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Marie-Odile Delacour (Éditeur scientifique)Jean-René Huleu (Éditeur scientifique)
EAN : 9782867462962
265 pages
Éditeur : Liana Lévi (31/01/2002)
3.67/5   12 notes
Résumé :

Dans l'Algérie sauvage et orgueilleuse, l'occupant français pose sa marque. Deux mondes opposés s'attirent et se rejettent... Écrites entre 1900 et 1904, les nouvelles d'Isabelle Eberhardt sont une initiation passionnée au monde arabe et au désert.
--Ce texte fait référence à l’édition




Broché
.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
aouatef79
  10 janvier 2018
"Yasmina est autres nouvelles" est un recueil de plus d' une vingtaine de nouvelles écrites entre 1900 et 1904 . Dans ces différentes nouvelles, Isabelle raconte son amour pour le Souf et toute sa région . Elle est marquée par la
simplicité , la modestie et la générosité de ses habitants doux, pacifiques et hospitaliers .
Isabelle a été envoûtée par toutes les contrées qu' elle a visitée .
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dido600
  18 décembre 2018
Certes, j'avais déjà lu des articles, des études et des ouvrages sur Isabelle Eberhardt, personnage de légende ; chaque auteur, selon son orientation politique ou son humeur, faisant pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Certains n'y ont vu que la Russe devenue (comme sa mère) musulmane, d'autres, l'amie du Maréchal Lyautey donc trop proche du corps militaire d'occupation (avec tout ce que cela entraîne comme doutes et suspicions), quelques uns n'ont pas apprécié sa manière de se vêtir et de vivre...
En réalité, on ne peut bien la découvrir qu'à travers ses reportages et ses «nouvelles», écrits à chaud, puisés du terrain (surtout les Hauts Plateaux et le Sahara) et, indirectement, de sa vie publique ou privée . Ils sont rares à être publiés, mais l'ouvrage présent est, peut-être, le plus représentatif de sa personnalité aventurière, certes, mais pas si enigmatique qu'on l'a prétendu.
Les «nouvelles» présentées sont un mélange difficile à démêler. Et, à partir d'un certain moment, on ne sait plus où s'arrête la fiction et où commence la réalité. Tant les valeurs essentielles du pays et les situations sont décrites avec force et vérité... avec un amour profond et sincère pour l'Algérie et ses populations.
de l'empathie à pleines pages. Avec des descriptions émouvantes, remuant les tripes, de la misère économique et sociale, de la pauvreté des «indigènes», avec des révoltes contre l'exploitation coloniale et les expropriations, l'aveuglement militaire, l'exploitation sexuelle et la prostitution, la solitude, la condition de la femme, la vie (si triste, si dure), avec l'inévitable grand amour (si beau mais si bref et parfois, si traître), avec l'acceptation fataliste de la mort (parfois si attendue) et avec la dénonciation des superstitions et de la pratique de la sorcellerie.
Vingt-trois textes, longs et courts, dont le plus émouvant (ils le sont tous, en vérité) est «Yasmina», l'histoire d'une toute jeune bédouine, bergère de son état, ayant succombé au charme d'un militaire «kefer», bel officier nouvellement débarqué de France... Par la suite, oubliée de son amant affecté ailleurs, abandonnée de tous, elle finira prostituée... toujours en attente de son amoureux. Une «histoire tirée par le cheveux» ? Oh que non, sûrement bien vraie... une parmi des centaines d'autres, l'occupation coloniale militaire s'étant accompagnée, toujours, d'une exploitation inimaginable de la femme. le repos du guerrier ?
Avis : Un style «(très) grand reportage»... qui date... mais pas prétentieux et, surtout, accessible aux rêveurs et aux nostalgiques.
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rotko
  04 juillet 2015
Yasmina, qui fait partie des "nouvelles algériennes" d'Isabelle Eberhardt, raconte une tragique histoire d'amour où la naïveté première de la jeune fille (elle a entre 14 et 15 ans) suscite l'intérêt puis la passion de Jacques, un officier français du corps des spahis. L'exotisme et un refus de la brutalité ambiante conduisent le jeune idéaliste à nouer une idylle éphémère (1) avec la jeune bédouine.
Citation :
(1) « Il ne comprenait plus combien cette première forme de son « moi » conscient avait été meilleure et plus belle que la seconde, celle qu'il devait à l'esprit moderne vaniteux, égoïste et frondeur qui l'avait pénétré peu à peu »
Plus qu'une nouvelle, je dirais que c'est un conte oral destiné à une lecture publique : on y reconnaît la peinture de personnages bien typés dont le narrateur explique les comportements, la présence de paysages , des dialogues, situations et péripéties propres à la séduction du public.
L'histoire est bien construite, un peu sur le modèle des chansons mélodramatiques de la même époque, où la pureté de l'amour se confronte à la vulgarité ambiante, où la jeune fille, trahie et abandonnée, devient la victime d'un égoïsme bien occidental.
L'écriture du conte oral, souvent habile dans le déroulement de l'histoire, cède alors à quelques clichés comme « Les fonctionnaires ignorants et brutaux, » ou « les paysans illettrés et obscurs ».
Dans Yasmina, Isabelle Eberhardt a la bonne idée de situer son histoire dans Timgad, la ville au passé romain, mais dont l'actualité devrait bien servir d'avertissement aux nations orgueilleuses qui visent la
domination :
Citation :
"Un amphithéâtre aux gradins récemment déblayés, un forum silencieux, des voies désertes, tout un squelette de grandes cité défunte, toute la gloire triomphante des Césars vaincue par le temps et résorbée par les entrailles jalouses de cette terre d'Afrique qui dévore lentement mais sûrement toutes les civilisations étrangères et hostiles à son âme.."
avertissement qui jette dès le départ une ombre sur l'idylle entre Jacques et Yasmina. Pourtant, Isabelle utilise pour ces moment heureux de leur liaison le même verbe :
-
Citation :
Elle vivait. Elle était heureuse simplement, sans réflexion etsans autre désir que celui de voir son bonheur durer éternellement.
(p 53)
-
Citation :
Jacques ne pensait plus, il vivait.
Et il était heureux.
(p.54).
En même temps on est frappé par le contraste entre les lieux, celui vierge et ensoleillé de leurs amours, et le Village-Noir de la fin.
Avant Claude Lévi-Strauss, Isabelle Eberhardt (1) aborde le thème de l'occident mortifère.
(1) Dans la vie courante, Isabelle Eberhardt "personnage enigmatique, vêtu d'un burnous blanc et coiffé du turban des nomades" se faisait appeler Mahmoud Saadi, nom sous lequel elle signait ses articles dans les journaux d'Alger.
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kouchebone
  07 octobre 2017
je viens juste de terminer ce livre que j'ai adoré, l'auteur nous fait voyager dans cette algérie profonde du début du siécle avec son regard d'européen.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   14 avril 2015
Elle avait été élevée dans un site funèbre où, au sein de la désolation environnante, flottait l'âme mystérieuse des millénaires abolis.

Son enfance s'était écoulée là, dans les ruines grises, parmi les décombres et la poussière d'un passé dont elle ignorait tout.

De la grandeur morne de ces lieux, elle avait pris comme une surcharge de fatalisme et de rêve. Étrange, mélancolique, entre toutes les filles de sa race : telle était Yasmina la Bédouine.

Les gourbis de son village s'élevaient auprès des ruines romaines de Timgad, au milieu d'une immense plaine pulvérulente, semée de pierres sans âge, anonymes, débris disséminés dans les champs de chardons épineux d'aspect méchant, seule végétation herbacée qui pût résister à la chaleur torride des étés embrasés. Il y en avait là de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de ces chardons : d'énormes, à grosses fleurs bleues, soyeuses parmi les épines longues et aiguës, de plus petits, étoilés d'or... et tous rampants enfin, à petites fleurs rose pâle. Par-ci par-là, un maigre buisson de jujubier ou un lentisque roussi par le soleil.

Un arc de triomphe, debout encore, s'ouvrait en une courbe hardie sur l'horizon ardent. Des colonnes géantes, les unes couronnées de leurs chapiteaux, les autres brisées, une légion de colonnes dressées vers le ciel, comme en une rageuse et inutile révolte contre l'inéluctable Mort...

Un amphithéâtre aux gradins récemment déblayés, un forum silencieux, des voies désertes, tout un squelette de grande cité défunte, toute la gloire triomphante des Césars vaincue par le temps et résorbée par les entrailles jalouses de cette terre d'Afrique qui dévore lentement, mais sûrement, toutes les civilisations étrangères ou hostiles à son âme...

Dès l'aube quand, au loin, le Djebel Aurès s'irrisait de lueurs diaphanes, Yasmina sortait de son humble gourbi et s'en allait doucement, par la plaine, poussant devant elle son maigre troupeau de chèvres noires et de moutons grisâtres.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   14 avril 2015
Mais, comme il passait devant le café d'Aly Frank, Yasmina bondit et s'écria :

- Mabrouk ! Mabrouk ! Toi !

Jacques avait, lui aussi, rien qu'à ce nom, reconnu Yasmina. Et un grand froid glacé avait envahi son cœur... Il ne trouvait pas un mot à lui dire, à celle que son retour réjouissait si follement.

Il se maudissait mentalement d'avoir eu la mauvaise idée d'amener là sa femme... Quel scandale ne ferait pas, en effet, cette créature perdue de débauche quand elle saurait qu'elle n'avait plus rien à espérer de lui !

- Mabrouk ! Mabrouk ! Tu ne me reconnais donc plus ? Je suis ta Smina ! Regarde-moi donc, embrasse-moi ! Oh ! je sais bien, j'ai changé... Mais cela passera, je guérirai pour toi, puisque tu es là !...

Il préféra en finir tout de suite, pour couper court à cette aventure désagréable. Maintenant, il possédait presque en perfection cette langue arabe dont elle lui avait appris, jadis, les premières syllabes, et lui dit :

- Écoute... Ne compte plus sur moi. Tout est fini entre nous. Je suis marié et j'aime ma femme. Laisse-moi et ne cherche plus à me revoir. Oublie-moi, cela vaudra mieux pour nous deux.

Les yeux grands ouverts, stupéfaite, elle le regardait... Alors, c'était donc vrai ! La dernière espérance qui la faisait vivre venait de s'éteindre.

Il l'avait oubliée, il était marié et il aimait la roumia, sa femme !... Et elle, elle qui l'avait adoré, il ne lui restait plus qu'à se coucher dans un coin et à y mourir comme un chien abandonné.
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aouatef79aouatef79   17 janvier 2018
Dans le décor figé des dunes , dans la ville singulière aux mille coupoles ,le malaise qui étreignait l'âme fruste du paysan atteignit un degré d'intensité proche du désespoir . C' était si loin , ce pays perdu , et l’œil ne trouvait rien
de connu , rien de familier sur quoi se reposer de tout cet éblouissement morne . Et le tringlot errait dans cette vie nouvelle ,accablé , le cœur en détresse .Il lui arrivait même de pleurer , la nuit , en pensant à la ferme de ses parents et aux chers vieux .
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aouatef79aouatef79   10 janvier 2018
Assise sur une pierre, à l'ombre d' un rocher rougeâtre où des genévriers odorants croissaient , Yasmina jouait distraitement avec des brindilles vertes et chantait une complainte bédouine où, comme dans la vie , l' amour et la mort se côtoient .
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Vidéo de Isabelle Eberhardt
Tiffany Tavernier est écrivaine et scénariste. D'elle, on peut voir "Ça commence aujourd'hui" et "Holy Lola", tous deux réalisés par Bertrand Tavernier. D'elle, on peut lire "Dans la nuit aussi le ciel", "À table !", "Comme un miroir", "Isabelle Eberhardt, un destin dans l'islam" mais aussi "Roissy", l'histoire d'une femme “indecelable”.
Aujourd'hui, elle publie "L'Ami", paru aux éditions Sabine Wespieser. On y rencontre Thierry qui, un matin, se trouve face à des voitures de police arrêtées devant la maison collée à la sienne, celle de Guy Delric, son voisin, son ami. Et rapidement, on découvre que la police est là pour arrêter Guy, parce que cet homme a commis l'impensable, l'horrible.
Au cours de cette rencontre, Tiffany Tavernier nous parlera notamment de la fabrication d'un roman, de l'esprit d'une écrivaine qui capte une histoire, de la contradiction qui fonde l'être humain et le personnage littéraire, des sensations, de la sidération, du mal absolu...
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/17772903-l-ami-tiffany-tavernier-sabine-wespieser-editeur
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
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