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Umberto Eco (Directeur de publication)Myriem Bouzaher (Traducteur)François Rosso (Traducteur)
EAN : 9782081202658
453 pages
Éditeur : Flammarion (28/09/2007)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 41 notes)
Résumé :
En apparence, beauté et laideur sont deux concepts qui s'impliquent mutuellement, et l'on comprend généralement la laideur comme l'inverse de la beauté, si bien qu'il suffirait de définir l'une pour savoir ce qu'est l'autre. Mais les différentes manifestations du laid au fil des siècles s'avèrent plus riches et plus imprévisibles qu'on ne croit. Or voici que les extraits d'anthologie ainsi que les extraordinaires illustrations de ce livre nous emmènent dans un voyag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  29 février 2016
Lorsque ce pauvre Umberto Eco a décidé de nous abandonner pour un monde meilleur (enfin, on peut espérer..), je me suis dit qu'il serait bien que je fasse une fiche ou deux sur ces écrits. Oui, oh, eh, je sais bien que ça fait dix jours maintenant mais je n'y suis quand même pour rien si le temps passe à toute vitesse, non ?

Bon, reprenons ! J'avais donc le choix entre relire "Le nom de la rose" ou "Comment voyager avec un saumon", lus il y a bien longtemps, trop pour pouvoir en faire une chronique sérieuse, là, au moment où je pianote sur mon clavier. Sinon, je pouvais également tenter de lire pour la énième fois le fameux "Pendule de Foucault"... Oui, vous avez bien vu... lire et non relire. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais je n'y parviens pas. Je n'accroche pas. Puis me vint cette idée de génie (oui, mes chevilles vont bien) : le livre de Noël ! Nan, ce n'est pas un titre ! C'est un cadeau que j'ai eu à cette époque et je viens de me souvenir que j'avais oublié de vous en parler ! Eh bien voilà la bonne occasion !

L'an dernier, je vous faisais part de mon avis mitigé sur l'autre tome, "Histoire de la beauté". Cette fois, ce n'est pas du tout la même chose : j'ai vraiment apprécié de bout en bout ce livre ! Peut-être parce que le thème est, finalement (et paradoxalement) plus attirant ? Je pense que ça y joue beaucoup. Car, ce que je reprochais déjà au premier, le manque de structure, les redites, est présent ici aussi. Et, bizarrement, cela ne m'a pas dérangée cette fois.

Cette étude est intéressante non seulement pour l'art, bien sûr, mais aussi pour se rendre compte que la notion de laideur, bien que très subjective, varie en fonction des siècles.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Nowowak
  21 décembre 2020
Cela semble si simple de faire l'apologie de la beauté et si suicidaire de vouloir pénétrer dans le monde méphitique de la laideur. Umberto Eco accepte ce pari avec délectation et nous surprend agréablement en nous rappelant que le bien n'existe pas sans le mal et que dans la nature tout est balance et équilibre. Mais laissez-moi vous conter une histoire satirique que ce livre m'a inspiré....
*****
L'homme-bouton n'avait pas de visage à proprement parler. Son faciès disparaissait sous un kyste énorme qui lui mangeait toute la face. Cette éruption grotesque attirait les moqueries et dans le meilleur des cas la pitié. Aucune fille n'avait jamais voulu de lui, il n'avait ni amis ni collègues, les bureaux d'embauche le laissaient au seuil de la porte. Engager un pareil furoncle relevait du suicide. Les prostituées refusaient de monter avec lui… même en doublant la mise. Les derniers membres de sa famille l'avaient banni depuis longtemps.
Les humains louent le beau alors que le laid les répugne. Cet inverse épouvante. Tout ce qui sur Terre est disgracieux et dissonant s'apparente au cauchemar, au diable, à l'entrée dans un monde peuplé de créatures difformes. Un univers abritant la terreur et la répulsion. Dans la rue, on s'écartait au passage de l'homme-bouton, on changeait de trottoir, on sonnait le tocsin. Les enfants avaient peur, les chiens grognaient, le poil des chats se hérissait. Les passants craignaient qu'il ne possède la lèpre ou le choléra.
Remplie de pustules, de chancres, d'orgelets, de lipomes, sa vie boursouflée était un enfer vérolé. Un parcours acnéique empêchant tout espoir, tout futur. Son poste de télévision était son seul contact avec le monde. Il adorait le théâtre mais même pour la nouvelle version de Quasimodo sa candidature avait été refusée. Mieux qu'une pancarte, son teint blafard et cet handicap bubonneux expliquait pourquoi dans aucun domaine l'homme-bouton n'avait jamais pu percer.
Nowowak


Lien : https://pasplushautquelebord..
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Apoapo
  07 février 2016
La laideur, qui est assurément bien autre chose que l'inverse de la beauté, est un concept complexe. Outre que soumis au relativisme temporel (ce qui était laid hier ne le sera peut-être pas demain et vice versa) et culturel (comment juger esthétiquement un hideux masque nigérian sans savoir s'il est appelé à évoquer la frayeur, à l'exorciser ou à provoquer l'hilarité ? Comment un extra-Occidental juge-t-il les traits enlaidis pas la souffrance d'un Christ flagellé (p. 10) ? – sans parler de l'adoration dont il peut faire l'objet…), il semble nécessaire d'emblée de distinguer le « laid en soi » du « laid formel » (déséquilibre entre parties) et du « laid artistique » qui a trait à la représentation. Concernant ce dernier, il est surprenant que déjà la philosophie antique se soit penchée sur la question de la « rédemption » du sujet laid par une représentation talentueuse.
On l'aura compris : « représentation » est ici le mot clef. Car si le jugement de l'oeuvre figurative requiert cette impossible interprétation de ses critères esthétiques propres et autres que les nôtres, l'on a tout intérêt à essayer de croiser les données visuelles avec ce que peuvent nous dire les textes contemporains des oeuvres. Or les théorisations esthétiques (philosophiques) sur la laideur – à l'encontre de la beauté – sont plutôt rares et contradictoires, donc il faut faire un appel tous azimuts : de la littérature à la théologie, de l'Histoire au cinéma, à toute source de mythe de tout temps. D'où la complexité. de même, les sources iconographiques, dont la plus grande abondance est un impératif absolu, auront d'autant plus de valeur qu'elle seront disparates. Là résident les véritables défis pour le sémiologue.
Dernier élément de complexité : en dépassant une succession purement chronologique, l'auteur a aussi croisé les époques avec des thématiques caractéristiques qui, si elles s'imposent d'elles-mêmes parfois (ex. l'Apocalypse ou les « mirabilia » au Moyen-Âge, la sorcellerie dans l'Histoire moderne, le Kitsch et le Camp au XXe siècle, jusqu'à la remise en cause (disparition ?) de l'opposition laid/beau au début du XXIe), recouvrent dans d'autres cas des périodes plus vastes et indéfinies (ex. satanisme).
Ma lecture a été souvent plus laborieuse que prévu, pour deux raisons : la difficulté des allers-retours entre l'essai et les innombrables textes anthologisés (imprimés en caractères minuscules), se faisant également écho entre eux, et dont il eût donc été regrettable d'ignorer même le moindre, ainsi qu'avec les images [signe que je ne suis pas encore entré dans le mode de lecture typique de l'Internet] ; le poids du livre (1400 gr.) composé de quelque cinq cents feuillets de papier glacé lourdement reliés, à l'instar d'un beau livre au sens technique, et non esthétique – car selon ce sens-ci, il l'est sans aucun doute.
… Et la question demeure insoluble et éternelle de l'irrésistible attirance pour le laid…
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Bigmammy
  03 mars 2013
Bien plus passionnant que le premier tome de la série. Les illustrations nous ramènent aux terreurs premières illustrées si dramatiquement par les grands tableaux du Jugement dernier, en particulier le retable d'Issenheim. La laideur, c'est aussi très actuel : les notions d'horreur des expressionnistes comme Otto Dix, ou Dali et ses grandes compositions molles, le style Camp ou l'explication de ce qui est "kitsch".
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lehibook
  14 avril 2020
Symétrique de l'Histoire de la beauté du même auteur cet ensemble d'études plus ou moins chronologiques , essaie d'analyser comment cette notion a évolué au cours des siècles et pas seulement dans le domaine artistique. Accompagné d'une anthologie de textes de tous ordres et d'une remarquable iconographie ce livre est un plaisir pour les yeux et l'esprit.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   22 août 2015
Flatulences
Karl Rosenkranz, (1805-1879), Esthétique du laid
Les flatulences sont quelques chose de laid quelles que soient les circonstances. Mais parce qu'elles affirment un arbitraire qui va à l'encontre de la liberté de l'homme, parce qu'elles le surprennent souvent au mauvais endroit, à son grand effroi, parce qu'elles lui échappent lors d'un mouvement rapide, par inadvertance, elles ont le caractère d'un lutin malicieux qui met dans l'embarras sans gêne et sans prévenir. Les auteurs comiques s'en sont donc toujours servis dans le grotesque et le burlesque, du moins par allusion [...] parce que nous autres humains, quelles que soient par ailleurs nos différences d'âge, de culture, de fortune et de rang, nous nous rencontrons tous dans cette bassesse involontaire de notre nature, les allusions à celle-ci manquent rarement de faire rire le public, et le comique bas a par conséquent une extraordinaire prédilection pour toutes les grossièretés, cochonneries et autres trivialités. (p. 138)

Le laid, le comique, l'obscène - chapitre 5
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AlzieAlzie   20 août 2015
La diabolisation de l'ennemi

Depuis l'Antiquité, l'ennemi a toujours été avant tout l'Autre, l'étranger. Ses traits ne correspondent pas à nos critères de beauté, et s'il a des habitudes alimentaires différentes, on est frappé par son odeur. Et sans remonter si loin, rappelons que les Occidentaux trouvent inacceptable que les Chinois mangent des chiens et les Anglo-Saxons que les Français mangent des grenouilles. Sans parler des sons incompréhensibles d'une langue étrangère. D'ailleurs, les Grecs nommaient barbares (autrement dit bègues) ceux qui ne parlaient pas grec, et, dans la sculpture romaine, les barbares vaincus par les légions ont des barbes en broussaille et des nez camus. Le premier ennemi auquel le christianisme a été confronté fut le vicaire de Satan, l'Antechrist, et tous les textes que nous connaissons sur le visage de l'Antechrist (qui s'inspirent de sources bibliques comme Daniel) - des premiers siècles jusqu'au Libellus de Antechristo d'Adson de Montier-en-Der et à Hildegarde de Bingen - insistent sur son obscène laideur (parfois expliquée par une origine de lignée judaïque). (p. 185)

Le Diable dans le monde moderne - chapitre 7
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AlzieAlzie   30 août 2015
Causes des monstres
Ambroise Paré (1510-1590)
Des monstres et prodiges

Les causes des monstres sont plusieurs.
La première est la gloire de Dieu. La seconde, son ire. La troisième, la trop grande quantité de semence. La quatrième, la trop petite quantité. La cinquième, l'imagination. La sixième, l'angustie ou petitesse de la matrice. La septième, l'assiette indécente de la mère, comme, estant grosse, s'est tenue trop longuement assise les cuisses croisées, ou serrées contre le ventre. La huitième, par cheute, ou coups donnés contre le ventre de la mère estant grosse d'enfant. La neuvième, par maladies héréditaires, ou accidentales. La dixième par pourriture ou corruption de la semence. L'onzième par mixtion, ou meslange de semence. La douzième, par l'artifice des meschants belistres de l'ostiere. La treizième par les Démons ou Diables. (p.244)

Physica curiosa - chapitre 9
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AlzieAlzie   20 août 2015
Un monde dominé par le beau ?

Du monde grec nous avons en général une vision stéréotypée, issue des idéalisations de l'hellénité à la période néo-classique. Nos musées nous montrent des statues d'Aphrodite ou d'Apollon qui, dans la blancheur de leur marbre, exhibent une beauté idéalisée. Au IVe siècle avant J.-C., Polyclète avait créé une statue, dite le Canon, qui incarnait toute les règles pour une proportion idéale et, plus tard, Vitruve allait édicter les bonnes proportions corporelles en fractions de la silhouette entière : le visage devait être le 1/10 de la longueur totale, la tête le 1/8, la longueur du thorax 1/4, etc. Il est naturel que, à la lumière de cette idée de beauté, soient jugés laids tous les êtres n'incarnant pas de telles proportions. Mais si l'Antiquité avait idéalisé la beauté, le néo-classicisme a idéalisé l'Antiquité, en oubliant que (souvent influencée par des traditions orientales) elle avait aussi donné à la tradition occidentale les images d'êtres qui étaient l'incarnation même de la disproportion, la négation de tout canon. (p. 23)

La laideur dans le monde classique - chapitre 1
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AlzieAlzie   19 août 2015
Isidore de Séville (570-636) - Etymologies

[...] D'aucuns ont écrit qu'en Extrême-Orient existent des races au visage monstrueux : certaines sans nez, certaines avec un visage complètement plat, ou informe, certaines avec une lèvre inférieure si proéminente que ces créatures peuvent s'en couvrir entièrement le visage pour protéger leur sommeil des ardeurs du soleil. D'autres encore ont la bouche comme figée et ne peuvent se nourrir que par un petit trou, en se servant de tiges d'avoine ; d'autres enfin seraient dépourvus de langue et, faute de pouvoir parler, communiqueraient par signes et mouvements. On rapporte qu'au pays des Scythes vivraient les Panotii, pourvus d'oreilles si grandes qu'ils peuvent s'en couvrir tout leur corps [...]. (p.41)

La laideur dans le monde classique - chapitre 1


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