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Critiques sur L'Île du jour d'avant (25)
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BrunoA
  30 avril 2013
Sur la lancée du nom de la Rose, j'ai lu le Pendule de Foucault que j'ai trouvé particulièrement intéressant, mais aussi extrêmement difficile. En étant venu à bout, j'ai décidé de ne pas rester sur ce sentiment un peu mitigé et je me suis lancé dans l'île du jour d'avant.
Un homme se retrouve seul sur un bateau, sur le méridien qui sépare les jours, face à une île située de l'autre côté dudit méridien.
Une fois de plus, Eco nous entraîne dans un tourbillon d'événements placés dans un contexte historique réel et enveloppés d'une immense érudition, ce qui n'a rien d'étonnant lorsqu'on a affaire à cet auteur.
Pour autant, entamer ce roman demeure difficile, même si on ne le regrette pas au bout du compte. Fort heureusement pour moi, j'ai continué à lire Eco et j'ai ainsi découvert avec plaisir Baudolino, la mystérieuse flamme de la reine Loana et j'ai aussi appris que voyager avec un saumon était un art difficile.
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lecassin
  04 octobre 2012
Après la lecture passionnante et passionnée de du "Nom de la rose" et celle un peu plus difficile du "Pendule de Foucault", comment résister à l'appel d'une couverture pareille ; une couverture tellement conforme à l'idée que je me fais de l'athmosphère d'un très bon Eco.
Embarquement immédiat dans cette "Santa-Maria" revisitée ; destination "L'ïle du jour d'avant ".

Malheureusement, rien ne me laissait supposer que je venais de "poser mon sac" à bord d'une bateau ivre.
"Mais que diable allait-il faire sur cette galère", se lamentait Géronte dans les "Fourberies de Scapin"... ce fut mon leitmotiv intérieur dans chaque tentative de lecture de ce magnifique pavé (le livre en lui même), persuadé que la fois d'avant, le moment n'y était pas... Il y a des moments comme ça où une condamnation trop rapide et trop définitive peut vous faire passer à coté d'un chef d'oeuvre...

Hélas, une fois encore - et c'est rare - Ce livre m'est tombé des mains. Je me suis embarqué... Mais je suis resté à quai... Dommage... Sans doute...
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mireille.lefustec
  25 septembre 2013
L'été 1643,un jeune Piémontais,Roberto de la Grive,échappe miraculeusement au naufrage de l'Amarilli hollandais sur lequel il voyageait et se retrouve naufragé sur le Daphné,un navire vide, déserté ?, ancré au large d'une île.
La terre ferme se révélera inatteignable. Notre homme ne sait pas nager et le bateau est dépourvu de la moindre embarcation.
Pourquoi ce navire a-t-il été abandonné alors qu'il contient quantité de nourriture , de plantes et d'oiseaux exotiques ?
Roberto s'adapte à sa nouvelle condition d'habitant d'une maison flottante.
Il écrit de longues lettres à sa "Dame" où il évoque des souvenirs et note ses espoirs, ses réflexions philosophiques scientifiques et religieuses.
Ce n'est pas une littérature de loisir.
L'érudition de Eco implique des digressions pas faciles à suivre, des chapitres qui résument des siècles d'événements historiques et des concepts idéologiques;
Je n'ai pas la prétention d'avoir tout compris !

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Wolkaiw
  30 janvier 2018
Vous avez sans doute déjà entendu parler de cet auteur, notamment avec son célèbre roman le nom de la Rose, adapté au cinéma en 1986 par J.J.Annaud. L'Île du jour d'avant n'est pas un roman policier historique mais un roman historique qui entre dans la catégorie baroque. J'ai lu ce livre dans le cadre de ma licence, j'ai envie de vous en parler avant d'étudier l'oeuvre en profondeur pendant le cours. La chronique sera quand même truffée d'allusion au cours que j'ai pu avoir, mais je vais essayer au maximum de retranscrire mon ressenti de lectrice et non d'étudiante.

La première chose qui m'a frappé en lisant ce livre ce n'est pas l'écriture quelque peu complexe ou l'époque à laquelle se déroule l'intrigue, ce sont les nombreuses références à d'autres ouvrages, j'ai en tête l'exemple de la Carte du Tendre. L'Île du jour d'avant est une mine de référence et de clin d'oeil, j'en ai saisi certains au vol mais je suis sûre qu'il s'agit d'une infime partie au regard de tous ceux que je n'ai su déchiffrer. Pour reprendre les termes de mon professeur de littérature comparée : " Il faut s'appeler Umberto Eco pour comprendre du Umberto Eco ".

le style d'Umberto Eco n'est pas un style avec lequel nous sommes habitués voire familiarisé, sa plume est très riche bien que souvent chargées. Il s'agit d'une écriture très différente, ludique sans doute mais pas accessible à tout le monde. Ce livre emprunte au XVII son style ainsi que quelques-unes de ses grandes idées, ce qui n'est pas sans me rappeler Là où les tigres sont chez eux dans lequel on retrouvait un personnage et des idées du XVII. On nous relate ici les écrits de quelqu'un, son parcours ainsi que son existence.

Roberto de la Grive, personnage central de ce roman, va vivre bien des aventures et nous apprendra bien de choses entendues çà et là au détour d'une conversation dans les salons Parisiens. Tout au long du roman, j'ai eu une impression de flou : Roberto ou Ferrante ? Rêve ou réalité ? Un jeu de miroirs dans lequel la réalité m'est apparue comme déformée, exagérée, atténuée, enlaidie et parfois embellie. Rien n'est jamais lisse, rien n'est jamais uniforme. le lecteur, tout comme il semble être le cas de Roberto, se perd dans l'illusion d'un frère imaginaire, d'un double qui agit dans l'ombre de tous.

Ce livre nous propose une réflexion sur le problème des longitudes – thème très en vogue au XVII. J'ai vraiment eu du mal à m'intéresser aux passages traitant des longitudes, je ne me suis pas sentie concernée par le propos, petit bout de femme du XXI je ne peux comprendre l'engouement des personnes d'une autre époque. Toutefois, cela ne m'a pas empêché de remarquer à quel point certaines choses et révélations pouvaient avoir un impact déterminant sur la suite du livre. En plus des questions de longitudes, L'Île du jour d'avant aborde la thématique de Dieu, de la poudre de Sympathie et de nombreuses autres choses encore. Ce livre est très riche, les réflexions sont larges et profondes...



Rythmé par 40 chapitres, ce roman embarque le lecteur dans une aventure dont on ne sait rien, on apprend, on comprend, on doute. Il s'agit d'un livre avec lequel il faut se battre, il faut lutter pour en venir à bout et ne pas se décourager. Je dois avouer que c'est presque une fierté de l'avoir terminé, un soulagement surtout. Vous ne pouvez lire ce livre entre deux arrêts de tram tant il requiert toute notre attention. Ne voyez donc pas cet ouvrage comme un roman de détente, il s'agit d'un roman qui s'inscrit dans l'univers baroque, un roman subtil et compliqué.

Des histoires entremêlées, une quasi impossibilité de différencier le vrai du faux, voila ce qui vous attend ; une sorte de jeu dans lequel les règles ne sont pas explicites et changent sans cesse. Nous suivons Roberto, mais à travers son regard, ses remarques et ses souvenirs nous suivons également philosophes et hommes d'Eglise. Les personnages sont nombreux, souvent de passage mais certains vont marquer Roberto, lui insuffler des idées ( Saint-Savin, Caspar ... ). Idées parfois révolutionnaires, réactionnaires, des idées sur tout et sur rien, des pistes de réflexion et des raisonnements complets, d'obscures pensées et des méthodes incongrues, cruelles et malsaines ( exemple du chien sur le bateau ). Caspar sera comme un compagnon d'infortune là où Ferrante sera un moyen de s'extraire de la réalité, jeu double auquel se prête Roberto. Nous n'avons pas le temps de nous attacher aux personnages et ce n'est sans doute pas l'objectif de ce roman, nous sommes pareils à des spectateurs observant le ballet des comédiens dans un théâtre.

L'histoire se déroule principalement sur un bateau, La Daphne, qui n'est pas sans rappeler l'Amaryllis à Roberto. Prison aux barreaux dorés ou Paradis pour âme ? Ce bateau va être au coeur de bien des réflexions, laissez-moi vous dire que rien n'est simple dans ce livre. Suite à un naufrage, Roberto trouve en quelque sorte refuge sur un bateau, mais manque de chance, l'équipage a déserté et il ne sait pas nager! Comment quitter cet endroit à la fois porteur de son salut et de sa déchéance ? C'est un des thèmes abordés dans ce livre, un des nombreux thèmes avec lesquels l'auteur semble s'amuser. L'Arche de Noé semble être représenté dans ce livre, le Déluge dans toute sa splendeur et ce que cela implique. Tout est sujet à réflexion, la moindre pensée conduit à un questionnement puis à une analyse.

Je ne peux pas vous dire que je n'ai pas aimé ce livre, ce serait vous mentir. Ma lecture fut certes difficile, mais enrichissante. Avec des sujets tel que l'amour, le voyage et la solitude ( pour n'en citer que trois ), l'auteur parvient quand même à captiver son lecteur, à l'appâter en quelque sorte. L'appâter pour mieux le faire sombrer au coeur de l'érudition. le temps est une notion qui se dilate lors de la lecture – hier, aujourd'hui, demain – qu'en est-il du temps qui s'écoule ? La notion de distance se dilate également, nous avons l'impression d'être à la fois proche et en même temps très loin de l'île du jour d'avant. Cette île semble soulever bien des mystères et secrets, elle est la source de nombreuses réflexions et débats. Les heures de lectures m'ont paru interminable, je crois que toutes ces réflexions sur le temps ont quelque peu altéré mes facultés de lecture.

Ce livre n'est donc pas facile à comprendre et je ne prétendrai pas l'avoir compris, loin de là. J'attends avec impatience les éclaircissements du cours à ce sujet, les approfondissements et éclairages de certains passages, les explications de certaines références... Je suis curieuse de découvrir Umberto Eco dans le nom de la rose...
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mouette_liseuse
  19 août 2015
Roman copieux et indigeste par le nombre de thèmes abordés. Si le titre du livre concerne la recherche de l'anti-méridien et les difficultés à déterminer la longitude d'un lieu, Eco tente de le placer dans une grande fresque historique du XVIIème siècle en accumulant le résultat de ses recherches, des inventaires interminables, des reconstitutions des salons parisiens avec ses libres penseurs, ses précieux, un siège à la mode médiévale, des leçons sur le temps et le calcul des longitudes, la naissance de la science moderne et son conflit avec la Bible, ...

Bref, il joue à l'érudit, en oubliant le lecteur en route.

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sultanne
  15 février 2012
Baroque, très baroque, cette histoire abracadabrantesque dans laquelle passé et présent se mêlent dans une valse vertigineuse.
Le style d'Umberto Eco est étrange et mystérieux, ancien et précieux tout à la fois. Une érudition étourdissante dont l'auteur nous éclabousse d'un geste détonnant.
Etonnant et déroutant...
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Hindy
  31 janvier 2011
Roman foisonnant, parfois confus mais intéressant.
J'ai parfois décroché mais dans l'ensemble pas mal
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Pchabannes
  20 novembre 2009
Etait-ce une question de moment ? En tous cas, je suis complètement passé à coté de cet ouvrage après prés de 175 pages d'efforts. Entré dans ma bibliothèque à Noël 2000, j'avais essuyé un premier échec en 2001. Un ami m'a conseillé fortement la lecture d'Umberto ECO, aussi je me lançai à l'assaut. Rien à faire.

Je trouve le récit confus, le style rébarbatif. Des phrases à rallonge, l'utilisation intensive d'un vocabulaire particulièrement riche, des changements de rythme quand se croisent le roman historique et le pathos philosophique.

Je reprendrai peut-être cette lecture un été, avec le temps, avec la capacité de m'adapter à ce roman avec un dictionnaire à mon coté.

Mon ami me conseille de lire le Pendule de Foucault avant. Allons !



Lectori salutem, Pikkendorff
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CeCedille
  02 août 2016
Après le médiéval Nom de la Rose, Umberto Eco poursuit dans le baroque des grandes découvertes de la navigation maritime et de la spéculation philosophique.

L'Ile du jour d'avant se déroule quelque part dans le Pacifique, sur un bateau fantomatique, récemment abandonné pour des raisons mystérieuses, à proximité d'une ile qui se tient sur la ligne de changement de date. Cette ligne imaginaire longe le 180e méridien (est et ouest) et indique l'endroit où il est nécessaire de changer de jour quand on la traverse. A cheval sur le temps, en quelque sorte :
"En ce point de la terre, il y a une ligne, que de ce côté-ci le jour d'après est, et que de côté-là le jour d'avant", explique le père Caspar au jeune Roberto dans son étrange sabir. Car Roberto de la Grive, espion aux services de Mazarin, naufragé qui s'est échoué sur le navire, va y vivre d'étranges aventures, dont la rencontre de son Vendredi en la personne du père Caspar Wanderdrossel, e Societate Iesu, mais aussi astronome et savant ès tant d'autres disciplines près la Curie du Général de la Compagnie. (p.21)

Dans un récit échevelé d'érudition et d'imagination, notre auteur évoque le très sérieux problème de la longitude, si difficile à mesurer pendant si longtemps, qui a empoisonné les navigateurs, incapables de situer leurs positions avec certitude. Des îles étaient découverte que l'on ne pouvait plus retrouver ensuite. Les vaisseaux s'échouaient, naufrageaient, faisant de l'océan un lieu de perdition au sens propre, parce que les navigateurs étaient tout simplement perdus !
La précision croissante des horloges, résistantes au tangage et à l'humidité, aidaient les capitaines. Mais le point restait un art plutôt qu'une technique, quels que soient les instruments employés (sextant, compas). L'art de la navigation était moins dans la manipulation des voiles que l'art de faire le point. Cette technique, exigeant de savants calculs, échappait à l'équipage et contenait ses envies de mutinerie. Beaucoup d'officiers avaient eu la vie sauve à condition d'assurer le pilotage pour le compte des mutins, science savante et élitiste, comme l'expliquait déjà Platon dans "La République".

D'où l'importance du calcul de la longitude, au contraire de la latitude qui se fixe par jeu d'enfant au moyen de l'astrolabe et de l'arbalestrille. Cette épineuse question devenait affaire d'État, chaque gouvernement en attendant la clé de la suprématie des mers et du commerce.
" L'État qui découvrirait le secret des longitudes, et empêcherait que la renommée s'en appropriât, cet État obtiendrait un grand avantage sur tous les autres" déclare Mazarin (p.192).
En 1714, le Parlement britannique promettait dans le "Longitude Act" un prix de vingt mille livres à qui trouverait une solution acceptable au problème de la longitude en mer. D'où l'étrange construction administrative, par l'abbé Grégoire à la fin du même siècle, d'un bureau des longitudes au nom évocateur de grand large, qui subsiste encore sous le nom, toujours poétique, d'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides.

Eco exulte à faire comprendre toute la poésie de la science dans cette oeuvre savamment débridée ou l'érudition peut tout autant lasser que séduire.
On retiendra, parmi les morceaux d'anthologie, la leçon de natation, sertie dans les considérations philosophico-scientifiques de l'attachant père Caspar (p. 308 et suiv), la découverte du lagon (p.402 et suiv.) grâce à un original scaphandre autonome bien antérieur au système Cousteau-Cagnan.
On croisera, au détour d'une phrase, toujours travestis, Cyrano de Bergerac, Pascal, Arcimboldo (pp. 405, 406) et quelques autres...
C'est l'esprit d'un temps que ressuscite Eco, en nous laissant dénouer l'écheveau de ses inventions, de ses faux semblants et de ses lubies.On regrette d'autant plus sa récente disparition qu'il était, et reste, grâce à ses livres, l'incomparable dispensateur d'un gai savoir érudit et farceur.
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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andras
  17 mars 2016
Un livre précieux mais à quel sens du terme ? J'ai oscillé entre intérêt (parfois même admiration) et exaspération à la lecture de ce livre. La langue est précieuse, souvent exagérément savante comme si U. Eco voulait nous en mettre plein la vue et épater la galerie. Mais à quoi bon toutes ces énumérations de termes techniques datant du 17eme siècle ? Ces énoncés interminables de théories sur le monde toutes réfutées aujourd'hui ? Cette syntaxe alambiquée ? L'histoire est pourtant intéressante (un espion de Mazarin se retrouve naufragé sur un bateau désert en face d'une île. Entre lui et l'île passe le méridien des antipodes. S'il parvient jusqu'à l'île, le naufragé remontera dans le temps). Pour en connaître la fin (assez frustrante à mon avis), j'ai dû plus d'une fois lutter contre l'envie d'abandonner cette lecture. Après une pesante dissertation de Maître Eco succédait un chapitre plus enlevé qui me faisait supporter les pires passages. Comme quoi, Eco est pour moi capable du meilleur comme du pire en un seul livre. "Le nom de la rose" m'avait déjà fait cette impression.
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