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EAN : 9782707319432
250 pages
Editions de Minuit (12/01/2006)
3.52/5   276 notes
Résumé :
"Cherchez la femme", dit le proverbe et c'est exactement ce que fait Paul Salvador puisqu'il s'occupe d'une émission de télévision du genre "Que sont-ils devenus ? ", consacrée à des personnalités oubliées par les feux de l'actualité. En l'occurrence, il cherche donc une femme, une certaine Gloria Stella qui fit dans la chanson un début de carrière prometteur avant de passer, sans transition, de la page Spectacles à la page Faits divers des journaux pour avoir pouss... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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Laurence64
  23 décembre 2012
"Vous êtes Paul Salvador et vous cherchez quelqu'un". Puisque Monsieur Echenoz l'ordonne, je m'empresse. Je biffe derechef mes nom et prénom sur ma carte d'identité. Voilà, c'est fait! J'ai corrigé. Désormais, je m'appelle Paul Salvador. Je m'en vais rechercher quelqu'un mais pas n'importe qui: une grande blonde. Et pas par oisiveté ou pour frimer; pour la série télévisée que je projette.
Etoile filante lestée de deux 45T et d'une condamnation pour meurtre, Gloire Abgrall alias Gloria Stella fera un joli effet dans le panel doré que je m'épuise à organiser (blondes froides, chaudes, oxygénées, peroxydées…) sans y parvenir jamais. Mu par la promesse d'un Audimat explosif, je lance mes enquêteurs sur les traces de Gloire Abgrall.
Fantasque en diable avec son ange gardien raté (homoncule peu ragoutant d'une trentaine de centimètres, non ailé, costumé), désinvolte comme à l'accoutumée, démiurge du style, Echenoz vient titiller Hitchcok pour mieux l'abandonner dans une cabine de téléphérique et surprendre son lecteur (non pas suspendre) par la non-chute de son roman paradoxalement flanqué d'une héroïne maniaque de la chute. Car s'il ne faut pas trop pousser mémé dans les orties, Gloire pousse de falaise en pont, de cage d'escalier en phare (les empêcheurs de vivre tranquillement). En toute impunité.

Tellement impunie que les rebondissements rebondissent entre avions, ennui, insomnies, meurtres anodins. Rien ne manque. Et surtout pas l'humour délectable de cet écrivain qu'il faudrait inventer s'il n'existait par lui-même et la grâce des Editions de Minuit.
Quand mes yeux s'emberlificotent dans ce genre de considérations aussi oiseuses que lumineuses: "Le temps avait changé (pluie fine) et Donatienne aussi s'était changée.  Cela n'était pas tout de suite perceptible mais, son imperméable tombé, ce qu'elle portait se révéla plus exigu que la veille encore, si court et décolleté que ces adjectifs tendaient cette fois à se confondre, envisageaient de s'installer et vivre à deux dans la même entrée du premier dictionnaire venu", j'arbore le sourire niais de la lectrice comblée. Rebaptisée ou pas Paul Salvador.
Bien sûr, après avoir parcouru le globe, arbitré les querelles de Gloire et de Béliard (vous savez l'homoncule qui se perche sur l'épaule), assisté à quelques chutes non accidentelles et trafics de drogue et césium, l'on pourrait se dire "Tout ça pour ça". Mais justement, ce formidable pied de nez à l'intrigue signe tout le talent d'Echenoz.
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Giraud_mm
  11 avril 2019
Paul Salvador a un projet : produire un documentaire sur les grandes blondes (comprendre : celles qui ont compté !). Il souhaite y inclure une séquence sur Gloria Stella, gloire éphémère disparue après un scandale criminel. Il lance l'agence de détective de M. Jouve aux trousses de la jeune femme, redevenue Gloire. Une chasse qui emmènera les enquêteurs de France en Australie puis en Inde, avant de se conclure en Normandie.
L'argument du roman est simple, mais donne lieu à de multiples péripéties, disons-le, assez improbables et incroyables, à la limite du fantastique avec le personnage de Beliard, le petit génie de Gloire. Tous les personnages sont caricaturaux. On finit par s'ennuyer un peu...
On s'ennuie d'autant plus que le style narratif choisi par Jean Echenoz ne facilite en rien la lecture : le narrateur se tient à distance de l'histoire et des personnages, se perdant parfois en conjectures sur ce qu'il auraient pu ou du faire... Un peu comme aurait pu le faire Béliard ?
En synthèse : j'ai déjà lu beaucoup mieux dans la littérature de Jean Echenoz. Là j'ai l'impression d'avoir
Lien : http://michelgiraud.fr/2019/..
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Marcelline
  17 août 2012
Décidément, plonger dans un livre d'Echenoz devient pour moi l'assurance de passer un très bon moment!
Ici, comme dans les précédents que j'ai déjà lus, ce n'est pas l'histoire qui m'emballe, mais plutôt l'écriture: en effet, je ne peux m'empêcher de trouver l'intrigue bien mince, et vraiment peu palpitante: dans Les grandes Blondes, sous prétexte d'une émission à monter sur ce thème, on part à la poursuite de Gloria, ex-star de la jet set puis des pages "faits divers" des journaux, qui a maintenant disparu du devant de la scène.
Par contre, si ce n'est pas l'histoire qui retient le lecteur, c'est à coup sûr l'écriture, le style, l'humour de l'auteur: demandant un peu de concentration de ma part car ne ressemblant à rien de ce que je connais, les chapitres s'enchaînent tandis que l'envie de sourire, voire parfois de rire, ne me quitte pas! C'est inattendu et jubilatoire, c'est intelligent quoique non érudit...
A noter ici le personnage de Béliard qui est une trouvaille excellente et vraiment drôle, représentant pour moi le cadeau que peut nous offrir la littérature: entrer dans l'univers d'un auteur, qui peut se permettre toutes les libertés, sans aucune des contraintes imposées par la réalité!
A condition d'adhérer à la tournure d'esprit de Jean Echenoz et sans en espérer une histoire qui tienne en haleine de la première à la dernière page, ce roman permet, d'après moi, de vraiment passer un très bon moment!
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polinna
  16 septembre 2012
Il y a cinq ou six ans, Gloire Abgrall a chanté quelques tubes qui lui ont attiré les regards de la presse people. Depuis, elle s'est installée dans un petit village breton, loin des projecteurs, où elle fait tout pour rester cachée, transformant la superbe grande blonde qu'elle est en une femme commune, presque laide, aux cheveux châtains et attifée de façon grossière. Mais elle se rend vite compte qu'elle est recherchée, ce qui n'est pas pour lui plaire. Paul Salvador, producteur d'émissions télévisées, veut refaire lumière sur elle à l'occasion d'une émission sur les grandes blondes connues. Puisque Gloire est devenue introuvable, il fait appel à une société de détectives privés. Mais la jeune femme, n'ayant pas la conscience tranquille et supposant qu'on la recherche pour d'autres raisons, se débarrasse violemment du premier enquêteur lancé sur sa piste, avant de fuir à l'étranger, suivant les conseils de « l'homoncule » Béliard, son improbable « ange gardien » à la nature indécise qui, lui, semble bien connaître ses penchants meurtriers.
L'intrigue ainsi posée prend rapidement une tournure bien légère, car peut importe le meurtre, ce traditionnel déclencheur de l'action dans un polar, on s'y attarde autant que sur le ramassage des épluchures de légumes de l'ex-star… Non, ce qui compte ici, c'est la thèse de Salvador ! « Les grandes blondes constitueraient un groupe à part, ni mieux ni pire mais spécial, gouverné par des lois spécifiques, régi par un programme particulier : irréductible catégorie d'humanité. Bref, les grandes blondes contre le reste du monde. »
Oublié le meurtre donc, et place à un récit triangulaire au dérisoire déconcertant. D'un côté la réflexion de Salvador autour de son émission s'enlise dans le loufoque et le ridicule. D'un autre, Gloire fuit à travers le monde, passant son temps à s'ennuyer, à regarder la télé et à faire des rencontres sans intérêt. Et puis, Boccara et Personnettaz, sorte de « duo de choc » caricatural formé par les nouveaux détectives engagés par Salvador, courent après Gloire et sans cesse la manquent.

Bref, le récit piétine. Il ne se passe quasiment rien. Les personnages, risibles, sont le plus souvent tournés vers leurs petites préoccupations individuelles et semblent tout droit sortis d'un mauvais téléfilm policier, d'une BD cliché ou encore d'un dessin animé. Les actions, futiles, simplistes ou cocasses, moulinent constamment, accompagnées par l'omniprésence d'une image télévisuelle médiocre et abrutissante. Les affaires « graves » sont traitées avec le plus grand détachement : le meurtre, mais aussi l'esclavage, la drogue, la prostitution, le commerce de produits radioactifs ou d'armes de guerre… Signes d'une société du règne de l'individualité, du vide, du non sens, de la loi du marché ?
Si en ce monde rien n'est sérieux, ici non plus. L'écriture elle-même ne l'est pas. Elle revisite avec légèreté un genre très codé, le polar, conduit par un narrateur qui mine son récit par sa distanciation ironique, s'exprimant par digressions constantes, formules drolatiques, commentaires et jugements saugrenus ; il sait et puis ne sait plus, il place le lecteur à tel endroit puis le déplace ; il montre les mécanismes de son écriture, exhibant la fausseté du principe de l'écriture réaliste.
Mais cet exercice, qui assume et même revendique sa dimension « faiblarde », ne dissimule pas tout à fait une construction complexe et minutieusement réglée. Echenoz réalise avec Les Grandes Blondes un véritable tour de force postmoderne, tel un miroir grossissant et – si peu – déformant de notre société, incroyablement déroutant, parfois agaçant, le plus souvent jubilatoire.
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EveGenia
  23 août 2019

Ce n'est bien sûr pas un roman policier au sens classique du terme, bien qu'il y ait des meurtres et des enquêtes. Cependant, cette intrigue est dépourvue de tout suspense. Nous connaissons l'assassin dès les premières pages. Il s'agit de Gloria Stella, une chanteuse populaire qui a fait de la prison pour le meurtre de son amant et qui dorénavant se cache dans une province française. Elle intéresse un certain Salvador, producteur d'émissions de télévision, qui a l'idée de tourner une série d'émissions sur les grandes blondes - des femmes qui ont atteint le sommet de la gloire mais qui sont maintenant oubliées. Pour inviter Gloria au spectacle, Salvador engage une équipe de détectives - tout à fait ridicule et comique. En fait, l'ensemble du livre consiste en une description de la fuite de Gloria et des tentatives faites par les détectives pour la récupérer.
Au final, fait soufainement irruption une ligne d'amour : l'un des détectives tombe amoureux d'une assistante de Salvador et le "grand et terrible" producteur trouve lui-même son bonheur dans les bisous de Gloria. Comme vous pouvez le constater, l'intrigue est légère, on ne sait même pas à quel genre appartient cette fiction frivole. Pourtant, j'ai aimé ça. Il y a une certaine légèreté dans le livre. En même temps, que le texte est écrit avec sérieux et méticulosité, il est entrecoupé de nombreux détails intéressants qui rendent les personnages vivants et réels.
Je recommande ce roman à tous les amateurs de prose moderne et de vieux films français. L'absence de prétention est précieuse de nos jours.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
livresdetrainlivresdetrain   20 mai 2009
- L'amour, tu vois, lui a-t-il expliqué,c'est vraiment comme la neige à Paris. C'est bien joli quand ça vous tombe dessus mais ça ne tient pas. Et ensuite c'est foutu.soit que ça vire à la boue, soit que ça vire à la glace, très vite c'est plus d'ennuis que d'émois.
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majeromajero   19 juillet 2017
Généralement il évite aussi le tabac, mais comme l’envie, par exception, lui en venait, Personnettaz s’absenta un moment. Lorsqu’il revint, porteur d’ultralégères équipées de filtres à trois étages, Donatienne avait commencé de s’expliquer.
...........
Personnettaz allume une deuxième cigarette dont, comme de la première, il n’inhale pratiquement rien vu la compacité du filtre.
..............
Nerveusement il arracha le filtre d’une troisième cigarette avant de la griller, sur toute sa longueur, d’une seule et même bouffée. Puis il hésitait, pas très sûr de son coup :
– Vous n’avez rien remarqué tout à l’heure, sur le phare ?
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mariecelestedelapacaumariecelestedelapacau   02 septembre 2011
Certaines grandes blondes incandescentes s'élancent bras ouverts au-devant du monde. Elles parlent vivement, rient légèrement, pensent vite et boivent sec. Elles regardent fièrement le monde, elles lui adressent des sourires terribles et généreux. Parfois le monde se trouble à leur vue, parfois il est intimidé par cette façon sûre, certaine et décolleté de s'élancer vers lui, vers vous, bras grands ouverts en direction des vôtres. Gaieté, redoutable gaieté des ces grands blondes solaires.
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MonsieurKiwiMonsieurKiwi   02 juin 2016
Puis il jette un coup d'oeil sur sa montre et Jouve, par contagion, regarde aussi la sienne et, dans un mouvement d'ensemble, Donatienne et Geneviève consultent également la leur. Tous en effet portent des montres ; tous, le plus tôt possible, à l'occasion d'un examen, d'un anniversaire ou d'une fête civile ou religieuse, ont été menottés au temps ; tous observent à quelques secondes près le même phénomène de bientôt quatre heures vingt.
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mazou31mazou31   09 mars 2013
Considérons, se propose-t-il, les effets du soleil sur les grandes blondes. Réflechissons. Pas de demi-mesure avec lui : le soleil bronze ou brûle, il vous tanne ou vous tue. S’il cuivre généreusement les grandes blondes chaudes et conquérantes, il calcine sans miséricorde les grandes blondes chlorotiques réfrigérées. Trop poreuses et translucides, les chlorotiques s’empourprent aussitôt, s’enfièvrent et se retirent. Restent les conquérantes […] : leur épiderme plus dense, leur carnation plus résistante accueillent en héros les ultraviolets…

Les grandes blondes conquérantes prennent le soleil, l’absorbent, l’assimilent puis l’arborent. Sous forme de pigments. Ainsi, les soirs d’été, dans les night-clubs, croisant leurs jambes interminables sur de hauts tabourets, rayonnent-elles comme des soleils portatifs. Le soleil est lui-même une grande blonde.
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Vidéo de Jean Echenoz
Avec Monument national publié aux Éditions de Minuit, Julia Deck croque les inepties de notre époque à travers les yeux d'une petite fille espiègle. Son père, Serge Langlois, est un acteur inscrit au patrimoine de son pays, il vit dans un manoir où le luxe drape les consciences de velours. Son épouse, ses domestiques, guettent ses faveurs jusqu'au jour où Sandrine débarque au château et rebat les cartes de l'héritage. Les influences sont nombreuses, on voit Echenoz dans le texte, la satire, la prise de conscience par l'humour.
Julia Deck a obtenu une bourse de création du CNL en 2019 pour l'écriture de Monument national. Il s'agit de son 5e roman publié aux Éditions de Minuit. Elle a reçu le prix du Premier roman de l'université d'Artois en 2012 pour Viviane Elisabeth Fauville (Minuit).
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