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ISBN : 2707314285
Éditeur : Editions de Minuit (23/04/1995)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 88 notes)
Résumé :
Nous sommes, Meyer et moi, des agents de l'astronautique. Hélicoptères, avions, fusées, tout est bon pour nous élever l'esprit. Même les ascenseurs et les grues. Nous aimons tout ce qui est vertical. Nous sommes aussi des hommes à femmes. Nous connaissons par cœur leurs numéros de téléphone et leurs parfums, nous gardons leur photos, leurs affaires oubliées chez nous. Nous ne les séduisons pas toujours avec le même bonheur. Elle est sans doute une femme inaccessible... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  24 avril 2014

N°412 – Avril 2010
NOUS TROISJean Echenoz – Éditions de Minuit .
Je poursuis, par une sorte d'intérêt que je ne m'explique pas très bien moi-même, la lecture de l'oeuvre d'Echenoz. D'emblée le titre semble évoquer une relation vaudevillesque, pourquoi pas?
Cette histoire commence par un récit à la première personne, un peu anonyme quand même, et il y est question de technique. Puis ensuite on comprend, parce que le texte se décline sous la forme d'un récit, qu'entre en scène Louis Meyer, polytechnicien, astigmate, la cinquantaine...homme infidèle, solitaire et divorcé de Victoria Salvador, une femme avec qui il a eu pourtant une relation de lune de miel. Lui, c'est le type même du quidam. Il s'apprête à partir seul en vacances au bord de la mer chez une amie. Sur l'autoroute, l'incendie d'une voiture qu'il suit lui fait rencontrer une femme qu'il surnomme Mercedes, du nom de sa voiture, parce qu'elle lui parle peu et qu'il accompagne à Marseille[Il serait sans doute intéressant d'analyser ce mutisme qu'on retrouve dans d'autres romans, de même d'ailleurs que la relation qu'il a avec les femmes en général...]. Là un tremblement de terre intervient qui détruit une partie de la cité. Ensuite il est contacté par un collègue pour tester un vaisseau spatial destiné à prévoir les séismes. le voilà donc soumis à un entraînement intensif qu'on imagine aisément et qui n'est vraiment plus de son âge. A cette occasion, il retrouve Mercedes d'une manière un peu surréaliste dans le cadre de ce ce projet un peu fou de fusée en orbite... Là cela devient de la science-fiction. Pourquoi pas?
C'est un peu comme si l'histoire n'était là que comme un prétexte, presque sans importance. En réalité, l'impression du début est fausse. La relation tripartite dont il s'agit ici s'établit plutôt entre le narrateur, le personnage principal et le lecteur, ce qui bouscule un peu les bases traditionnelles du roman. Pourquoi pas? A moins qu'il faille voir dans cette tierce personne, cette voix étrangère qui intervient à la fin, une sorte de dédoublement de la personnalité de ce Louis Meyer, une sorte de soliloque intérieur ou la volonté de l'auteur de s'insinuer dans le récit?
Faire intervenir le lecteur n'est peut-être pas une mauvaise initiative, explorer de nouvelles pistes sur le thème de la création littéraire aussi...Mais les narrateurs semblent se succéder presque à l'infini sans qu'on sache très bien ce qui justifie une telle démultiplication. La technique du flash-back est intéressante mais des personnages apparaissent pour disparaître définitivement ensuite et le lecteur est amené à se demander s'ils sont pas là par la seule force de l' imagination débordante de l'auteur, pour compléter un décor changeant... Est-ce pour brouiller les pistes, pour accentuer l'aspect labyrinthique d'un récit ou pour mystifier ce lecteur à qui, pourtant, il semble donner quelque importance? Est-ce pour exprimer une sorte de désespérance, de mal de vivre, de solitude? Est-ce pour étonner dans un monde où rien n'est plus vraiment surprenant? Ce questionnement reste entier pour moi et je me demande si je ne suis pas passé complètement à côté de quelque chose.
De plus, la façon d'écrire me paraît un peu déconcertante, pourtant j'ai poursuivi jusqu'à la fin. Ce qui, au départ, me semblait une intéressante initiative, une tentative pleine de promesses finit par lasser quelque peu et m'a laissé pensif et même interloqué, plus vraiment passionné par l'expérience et au bord de l'ennui, ne poursuivant ma lecture que pour savoir si la fin de ce roman sera aussi échevelée que ses improbables développements.
Il semble qu'Echenoz se rattache au « nouveau roman ». Cette manière d'écrire est sans doute l'illustration de la remarque un peu déconcertante de Robbe-Grillet « Nos romans n'ont pour but ni de faire vivre des personnages ni de raconter des histoires ».
© Hervé GAUTIER – Avril 2010
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Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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zabeth55
  30 octobre 2018
Décidément, Jean Echenoz, ce n'est pas fait pour mois.
C'est le deuxième que je lis, et toujours le même ennui.
En plus dans celui-ci je n'ai carrément rien compris.
Là aussi, abandon à la page cinquante.
Dire que j'en ai deux autres dans ma PAL
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Pigafetta
  14 janvier 2016
J'ai aimé ce roman comme la plupart des romans de Jean Echenoz. cet auteur est toujours surprenant.
J'aime le ton de ce roman, la distance qu'il peut mettre dans la description d'évènements pourtant assez exceptionnels, qui du coup nous donne une vision complètement nouvelle de ce type de situation. Distance à laquelle s'ajoute l'humour bien sur.
Le point de vue narratif est un peu particulier (ce qui semble avoir dérangé quelques lecteurs, d'après les critiques que j'ai lu ici).
Dans certains chapitres, le narrateur s'exprime à la première personne. Dans ce cas il exprime le point de vue "interne" du dénommé DeMilo.
Dans certains chapitres, centrés sur le personnage de Meyer, le narrateur exprime le point de vue interne de Meyer, mais il l'exprime à troisième personnes.
Du coup ça donne une impression étrange. Au première abord, on a tendance à considérer qu'il s'agit d'un seul narrateur (ce qui est le reflexe le plus naturel). Mais dans ce cas l'un des personnages (DeMilo) aurait un point de vue "interne" sur un autre (Meyer) ce qui est pour le moins surprenant. D'autant plus que plus loin il donne un avis "externe" sur ce personnage.
On doit donc se résoudre à penser que ce sont 2 narrateurs différents, mais avec chacun un mode de narration différent. du coup l'enchainement des chapitres est souvent un peu surprenant. Pour ma part cela ne m'a pas gêné. Cela participe à l'impression d'étrangeté du roman.
Bref à lire avec plaisir...
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jbicrel
  08 avril 2016
Ce n'est ni le dernier, ni le plus célèbre des romans de Jean Echenoz mais c'est celui que je viens de découvrir et qui a su me détourner de mes habitudes de lectrice. Un roman qui vous transporte d'un terrible tremblement de terre à Marseille "de magnitude 7;9, sur l'échelle de Richter" (p 87) à l'espace au cours d'un voyage spatial, ce n'est ni un roman historique, ni un roman d'anticipation, ni vraiment un roman d'aventure tant tout y semble excessif. Pourtant l'auteur excelle à (re)créer des univers qui bousculent l'imagination du lecteur : "Décollée par-ci, décolorée par-là, décorée de pâles clichés de l'Opéra, du château d'If et de la porte d'Aix dans les années cinquante, une peluche bordeaux tapissait le cage d'escalier, le tapis rouge et noir à palettes couvrant ses marches jusqu'au deuxième étage cédait plus haut la place à du sisal frangé. " (p 49); "Le Simoun, vent très chaud, se lève par bourrasques au sud du Maroc saharien. Il y produit des tourbillons compacts, brûlants, coupants, assourdissants, qui masquent le soleil et gercent le bédouin. le simoun reconstruit le désert, exproprie les dunes, rhabille les oasis; le sable éparpillé va s'introduire profondément partout sous l'ongle du bédouin, dans le turban du Touareg et l'anus de son dromadaire [...] Croisant vers le nord, le tapis volant marocain touche Paris dans le milieu de la nuit, s'y dissémine uniformément sans omettre bien sûr le secteur Maroc, vers Stalingrad après la rue de Tanger : il recouvre la rue du Maroc, la place du Maroc, et l'impasse du Maroc au bout de laquelle réside Louis Mayer, homme astigmate et polytechnicien, quarante-neuf ans jeudi dernier, spécialisé dans les moteurs en céramique" (p 12/13)
Louis Mayer, on le voit là, est l'un des personnages principaux de ce récit : c'est lui qui quitte Paris pour rejoindre une amie près de Marseille et c'est lui dont les pérégrinations nous mènent à croiser la route d'une énigmatique conductrice d'une Mercedes jaune incendiée, conductrice qui reste nommée Mercedes faute de mieux jusqu'à ce qu'elle réapparaisse comme médecin embarquée à bord de la navette spatiale où se trouvent aussi Mayer et ses compagnons, dont le narrateur.
Ce narrateur justement est de nature à perturber un lecteur accoutumé à trouver toujours les mêmes repères. Ici le "je" du narrateur n'intervient vraiment comme personnage qu'à la fin et se trouve narrateur d'aventures alors même qu'il n'y participait pas comme narrateur personnage. Étrange narrateur-personnage par conséquent qui désarçonne le lecteur plus qu'il ne le guide. Ce lecteur d'ailleurs n'est-il pas inclus dans le trio annoncé par le titre "Nous trois" ? Les questions ici restent ouvertes.
l
Lien : http://www.lirelire.net/2016..
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Zum
  30 janvier 2012
Si je devais qualifier ce livre (et je le dois), je dirais sans hésiter bizarre. Il commence nulle part et y finit aussi. C'est un peu comme si on avait pris un morceau dans une trop longue histoire. le narrateur est interchangeable, on s'y perd un peu (beaucoup pour ma part), on ne sait plus qui est "je" et j'ai fini par imaginer tous les hommes de l'histoire avec le même visage. J'ai supposé que Titov fut un chien mais ce n'est jamais dit. On se demande si certains évènements sont vraiment arrivés. Des personnages inexistants apparaissent dans la description d'une scène. Et après un voyage dans l'espace plus que banal, il pleut de façon étrange.
Même si l'écriture est irréprochable, je me suis un peu sentie "eue" par Echenoz, comme si son histoire était écrite au hasard. Rien à voir avec "Jérôme Lindon", le premier que j'ai lu de cet auteur!
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   29 octobre 2010
Ensuite il est prouvé qu'on s'embrasse très souvent dans les cuisines, pendant ce genre de soirées - des baisers enflammés se brûlent au fourneau, collent au frigo, basculent dans l'évier, c'est vérifié. On improvise dans les cuisines de petits baisers sur le pouce que l'on consommera debout, sans apprêt, mais on peut également s'en mitonner d'interminables, étreintes en long métrage qu'on savoure en prenant son temps. D'ordinaire on dispose ensuite ces baisers sur un plateau qu'on emporte en vitesse dans une chambre ou quelque autre lieu clos, retiré, pour les goûter plus à son aise et s'en gaver
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jbicreljbicrel   08 avril 2016
Le Simoun, vent très chaud, se lève par bourrasques au sud du Maroc saharien. Il y produit des tourbillons compacts, brûlants, coupants, assourdissants, qui masquent le soleil et gercent le bédouin. Le simoun reconstruit le désert, exproprie les dunes, rhabille les oasis; le sable éparpillé va s'introduire profondément partout sous l'ongle du bédouin, dans le turban du Touareg et l'anus de son dromadaire [...] Croisant vers le nord, le tapis volant marocain touche Paris dans le milieu de la nuit, s'y dissémine uniformément sans omettre bien sûr le secteur Maroc, vers Stalingrad après la rue de Tanger : il recouvre la rue du Maroc, la place du Maroc, et l'impasse du Maroc au bout de laquelle réside Louis Mayer, homme astigmate et polytechnicien, quarante-neuf ans jeudi dernier, spécialisé dans les moteurs en céramique
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brigetounbrigetoun   29 octobre 2010
Cinq heures et demie. Titov hurle à la mort. Je repasse dans le living, l'eau ruisselle sur les vitres de la porte-fenêtre. Tout à l'heure c'était une eau claire, une pluie classique plutôt rafraîchissante et maintenant elle paraît se troubler, se précipiter dans l'opaque. D'abord légèrement ocre, elle fonce de plus en plus et vire bientôt, je n'ai jamais vu ça, au rose foncé puis au brun rougeâtre. Au bout d'un moment, vous diriez du sang.
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brigetounbrigetoun   29 octobre 2010
Sur les voies combles de l'autoroute, les conducteurs semblaient tendus comme si tout était au bord d'exploser ; freinant pour mieux saisir les points forts du spectacle, ils créaient un de ces embouteillages exubérants, fébriles, rayonnants d'imprécations et de klaxons, d'appels de phares, boîtes de vitesse craquantes et pare-brise étoilés, pare-chocs meurtris dans le rugissement des cylindres en cage. Meyer prit le parti de rouler sur la file de droite, craignant l'hostile vivacité des usagers qui allaient finir par s'apaiser, progressivement, au fil des kilomètres
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pasiondelalecturapasiondelalectura   23 août 2016
sur le style echenozien :
...sur le trottoir d'en face, sous le porche d'un cours secondaire privé, trois blondes extra-légères grillaient des anglaises en attendant mieux.

...un peu de vin? fit Meyer. Merci, déclina la jeune femme en se servant un verre d'eau. Jamais bu d'aussi mauvaise eau municipale, observait-elle ensuite avec douceur, repoussant du bout de son soulier pointu, les questions dégonflées à ses pieds.
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Videos de Jean Echenoz (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Echenoz
Frédéric Boyer (quelques pages de) Vaches où Frédéric Boyer lit quelques pages de son livre "Vaches" le 5 juin 2009 au couvent des Recollets, à l'occasion du festival "Paris en toutes lettres", lors d'une carte blanche donnée Frédéric Boyer qui rassemble Florence Delay, Jacques Roubaud, Olvier Cadiot et Jean Echenoz. "Vaches", de Frédéric Boyer est publié aux éditions P.O.L
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