entreprise sans savoir si je pourrai la mener à bien : il y a fort longtemps que je n’ai pas couché des mots sur le papier et, même à l’époque où cette tâche m’était quotidienne, mes œuvres se limitaient à des rapports et procès-verbaux. Mais après tout, ce n’est pas une épopée que tu m’as demandée ; toi, tu veux la vérité sur Malvine Zélina de Félarasie, et je suis l’un des derniers en vie à l’avoir connue. Je vais donc faire la lumière sur elle…
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Videos de Claire Duvivier (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claire Duvivier
Au printemps 2020, les éditions Aux forges de Vulcain ne publient qu'un seul et unique roman. Un roman fantastique, un roman merveilleux, un roman inoubliable : UN LONG VOYAGE, premier roman de Claire Duvivier.
L'autrice vous parle en trois minutes de ce roman, de ce qu'il raconte, de ce qui l'a guidée dans l'écriture.
SORTIE EN NUMÉRIQUE le jeudi 7 mai 2020. Disponible dans toutes les bonnes librairies en juin 2020.
Pour entendre la romancière parler de ses lectures : https://soundcloud.com/user-848692872/s01ep18-les-entretiens-confines-claire-duvivier-et-lesprit-de-curiosite
FLORILÈGE DES AVIS ENTHOUSIASTES DES LIBRAIRES :
« On a ici une merveille, un bijou d'écriture qui m'a fait passer par tous mes états comme seuls les grands livres savent le faire. Un coup de coeur à lire absolument ! » Etienne, Librairie Critic.
« C'est assez impressionnant de maîtrise pour un premier roman et comme il n'y a ni elfes ni autres bestioles et pas trop de magie, tout le monde peut le lire, même ceux qui n'apprécient pas l'imaginaire. Et cerise sur le gâteau, l'auteure sait écrire et plus que bien, dingue non ? » Audrey, Bibliothèque municipale de Lyon.
« Un premier roman incroyable ! » Letizia, libraire.
« Merci, bravo, et vivement qu'on décore ce roman de notre bandeau coup de coeur ! » Erika, Librairie l'attrape-coeurs
« Quel bon roman ! Avec ce qu'il faut de fantasy pour dépayser et dérouter le lecteur et surtout beaucoup de réflexion sur l'humanité, la construction de l'histoire, le poids des traditions, la résilience collective... » Marie, Gibert Poitiers
« Vous découvrirez un empire, Liesse et Malvine (mais qu'ils sont beaux ces personnages !), toute une histoire de vie(s) et de civilisation(s). Tout cela servi par une écriture précise, entraînante, poétique, parfois fort drôle ! » Anne, libraire
« de l'amour, de la trahison, du courage, des stratégies politiques, militaires, des naissances, des morts... tout ce qui fait la vie, la littérature. Un premier roman ambitieux à découvrir dès que ce sera possible! » Aurélie, librairie Page et Plume
« Livre de fantasy quantique et très littéraire, UN LONG VOYAGE suit les promesses de son titre et nous emmène loin de notre réalité avec passion et intelligence. » Librairie Lucioles
« Seule certitude, il vous séduira à coup sûr. La petite merveille de 2020. » Xavier Dollo, Librairie Critic.
« Une histoire délicate, terriblement humaine, formidable d'évasion, de cultures étranges, de paysages magnifiques, de joies et de pleurs. de questions aussi. Un très beau livre. » Frédéric, Librairie Durance.
« Claire Duvivier crée en peu de pages un monde tangible et sensible que l'on découvre par la petite lorgnette, celle de ces personnages touchants généralement au second plan, ici choyés par l'auteur, qui ont eux aussi tant de choses à raconter. » Librairie Ombres blanches
« de la fantasy tout en retenue, mais d'une grande maîtrise. » Marion de Sauramps
« C'est riche, profond, philosophique, vivant, beau. » Aanthia Soulcié, librairie du Musée du Louvre.
« J'ai hâte de pouvoir défendre ce livre en librairie car il est tout bonnement formidable, je l'ai dévoré. Effectivement, à conseiller à un large public et pas seulement aux lecteurs de fantasy. » Anne du Tramway
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