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ISBN : 2369140135
Éditeur : Libretto (14/03/2013)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 43 notes)
Résumé :
À Copenhague en 1925 Einar Wegener et Greta Wauld, son épouse, forment un couple original. Lui est petit, discret, peintre délicat et reconnu. Elle, peintre également mais de moindre talent, est une grande Américaine, blonde fortunée que l'on remarque. Tous deux mènent une vie confortable jusqu'au jour où Greta, en manque de son modèle féminin, demande à Einar de bien vouloir enfiler une paire de bas et d'escarpins pour qu'elle finisse son tableau.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
MlleJuin
  06 novembre 2015
Ce qu'il faut savoir avant tout c'est que David Ebershoff, qui s'est imprégné de l'histoire d'Einar Wegener/Lili Elbe entre autres grâce au livre « Man into woman » ( regroupant les écrits personnels du peintre – malheureusement non traduit en français ), nous livre avec « Danish Girl » une vision romancée des faits. Il n'a à aucun moment la prétention de se poser en biographe. En note de fin de livre il précise d'ailleurs qu'il n'a fait qu'imaginer ce qui avait pu se passer en arrière-plan de l'aspect médiatique des choses; il s'est intéressé à la psychologie des personnes impliquées, Greta et Einar en tête bien sûr, et à la perception très personnelle qu'elles ont pu avoir de tout ces évènements.
Il pénètre au coeur de l'histoire du couple par le biais d'une plume précise et subtile à la fois, livrant à son lecteur les pensées les plus intimes de ses personnages sans pour autant se montrer intrusif, avec beaucoup de douceur et de pudeur, beaucoup de tact aussi.
Le livre se divise en 4 parties, chacune étant consacrée à une période chronologique marquant une étape importante dans le cheminement d'Einar vers la liberté: on le découvre d'abord à Copenhague dans les années 20, peintre reconnu et époux à la fois présent et distant qui prend conscience par accident de sa vraie nature, puis à Paris à la toute fin de la décennie, ayant fui le Danemark sur les conseils de sa femme pour donner à Lili la possibilité d'être elle-même, en Allemagne ensuite, en 1930, après avoir pris la décision de donner corps à son intime conviction et, pour finir, de retour à Copenhague, en 1931, pour débuter une nouvelle vie faite de promesses et d'espoirs.
Einar et Greta, tous deux peintres, forment un couple à la fois fusionnel et improbable. Elle est issue d'une famille riche, expatriée aux Etats-Unis, lui a grandi dans un marais danois inhospitalier et, quand ils se rencontrent à l'école d'Art de Copenhague, c'est elle qui prend les devants pour que leur histoire voit le jour. Elle est aussi grande et solide qu'il est mince, petit et d'une constitution fragile, mais c'est lui qu'elle veut pour mari.
En 1925, ils sont mariés depuis plusieurs années déjà et leur couple fonctionne bien malgré l'absence d'enfant et le désintérêt grandissant d'Einar pour les choses de l'amour. Ils peignent ensemble dans leur appartement baigné de lumière, chacun dans son atelier, lui des paysages mornes, elle des portraits, et coulent des jours heureux.
Un jour où son amie et modèle lui fait faux bond, Greta demande à son mari d'enfiler une paire de bas et des chaussures de femme pour qu'elle puisse finir son tableau. Bien que frileux au départ, il finit par accepter devant l'insistance de sa moitié. Cet acte, anodin en apparence, marque le début d'une nouvelle vie qu'aucun d'eux n'aurait pu imaginer.
Bien que des indices aient été disséminés de-ci de-là sur leur chemin, ni l'un ni l'autre n'avait envisager qu'un tel raz-de-marée puisse s'abattre sur leur couple. Cette séance de pose réveille en effet en Einar des sensations enfouies au plus profond de lui, étouffées depuis longtemps, depuis toujours, et amorce en lui un changement contre lequel il ne peut pas lutter. Saisi par le contact des vêtements féminins contre sa peau, il lui semble retrouver enfin ce qu'il n'avait pas vraiment conscience d'avoir perdu. Ses jours se partagent désormais entre les moments où, habillé en homme, il est Einar et passe le plus clair de son temps à peindre et où, habillée en femme, il est Lili et flâne dans l'appartement .
Et là où n'importe quelle femme aurait pris peur, Greta, qui a indirectement et involontairement participé à l'émergence de cette nouvelle facette de son mari, entre de plein pied dans le « jeu » et l'alimente. Fascinée par la femme qu'elle découvre dans l'homme avec lequel elle vit depuis presque 10 ans déjà, elle trouve en elle, désormais troisième composante de leur couple, la muse parfaite. Sa peinture évolue et elle devient enfin l'artiste qu'elle a toujours rêvé d'être. Prise dans un piège qu'elle a contribué malgré elle à construire, elle se retrouve l'otage consentante d'une relation à trois qui la rend tout à la fois heureuse et inquiète. Ne sachant comment réagit à la présence de plus en plus pressante de Lili au sein de son foyer, ne voulant pas non plus brusquer Einar et le blesser ( souhaitant plus que tout au monde son bonheur), elle cache ses angoisses et devient pleinement actrice de l'épanouissement de la nouvelle venue. C'est notamment elle qui lui offre son entrée dans le monde, sans s'imaginer un seul instant qu'en gagnant une amie elle perd peu à peu son mari.
Greta accompagne donc Einar à chaque étape de sa transformation, des premières sorties en ville aux opérations décisives, c'est elle qui présente Lili à la société danoise puis parisienne, elle encore qui la conseille dans ses tenues et lui offre des bijoux… elle est sa meilleure alliée.
A partir du moment où Einar prend conscience de sa différence, les changements s'opèrent finalement assez vite. de quelques heures passées en femme au tout début il en vient rapidement à passer l'essentiel de sa journée, de ses nuits même, en Lili. Elle prend de plus en plus de place dans sa vie et passer d'une identité à l'autre devient rapidement épuisant moralement pour lui. Bientôt, en quelques années, il n'a plus d'autre choix que de tirer définitivement un trait sur celui qu'il a été pour être enfin celle qui a finalement toujours voulu être.
On se fait donc le témoin de ce cheminement semé d'embûches et on comprend assez vite que Lili apporte autant à Einar qu'à Greta. Bien loin de ne traiter que de la métamorphose d'une seule personne, « Danish Girl » est le récit de la transformation d'un couple.
On est évidemment curieux de savoir comment les choses s'enchaînent et comment un homme, peintre respecté et mari aimant et aimé, en vient à s'appeler Lili et à adopter officiellement son identité, mais le plus intéressant ne sont pas les détails techniques de l'histoire mais bien le cheminement psychologique de chacun des personnages.
Il est touchant de voir qu'Einar, qui en fait savait depuis toujours, a posé un voile épais sur tout ce qui lui disait, qui lui hurlait même, qu'il était une femme. Il a refoulé ses souvenirs d'enfance, ses premières impressions et sensations féminines, au point que ceux-ci sont absents de la mémoire de Lili. Lui et elle ne sont qu'une seule et même personne mais c'est tellement violent à admettre, même et surtout pour lui, que son esprit les dissocie.
Il est également émouvant de constater que, malgré ses peurs, ses tâtonnements et son envie de rester la femme d'Einar, Greta plonge tête la première dans la transformation de son mari. Elle n'essaie à aucun moment de le stopper dans sa course vers la liberté et le bonheur et devient au contraire son aide la plus précieuse. Elle l'accompagne dans ses premiers pas en ville, prend pour lui la décision d'aller vivre à Paris, où Lili peut vivre sans le poids du regard des gens, l'écoute, le soutient, s'inquiète de sa santé ( de ses mystérieux saignements notamment ) et l'emmène voir des médecins dans le seul but de trouver une solution à son mal-être – et le rassure quand certains mettent en doute sa santé mentale, mettant son propre intérêt au second plan. C'est elle encore qui le convainc de rencontrer le chirurgien capable de faire de lui une « vraie » femme ( je mets des guillemets parce qu'être une femme ne tient évidemment pas qu'à l'apparence ) et qui reste à ses côté lors de ses premières opérations. Et c'est elle enfin qui coupe le lien qui les unissait pour donner à Lili sa liberté et reprendre la sienne.
C'est donc bien sûr un roman sur l'identité, mais c'est surtout un roman sur l'amour et l'acceptation de l'autre.
C'est un livre riche et qui, même s'il est en très grande partie une fiction, nous permet d'avoir un petit aperçu de ce qu'à peu être le destin de celui qui a subi la toute première opération de réattribution sexuelle. Décédée des suites d'une tentative de greffe d'utérus, Lili, qui voulait plus que tout être mère pour se sentir enfin et définitivement femme, n'a malheureusement pas pu vivre la vie à laquelle elle aspirait et pour laquelle elle s'est battue.
« Danish Girl » est, pour finir, un roman qui marque par son humanité. le point de vue de l'auteur n'est à aucun moment voyeuriste ou sensationnel mais pétri de respect et d'humilité. Je n'ai aucun mal à comprendre qu'on ai voulu en faire un film, et je ne peux que m'en réjouir dans le sens où il y a des chances qu'il soit vu par le plus grand nombre et qu'il concourt à faire avancer les mentalités.
Lien : https://mllejuin.wordpress.c..
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Knapy
  08 avril 2016
J'ai refermé ce roman il y a seulement quelques minutes et j'ai vraiment eu envie de le partager avec vous, car il s'agit l'un d'une petite perle, un truc assez rare que pour qu'on ait envie de le montrer au monde entier, et comme je me vois mal porter le bouquin de 370 pages autour du cou, je préfère vous en parler ici.
Einar Wegener est un peintre danois qui a épousé une de ses étudiantes, Greta Wauld héritière californienne passionnée par la peinture. Ce couple atypique fait son petit bout de chemin, sans enfant, et sans encombre. Un jour alors qu'une de ses modèles lui pose un lapin, Greta demande à Einar d'enfiler des bas et des hauts talons afin que son épouse puisse terminer le portait en cours. Mal à l'aise dans les premières minutes, Einar fini par se prendre au jeu et ne s'offusque pas lorsque sa compagne l'appelle Lili. A partir de ce jour-là, tout bascule dans la vie du jeune peintre, et les questions sur son identité profonde voient le jour.
Lili et Einar partagent un seul corps, l'auteur présente cette relation intérieure très conflictuelle par le biais d'une schizophrénie mal assumée. On suit le parcours de ces deux moitiés d'identité perdues au milieu de ce corps parfois encombrant. Mais le lecteur, lui, ne s'y perd pas, on sait toujours très exactement à qui on a à faire, Einar ne s'exprime pas comme Lili, qui elle n'adopte pas le même comportement ni la même gestuelle que son pendant masculin. Je ne rentrerai pas dans les détails de l'histoire, je pense que chaque lecteur aura une lecture très particulière, très personnelle de « Danish Girl ».
Ce roman est très bien écrit (traduit ?) l'auteur trouve les bonne descriptions, les bons termes pour nous emmener à travers une histoire délicate, et un petit peu parfumée. Je me suis sentie comme dans un musée, à observer un tableau sur la complexité de l'être humain, ses relations, et les moeurs d'une époque que je n'ai pas connue. L'écriture m'a permis de visualiser les lieux, sentir l'étoffe des vêtements et l'ambiance des rues de villes que je n'ai jamais vues, et tout cela était sacrément joli.
J'ai refermé ce roman il y a quelques minutes et je l'ai tenu simplement dans mes mains parce que je savourais l'instant présent.
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Cellardoorfr
  03 janvier 2018
Dans ce roman, David Ebershoff a réussi à parler d'un sujet délicat et complexe avec justesse et pudeur. Sans voyeurisme aucun, sans sensationnalisme, il nous présente le parcours d'un homme qui réalise sa dualité. C'est son épouse, lors d'une séance de pose innocente (elle a besoin d'un modèle pour terminer son tableau et demande à son mari de mettre des bas) qui va lui permettre de faire naître Lili, cette femme qui sommeille en lui et qui remontera de plus en plus souvent à la surface jusqu'à occuper complètement le devant de la scène.
D'emblée, je peux vous dire que ce roman est vraiment bien écrit, avec beaucoup de descriptions qui permettent d'imaginer chaque scène, chaque lieu, chaque robe de Lili. C'est parfois très lent. Danish Girl est un roman d'ambiance, un roman coupé en quatre parties qui nous permet de passer du Danemark à la France puis à l'Allemagne dans des milieux et des contextes très différents les uns des autres.
Greta est certainement le personnage qui m'a le plus touchée (et d'ailleurs, c'est aussi elle qui m'avait le plus interpelée dans le film). Pourquoi ? Et bien tout simplement pour sa gentillesse, pour sa tolérance et aussi pour l'amour profond qu'elle éprouve pour Einar, un amour qui lui permet de passer au-delà de tout le reste. Ce qu'elle fait pour lui… C'est quand même fort. Et en retour j'ai souvent trouvé Einar/Lili égoïste et injuste. Comme s'il/si elle ne prenait pas la juste mesure du dévouement dont fait preuve Greta.
Dans le film, j'avais été frustrée d'en savoir peu sur elle et l'auteur a réussi à combler mes frustrations (même s'il a fait de Greta, un personnage un peu différent de la vraie Gerda Wegener (oui parce qu'il a aussi légèrement modifié son prénom). Il en a fait une femme pleine de caractère et surtout, terriblement en avance sur son temps. Une vraie pionnière, un vrai esprit libre qui entend bien se libérer de tous les carcans imposés par la société, par sa famille… Une femme moderne dans les années 30 qui accepte de perdre celui qu'elle aime pour qu'il puisse enfin accéder au bonheur. Autant d'informations sur un personnage qui nous permettent de mieux comprendre ses démarches et la liberté et l'abnégation dont elle fait preuve en toutes circonstances.
J'ai bien aimé ma lecture, vraiment et j'en garderai un bon souvenir mais j'ai fermé le livre avec beaucoup de tristesse et surtout, en étant terriblement mal à l'aise. Non pas à cause du sujet (bien que cela soit forcément lié) mais surtout à cause du personnage d'Einar/Lili.
La question de la transsexualité m'a toujours beaucoup intéressée. Non pas que je considère ces hommes et ces femmes comme des phénomènes de foire à étudier comme des cobayes, loin de là, mais j'ai toujours été fascinée par ces parcours chaotiques et si compliqués tout en me disant que ce devait sans doute être l'une des choses les plus traumatisantes par lesquelles on puisse passer. Se sentir homme dans le corps d'une femme ou inversement est quelque chose que je ne peux évidemment pas comprendre, j'en suis parfaitement consciente, mais je me suis toujours dit que je pouvais l'imaginer. Oui, j'ai cette prétention. Je conçois qu'on puisse se sentir en décalage avec le sexe que la nature nous a attribué. Mais il faut croire qu'en réalité, je ne suis pas aussi compréhensive que je le pensais…
Car le personnage d'Einar a fini par me perdre.
Tout au long du roman, j'ai essayé de le comprendre. J'ai compris son besoin de s'habiller en femme, j'ai compris son besoin de s'affirmer en tant que telle. J'ai même compris sa première opération, mais moins son acharnement à multiplier les interventions pour obtenir tout l'attirail de l'appareil reproducteur féminin. A bien des reprises, j'avais juste envie de lui dire « Ma petite Lili, tout se passe bien pour toi, ta femme t'as soutenue dans ta volonté de changer de sexe (ce qui n'aurait pas été donné à tout le monde, crois moi), tu bénéficies d'un cercle d'amis qui te soutient sans te juger, tu as changé tes papiers, tu es reconnue comme femme à part entière alors pourquoi vouloir faire une greffe d'utérus ? On est en 1931 bordel ! Tu vas te faire charcuter ! ». L'opération m'a semblé d'autant plus folle qu'au moment de sa greffe d'utérus, la vraie Lili (qui, comme le personnage d'Ebershoff, voulait apparemment avoir des enfants), avait déjà… 49 ans ! C'était pas un peu tard pour ça, sérieux ?
Il n'y a rien de plus beau que de voir des personnages en souffrance atteindre enfin le bonheur et obtenir ce qu'il leur manque. Malheureusement, je n'ai pas été heureuse pour Lili car j'ai trouvé que sa quête la poussait toujours plus loin en avant alors qu'elle aurait dû se contenter de ce qu'elle avait et savourer ses premières victoires que je trouve déjà stupéfiantes, surtout pour l'époque. Et c'est là où je me rends compte que mon empathie et ma compréhension du sujet a ses limites. J'imagine que Lili, malgré ses premiers changements, considérait qu'elle était encore incomplète. Et que ce qui prend des airs d'acharnement à mes yeux (repartir pour une opération alors qu'elle souffre tellement des séquelles des précédentes, c'est de la folie), n'était en réalité qu'une suite logique pour elle. N'empêche qu'à cause de la distance qui s'est peu à peu établie entre Lili et moi, je n'ai pas pu voir son parcours comme une quête de liberté mais comme une course vers la mort. Mais évidemment, ce sentiment étrange tient certainement au fait que je savais que Lili Elbe était morte d'une infection suite à sa dernière opération. Dans les derniers chapitres, je la voyais donc partir pour la mort quand elle partait juste pour clore le chapitre de son ancienne vie… et commencer une nouvelle.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre mais la dernière partie, pour moi, est ceinte d'une auréole morbide et triste, avec les scènes à l'hôpital, ce qui m'a plongée dans un état désagréable.
Lien : http://cellardoor.fr/critiqu..
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GabrielleTyler
  17 mai 2018
Hello !
Vous avez tous certainement déjà entendu parler du film The Danish Girl, sorti en janvier 2016 : je suis allée voir ce film au cinéma à sa sortie et, comment dire… J'ai été totalement bouleversée, j'étais en larmes quand les lumières se sont rallumées dans la salle, ce film a été une véritable claque ! Je l'ai d'ailleurs revu au moins 3 fois depuis, et je pense pouvoir dire qu'il s'agit de mon film préféré !
J'ai donc été très contente quand Priscila m'a offert le livre en VO dans notre swap « D'art D'art » à Noël dernier, et comme elle ne l'avait pas encore lu non plus, nous avions convenu d'une lecture commune, qui s'insérait très bien dans la catégorie « Fall in love » du « Pumpkin Autumn Challenge ».
Cependant avant toutes choses, j'aimerais revenir sur le résumé de ce livre : personnellement je trouve qu'il ne convient pas du tout au livre (tant la version VO que la version VF) ! Les deux versions présentent le moment où Greta demande à Einar de poser pour elle avec une robe de danseuse, comme le « déclencheur » de la transformation de ce dernier… Comme s'il s'était toujours senti homme, et que le fait de porter des vêtements de femme l'aurait changé… Je ne suis pas d'accord ! Cela peut être une ambiguïté dans le film, j'en conviens, mais dans le livre il est dit clairement à plusieurs reprises qu'Einar avait toujours senti Lili en lui, qu'il portait cela comme un secret. Et l'épisode de la robe de danseuse constitue plutôt le moment où Greta voit son mari sous une allure plus féminine, ce qui va la conduire à l'encourager à recommencer, et ce sont ces encouragements qui vont « réveiller/révéler » Lili ! Voilà, j'avais juste envie de faire le point là-dessus xD
Concernant le livre donc : j'avais peur que passer du film au livre me fasse perdre les émotions ressenties (le pouvoir des images et de la musique, etc)… Mais pas du tout ! Sans pour autant m'émouvoir aux larmes, ce livre m'a beaucoup émue, j'ai trouvé la façon d'écrire de David Ebershoff très poétique et douce, ce qui convient très bien à l'histoire ! La focalisation interne nous permet d'ailleurs d'avoir complètement accès aux pensées, doutes, peurs d'Einar/Lili, ce qui est très touchant.
Concernant d'ailleurs les pensées des personnages : la psychologie des personnages est vraiment très travaillée ! Il s'agit moins de raconter l'histoire de la première opération transgenre de l'histoire, que de donner à voir le vécu de ces personnages : comme je l'ai dit la transition d'Einar, mais aussi – et surtout – la manière dont Greta vit ce changement ! Dans le film, Greta reste un personnage secondaire, on voit qu'elle souffre de la situation tout en encourageant Lili, mais l'accent n'est pas mis sur son vécu de la situation ; alors qu'ici un grand travail est effectué sur son personnage et sa manière de se reconstruire également. On s'attache beaucoup plus à elle, on comprend mieux ce qu'elle vit et tout le chemin qu'elle a dû parcourir !
J'ai également apprécié le fait qu'on en apprenne plus sur le passé des personnages que dans le film : pareil, surtout pour Greta dont on ne sait finalement rien de la vie passée dans le film !
Pour le style, comme je vous l'ai dit, je l'ai trouvée très doux et poétique ! Mais je l'ai lu en VO, et donc ça a été moins facile pour moi de faire attention au style d'écriture. Toutefois, j'ai trouvé très pertinent de la part de l'auteur de jouer avec les noms Einar/Lili (quand le personnage se sent Einar, ses actions sont décrites avec « Einar » comme sujet de la phrase ; et quand il se sent Lili, ses actions sont décrites avec « Lili » comme sujet de la phrase) : on sent alors bien la personnalité trouble du personnage, la manière dont il lutte avec ses deux identités, mais aussi comment peu à peu Lili prend le pas sur Einar, au fil du livre…
Juste petit point négatif pour terminer : comme je connaissais déjà très bien l'histoire, il faut dire que je me suis parfois un peu ennuyée dans ma lecture… Mais ce n'est pas un problème interne au livre : il ne se serait pas posé si je n'avais pas vu le film !
Bref, une excellente lecture, douce et émouvante, que je conseille à tous !

Lien : http://leboudoirbibliotheque..
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Aurorum
  28 janvier 2016
Je viens de finir Danish Girl, je l'ai beaucoup aimé mais il y a quelques points qui m'ont dérangé.
Tout d'abord, le livre est basé sur des faits réels mais seulement en partie. Les dates, les lieux et l'histoire générale sont plutôt fidèles à ce qui s'est réellement passé. Mais certaines choses, que je trouve personnellement cruciales, ont été changé comme notamment le nom et la nationalité de Gerda Wegener (né Gottlieb), danoise qui est devenue Greta Wegener (né Waud), américaine. Surtout que les chapitres du point de vue de Greta quand elle se souvient de sa vie en Californie sont ceux qui m'ont le plus ennuyé surtout les descriptions de Pasadena, de sa vie de fille de bonne famille qui n'ont pas grand intérêt.
En revanche, j'ai aimé découvrir et apprendre à connaître Einar, le timide peintre, qui deviendra Lili après avoir posé habillé d'une robe pour Greta, peintre elle aussi, pour remplacer son modèle absente. Lili s'épanouie dans l'esprit d'Einar, faisant des apparitions dans l'appartement du couple à Copenhague, puis dans les jardins de la ville avant de définitivement s'installer. S'en suit alors des doutes et des épreuves pour Einar plus que pour Lili mais épaulé par Greta et transporté par sa volonté de nouvelle vie, il va enfin devenir celle qu'il a toujours été et participer à la première opération de réattribution sexuelle.
Un très bon roman, élégant et délicat sur l'amour et l'acceptation de soi.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AurorumAurorum   25 janvier 2016
Lili portait une robe en mousseline, avec un col et des poignets marins. La robe faisait un léger bruit à chacun de ses pas et Lili préférait se concentrer sur ce bruissement afin d'oublier l'épreuve qui l'attendait. Greta lui avait prêté un collier de perles à trois rangs qui lui cachait presque entièrement le cou. Lili portait une cape en velours, achetée le matin même chez Fonnesbech, et Greta lui avait accroché la broche en diamant jaune et onyx, une broche en forme de papillon.
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AurorumAurorum   27 janvier 2016
Greta songea à un portrait en pied, sur la terrasse : les cheveux et l'ourlet de la robe soulevés par la brise, une jolie tache floue pour rendre les petites roses marron imprimées sur le tissu, et l'expression, sur le visage de Lili, serait exactement celle de son mari en cet instant - anxieuse, brûlante, la peau rouge et tendue par l'émotion, comme près de se déchirer.
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AurorumAurorum   27 janvier 2016
Henrik fit attendre Lili près de vingt minutes sous le réverbère. Elle commença à craindre qu'il n'eût changé d'avis, soupçonnant peut-être quelque chose à son sujet. Elle avait très peur de se retrouver seule dans la rue. Mais, d'un autre côté, elle se sentait grisée par une sensation de liberté, par l'impression de pouvoir faire tout ce qui lui plaisait.
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anonymeyeranonymeyer   16 octobre 2013
Elle avait du mal à comprendre comment on pouvait passer son temps à créer puis s'arrêter brutalement. Elle supposait que cette envie- ce besoin de se planter devant une toile blanche la tête bourrée d'idées et de craintes- s'était transférée sur Lili.
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AurorumAurorum   25 janvier 2016
De plus en plus souvent, Greta restait éveillé et pensait à Lili, à son visage de paysanne, à son léger frémissement de la lèvre supérieure et à ses yeux si sombres et si brillants qu'elle semblait toujours au bord des larmes. Elle pensait à son petit nez charnu qui la faisait ressembler à un bébé encore en formation dans le ventre de sa mère.
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The Danish Girl, film 2015 - Official Trailer
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