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EAN : 9782707318121
223 pages
Éditeur : Editions de Minuit (11/01/2003)
3.52/5   181 notes
Résumé :
Si vous en étiez restés à la classique formule existentielle sur l'enfer, il faut absolument que vous lisiez le dernier roman de Jean Echenoz où les fonds infernaux font peau neuve. L'enfer n'est plus les autres. L'enfer, c'est ne jamais retrouver une personne que l'on devait absolument retrouver. En apparence, l'histoire est on ne peut plus simple : Max, un pianiste alcoolique qui pourrait être la métaphore de l'écrivain lui-même, est amoureux d'une femme à qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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sur 181 notes
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Marcelline
  31 octobre 2012
Ah, que voilà, pour moi, un excellent remède (non remboursé par la Sécurité Sociale mais garanti sans effets secondaires nocifs) contre la morosité, le cafard, la déprime, le spleen, le blues!...
C'est avec infiniment de plaisir et le sourire aux lèvres du début à la fin que je viens de replonger dans un livre d'Echenoz.
Pour une fois, la quatrième de couverture n'en disait pas trop, parlant uniquement de la pratique astreignante du piano. Cela m'a laissé le plaisir de la surprise, que je ne dévoilerai pas non plus, mais qui intervient à la fin de la première partie.
Et, en effet, le texte est clairement divisé en trois parties, assez différentes: tout d'abord, une entrée en matière que j'ai trouvée assez jubilatoire, dans laquelle je me suis régalée de l'humour de l'auteur et de son écriture, à la fois détachée et tellement riche; s'enchaînent ensuite deux parties, auxquelles je ne m'attendais donc pas en entamant ma lecture, mais que j'ai beaucoup aimées aussi par la réflexion qu'elles peuvent entraîner pour le lecteur, si celui-ci le souhaite.
Une nouvelle fois pour moi, un excellent moment avec Echenoz, qui me ravit par son écriture et aussi, ici, par son imagination!
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deuxmotspassant
  14 décembre 2020
Ce roman de Jean Echenoz se subdivise en trois parties distinctes.
La première nous fait découvrir le personnage principal de l'histoire : un pianiste concertiste quelque peu emprisonné par les contraintes de son art. Jusqu'ici, on ressent une totale symbiose entre le titre et les écrits de l'auteur.
Viennent ensuite les deux autres chapitres de l'histoire assez décalés par rapport au précédent.
J'avoue avoir éprouvé quelques difficultés à accrocher les parties entre elles, sans en dire trop. Quelques longueurs dans les descriptions nous mènent vers une fin très philosophique à mon goût.
Un roman assez surprenant où des grands thèmes sont abordés, bien écrit.
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nbocklandt
  12 juin 2018
« Il a peur. Il va mourir violemment dans vingt-deux jours mais, comme il l'ignore, ce n'est pas de cela qu'il a peur. » Avec cette phrase, le lecteur en sait davantage que le personnage du livre et Jean Echenoz joue ainsi avec nos expectatives et atise notre imagination. Bien joué ! La première partie du livre est excellente.
N'étant pas particulièrement attirée par les écrits surnaturels, j'ai eu beaucoup de difficulté avec la deuxième partie du livre. Et je me suis demandé quel était le message que l'écrivain voulait faire passer.
La troisième partie ne nous laisse pas dans le vide. En fait le message est clair : l'enfer c'est de ne pas avoir osé faire des choses de notre vivant, d'avoir laissé filer les occasions, par crainte et manque de confiance en soi.
Mais j'aime la façon d'écrire de Jean Echenoz, et rien que la première partie en vaut la peine...
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Pasoa
  26 février 2017
Je le confesse d'emblée, je ne suis jamais tout à fait rentré dans ce roman.
Le premier chapitre du livre donne à voir le quotidien quelque peu désordonné de Max, pianiste de musique classique renommé, assez versé sur l'alcool.
Passées les anecdotes assez efficaces sur la vie du pianiste un peu malgré lui, le récit va ensuite s'arrêter sur la silhouette d'une femme : celle d'une violoncelliste talentueuse, que Max a perdu de vue depuis quelques années et dont il est secrètement épris. Notre homme va alors tout mettre en oeuvre pour retrouver cette ravissante femme. Un soir pourtant, il se fait très violemment agressé dans la rue par des inconnus. Il y perdra la vie.
Sans en révéler tout le contenu, les deux chapitres qui suivent (et qui constituent la suite et la fin du livre) jouent sur un mode un peu décalé voire déroutant : Max est recueilli dans un hôpital quasi vide dirigé par un homme étrange. Après une importante opération chirurgicale et une période de convalescence, il lui sera permis de retourner sur terre à une seule et unique condition : celle de ne pas approcher par quelque manière que ce soit toutes les personnes qu'il connaissait jusque avant l'agression qui lui coûta la vie.
C'est dès ce deuxième chapitre que le récit devient, selon moi, quelque peu confus, étrange. L'auteur mêle avec peu de réussite le plausible et l'improbable et l'objet, l'intrigue du livre perd beaucoup de son intensité. Dommage.
"Au piano" n'est sans doute pas le meilleur roman de Jean Echenoz. Ce sentiment ne m'empêchera cependant pas de continuer à lire un auteur que j'apprécie beaucoup.
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Herve-Lionel
  25 avril 2014
N°408 – Mars 2010
AU PIANOJean ECHENOZ – Éditions de Minuit .
C'est l'histoire d'un homme, Max Delmarc, pianiste de concert, un peu alcoolique, qui vit dans son monde parisien, éternel amoureux des femmes mais un peu timide, un peu gauche dans ses attitudes, du genre admirateur plus que complice et qui préfère laisser au hasard le soin d'organiser les rencontres avec elles. Il va mourir dans 22 jours de mort violente, mais, bien entendu, ne le sait pas encore. Il est accompagné, presque comme son ombre par Berni, sorte de factotum, d'acolyte qui veille sur lui et le suit partout, Parisy, son imprésario, un parfait imbécile qui ne pense qu'à l'argent et ne connaît rien à la musique. Puis il y a les femmes, Alice, tout d'abord, sa soeur qui vit avec lui, à côté de lui. Ces deux êtres s'ignorent mais se croisent. Puis il y a les autres femmes, Rose, sorte de beauté intemporelle idéalisée, un amour tout ce qu'il y a de plus platonique, à qui il pense toujours bien qu'elle appartienne à un passé vieux de trente ans, et donc au souvenir, et qu'il croit voir partout (Rose, pour lui, c'est une véritable obsession au point qu'il la poursuit dans le métro, mais elle reste une ombre), et « la femme au chien » qu'il n'ose vraiment aborder.
La mort annoncée de Max se produit à la sortie d'un gala de bienfaisance, elle est violente. A partir de ce moment, par le biais d'une sorte de mise en abyme, il se retrouve dans une clinique bizarre, le Centre, où il rencontre un certain Béliard, une sorte de double de Berni. Là, il rencontre Doris Day avec qui il passe une torride nuit d'amour et Dean Martin. Tous deux semblent ne pas vouloir se souvenir de leur vie terrestre. On peut y voir une allégorie du purgatoire puisque ici on ne reste pas longtemps et on attend d'être envoyé soit au parc (le paradis?) soit en section urbaine (l'enfer qui n'est autre que la terre). Il revient donc sur terre, mais on lui interdit de rencontrer quiconque faisait partie de sa vie d'avant. Il passe par l'Amérique du sud pour rejoindre Paris où il change complètement de peau comme on abandonne un costume devenu trop petit mais enfreint quelque peu les consignes de Béliard qui lui-même prend quelques libertés avec la règle. A la fin, ce n'est pas Max mais Béliard qui part avec Rose devenue bien réelle, mais qui est pour un autre!
L'auteur se fait à la fois le narrateur et le complice d'un Max qui finalement a passé sa vie à se laisser porter par les événements.
J'aime bien l'humour et le phrasé de Echenoz qui, même s'il n'est pas vraiment académique, distille une sorte de musique autant qu'un univers à la fois quotidien, banal mais néanmoins original. Son écriture est fluide, avec un grand souci du détail et il maintient l'intérêt de son lecteur jusqu'à la fin, d'autant qu'on a l'impression que cette histoire, entre fantasme et virtualité, ne se terminera jamais. Il entraîne son lecteur dans un autre univers pas si désagréable que cela, au-delà de la mort si on veut le voir ainsi, et cette version de l'enfer n'est finalement pas si effrayante que cela. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle est attrayante, mais assurément je la préfère à celle de l'Évangile. En tout cas, il enlève à la mort sa dimension de tabou.
© Hervé GAUTIER – Mars 2010.











Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LivretoiLivretoi   26 décembre 2020
* On ne maquillerait d’ailleurs que les solistes et le chef d’orchestre, le gros de la troupe demeurant à l’état de nature, avec juste un petit coup de poudre approprié pour les mélancoliques et les sanguins.

* En attendant, pour accélérer le temps, il relut fiévreusement le règlement intérieur du métro –vérifiant que parmi les cinq catégories d’usagers pour lesquels c’est gratuit figuraient bien toujours, quoique en dernier, les amputés des deux mains non accompagnés. La rame arriva, Max monta dedans.

* Comme il ne se passe pas grand-chose dans cette scène, on pourrait l’occuper en parlant de ce ticket. C’est qu’il y aurait pas mal de choses à dire sur ces tickets, sur leurs usages annexes -cure-dents, cure-ongles ou coupe-papier, plectre ou médiator, marque-page et ramasse-miettes, cale ou cylindre pour produits stupéfiants, paravent de maison de poupée, microcarnet de notes, souvenir, support de numéro de téléphone que vous gribouillez pour une fille en cas d’urgence – et leurs divers destins – pliés en deux ou en quatre dans le sens de la longueur et susceptibles alors d’être glissés sous une alliance, une chevalière, un bracelet-montre, pliés en six et jusqu’en huit en accordéon, déchirés en confettis, épluchés en spirale comme une pomme, puis jetés dans les corbeilles du réseau, sur le sol du réseau, entre les rails du réseau, puis jetés hors du réseau, dans le caniveau, dans la rue, chez soi pour jouer à pile ou face : face magnétisée, pile section urbaine -, mais ce n’est peut-être pas le moment de développer tout cela.

* … poubelles – quatre poubelles direction Etoile alors que seulement deux direction Nation, pourquoi ? Jetterait-on moins quand on revient des beaux quartiers ? Max n’eut pas le temps de se poser cette question mais quand même, en sortant du métro, l’idée l’effleura qu’il venait de dépenser un ticket pour rien.

* Sans pour autant se vexer, Max avait donc attaqué "Des pays mystérieux" dans cet environnement de kermesse, au point qu’il s’entendit à peine lui-même dans les premières mesures. Cependant, comme il continuait de jouer, il sentit la rumeur commencer à se dissoudre ainsi qu’un nuage, dégageant un ciel bleu silencieux, il perçut qu’il était en train de circonvenir l’auditoire, de l’amener à lui comme un taureau, de le concentrer, le tenir, le tendre. Bientôt le silence de la salle était aussi sonore, magnétique et nerveux que la musique elle-même, ces deux flux se renvoyaient l’un à l’autre et vibraient en commun – sans que Max maîtrisât aucunement ce que faisaient ses dix doigts sur ce clavier, sans qu’il sût d’où cela venait, de son travail ou de son expérience ou bien d’ailleurs comme un éclair, comme une grande lumière imprévue. Le phénomène est rare mais il peut se produire et vingt minutes plus tard, à peine eut-il achevé "Le poète parle" qu’après un temps d’arrêt, un instant de stupeur suspendue, jaillit une ovation que Max n’aurait pas échangée contre un triomphe au Théâtre des Champs-Elysées.

* Fin du chapitre 17 :
« Puis Max n’était pas rentré dans sa chambre depuis trois minutes qu’on frappa à la porte. C’était encore Doris qui entra sous un prétexte futile, prétendant que les femmes de service y avaient oublié quelque chose, cherchant en vain cette chose puis se retournant fougueusement vers Max et, contre toute attente, lui tombant dans les bras. Et c’est ainsi que Max Delmarc, un beau soir, posséderait Doris Day.
Chapitre 18 :
Nuit d’amour avec Doris Day
Chapitre 19 :
Le lendemain matin, Max s’éveilla très tard et tout seul dans son lit. Comme il s’y retournait d’abord une ou deux fois, les yeux encore fermés, le premier mouvement de sa pensée fut spontanément de se rappeler sa nuit. De prime abord, ce phénomène avec Doris paraissait à ce point improbable qu’il le soupçonna d’être un rêve mais, une fois qu’il eut ouvert l’œil, se dressant brusquement sur son séant pour examiner sommairement les draps, l’état de ceux-ci lui confirma la réalité du fait.

* On a peut-être compris que Max n’est pas l’homme le plus gai, le plus détendu, le plus volubile qui soit mais, dès qu’on se fut mis à table, il en devint un autre. Sans se départir d’un sourire tour à tour affectueux, connivent, séducteur, bienveillant, détendu, généreux, il prit d’emblée la parole et ne la quitta plus, enchaînant avec grâce toute sorte d’anecdotes et de facéties légères, attentions et compliments, bons mots et traits d’esprit, observations fines et citations rares, souvenirs imaginaires et rappels historiques, sans jamais s’appesantir ni paraître vouloir briller. Bernie se tordait de rire au moindre propos de Max que Félicienne, éblouie, considérait avec une tendresse neuve et de grands yeux émus.

* L’établissement que venait d’ouvrir Gilbert était grand, sombre et silencieux à cette heure-ci, ce qu’à toute heure Gilbert était aussi. Le décor était élégant, sobre et distingué, ce que Gilbert se révélerait être également.
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SBysSBys   31 juillet 2014
Et à huit heures pile, après bien des soucis pour faire tenir Max debout, Bernie le propulsa vers le piano selon sa technique habituelle. De manière imprévisible, l’autre marcha d’un pas ferme vers l’instrument bien que, dans sa vision troublée par l’imprégnation, le clavier ne fût plus comme d’habitude un simple maxillaire mais une authentique paire de mâchoires qui s’apprêtaient cette fois, le plus sérieusement du monde, à l’absorber pour le disloquer en le mastiquant. Or comme, à peine apparut-il sur scène, la salle entière se dressait pour l’acclamer, interminable Niagara d’applaudissements, plus vifs encore que la semaine dernière, comme l’ovation plus enthousiaste que jamais se prolongeait sans faiblir, Max qui n’avait plus toute sa tête crut pouvoir en déduire que le concert était fini. Il salua donc profondément le public à plusieurs reprises avant de retourner d’un pas non moins ferme vers la coulisse sous le regard horrifié de Parisy…
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HebephrenieHebephrenie   23 juin 2010
C'est que l'amour - enfin, quand je dis l'amour, je ne sais pas si c'est le mot - n'est pas seulement volatil mais également soluble. Soluble dans le temps, dans l'argent, dans l'alcool, dans la vie quotidienne et dans pas mal d'autres choses encore.
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sarasvatisarasvati   14 février 2011
p.15/Il était là, le terrible Steinway, avec son large clavier blanc prêt à te dévorer, ce monstrueux dentier qui va te broyer de tout son ivoire et tout son émail, il t'attend pour te déchiqueter. Manquant de broncher sous la poussée de Bernie, Max se rétablit de justesse et, noyé sous la trombe d'applaudissements de la salle comble qui s'était levée pour l'accueillir, se dirigea en titubant et suffoquant vers les cinquante-deux dents. Il s'assit devant, le chef brandit sa baguette, le silence se fit aussitôt et voilà, c'est parti, je n'en peux plus. Ce n'est pas une vie. Quoique n'exagérons rien. J'aurais pu encore naître et finir à Manille, vendeur de cigarettes à l'unité, cireur à Bogotà, plongeur à Decazeville. Allons-y donc puisque on est là, premier mouvement, maestoso, du Concerto n°2 en fa mineur, op.21, de Frédéric Chopin.
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blandine5674blandine5674   12 février 2016
Or comme, à peine apparut-il sur scène, la salle entière se dressait pour l’acclamer, interminable Niagara d’applaudissements, plus vif encore que la semaine dernière, comme l’ovation plus enthousiaste que jamais se prolongeait sans faiblir, Max qui n’avait plus toute sa tête crut pouvoir en déduire que le concert était fini. Il salua donc profondément le public à plusieurs reprises avant de retourner d’un pas non moins ferme vers la coulisse…
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Videos de Jean Echenoz (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Echenoz
Extrait de "Vie de Gérard Fulmard" de Jean Echenoz lu par Dominique Pinon. Parution le 11 mars 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/vie-de-gerard-fulmard-9791035402839
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