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EAN : 9791028107666
576 pages
Éditeur : Bragelonne (16/10/2019)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 69 notes)
Résumé :
La dernière tournée.
Clay Cooper et ses hommes étaient jadis les meilleurs des meilleurs, la bande de mercenaires la plus crainte et la plus renommée de ce côté-ci des Terres du Wyld – de véritables stars adulées de leurs fans. Pourtant leurs jours de gloire sont loin. Les redoutables guerriers se sont perdus de vue. Ils ont vieilli, se sont épaissis et ont abusé de la bouteille – pas forcément dans cet ordre, d’ailleurs.
Mais un jour, un ancien compag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  06 novembre 2019
A tout seigneur tout honneur : merci aux bloggeurs Pat et Apophis aux excellentes critiques de m'avoir mis sur la piste de cette série américaine écrite à l'anglaise ô combien cool et fun ! Certains on parlé de mélange entre GRR Martin et Terry Pratchett, mais en fait on est pile-poil entre David Gemmell et Simon R. Green et c'est bien mieux ainsi ! Par contre je préviens pas avance que ce qui va suivre va être truffé de piques contre la chronique une fois n'est pas coutume pisse-froide voire à côté de la plaque des prétendus connaisseurs de la Fantasy d'Elbakin.net / ten.nikable… Pourquoi avoir confié à Merwin Tonnel qui n'a jamais eu d'atomes crochus avec la fantasy classique le soin de réaliser la critique d'un titre rendant hommage à la fantasy classique : le bon sens aurait dû prévaloir, mais Elbakin.net / ten.nikable n'avait jamais été riche de bon sens. Et on se serait bien passé des sous-entendus méprisants envers les lecteurs populaires, les livres populaire et les éditeurs populaire, en rappelant qu'Elbakin.net / ten.nikable est en froid avec les éditions Bragelonne depuis que leur gourou ne travaille plus pour eux...

Tout commence avec Clay Cooper ancien héros de légende rangé, usé et fatigué (héritage David Gemmell) qui est persuadé d'avoir réussi sa reconversion en père de famille tranquille avec sa femme Ginny et sa jeune fille Tally. C'est alors que son ancien coéquipier et leader Gabe le Magnifique encore plus héros de légende que lui, et encore plus usé et encore plus fatigué que lui (héritage David Gemmell), frappe à sa porte pour le supplier de l'aider… Sa fille adolescente Rose qui a fugué s'est engagée comme mercenaire pour défendre la République de Castia contre la Horde Sauvage, et après le massacre qui s'en s'ensuivit les survivants sont désormais assiégés derrière les murailles de la capitale. Pour Clay elle est morte comme tant d'autres sur le champ de bataille, mais Gabriel soutient mordicus lui qu'elle est encore vivante et qu'il faut la secourir elle et les autres survivants de la bataille pour défendre la cause de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Pour Clay Cooper s'est juste une mission suicide, mais peut-il vraiment enterrer le dernier espoir de celui qui a tout perdu certes mais qui est aussi celui qui lui a permis de tout gagné ? Pire, peut-il abandonner à son sort celui qui naguère l'a sauvé de lui-même ?
S'ensuit une phase de recrutement pour reconstituer l'ancien groupe de Gabe et Clay, alias « Saga » le groupe d'aventuriers le plus puissant de tous les temps (ah j'adore ces histoires de groupes qui se (re)forment), et cela prend mine de rien la moitié du roman. Voici donc « le groupe d'aventuriers assez classique, sans autre trait distinctif que d'être majoritairement de gros bourrins » tel que les présentent les commissaires littéraires d'Elbakin.net / ten.nikable :

Après tout cela ai-je d'expliquer que les prescripteurs d'opinions d'Elbakin.net / ten.nikable sans complètement bidons ?
Une fois les anciens membres de Saga réunis, c'est parti pour une opération de sauvetage sans espoir à savoir traverser le Wyld territoire maudit des créatures sauvages pour arriver à temps au siège de Castia pour affronter à 5 les 100000 monstres de la Horde Sauvage. On retrouve le plaisir le la ligne droite où une péripétie et sa résolution mène à une autre péripétie et sa résolution, et à une époque où moult auteurs se perdent en machinlogies de complots et d'intrigues qui ne mènent à rien c'est plutôt rafraîchissant (les pisse-froid d'Elbakin.net / ten.nikable déblatèrent sur d'affreuses redondances et répétitivités, ennuis et lassivités, mais bons comme ils sont bidons on va les laisser cracher contre le vent… oui mais non, quand il prennent de haut « la simplicité d'une recette de séquence d'aventure dans Wyld », cela relève du mensonge éhonté et je vais vite vous le prouver !). Les membres de Saga qui doivent réapprendre à vivre ensemble avec quelques invités surprises (dont je vous laisse la surprise : ah Kit l'Intuable et son accident de phénix !), sont dans l'obligation de rejoindre urgemment leur destination en traversant les dangers mortels du Wyld avec devant eux les sbires de Lastleaf le maître de la Horde Sauvage et derrière eux les sbires des Némésis qu'ils ont laissées derrière eux (qui leur envoient Sabbatha / Griffalouette la chasseuse de prime ailée et son vaisseau volant appelée L'Étoile Noire)… Ils font bien des rencontres qui mettent leur bravoure à rude épreuve, mais qui mettent aussi en doute leurs convictions : et s'ils avaient tort et que l'apprenti maître du monde et ses alliés avaient raison ? Au bout du bout, s'ils veulent réussir ils doivent accomplir un miracle : c'est ainsi qu'ils parviennent à prendre la Route du Rock et qu'en réunissant toutes les générations ils parviennent à ressusciter l'âme de Woodstock pour un « final countdown » !!!

L'univers de Wyld et son bestiaire rappellent rapidement "Les Royaumes Oubliés", célèbre univers d'Advanced Dungeons & Dragons. Mais là où certains tâcherons des années 80/90 se seraient contentés de peu, Nicholas Eames amènent beaucoup d'originalité :
* Premièrement, le système typiquement rôlistique des groupes d'aventuriers partant en quête pour récolter fortune, gloire et XP est remplacé par le système des « roquebandes »… Les aventuriers en quête sont entièrement dépeints comme des rockstars en tournées avec hordes de fans en délires, managers, imprésarios, et agents de communication appelés « bardes ». Évidemment c'est l'occasion de moult références (Beattles, Rolling Stones, Black Sabbath, Led Zeppelin, AC/DC, Kiss, Metallica, Yoko Ono, Freddie Mercury...), mais aussi l'opposition entre anciennes générations qui mouillaient le maillot lors des concerts (= qui partent en croisades contre les forces du mal), et nouvelles générations qui soignent leur maquillage pour leur clips (= qui se contentent de vaincre en arène des monstres d'élevage)…
* Deuxièmement, contrairement à la plupart des bouquins de fantasy américains témoignant d'un tolkienisme mal digéré (il existe officiellement des ateliers d'écriture qui apprennent à écrire comme JRR Tolkien pour avoir autant de succès que que JRR Tolkien, misère de misère), Nicholas Eames développe un vrai background. Autrefois les Druines quittèrent leur monde mourant pour rejoindre un nouveau monde où il fondèrent leur Dominion avant d'asservir les humains (héritage Michael Moorcock). Ils régnèrent des milliers d'années avant que ne débutent une longue et dure guerre civile, et leur faible fécondité les obligèrent à recourir à des armées d'humains, de monstres ou de golems qui les conduisirent à leur pertes… Les royaumes humains se réunirent en empire pour s'en débarrasser une fois pour toute, mais après le zigouillage du premier empereur pour cause de machisme et de fiscalisme l'humanité à pleine libérée et unifiée se divisa à jamais en multiples royaumes alors que le fils du premier empereur et sa cour traversèrent le Dominion pour fonder la République de Castia… Les Druines qualifiés d'« hommes-lapins » ne sont ainsi pas loin des Melnibonéens (héritage Michael Moorcock) !
Et pour ne rien gâcher Nicholas Eames fait comme Michael J. Sullivan de l'évhémérisme : l'histoire druine est devenue la mythologie puis la religion humaine, et les actions de Saga ont participé à l'une comme à l'autre mais je vous laisse le plaisir de la découverte...
* Troisièmement, et là je marre face aux inquisiteurs culturels qui parlent de basicité, de simplicité et de manichéisme, c'est la manière dont l'auteur remet peu à peu les convictions des personnages donc des lecteurs… Saga est dégoûté et écoeuré face aux nouvelles « roquebandes » massacrant des monstres d'élevage en arène, mais après leur rencontre avec le kobold receleur en deuil de son épouse, la gorgone femme d'affaire confrontée au plafond de verre, le mercenaire homme-araignée boute-en-train, le troll médecin hippie, la dive maltraitée dans son enfance, les barbares contraints pas misère au cannibalisme, l'ettin conteur qui réenchante le monde pour son jumeau aveugle, le vieux druine en quête de rédemption pour son peuple natal, et enfin et surtout Lastleaf le jeune druine et Ashatan la matriarche vouivre en quête de vengeance pour leur peuple d'adoption, ils se demandent si finalement ils ont vraiment défendu une juste cause… Car si Lastlefaf (Elric ou Max Zorin ?) est construit comme un méchant james-bondien, c'est-à-dire intelligent, puissant, vindicatif et charismatique, après tout il ne veut pas rétablir l'empire de ses ancêtres mais défendre la liberté de ceux qu'ils ont crées et ont laissés à leur triste sort, avant d'être génocidés, asservis ou réduits à l'état de sous-citoyens par les humains (oh on se croirait dans "Bestiarius", le Spartacus high fantasy epicness to the max de Masasumi Kakizaki !). Il veut libérer les monstres de la tyrannie des humains, de la même façon que les humains ont voulu se libérer de la tyrannie des Druines.
Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire : peut-être les nouvelles générations réussiront-elles là où les anciennes ont échoués ? Rose de Sang et Nuage Libre seront-il les héros d'un d'un monde nouveau ? Et c'est là que je marre encore face aux inquisiteurs culturels qui parlent de basicité, de simplicité et de manichéisme car après un tome 1 très masculin malgré un sacrée galerie de personnages féminins dont je vous laisse le plaisir de la découverte (ah Jain et les Silk Arrows !), l'auteur a réalisé un tome très féminin malgré une sacrée galerie de personnages masculins dont je vous laisserai le plaisir de la découverte : rendez-vous en VF au mois de janvier 2020 ! Oh oui quoi qu'en disent les pisse-froid il y a un bon public pour cela, et même que ceux qui ont trop lu dans les années 80-90 et qui sont passés à autre chose pourraient bien comme moi y trouver leur compte…
Nicholas Eames nous offre un premier roman bourré d'action et d'humour plein de grande aventure et de grosse déconne (après comme chacun devrait le savoir, il n'y a rien de plus subjectif que l'humour donc on ne peut pas plaire à tout le monde). Évidemment c'est un premier roman, et il manque çà et là de vista pour tout de suite aller concurrencer les cadors et les Grands Anciens, mais en l'état actuel des choses il n'a pas aucunement à rougir de la concurrence.
Je dirais que la phase de recrutement est assez longue et que la phase aventure est toute aussi longue car il y a beaucoup d'exposition, d'explication et que l'auteur cède souvent à son péché mignon du comique de répétition (un concept avec lequel visiblement les critiques d'Elbabin.net / ten.nikable ont beaucoup de mal, mais peut-être ne l'ont pas appris à l'école durant leurs cours de français). Tout ce qu'on fait avec Sabbatha / Griffalouette prend pas mal de place, l'Ettin Gregor / Dane est trop peu exploité pour être validé du coup on aurait pu s'en passer, on aurait pu enlever telle ou telle péripéties pour dynamiser le récit, ce qui nous aurait évité d'utiliser par deux fois le deus ex machina de la roquebande Vanguard venant sauver les fesses de la roquebande Saga avec leur vaisseau volant pile au bon moment…
Cela aurait mérité d'être un peu élagué pour laisser de la place au grand final qui est traité au pas de course : quand Matrick le voleur défie Akatung l'alter ego de Smaug c'est traité complètement hors-champ, et l'ultime bataille n'utilise pas assez de pages pour atteindre les hauts niveaux de l'epicness to the max (belle exposition pour une conclusion hâtive, c'est un peu la malédiction de la SFFF anglaise, et comme l'auteur nord-américain écrit à l'anglaise c'était peut-être écrit part avance).

Pour ceux qui ont déjà lu le livre, finissons par le fameux « mais ceci est une autre histoire » :

Lien : http://www.portesdumultivers..
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Oliv
  29 octobre 2019
Dans l'univers médiéval-fantastique créé par Nicholas Eames (jeune auteur canadien qui publie là son premier roman), quand on s'engage dans la vie trépidante de mercenaire on "forme une roquebande" ; celles-ci ne partent pas en mission mais en tournée, leurs exploits sont suivis par des hordes de fans et leurs contrats négociés par des managers, qui les affublent de noms aussi évocateurs que The Screaming Eagles ou Sisters in Steel ; en plus de l'argent et de la gloire, le sexe, la drogue et l'alcool font partie intégrante du quotidien de ces groupes... On l'aura compris, le concept central du roman repose sur un parallèle entre les compagnies d'aventuriers inhérentes à la Sword & Sorcery et les groupes de rock de notre réalité. Après coup, l'idée paraît tellement évidente qu'on peut s'étonner qu'elle n'ait pas été exploitée auparavant. C'est cet aspect qui, en premier lieu, m'a donné envie de découvrir "Wyld – La mort ou la gloire". Deuxième élément qui m'attirait tout particulièrement : le roman s'attache aux pas d'anciennes vedettes, de vieux héros plus ou moins has been, retournés à une existence bien plus calme que celle qu'ils menaient autrefois. Mais le sorcier Moog, le voleur Matrick, les guerriers Ganelon, Gabe et Clay, devront repartir pour une ultime tournée à travers le redoutable Coeur du Wyld : les cinq mercenaires vont reformer Saga, le groupe qui les a rendus célèbres, afin de sauver la fille de l'un d'entre eux, enfermée dans une cité assiégée par une horde de créatures cauchemardesques...
Au premier degré, la fantasy de Nicholas Eames serait d'un classicisme soporifique, sauf qu'avec ses "papys du rock" l'auteur a trouvé le subtil décalage qui donne à l'ensemble une fraîcheur bienvenue, parvenant à faire de l'inédit avec des ingrédients usés jusqu'à la corde. L'humour est présent du début à la fin du roman sans que l'ensemble tourne pour autant à la pantalonnade. Saga n'est pas la Horde d'Argent du Disque-Monde et ses membres n'ont rien d'une bande de bras cassés : c'est qu'ils en ont encore sous la pédale, les vieux ! Aussi le côté épique est-il au bout du compte bien plus important que le côté parodique ou burlesque. C'est un peu comme une campagne de Donjons & Dragons entre copains : on sort des blagues, on rigole bien, mais trucider des monstres à la chaîne reste une affaire sérieuse. La dynamique de groupe est un aspect essentiel de ce type d'aventure, et pour le coup c'est très réussi. L'auteur a beaucoup d'affection pour ses personnages et celle-ci se transmet aisément au lecteur. On a payé son ticket d'entrée pour le rock et l'humour, on reste jusqu'au bout du spectacle pour la camaraderie. Car ce n'est évidemment pas le suspense que l'on recherche, on se doute dès le départ que nos héros, même fatigués, vont triompher des innombrables obstacles dressés sur leur route ! Pas de surprise, le récit est linéaire : il s'agit d'abord de rassembler les cinq anciens membres de la roquebande, puis de se rendre d'un point A à un point B afin d'accomplir la quête définie dès les premiers chapitres. Une fois que Saga s'est bel et bien reformé, un peu avant la moitié du roman, l'aspect "groupe de rock" très présent au début passe au second plan, cédant le pas à une aventure épique plus traditionnelle à mesure que la compagnie reçoit le renfort de membres sans liens avec la formation d'origine... Mais le rock fait un retour fracassant lors des dernières scènes (la Route du Roque de Kaladar, sorte de Woodstock med-fan, est tout bonnement géniale !) avec un grand finale explosif qui a de quoi scotcher à son fauteuil même le plus blasé des rôlistes et des lecteurs de Fantasy.
Le roman a beau faire près de 600 pages, c'est le genre de pavé finalement très léger, rythmé, facile à lire, qui s'avale tout seul. En bref, il s'agit d'une bonne lecture de divertissement : un qualificatif qui n'a rien de péjoratif, bien au contraire. Certes ce n'est pas avec des romans comme celui-ci que la Fantasy acquerra une "légitimité culturelle", on ne trouvera pas de critique élogieuse de "Wyld" dans les pages de Libé ou de Télérama... et on s'en fiche ! J'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture et il semble que ce soit le cas de pas mal de geeks assumés dans mon genre... que demander de plus ? Par le passé, j'ai suffisamment ronchonné contre la politique éditoriale de Bragelonne pour saluer aujourd'hui la pertinence de leur choix. Après tout, si vendre du Goodkind à la tonne leur permet ensuite d'acquérir les droits et de publier de chouettes bouquins comme celui-ci, ça me convient tout à fait ! Merci aux éditions Bragelonne, donc, qui ont proposé cet ouvrage aux utilisateurs de Babelio dans le cadre de Masse Critique.
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LeScribouillard
  29 février 2020
Où finit un hommage, où commence la parodie ? le pastiche semble osciller entre ces deux rives, mais est-il simplement comme on pourrait le croire une simple aventure plus légère ou un simple jeu au mieux taquin, au pire putaclic sur la nostalgie d'une oeuvre aimée par le lecteur ? Ou pourrait-il s'agir au contraire d'un moyen sous-estimé, qui pourrait nous donner de farouches épopées avec du sang, des larmes, des trahisons, du spectaculaire, des guitares qui crachent des flammes et des valeurs familiales ?
C'est le parti que semble prendre Kings of the Wyld, traduit par La mort ou la gloire dans la langue de Benalla (on va lui préférer le titre VO, moins clinquant et tout aussi évocateur). Dès la carte, on retrouve une iconographie voire une composition semblable à celle de la Terre du Milieu (qu'il s'agisse des logos simples mais reproduits et déclinés différemment des milliers de fois, du choix de ne montrer qu'une partie d'un continent bordée par la mer, celui d'une police pseudo-runique…), et les derniers mots du roman ressemblent fortement à ceux du Seigneur des Anneaux ; mais entre les deux on change de démarche pour s'enfoncer dans les millions de réfs plus ou moins démythifiées qui font la sève de la light fantasy. Les groupes de rock et de metal qui ont joué dans des clips avec des donjons et des dragons en toile de fond (vert), les jeux de rôle, les archétypes de l'heroic fantasy / swords and sorcery, tous les winks-winks y passent. Et pourtant… Et pourtant, quand on voit les fiers héros barbares désemparés face à leur propre monde qu'ils ne comprennent plus, on rigole mais derrière on sent que le récit se fait porter par quelque chose de bien plus nostalgique qu'un vernis de références, bien plus mélancolique que le simple tissu d'insouciance de la fantasy telle qu'on voudrait nous la présenter.
Car manier l'humour sur des oeuvres longues n'est pas aussi facile qu'il paraît : il faut savoir trouver le bon dosage. Vous pouvez vous moquer de vos personnages si vous recherchez juste la grosse poilade, et ça n'a rien de répréhensible (à part si vous vous appelez Alain Chabat et que vous concluez votre film par le plus hideux monstre en images de synthèse de l'histoire du cinéma), vous pouvez un peu vous moquer et un peu rire avec eux pour qu'on s'y attache (le parti pris dans lequel je suis le plus à l'aise), vous pouvez enfin choisir de rire exclusivement avec eux mais alors vous ne ferez pas tant de la comédie qu'un ouvrage d'un autre genre, avec certes de l'humour mais qui ne possédera pas d'emprise réelle sur la narration. Et enfin, vous avez l'équilibre le plus délicat, celui de faire rire sans dénigrer vos personnages, ni non plus les faire rigoler pour autant. le monde dans lequel ils vivent est drôle et en même temps sinistre ; on s'attache à eux et on plaisante davantage sur leur environnement, mais dans le fond, on aimerait bien qu'il change pour qu'ils puissent y être heureux. Et ça, c'est la recette la plus difficile, mais celle qui accouche des meilleurs résultats.
Kings of the Wyld, c'est donc l'histoire d'un groupe de mercenaires mythique, Saga, une roquebande comme on les appelle dans leur monde magique. Durant toute leur vie, il leur est arrivé des myriades d'aventures abracadabrantesques, dans un monde fait de magie, de guerres, et de toutes sortes de bestioles à exterminer joyeusement. Seulement, les héros se sont séparés et ont pris leur retraite, et maintenant ils font… nettement moins mythiques. Gabriel alias Gabe, le fier étalon insolent, n'est plus qu'un vieux vagabond crotteux. Matty roi d'Agria passe sa vie à se faire cocufier, Ganelon croupit au fond de son antre, le grand mage Arcandius se voit réduit à vendre les Formidables Potions Phalliques de Moog le Magicien. Et notre héros, Clay Cooper, mène une vie paisible bien que sacrément morne avec sa famille. Sauf que Gabe débarque un beau jour en le suppliant de sauver sa fille. Et pour cela, il n'existe qu'une solution… reformer Saga !
Les personnages sont imparfaits, patauds avec leurs épouses, plus sensibles que leur coeur de mercenaire ne le laisserait croire. L'humour sait se faire discret mais en permanence taquin et fait presque toujours mouche, un peu comme un spin-off de L'Âge de glace qui s'intéresserait exclusivement aux mammouths : derrière les brutes épaisses, on a ces êtres drôles et attachants, et en lesquels on veut vraiment croire, au point qu'une scène peut se faire à la fois drôle et désespérante. On pourrait trouver le livre un peu tire-larmes avec cette énorme attention sur la famille et l'intime un peu prévisible par moments, sauf que non : c'est fait avec sincérité sans jamais d'alourdissement sur le style, et la psychologie nous semble tellement universelle qu'on y croit malgré tout. Avant la page 50, j'étais déjà conquis.
Kings of the Wyld ne possède pas que des qualités, bien entendu : une certaine redondance des jurons, vulgarité des mercenaires oblige en partie (le mot « putain » revient toutes les deux pages), aucun magicbuilding… Mais remis dans son contexte, c'est-à-dire les sous-genres auxquels il appartient (swords and sorcery et light fantasy), il s'agit justement de caractéristiques récurrentes vu que l'essentiel du récit ne se trouve pas là…
Alors bon, soyons honnêtes, il y a aussi par moments une fixette sur les coucouniettes auxquelles il arrive pas mal de trucs ignobles, un truc qu'on vous dit qu'il s'est passé il y a 400 ans puis 700 ans ou l'inverse, et surtout héroïsme oblige, l'auteur tente de faire une forte iconisation qui ne marche pas toujours : le combat entre Clay et Sabbatha, par exemple. C'est un instant charnière entre deux personnages dont chacun pourrait être considéré comme l'égale de l'autre : ils ont tous les deux été fortement blessés et oscillent entre humanité et monstruosité. Je m'attendais vraiment à un machin epicness as phoque, mais non, à la place on nous refile un bon vieux deus ex machina des familles pour remettre la baston à plus tard. Pareil pour plusieurs personnages qui se font mutiler, et dont le membre finit par repousser grâce à un système de magie / médecine dont on n'apprend rien : à force de dire « il s'est passé tel truc mais c'est pas grave en fait » dans les productions actuelles, on a perdu dans la fiction épique tout un aspect sacrificiel qui outre le réalisme conférait au récit sa pesanteur rugueuse.
Mais je suis bon prince et j'en ai marre de relever des livres à quatre étoiles et demie, alors je vais plutôt relever un tort qu'on a pas mal fait au livre : l'absence d'héroïne avec tous ces mecs bourrés de testostérone. D'accord, aucune femme n'occupe un rôle principal, il n'empêche que Nicholas Eames en inclut une sacrée pelletée aussi attachante que les bonshommes avec une toute aussi bonne gestion de la psychologie, quand elles ne jouent pas tout simplement un rôle déterminant :
- Tally et Rose sont les filles de respectivement Clay et Gabriel, les deux grandes absentes pour qui ils sont prêts à tout sacrifier, qu'ils tentent désespérément de comprendre et qui s'avèrent moins fragiles qu'on ne voudrait croire ;
- Jain et les Silk Arrows constituent une bande de canailles redoutables et bonnes vivantes, dont le running-gag est de dépouiller ces messieurs en permanence ;
- Valery est une junkie, mais parce qu'elle est séquestrée par un porc qui fait semblant de l'aimer. Parce que bon tonton Sam, c'est bien gentil de cocher le quota de femmes fortes, mais on oublie fréquemment que derrière il y a toutes celles qui continuent de se faire oppresser, toutes celles brisées qui ont pas eu la force de changer. Un roman qui vous fait vous rappeler ce qu'a pu devenir la mère de Marty McFly dans un futur parallèle ne fait jamais de mal ;
- Dinantra est une figure de la femme fatale, riche et séduisante, pourvue de quasiment tous les pouvoirs et pas franchement bienveillante. Pourtant, elle essaye d'enfouir le fait qu'elle est une gorgone, et ainsi ghettoïsée aux yeux des humains ;
- Grifalouette était autrefois Sabbatha, et puis elle est devenue MÉCHAAANTE (d'ailleurs il aurait été plus logique que ce soit l'inverse) ; pourtant tout n'est pas si simple et un coup sur la tête va la faire temporairement redevenir la charmante bambine qu'elle aurait dû être !
Un mot sur la traduction : dans n'importe quelle autre oeuvre, j'aurais crié au franglais, mais le mélange des deux langues au sein du texte (en plus de celles plus ou moins imaginées) est plutôt raccord pour pouvoir conserver l'allure rock'n'roll du texte originel. Et en outre, elle est loin d'être bâclée avec des noms que je trouve d'une poésie folle tels que Tristebruyère ou bien Maréesombre… Un seul truc que je ne comprends pas, c'est pourquoi avoir remplacé le mot « ent » par « tréant » ; le lecteur francophone comprend alors nettement moins bien…
Bref, Kings of the Wyld n'est pas tout à fait parfait et ne s'adresse pas à tous les publics : si vous cherchez une fantasy new school privilégiant la réflexion ou que vous êtes novices dans le genre, il y a de fortes chances que vous n'y trouviez qu'un divertissement pour gros bourrin (je me suis fait surprendre avec ce bouquin devant une vieille prof, j'ai pris un peu la honte). Mais si vous êtes fin connaisseur de fantasy humoristique et/ou épique, que vous recherchez avant tout une excellente gestion des personnages et des différentes tonalités, avec éventuellement un vernis oscillant entre hommage et pastiche sans forcer le trait, vous risquez de trouver là un roman de génie qui sera pour vous le livre de l'année. Après, je dis ça, c'est pour votre culture…
Lien : https://cestpourmaculture.wo..
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Igguk
  03 octobre 2019
Lu en VO
Kings of the wyld, le premier roman de Nicholas Eames, nous propose un monde de fantasy très archétypal à première vue : Des dragons, des rois, des mages, une quête impossible qui nous fera traverser tout un continent… Mais ne partez pas tout de suite : le premier tome de la série The Band a quelques tours dans son sac (ou des poulets dans son chapeau) pour se transformer en quelque chose d'unique.
Nous suivons Clay « Slow-Hand » Cooper, ancien mercenaire maintenant rangé, qui coule des jours paisibles en compagnie de sa femme et de sa fille. Un jour, il reçoit la visite de Gabe, ancien « frontman » de leur groupe « Saga » qui lui demande de reprendre les armes presque 20 ans après les avoir mises au placard. Pourquoi donc ? Parce que la fille de Gabe, Rose, est coincée dans une cité assiégée par des milliers de créatures. Ils doivent reformer Saga et redevenir les légendes qu'ils étaient pour sauver la demoiselle. C'est le début d'une épopée unique où ils devront retrouver leurs anciens camarades et partir pour une mission désespérée, une histoire d'amitié, de famille, et de bourre-pifs.
Vous aurez peut-être remarqué l'utilisation de quelques mots bizarres dans le contexte, comme « frontman », groupe (« band »), etc… Ça m'était un peu passé au-dessus au tout début (surtout parce que je m'étais pas du tout renseigné sur le livre avant d'attaquer), mais grâce à Apophis (qui détaille tout ça bien plus précisément que moi) ou à l'auteur lui-même, c'est plus clair : Les groupes de mercenaires chez Nicholas Eames sont des transpositions de nos groupes de rock. Ils sont en général 4 ou 5, ils bossent au contrat sur des « gigs », déplacent les foules quand ils sont connus, etc… Cette manière de traiter les mercenaires leur donne une dimension de rock-star vraiment fun, et quand on a percuté ça on peut s'amuser à trouver tous les clins d'oeil et les « schémas » qui passent d'un univers à l'autre, y'en a un bon paquet, j'vous laisse explorer tout ça. Ça donne un côté très ludique à la lecture, mais cette idée brillante ne suffirait pas à faire d'un livre quelque chose d'exceptionnel. Il y a plus, beaucoup plus.
Nicholas Eames nous propose effectivement un monde d'heroic-fantasy archi-classique, y'a tout ce qui peut passer par la tête d'un MJ de Donjons & Dragons. Mais il utilise ce classicisme comme base culturelle commune pour faire de son aventure quelque chose d'unique en retournant des situations et en y mettant une ou deux couches de modernité bienvenue. Pour accompagner ce côté « rock n'roll », la narration et les dialogues sont vraiment drôles et percutants. Il va poser des twists par-ci par-là pour donner beaucoup de fraicheur à ses héros et leur univers. le ton du livre est bluffant, ça envoie de la vanne, c'est rythmé et c'est incisif. On enchaine les situations drôles, les moments poignants et les scènes épiques sans transition et parfois tout en même temps, le mélange est un pur régal et très bien équilibré.
C'est surtout l'attachement aux héros qui va permettre à Kings of the wyld de devenir génial. Cette troupe de vieillards archétypaux (le mage, le bourrin au bouclier, le voleur avec des dagues, le leader et le vicieux à la hache) prend très vite de l'épaisseur, du caractère et de la force dans l'esprit du lecteur. Ils ont une vie, un background, des personnalités et des préoccupations propres. Et aussi, ils ont la classe. Malgré le bide, les cheveux blancs et le mal de dos, ils ont la classe ! Clay est un guerrier massif mais fatigué qui balance des remarques désabusées, Moog est l'archétype du magicien loufoque mais qui a une histoire tragique et très touchante, Matrick est un ancien voleur devenu roi, mais qui supporte plus la vie de château. Avec Gabe et le bad-boy de service Ganelon, ils forment un des groupes de héros les plus attachants que j'ai jamais croisés.
Ils sont bien rares ces livres de fantasy épique qui allient la profondeur et le fun avec autant de talent. Dans Kings of the wyld on est emporté dans une aventure extraordinaire avec une bande de héros qui deviendront vite chers à nos coeurs… Et on rigole beaucoup. C'est parfait.
Lien : http://ours-inculte.fr/kings..
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lianne
  08 octobre 2019
Un bon concept, un livre fun et prenant même si il m'a fallu un peu de temps au tout début pour vraiment rentrer dans l'histoire.
D'après un bon nombre de lecteur ce livre est la révélation 2017 en fantasy niveau nouveauté, il est plein d'humour et en plus il mélange le vocabulaire et l'image "groupe de rock/metal" avec la fantasy. Je l'ai lu en VO donc je n'utiliserais surement pas exactement le même vocabulaire que dans la traduction.
Ainsi les aventuriers, ou mercenaires en fait plutôt, se regroupent en Bands (groupes"). Ils font des "gig" (le mot anglais pour dire concert ou spectacle) et des "tournées" quand ils rentrent de mission pour montrer leur gloire dans toutes les grands villes, en faisant défiler les ennemis qu'ils ont capturés et en paradant en armure pour les yeux du public qui la adule. Se faire voir est le nerf de la guerre, du grand spectacle son et couleur.
Les plus célèbres sont vraiment des héros pour le peuple. Les gens se pressent lors des tournées pour avoir la chance de les voir, ou d'avoir un autographe en hurlant sur leur passage pendant que les bardes composent des chansons et des poèmes à leur gloire.
*****

Je trouve le principe très sympa et frai, et je me demande pourquoi personne n'a eu l'idée avant !
Dans ce premier tome nous suivons Clay Cooper. Ancien mercenaire du groupe Saga, le plus grand groupe de tout les temps, surnommés Kings of the Wyld dont les légendes courent encore des années après. Plus que ça, il était le leader du groupe.
Mais Clay est maintenant un vieil homme, fini le temps de la gloire. Plus personne ne le reconnait et son mal de dos l'empêcherait de toute façon de faire ce qu'il faisait avant. Ce qu'il veut c'est acheter une auberge et y rester tranquillement avec sa femme et sa fille jusqu'à la fin de ses jours.
Lors un de ses anciens comparses réapparaît et lui annonce que sa fille à lui, qui fait carrière dans le même métier, est en danger car prise au piège dans une cité en siège par une énorme armée (et même probablement déjà morte car seuls les quelques survivant de la grosse batailles se sont réfugiés dans la ville).
Il décide de lui donner un dernier coup de main, de remonter Saga pour traverser une dernière fois le "Wyld" cette région très dangereuse car remplie de pièges et de monstres, pour essayer de la sauver.
Mais voila, les membres de Saga sont loin de se lancer dans un come-back triomphal, ils sont tous vieux, alcooliques ou rongés par la maladie ou l'arthrite, et ce n'est pas gagnants qu'ils se lancent dans leur dernière aventure ...
*****
le monde est hyper classique en fantasy. Mais ce n'est que la base, le parallèle musique et Rock 'n Roll donne vraiment une touche de modernité à l'ensemble. L'auteur se permet d'aborder des thèmes intéressants et actuels du point de vue de quelqu'un de l'ancienne génération qui voit d'un mauvais oeil arriver toutes les nouveautés de la jeunesse. "C'était mieux avant" et ceux ci ne sont "qu'un bande de guignols".
Puis petit à petit alors qu'il les côtoie il ouvre les yeux et il s'aperçoit que finalement ce n'est pas si mal et qu'il a peut être eu tord.

J'avoue que j'ai mis un peu de temps a vraiment adhérer au livre. Je trouvais ça bien et je souriait mais rien de plus sur les cent premières pages. Puis petit à petit la sauce à pris et plus j'avançais, plus j'avais du mal à le fermer.
J'avais limite la larme à l'oeil à l'idée de quitter nos papi du rock à la fin du roman.
On peut vraiment dire que les personnages sont attachants dans leurs défauts pour certains. Malgré le coté tragique de leur quête, on est sur de la fantasy bonne humeur au final. C'est vrai que l'humour ne sera surement pas pour tout le monde, c'est toujours difficile de savoir à l'avance si il est calibré pour nous ou pas. D'ailleurs c'est pour ça que j'ai mis tant de temps à le commencer alors qu'il est dans ma PAL Vo depuis qu'il est sorti. Mais je suis vraiment contente d'avoir finalement adhéré.
Au final on a un livre qui a trouvé une nouvelle façon de faire de l'ancienne fantasy classique, tout en revisitant les thèmes important actuels dans un point de vue inédit dans le genre. le tout est une réussite. En tout cas j'en garderais un très bon souvenir.

Ce tome ci même si il fait parti d'une série est vraiment terminé à la fin, il peut se lire indépendamment. le tome suivant suivra d'autres personnages.
16.5/20
Lien : https://delivreenlivres.blog..
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   12 novembre 2019
Un roman de fantasy épique qui sort des sentiers battus, qui allie fun et intrigue construite, mélange les genres et avec un style efficace, raconte une belle histoire d’amitié entre des personnages bourrus mais terriblement attachants.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net   15 octobre 2019
Le roman a pour lui d’être plutôt bien écrit, avec un style assez enlevé qui permet de tourner les pages rapidement. La galerie de personnages, essentiellement masculins, est sympathique à défaut d’être très originale. Mais au bout du compte, il ne s’agit finalement que d’une simple variation sur le thème d’une partie de jeu de rôle racontée.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   26 octobre 2019
— C'est comme ça que ça se passe maintenant. Les gens veulent du frisson. Ils veulent du sang. Ils veulent voir leurs héros en action. Ils ne veulent plus écouter les récits de leurs exploits de la bouche d'un barde qui a sans doute inventé la moitié de l'histoire.

Clay secoua la tête d'un air dubitatif. Les gens ne savaient-ils pas que les histoires – et les légendes auxquelles elles finissaient inévitablement par donner naissance – étaient cent fois plus fascinantes que la réalité ? Les bardes ne servaient guère qu'à se faire massacrer et à raconter des mensonges, mais il fallait bien reconnaître qu'ils le faisaient avec panache. Combien de fois Clay avait-il vu l'un d'eux se planter devant les clients d'une taverne et décrire une escarmouche chaotique, sanglante et terrifiante comme s'il s'agissait de la plus glorieuse bataille ayant jamais opposé des hommes et des monstres ?

Dans leurs histoires, les héros n'avaient jamais mal aux pieds, ils ne succombaient pas à une infection pendant leur sommeil. Dans leurs histoires, un géant blessé à mort s'effondrait sur le sol dans un bruit de tonnerre – alors qu'en réalité, il faisait la même chose qu'un être humain : il hurlait de douleur en se chiant dessus.
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OlivOliv   29 octobre 2019
— Pourquoi êtes-vous venus à Kaladar ? demanda Gabriel. Pour exhiber vos peintures faciales ? Vos nouveaux tatouages ? Vos cheveux teints ? Ou êtes-vous venus pour trouver autre chose ? Une roquebande ? Un manager ? La célébrité ? La gloire, peut-être ?
En entendant le mot "gloire", Clay eut l'impression qu'on soufflait sur les braises qui lui brûlaient le ventre. Quelle importance s'il était vieux ? S'il était fatigué ? S'il s'était rassasié plus souvent qu'à son tour en buvant au calice de la victoire et de la renommée ? Un guerrier entendant le mot "gloire" était comme un chien entendant le mot "promenade" : il se mettait aussitôt à remuer la queue.
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AlfaricAlfaric   22 octobre 2019
- Pip raconte que tu as tenu la passe de Coldfire pendant trois jours face à un millier de morts vivants.
- J’en ai compté neuf cents quatre-vingt-dix-neuf. Mais bon, on ne va pas chipoter.
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SioSio   15 novembre 2019
- Admire ! Les Silk Arrows ! Comme tu peux le voir, j'ai vachement recruté. Au fait, t'as vraiment une sale gueule. Qu'est-ce qui t'est arrivé à la tronche ?
Clay haussa les épaules.
- Je suis né comme ça.
- Ta mère gardait une hache entre les jambes ? L'idée est intéressante. ça tiendrait les mecs à distance.
Barrett éclata de rire.
- Je l'aime bien, cette môme, dit-il.
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AlfaricAlfaric   03 novembre 2019
Il suffisait parfois d'un petit grain de poésie pour changer une bonne histoire en légende.
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Wyld tome 1 La mort ou la gloire - Nicholas Eames - LTL # 187
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