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EAN : 9782709667890
216 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (30/09/2020)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Dans le cabinet d’un médecin, une femme s’effondre. Sa maladie porte un nom connu : le burn-out sans que l’on sache exactement ce que cela signifie. Une dépression ? Un surmenage ? Un vide immense ? Depuis des semaines cette travailleuse sociale passionnée pour qui son métier auprès des plus démunies est une vocation, était épuisée, irritée pour un rien, incapable de se reposer, chaque pas hors de chez elle était plus difficile. Jusqu’à l’effondrement.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Bdotaku
  25 octobre 2020
Il ne s'agit pas d'un roman mais d'un témoignage . Un témoignage sur le burn-out : pas par celle qui l'a vécu, non, par celui qui a assisté impuissant à « l'effondrement » de celle qu'il aimait. C'est bouleversant. Poignant. Pas de pathos et d'atermoiements, mais une vaste remise en cause : remise en cause de soi-même d'abord pour n'avoir pas su voir, remise en cause de la société ensuite qui pressure à chaque instant davantage les individus et les broie tout comme leurs idéaux.
L'auteur a du talent et une belle plume. C'est normal , il est journaliste et enseignant. Et il fait ici oeuvre de pédagogue : il ne juge pas, il explique ( au sens étymologique de déployer) en revenant sur la genèse de ce burn-out, en cherchant à graver sur le papiers les signes imperceptibles qu'il n'avait pas perçus, en racontant cette année de traversée du désert. Il mène une enquête, fait une sorte de rapport pour nous inter-esser : nous rendre partie prenante et également pour redonner à sa femme ce pan de vie entier que lui a pris son « écroulement » comme l'appelle les psychiatres.
C'est pour moi une déclaration d'amour à la femme aimée qu'il portraiture dans son idéalisme et sa croisade quotidienne ( elle est assistante sociale dans une organisation qui oeuvre auprès de prostituées). C'est également un livre dont on ne sort pas indemne. Il est percutant par son style imagé empli de métaphores surprenantes et sa langue limpide. Il est troublant aussi parce qu'il aborde de façon novatrice et sans complaisance ( en priorité vis-à-vis de lui-même ! ) un sujet que l'on croit connaître après avoir vu, lu ou entendu toutes sortes d'articles et de reportages. Il permettra sans doute d'être plus à l'écoute, plus indulgent aussi car comme Alexandre Duyck le dit si bien c'est contre toute attente « le plus forts » que le burn-out frappe. La maladie ne touche pas les cyniques, les faibles, les paresseux. Elle s'attaque à ceux qui veulent bien faire, à ceux qui prennent tout au sérieux, à ceux qui aiment trop leur travail. Les autres pensent à prendre de la distance. L'épuisement au travail touche surtout les professions où l'engagement est totalement humain : les enseignants, le personnel de santé, les travailleurs sociaux ou les policiers. Mais le burn-out en transformant ces personnes engagées en "zombies" fait aussi des victimes collatérales : l'entourage ainsi que le rappellent les belles paroles du "Nocturama" de Nick Cave mises en exergue.
Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions JC Lattés de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage dans le cadre d'une « masse critique » et surtout son auteur, Alexandre Duyck pour m'avoir permis de comprendre davantage ce mal moderne.
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JulieG7
  27 septembre 2020
Ce livre m'a bouleversé. Oui je commence ma chronique comme ça !
Il parle du burn-out, de cette maladie insidieuse essentiellement liée au monde du travail.
L'auteur est journaliste. Il décrit et observe la maladie dont souffre son épouse. le burn-out qui envahi leur vie de famille, la vie de sa femme « travailleuse sociale » se met en standbye du jour au lendemain. Comment ne pas m'identifier à elle, alors que j'exerce ce même métier? Comprendre à quel point le manque de moyens, la cadence, l'empathie, le dévouement extrême, le toujours plus, les histoires de vies horribles entendues, soutenues, accompagnées, peuvent consumer de l'intérieur les travailleurs sociaux.
Ce livre décrit le processus du burn-out, et, il s'applique à tous métiers.
Ce livre aide à repenser sa vie, son rapport au monde du travail. Il montre aussi qu'après la maladie la reconstruction peut être belle.
🤔 Seul petit bémol, j'ai eu du mal à la fin du roman où j'ai trouvé que l'auteur s'éloignait un peu… sans doute emporté par son récit.
😍 C'est une belle histoire, une belle histoire d'amour aussi. Et j'espère qu'aujourd'hui tout va bien pour elle, pour eux.
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Despagesetdeslettres
  15 janvier 2021
Les femmes qui l'appellent, jour et nuit, pour lui réclamer son aide. La culpabilité. Et l'obligation de réponse. Au moins ça. le manque de moyens. Les appels aux dons ignorés. Les toilettes à l'extérieur. La doudoune à porter dans le bureau pour s'éviter de complètement geler. Travail passion, travail à perdre la raison pour en garder le coeur. L'effondrement. Subi, soudain. Impossible de franchir le pas de la porte. Trop dur. La chute qui n'en finit pas. Les heures passées à dormir, les forces à réunir pour se lever, le téléphone qui continue de sonner. Les proches interdits devant la maladie. Les questions et les doutes. L'envie de la secouer, la peur de la voir se briser. Les jours, les semaines et les mois. La fragile reconstruction. C'est tout cela que raconte Alexandre Duyck, témoin impuissant du burn-out qui a emporté sa compagne dans un équilibre juste et intime de descriptions, d'analyses et de réflexions où perce la colère contre ceux qui participent à l'arrivée de ce mal. Et vous, vous l'avez lu ? Aimé ?
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Little_stranger
  10 novembre 2020
Le burn out, le vrai celui qui atteint les plus consciencieux, les plus investis dans leur travail. C'est ce qui arrive à l'épouse de l'auteur, journaliste. Son épouse, Muriel ne veut plus aller travailler, pleure et un jour s'effondre : travailleuse sociale dans une association caritative, très investie, et sans qu'aucun personnel de son "équipe" s'en inquiète et l'aide, l'épouse d'Alexandre se dissout, s'évapore dans l'atmosphère par petit morceaux jusqu'à ce qu'il ne reste plus grand chose qu'un tas de cendres. Elle avait pourtant travaillé au samu social et avait tenu. Alors Alexandre raconte le parcours de remontée de Muriel : les nuits sans sommeil et les jours à dormir, les pleurs sans raison, le besoin compulsif de ranger alors qu'elle avait le bordel sympathique et créatif.
Il est très long ce chemin de reconstruction et il passe par la terrible case "inapte au poste", terrible parce qu'en fait, ce n'est pas la personne qui n'est plus apte au poste, ce sont les conditions d'exercice, le système de management qui sont inaptes. L'auteur raconte aussi ses enquêtes sur l'habitat indigne à Marseille, les Alpes qui s'effondrent sous le réchauffement climatique : l'effondrement partout. En toile de fond, l'exode de la population française des zones de combat vers la zone libre par le biais de l'histoire de sa tante de 80 ans, devenue sénile parce que personne ne l'accompagnait plus, dévorée de solitude.
L'histoire finit sur une belle note d'espoir, car son épouse a intégré une école de maroquinerie et elle est heureuse de faire avec ses mains de belles choses. Même si l'arrivée du coronavirus l'a fait trébucher, l'épouse d'Alexandre est sur la bonne voie et c'est de la plus belle manière dans ce renouveau par le biais du geste manuel, qui anoblit si il en était besoin, la résurrection de Muriel.
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Michel69004
  04 octobre 2020
La lecture de ce livre, issu(e) de Masse Critique, me laisse une impression de malaise indéfinissable .
L'auteur, journaliste renommé, décrit le burn-out de son épouse, travailleuse sociale dans une association catholique s'occupant surtout de prostituées.
Il dresse son tableau clinique, que malheureusement, nous ne connaissons que trop bien à force de livres et de reportages.
Et il digresse : sa tante quasi-momifiée, ses reportages en montagne, le changement climatique, l'exode etc....
En fait il parle avec une rare noirceur du burn-out du burn-out. Il parle de l'effondrement du monde autour de l'effondrée. Et donc surtout de son monde à lui.
Cerise sur le gâteau effondré , le confinement confirme cette lecture mélancolique d'un quotidien tragique où seules les baignades dans le lac d'Annecy sont source de plaisir.
A lire seulement si on est heureux et en pleine forme.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Aquilon62Aquilon62   15 décembre 2020
Elle avait ajouté cette phrase dont il fallait absolument faire le titre de l’entretien : « Le burn out, c’est pour les forts. » Comme une maladie qui ne s’offre pas à tout le monde, qui choisit son camp, vise précautionneusement ses cibles, leur tourne autour, les renifle comme un chien policier puis s’arrête net et là, c’est foutu. Une tique enfoncée pour longtemps dans la profondeur de la chair des meilleurs.Elle choisit les morceaux de choix, délaisse les faibles, les fainéants, les planqués, les chefs qui se reposent sur leurs subalternes, elle s’attaque à celles et ceux qui s’investissent trop dans leur travail, lui donnent tout, se livrent corps et âme, celles et ceux qui ont idéalisé leur métier dans leurs années de jeunesse puis se retrouvent confrontés au manque de moyens, ou à l’inertie de leurs chefs, ou au cynisme. Ou à tout cela cumulé.
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Aquilon62Aquilon62   15 décembre 2020
À bout de nerfs n’est pas qu’une expression, c’est aussi une réalité physique, géographique, vous parvenez au bout du chemin et là rien ne vous attend, rien que le vide absolu, le choix se résumant entre la chute et le surplace.
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audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   14 octobre 2020
Le burn out l'avait rattrapée, attaquée par derrière, frappée dans la nuque, comme un accident de voiture soudain ne laissant à personne la moindre chance. cet instant préci où la goutte fait déborder le vase, où l'on craque de toute pièces sans crier gare, où l'on s'effondre ; cet éclair éblouissant quand le burn out frappe porte un nom, tous les psychiatres vous le diront. Entre eux, cet effondrement, ils l'appellent l'écroulement.
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Aquilon62Aquilon62   15 décembre 2020
Elle faisait un burn out. Rien que ce verbe à la place de l’auxiliaire. On n’a pas un burn out, comme on a la migraine, comme on a la fièvre, on n’attrape pas un burn out comme on attrape un cancer ou la varicelle ou les oreillons. On fait un burn out. C’est suspect, de faire. Un acte délibéré, non, de faire ? Qui résulte d’un choix, en son âme et conscience, comme s’il était possible, en le voulant, de ne pas faire.
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Videos de Alexandre Duyck (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Duyck
L'émission complète : http://www.web-tv-culture.com/augustin-d-alexandre-duyck-1307.html
Il y a cent, l?Armistice était signé, mettant fin à plus de quatre années de guerre entre la France et l?Allemagne. le 11ème jour du 11ème mois, à la 11ème heure, le clairon sonnait sur le champ de bataille, signant le terme des hostilités. Quelques minutes plus tôt, Augustin Trébuchon était abattu. Il est depuis considéré comme l?un, si ce n?est le dernier mort de la première guerre mondiale. Il était berger en Lozère, il avait 40 ans. Alexandre Duyck a choisi de lui donner la parole dans ce livre sobrement titré « Augustin ». Alexandre Duyck est journaliste en presse écrite. Après avoir collaboré pendant près de 20 ans au JDD, le Journal du Dimanche, il est aujourd?hui journaliste indépendant. Parallèlement, il a publié plusieurs ouvrages dont « Charles de Foucauld, l?explorateur » consacré au célèbre moine missionnaire, « Elle grimpait sur les nuages », retraçant le parcours de l?alpiniste Chantal Mauduit, disparue en expédition en 1998. Dans un autre registre, on lui doit aussi « L'Irrésistible ascension, les dessous d'une campagne insensée » paru après l?élection d?Emmanuel Macron à la présidence de la République. Lors de l?écriture d?un article pour le JDD, consacré aux poilus de 14-18, Alexandre Duyck avait entendu parler du destin d?Augustin Trébuchon, mort cinq minutes avant la fin officielle des combats. Touché par cette histoire, il en avait gardé des notes et caressait depuis longtemps l?idée de les utiliser pour en faire un livre. Il a choisi l?écriture romanesque afin de faire revivre ce soldat qui aurait dû rester anonyme. A la première personne, Augustin se raconte avec son enfance orpheline, ses illusions perdues, ses rêves d?avenir, ses émois amoureux. Mais il raconte aussi sa guerre : l?horreur du quotidien avec les copains qu?on enterre, la peur permanente, le froid, la boue, les rats dans les tranchées. Et dans les dernières pages, nous sommes ce 11 novembre 1918, à 10h30, quand Augustin reçoit l?ordre ce cette ultime mission jusqu?à la balle fatale, tuant celui qui rêvait de découvrir l?Argentine. A travers l?histoire d?Augustin, ce sont tous les poilus de 14 qui se réveillent, ce sont tous les soldats qui se sont battus pour nous qui se rappellent à notre mémoire. Plus largement, avec ce dernier ordre donné à Augustin, c?est aussi l?absurdité de la guerre qui nous interpelle, stupide et inutile. L?écriture est pleine de sensibilité, alternant l?émotion des bonheurs enfuis, le rêve d?une vie à venir et la tragédie du quotidien, sans jamais tomber dans la pathos ou le sensationnel. « Augustin » est un beau roman, une page d?histoire, le destin d?un homme. Un livre essentiel pour ne pas oublier. « Augustin » d?Alexandre Duyck est publié chez JC Lattès.
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