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EAN : 9782707318121
223 pages
Éditeur : Editions de Minuit (11/01/2003)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 159 notes)
Résumé :
Si vous en étiez restés à la classique formule existentielle sur l'enfer, il faut absolument que vous lisiez le dernier roman de Jean Echenoz où les fonds infernaux font peau neuve. L'enfer n'est plus les autres. L'enfer, c'est ne jamais retrouver une personne que l'on devait absolument retrouver. En apparence, l'histoire est on ne peut plus simple : Max, un pianiste alcoolique qui pourrait être la métaphore de l'écrivain lui-même, est amoureux d'une femme à qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Marcelline
  31 octobre 2012
Ah, que voilà, pour moi, un excellent remède (non remboursé par la Sécurité Sociale mais garanti sans effets secondaires nocifs) contre la morosité, le cafard, la déprime, le spleen, le blues!...
C'est avec infiniment de plaisir et le sourire aux lèvres du début à la fin que je viens de replonger dans un livre d'Echenoz.
Pour une fois, la quatrième de couverture n'en disait pas trop, parlant uniquement de la pratique astreignante du piano. Cela m'a laissé le plaisir de la surprise, que je ne dévoilerai pas non plus, mais qui intervient à la fin de la première partie.
Et, en effet, le texte est clairement divisé en trois parties, assez différentes: tout d'abord, une entrée en matière que j'ai trouvée assez jubilatoire, dans laquelle je me suis régalée de l'humour de l'auteur et de son écriture, à la fois détachée et tellement riche; s'enchaînent ensuite deux parties, auxquelles je ne m'attendais donc pas en entamant ma lecture, mais que j'ai beaucoup aimées aussi par la réflexion qu'elles peuvent entraîner pour le lecteur, si celui-ci le souhaite.
Une nouvelle fois pour moi, un excellent moment avec Echenoz, qui me ravit par son écriture et aussi, ici, par son imagination!
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nbocklandt
  12 juin 2018
« Il a peur. Il va mourir violemment dans vingt-deux jours mais, comme il l'ignore, ce n'est pas de cela qu'il a peur. » Avec cette phrase, le lecteur en sait davantage que le personnage du livre et Jean Echenoz joue ainsi avec nos expectatives et atise notre imagination. Bien joué ! La première partie du livre est excellente.
N'étant pas particulièrement attirée par les écrits surnaturels, j'ai eu beaucoup de difficulté avec la deuxième partie du livre. Et je me suis demandé quel était le message que l'écrivain voulait faire passer.
La troisième partie ne nous laisse pas dans le vide. En fait le message est clair : l'enfer c'est de ne pas avoir osé faire des choses de notre vivant, d'avoir laissé filer les occasions, par crainte et manque de confiance en soi.
Mais j'aime la façon d'écrire de Jean Echenoz, et rien que la première partie en vaut la peine...
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Pasoa
  26 février 2017
Je le confesse d'emblée, je ne suis jamais tout à fait rentré dans ce roman.
Le premier chapitre du livre donne à voir le quotidien quelque peu désordonné de Max, pianiste de musique classique renommé, assez versé sur l'alcool.
Passées les anecdotes assez efficaces sur la vie du pianiste un peu malgré lui, le récit va ensuite s'arrêter sur la silhouette d'une femme : celle d'une violoncelliste talentueuse, que Max a perdu de vue depuis quelques années et dont il est secrètement épris. Notre homme va alors tout mettre en oeuvre pour retrouver cette ravissante femme. Un soir pourtant, il se fait très violemment agressé dans la rue par des inconnus. Il y perdra la vie.
Sans en révéler tout le contenu, les deux chapitres qui suivent (et qui constituent la suite et la fin du livre) jouent sur un mode un peu décalé voire déroutant : Max est recueilli dans un hôpital quasi vide dirigé par un homme étrange. Après une importante opération chirurgicale et une période de convalescence, il lui sera permis de retourner sur terre à une seule et unique condition : celle de ne pas approcher par quelque manière que ce soit toutes les personnes qu'il connaissait jusque avant l'agression qui lui coûta la vie.
C'est dès ce deuxième chapitre que le récit devient, selon moi, quelque peu confus, étrange. L'auteur mêle avec peu de réussite le plausible et l'improbable et l'objet, l'intrigue du livre perd beaucoup de son intensité. Dommage.
"Au piano" n'est sans doute pas le meilleur roman de Jean Echenoz. Ce sentiment ne m'empêchera cependant pas de continuer à lire un auteur que j'apprécie beaucoup.
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Herve-Lionel
  25 avril 2014
N°408 – Mars 2010
AU PIANOJean ECHENOZ – Éditions de Minuit .
C'est l'histoire d'un homme, Max Delmarc, pianiste de concert, un peu alcoolique, qui vit dans son monde parisien, éternel amoureux des femmes mais un peu timide, un peu gauche dans ses attitudes, du genre admirateur plus que complice et qui préfère laisser au hasard le soin d'organiser les rencontres avec elles. Il va mourir dans 22 jours de mort violente, mais, bien entendu, ne le sait pas encore. Il est accompagné, presque comme son ombre par Berni, sorte de factotum, d'acolyte qui veille sur lui et le suit partout, Parisy, son imprésario, un parfait imbécile qui ne pense qu'à l'argent et ne connaît rien à la musique. Puis il y a les femmes, Alice, tout d'abord, sa soeur qui vit avec lui, à côté de lui. Ces deux êtres s'ignorent mais se croisent. Puis il y a les autres femmes, Rose, sorte de beauté intemporelle idéalisée, un amour tout ce qu'il y a de plus platonique, à qui il pense toujours bien qu'elle appartienne à un passé vieux de trente ans, et donc au souvenir, et qu'il croit voir partout (Rose, pour lui, c'est une véritable obsession au point qu'il la poursuit dans le métro, mais elle reste une ombre), et « la femme au chien » qu'il n'ose vraiment aborder.
La mort annoncée de Max se produit à la sortie d'un gala de bienfaisance, elle est violente. A partir de ce moment, par le biais d'une sorte de mise en abyme, il se retrouve dans une clinique bizarre, le Centre, où il rencontre un certain Béliard, une sorte de double de Berni. Là, il rencontre Doris Day avec qui il passe une torride nuit d'amour et Dean Martin. Tous deux semblent ne pas vouloir se souvenir de leur vie terrestre. On peut y voir une allégorie du purgatoire puisque ici on ne reste pas longtemps et on attend d'être envoyé soit au parc (le paradis?) soit en section urbaine (l'enfer qui n'est autre que la terre). Il revient donc sur terre, mais on lui interdit de rencontrer quiconque faisait partie de sa vie d'avant. Il passe par l'Amérique du sud pour rejoindre Paris où il change complètement de peau comme on abandonne un costume devenu trop petit mais enfreint quelque peu les consignes de Béliard qui lui-même prend quelques libertés avec la règle. A la fin, ce n'est pas Max mais Béliard qui part avec Rose devenue bien réelle, mais qui est pour un autre!
L'auteur se fait à la fois le narrateur et le complice d'un Max qui finalement a passé sa vie à se laisser porter par les événements.
J'aime bien l'humour et le phrasé de Echenoz qui, même s'il n'est pas vraiment académique, distille une sorte de musique autant qu'un univers à la fois quotidien, banal mais néanmoins original. Son écriture est fluide, avec un grand souci du détail et il maintient l'intérêt de son lecteur jusqu'à la fin, d'autant qu'on a l'impression que cette histoire, entre fantasme et virtualité, ne se terminera jamais. Il entraîne son lecteur dans un autre univers pas si désagréable que cela, au-delà de la mort si on veut le voir ainsi, et cette version de l'enfer n'est finalement pas si effrayante que cela. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle est attrayante, mais assurément je la préfère à celle de l'Évangile. En tout cas, il enlève à la mort sa dimension de tabou.
© Hervé GAUTIER – Mars 2010.











Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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yv1
  23 décembre 2016
Rangé dans les rayons de la bibliothèque, un Jean Echenoz que je n'ai pas lu, donc ni une ni deux, aucune hésitation, je le prends et m'en retourne à la maison, le poser sur la table de chevet, puis laisser quelques jours passer avant de l'ouvrir... faire durer les préliminaires, l'attente. Après cette mise en condition, le plaisir n'en sera qu'augmenté pensé-je. En fait, je n'en sais rien, peut-être aurais-je eu la même sensation si je m'étais jeté dès mon arrivée à la maison dans ce roman ? Parce que, comme d'habitude avec les romans de Jean Echenoz, je me suis régalé.
Une première partie sur la vie de pianiste de Max très détaillée, minutieuse et tellement bien écrite. Un personnage dont on sent les failles, les peurs, les angoisses et les manques bien qu'il soit assez pâle subissant plus qu'il ne vit sa vie. Bernie, son aide de vie semble plus dense, plus intéressant. de belles images naissent sous la plume de l'auteur : "Mais qu'est-ce que c'est que ces fleurs, s'énerva-t-il, tu sais bien que je ne supporte pas, bazarde-moi tout ça. Oui oui, dit Bernie qui ramassa prestement les bouquets puis fila surchargé comme un corbillard pendant que Max tombait sur sa chaise, devant une console désormais surmontée d'un miroir au fond duquel, dans l'ombre, Parisy s'épongeait le cou à l'aide d'un Kleenex en boule." (p.18/19)
Une deuxième partie qui commence très bien, traîne un tout petit peu en son mitan puis redémarre et fait la place à une troisième et ultime partie réjouissante. Très équilibré, Au piano est un roman qui se lit le sourire en coin, qui détaille chaque paysage, chaque personnage et chaque situation. Je ne peux m'étendre que sur le vrai bonheur qu'il y a à lire les phrases, les paragraphes de Jean Echenoz, parce que je ne veux rien dire de cette histoire pour en laisser la surprise aux futurs lecteurs qui seraient passés par le blog. Les joies des longues phrases virgulées, dans lesquelles plusieurs idées cohabitent, s'entrechoquent et se mêlent. Il faut aimer. Echenoz, c'est avant tout un style, une exigence littéraire, un beau travail avec la langue.
D'aucuns pourront dire que les rebondissements n'en sont pas, que les personnages manquent de profondeur, ... Peut-être. Mais lire Echenoz c'est aussi lire ce qu'il n'a pas écrit mais qu'il sous-entend, lire entre ses lignes. Pas toujours évident, c'est la raison pour laquelle il faut prendre son temps et se préparer en retardant de quelques jours la lecture dès lors qu'on l'a entre les mains.
Lien : http://www.lyvres.fr
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
SBysSBys   31 juillet 2014
Et à huit heures pile, après bien des soucis pour faire tenir Max debout, Bernie le propulsa vers le piano selon sa technique habituelle. De manière imprévisible, l’autre marcha d’un pas ferme vers l’instrument bien que, dans sa vision troublée par l’imprégnation, le clavier ne fût plus comme d’habitude un simple maxillaire mais une authentique paire de mâchoires qui s’apprêtaient cette fois, le plus sérieusement du monde, à l’absorber pour le disloquer en le mastiquant. Or comme, à peine apparut-il sur scène, la salle entière se dressait pour l’acclamer, interminable Niagara d’applaudissements, plus vifs encore que la semaine dernière, comme l’ovation plus enthousiaste que jamais se prolongeait sans faiblir, Max qui n’avait plus toute sa tête crut pouvoir en déduire que le concert était fini. Il salua donc profondément le public à plusieurs reprises avant de retourner d’un pas non moins ferme vers la coulisse sous le regard horrifié de Parisy…
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sarasvatisarasvati   14 février 2011
p.15/Il était là, le terrible Steinway, avec son large clavier blanc prêt à te dévorer, ce monstrueux dentier qui va te broyer de tout son ivoire et tout son émail, il t'attend pour te déchiqueter. Manquant de broncher sous la poussée de Bernie, Max se rétablit de justesse et, noyé sous la trombe d'applaudissements de la salle comble qui s'était levée pour l'accueillir, se dirigea en titubant et suffoquant vers les cinquante-deux dents. Il s'assit devant, le chef brandit sa baguette, le silence se fit aussitôt et voilà, c'est parti, je n'en peux plus. Ce n'est pas une vie. Quoique n'exagérons rien. J'aurais pu encore naître et finir à Manille, vendeur de cigarettes à l'unité, cireur à Bogotà, plongeur à Decazeville. Allons-y donc puisque on est là, premier mouvement, maestoso, du Concerto n°2 en fa mineur, op.21, de Frédéric Chopin.
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HebephrenieHebephrenie   23 juin 2010
C'est que l'amour - enfin, quand je dis l'amour, je ne sais pas si c'est le mot - n'est pas seulement volatil mais également soluble. Soluble dans le temps, dans l'argent, dans l'alcool, dans la vie quotidienne et dans pas mal d'autres choses encore.
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KirsikkaKirsikka   14 octobre 2018
Car il existe une malédiction des salles de bains. Une salle de bains un petit peu sale à toujours l'air plus sale que n'importe quelle non-salle de bains beaucoup plus sale.
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KirsikkaKirsikka   14 octobre 2018
Le chef d'orchestre était exaspérant, tout en rictus maniérés, mouvements onctueux et enveloppants, petits signes codés adressés aux différentes catégories d'exécutants, doigt sur les lèvres et déhanchements hors de propos. Du coup, les instrumentistes se mirent à faire eux aussi les malins : profitant d'un détour de partition qui lui permettait de briller un peu, d'émerger de la masse le temps de quelques mesures, un hautboïste manifesta une concentration extrême, la surjouant même pour avoir droit à un gros plan. A la faveur de quelques phrases en relief qui leur étaient allouées, deux cors anglais firent eux aussi leur numéro un peu plus tard. Et Max, qui avait très vite perdu le peu de trac qui le tenait ce jour-là et qui commençait même à s'ennuyer un peu, se mit lui-même à faire des mines de pianiste à son tour, lancer des regards habités, rentrer sa tête excessivement dans ses épaules ou se cambrer outre mesure selon le tempo, sourire à l'instrument, à l'oeuvre, à l'essence même de la musique et à lui-même, il faut bien s'occuper un peu.
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Videos de Jean Echenoz (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Echenoz
Extrait de "Vie de Gérard Fulmard" de Jean Echenoz lu par Dominique Pinon. Parution le 11 mars 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/vie-de-gerard-fulmard-9791035402839
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