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Victor Barrucand (Éditeur scientifique)
EAN : 9782742709038
192 pages
Éditeur : Actes Sud (18/06/1999)
3.65/5   13 notes
Résumé :
En 1904, quelques mois avant sa mort dans une crue de l’oued à Aïn-Sefra, Isabelle Eberhardt, fatiguée par une série d’épreuves, se réfugie dans le havre de paix de la zaouïa de Kenadsa.

Dans cette retraite où elle se fait passer pour un jeune étudiant pieux, elle prend le temps de la réflexion et de la méditation. Calme, nostalgie, doute, incertitude l’étreignent tour à tour, au gré de ses conversations quotidiennes avec les habitants des lieux, des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cascabel
  23 avril 2020
Laissons Isabelle Eberhart nos parler.d'elle.-" On m'a souvent reproché de me plaire avec les gens du peuple.Mais où est donc la vie,sinon dans le peuple?Partout ailleurs le monde me semble étroit.j'ai la sensation ,en certains milieux,d'une atmosphère artificielle:j'y respire mal.Je ne sais jamais ce qui sera "convenable". A vrai dire je ne souffre pas trop des pauvretés.Je n'en souffre pas profondément.Ce qui me semble à la longue insupportable,c'est l'éternelle honte médiocre de certaines gens.Et puis ce manque de bravoure qui les distingue,cette prudence,cette affectation de vivre d'une façon raisonnable et bien calculée.[.......] Toute jeune j'ai senti que la terre existait et j'ai voulu en connaître les lointains.Je n'étais pas faite pour tourner dans un manège avec des oeillères de soie.Je me suis composé un idéal:j'ai marché à la découverte.Je sais bien que cette manière de vivre est dangereuse,mais le moment du danger est aussi le moment de l'espérance .D'ailleurs,j'étais pénétrée de cette idée qu'on ne peut jamais tomber plus bas que soi-même.Quand mon coeur souffrait,il commençait à vivre.Bien des fois,sur les routes de ma vie errante,je me suis demandé où j'allais et j'ai fini par comprendre,parmi les gens du peuple et chez les nomades,que je remontais aux sources de la vie,que j'accomplissais un voyage dans les profondeurs de l'humanité .Contrairement à tant de psychologues subtils,je n'ai découvert aucun sentiment nouveau,mais j'ai récapitulé des sensations fortes;à travers toutes les mesquineries de mes hasards,la courbe voulue de mon existence se dessinait largement.
On s'expliquera par ces mots-qui n'ont peut-être pas assez de suite,mais que je sens sincèrement-pourquoi je peux m'intéresser à beaucoup d'humbles choses."
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vincentf
  26 septembre 2018
Ambigu, troublant et mystérieux, presque mystique, ce texte à la première personne, celle d'Isabelle Eberhardt, jeune aventurière en quête de repos, est pourtant double. Un homme l'a retrouvé et l'a complété, réécrit peut-être, en pensant connaître « l'esprit de l'auteur », si bien que le lecteur ne sait jamais vraiment, quand il suit la pensée d'Isabelle Eberhardt, si celle-ci n'est pas déjà malaxée par Victor Barrucand, l'absent resté loin de la voyageuse solitaire.
Nous sommes aux confins de l'Algérie et du Maroc, au milieu de nulle part, dans des villages tranquilles bercés par le calme des vieux rites musulmans. Isabelle Eberhardt s'y sent bien, apaisée, vaguement heureuse, puis elle tombe malade. Elle observe les gens du pays et leurs esclaves noirs, sur lesquels elle (ou peut-être est-ce « il ») se laisse aller à quelques préjugés racistes qu'on souhaiterait évanouis chez quelqu'un qui s'est à ce point éloigné de la vieille civilisation d'Europe. Elle trouve dans les couchers de soleil et dans la prière du vendredi une paix qui efface le monde. Elle côtoie des hommes et des femmes pittoresques et touchants auprès desquels, toujours ambiguë, elle se fait passer pour un homme, afin de perdre à chaque fois plus sa vieille identité figée.
Le lecteur sait que tout cela est illusoire, qu'on revient toujours de ses voyages et que nos mots, même nouveaux, sont interchangeables avec les mots des autres.
Lien : http://www.lie-tes-ratures.c..
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Cielvariable
  03 août 2013
Il faut vraiment être un adepte du récit de voyage et de "l'exotisme" version 19e siècle pour apprécier ce roman. Autrement, il est plutôt long et sans beaucoup de rebondissements.
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arslane
  31 août 2015
à lire
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   03 juillet 2016
Au milieu d’une plaine immense, d’un blanc qui passait au mauve, une grande ville blanche se dressait parmi les végétations obscures des jardins. Et la ville immaculée, au sein de cette plaine achromatique, semblait immatérielle et translucide, dans l’immensité fluidique de la terre et du ciel. Sans un toit gris, sans une cheminée fumeuse, Eloued lui apparut pour la première fois, telle une ville enchantée des siècles envolés de l’Islam primitif, comme une perle laiteuse, enchâssée dans cet écrin de satin vaguement nacré qu’était le désert…
Aucunes paroles ne lui eussent suffi pour exprimer la splendeur enivrante de ce spectacle – enivrante parce qu’éphémère et d’une infinie mélancolie en son essence.
Doucement il approchait, longeant maintenant une vague étendue où une infinité de petites dalles grises, caduques et penchées dans le sable, attestaient le lieu de repos éternel des Croyants.
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cascabelcascabel   15 mai 2020
On pose le brancard sur le sable et on se range en demi-cercle,la face tournée vers la direction de La Mecque:c'est la dernière prière pour Embarka.
Sur le tertre,que le vent commence déjà à effacer,on plante trois palmes,qui sécherons vite.
Hammou Hassine ,un homme grossier,laid et contrefait ,a disposé à terre,sur un mouchoir de coton rouge,des figues sèches et des galettes azymes:c'est la sadaka ,l'aumône rituelle qu'on fait aux pauvres en souvenir du défunt,et qui remplace les inutiles bouquets et couronnes en clinquant.
C'est fini.Nous nous en allons,à la débandade.Les vieux lettrés rigoristes n'ont pas accompagné le convoi de la suicidée.Seuls,les jeunes étudiants ont prié pour elle,parce que la jeunesse devine des choses que les hommes, pour la plupart,oublient dans la maturité.
Si rares sont ceux qui peuvent se développer longtemps!...On s'arrête vite de grandir par la pensée.
L'un d'eux m'a dit:"Elle était malheureuse!"Il ne savait probablement pas ce que c'est que le malheur.Quand les hommes ont compris la souffrance,ils deviennent durs.Ils ne compatissent plus ils condamnent...Et pourtant il me semble que le coeur devrait s'ouvrir de plus en plus.
Il y a des savants qui ont voulu apprendre jusqu'à leur dernier jour...Pourquoi ce qui est vrai dans l'intelligence le serait il moins dans l'éducation des sensations?Depuis que je vis dans cette zaouïa ,dans l'ombre de l'islam,depuis que j'ai la fièvre et que je suis seule,volontairement seule,j'ai pris certaines heures de mon passé turbulent en horreur,mes sens ont plus de délicatesse.Après cette retraite,si je reviens vers la vie qui passe,je saurai comprendre l'amour...
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CielvariableCielvariable   03 août 2013
Tout le grand charme poignant de la vie vient peut-être de la certitude absolue de la mort. Si les choses devaient durer, elles nous sembleraient indignes d'attachement.
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genougenou   03 juillet 2016
Les lointains se prolongent en des transparences infinies. À l’horizon, vers l’est, le Djebel Béchar monte, très bleu, commandant tout le pays, de Ben-Zireg à Kenadsa.
Le soleil s’élève lentement. Il nage en un océan de lueurs carminées qui se fondent insensiblement dans l’or vert du zé-nith*. [Je pense à des toiles de Noiré, le seul peintre qui ait compris toute la délicatesse des matins du Sud.

*…l’or vert du zénith. Le sable doré, les pierres d’un gris froid, métallique, s’irisent. Des reflets verts, des reflets orangés ou rouges, une patine fugitive sur l’aridité de cette colline.
Derrière la Barga, une autre vallée étroite comme un ravin, du sable gris semé d’écailles de pierre noire, puis une autre colline pierreuse...
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cascabelcascabel   23 avril 2020
"Un jour les chemins se séparent,les destinées s'isolent.C'est déjà beaucoup que d'avoir rencontré des amis.Quand ils nous font l'honneur de nous inviter à partager leur joie étrangère,montrons-leur tout ce que peut la fraternité des esprits.
Ne regrettons rien,puisque notre bonheur,et le leur,sera de nous laisser aller un jour à des courants mystérieux qui entraîneront nos âmes à la dérive vers des rivages impossibles.Alors nous goûterons l'ivresse des déchéances et des naufrages,et;nous égarant sur les immenses plages de la nuit,nous sentirons notre poitrine éclater sous la germination,des graines de douleur....."
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Videos de Isabelle Eberhardt (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Eberhardt
Tiffany Tavernier est écrivaine et scénariste. D'elle, on peut voir "Ça commence aujourd'hui" et "Holy Lola", tous deux réalisés par Bertrand Tavernier. D'elle, on peut lire "Dans la nuit aussi le ciel", "À table !", "Comme un miroir", "Isabelle Eberhardt, un destin dans l'islam" mais aussi "Roissy", l'histoire d'une femme “indecelable”.
Aujourd'hui, elle publie "L'Ami", paru aux éditions Sabine Wespieser. On y rencontre Thierry qui, un matin, se trouve face à des voitures de police arrêtées devant la maison collée à la sienne, celle de Guy Delric, son voisin, son ami. Et rapidement, on découvre que la police est là pour arrêter Guy, parce que cet homme a commis l'impensable, l'horrible.
Au cours de cette rencontre, Tiffany Tavernier nous parlera notamment de la fabrication d'un roman, de l'esprit d'une écrivaine qui capte une histoire, de la contradiction qui fonde l'être humain et le personnage littéraire, des sensations, de la sidération, du mal absolu...
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/17772903-l-ami-tiffany-tavernier-sabine-wespieser-editeur
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
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