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EAN : 9782246831105
64 pages
Grasset (16/03/2022)
3.7/5   25 notes
Résumé :
Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher

À l'ère des fake news et autres faits alternatifs , il est revigorant de relire ce qu’Umberto Eco avait à dire sur le sujet. Avec sa clarté, et son gai savoir habituels, le grand écrivain italien déconstruit les notions de mensonge, de faux et de falsification, dont il a si souvent joué dans ses fictions. L’humaniste emprunte autant à l’histoire de la logique, à la philosophie du langage qu’à la littérature, po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Mousquetaire11
  22 juin 2022
Depuis que j'ai découvert Netgalley France il y a quelques mois, je prends plaisir à découvrir des essais culturels, plus particulièrement ceux traitant de l'art. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers "reconnaître le faux : Dire le faux, mentir, falsifier" d'Umberto Eco, auteur connu pour son célèbre roman "Le nom de la Rose".
Les Éditions Grasset nous propose ici un texte d'une trentaine de pages qui reprend les propos introduits par Umberto Eco en 2011 lors un festival culturel à Milan portant sur le thème du mensonge et de la vérité. Même s'il s'agit d'un texte relativement court, celui-ci est très riche et extrêmement bien documenté.
J'ai beaucoup apprécié le plan suivi par l'auteur pour introduire ses propos qui structure bien l'essai ainsi que ses anecdotes qui rendent plus vivant le récit.
Je tiens à remercier les Éditions Grasset et Netgalley pour la découverte de ce texte qui pousse à la réflexion. Même si Umberto Eco nous a quitté il y a quelques années, la maison d'édition Grasset offre un bel hommage à l'auteur dont elle a publié tous les romans en proposant en 2022 dans son catalogue "reconnaître le faux"...
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Didjmix
  02 juin 2022
Petit essai d'un discours à l'intérêt tout relatif mais intéressant qu'Umberto Eco a fait il y plus de 10 ans. Se servant de la philosophie, de l'histoire, de la littérature, etc. il présente ce qui fait le faux, chez les hommes d'abord, les mensonges, les non-dits, les fausses vérités, la mauvaise foi, l'ironie même ; puis sur les choses (contrefaçons par exemple). Tant de distinctions simplement présentées, à l'heure où les "fake" (news) sont légions.
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Aquilon62
  22 mars 2022
A noter la précision de l'éditeur en préambule et qui permet de contextualiser l'édition de cet opuscule.
"Le texte "Reconnaître le faux" a été écrit par Umberto Eco en 2011 pour le festival culturel de Milan, La Milanesiana, dont le thème était « Mensonge et vérité ». Il fut prononcé, telle une leçon inaugurale, par le professeur Eco avant d'être publié en volume dans l'ouvrage Sur les épaules des géants, traduit en France en 2018.
Le sujet des faux et des falsifications traverse toute l'oeuvre de l'auteur italien comme un leitmotiv et témoigne de son attention ininterrompue à cette question.
Dans un contexte sociétal et politique où la vérité est partout contestée, cédant le pas aux fake news et aux faits alternatifs, qui de mieux placé que le grand humaniste italien pour nous parler de vérité et d'éthique, de contrefaçon et d'ironie, et établir une distinction entre dire le faux, mentir et falsifier ?"
Umberto Eco est pluriel : romancier, médiéviste, sémiologue, philosophe… Et on retrouve toutes ses/ces influences dans ce livre.
Cet essai aborde la gêne suscitée par le mensonge, la falsification, les fake news, les réécritures de l'histoire qui nous laissent dubitatifs et parfois démunis.
L'actualité très récente nous le prouve : "ne pas nommer la guerre, cela signifie t-il qu'elle n'existe et que sa réalité même soit effacée ? Proclamer le faux fait-il disparaître le vrai ?
D'où la nécessité de reconnaître le faux.
Umberto Eco a souvent traité le sujet dans ses romans, il en parle d'ailleurs lui même : "Si vous vous occupez outre mesure du mensonge ou, mieux encore, de divers cas de falsifications – ainsi que cela fut le cas dans mon roman le Cimetière de Prague –, certains idiots vous opposent aussitôt que puisque vous représentez le monde empli de faussaires et l'histoire elle-même comme le règne du mensonge, alors vous soutenez qu'il n'existe aucune vérité, et êtes donc un relativiste. Gigantesque ânerie, à ne pas accepter même de la part de qui n'aurait jamais fait de philosophie au lycée ou au séminaire."
Umberto Eco examine l'éthique ou l'absence d'éthique du menteur et convoque pour ce faire des esprits éclairés :
Pour Platon, il est légitime de raconter des histoires, de forger des fables pour éduquer l'esprit aux paradoxes ;
Pour Machiavel le Prince peut prendre la voie du mal si cela est nécessaire au prince ; Francis Bacon rappelait que "la dissimulation n'est qu'une fausse image de la politique ou de la prudence, car il faut avoir tout à la fois beaucoup de force dans l'esprit et dans le caractère, pour savoir quand il est à propos de dire la vérité, et pour oser la dire" ;
Thomas d'Aquin pardonne le mensonge qui ne cause de tort à personne ;
Alors que Saint Augustin le refuse en bloc ;
Pour Kant la vérité est un devoir inconditionné ;
Aux temps baroques, il évoque Mazarin qui "passait son temps à scruter sur les traits du visage les mensonges des autres mais aussi à dissimuler ce qu'il lisait ou écrivait au même moment, qui organisait des festins élaborés où la viande devait sembler du poisson et le poisson de la viande, les fruits des légumes et vice versa, parce que l'apparence mensongère suscitait l'émerveillement", les Dom Juan et Tartuffe de théâtre, et écrivains italiens.
Néanmoins, il reste une perspective optimiste qui vient clore cet ouvrage qui bien qu'il se lise facilement nous replace face à la complexité du monde actuel.
Umberto Eco de finir sa démonstration en citant, "Du mensonge à la violence" d'Hannah Arendt, et Jonathan Swift, l'auteur de "L'art du mensonge politique".
Subtil Jonathan Swift et subtil Umberto Eco qui ne seront jamais lus par ceux, qui ne se laissent duper par rien, ni par personne, sauf par eux-mêmes.
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CocciClelia
  11 mars 2022
#Reconnaîtrelefaux #NetGalleyFrance
Avant tout merci à NetGalley France et aux Editions Grasset de m'avoir permis de lire cet essai fort instructif écrit par Umberto Eco.
Ce ne sont que 30 pages mais qui sont aussi denses qu'un livre dix fois plus épais. Il y a une différence entre dire le faux, mentir et falsifier, c'est à partir de là que toute l'étude va se faire. Les différents types de mensonges, lorsqu'il y a intention de nuire ou pas. La différence entre simulation et dissimulation. En quoi une fiction narrative n'est pas un mensonge. Comment la mauvaise foi et l'ironie modifient le rapport entre trompeur et trompé. Même étude entre original, copie et contrefaçon, et comment fournir des preuves d'authenticité. Dans notre monde ou fake-news et vérités s'entrechoquent, comment différencier les unes des autres. Un livre très intéressant.
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qu_est_ce_que_je_lis
  20 mars 2022
Je ne connais pas beaucoup la plume de cet auteur. Je crois que pour l'instant je n'ai lu que numéro zéro, que j'avais beaucoup apprécié. J'ai aussi le célèbre nom de la rose qui patiente encore et toujours dans ma pal par contre, oups.
J'ai tout de suite été intrigué par le titre et la couverture de cet essai.
L'essai est très court, mais va à l'essentiel de ce que l'auteur veut nous faire part.
Je suis un tout petit peu déçue par ce livre où je m'attendais à autre chose. Je pensais que ce serait un peu plus décortiqué que seulement des faits exposés ou extrapolations. Après ce n'est que mon ressenti face à ce que j'attendais et ce que j'ai lu.
Avoir su cela dès le départ, je pense que je l'aurais beaucoup plus apprécié.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Mousquetaire11Mousquetaire11   20 juin 2022
Nous mettons en doute l'authenticité socialement acceptée d'un objet ou d'un document seulement quand une preuve contraire vient troubler nos croyances établies. Sinon, il faudrait examiner La Joconde chaque fois que l'on va au Louvre, car nous n'avons aucune preuve que La Joconde vue aujourd'hui est celle que nous avons vue la veille et n'a pas été remplacée pendant la nuit.
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MimimelieMimimelie   21 mars 2022
La véracité n’a jamais figuré au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours été considéré comme un moyen parfaitement justifié dans les affaires politiques.

Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, Paris, Pocket, 2002, traduit par Guy Durand.
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MimimelieMimimelie   21 mars 2022
Le seul cas de fausse attribution où l’on puisse savoir avec certitude que deux objets ne sont pas identiques, c’est celui où quelqu’un nous présenterait, par exemple, une reproduction de La Joconde, en se tenant face à l’original exposé au Louvre, et soutiendrait que ces deux objets sont indistinctement le même objet. Il s’agit d’un événement improbable, et pourtant même en ce cas, il resterait le doute que la contrefaçon présumée soit l’authentique Joconde, tandis que celle du Louvre en serait une contrefaçon malicieusement (ou de manière erronée) accrochée au mur – qui sait depuis combien de temps, par exemple quand le tableau a été retrouvé après le célèbre vol de 1911.

Pour prouver qu’un faux est un faux, on doit alors fournir une preuve d’authenticité de l’original supposé.
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rkhettaouirkhettaoui   19 mars 2022
Pour dire que quelque chose est erroné ou faux ou que c’est l’effet d’une falsification, il faut avoir une notion de ce qui est correct ou vrai ou authentique. Évidemment, il y a plusieurs niveaux de vérité et de possibilité de vérifier que quelque chose est le cas. Si je dis « dehors il pleut », la véracité de mon assertion peut être vérifiée sur la base de l’expérience personnelle : vous sortez et tendez la main. Si je dis que l’acide sulfurique est H2SO4, vous assumez que c’est vrai à partir de notions que nous dirons livresques, mais si vous insistez vraiment, vous pouvez demander à être admis dans un laboratoire où sera produit sous vos yeux de l’acide sulfurique (même si je ne trouve pas que ce soit d’une grande satisfaction).
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rkhettaouirkhettaoui   19 mars 2022
Le mensonge est interdit par l’un des commandements, mais nous savons que pour la majeure partie d’entre eux, il s’agit de « matière légère », celle-là même qui fait la différence entre péché mortel et péché véniel. Ainsi, si nous prenons Tu honoreras père et mère, il y a une différence entre répondre à sa maman « tu me casses les pieds » et la tuer à coups de marteau ; en revanche (c’est ce que l’on enseignait de mon temps) il n’est pas question de « matière légère » pour Tu ne feras pas d’impureté, autrement dit, ira en enfer aussi bien celui qui a violé sa grand-mère que l’adolescent qui a ressenti un léger trouble inguinal devant une photo de Monica Bellucci.
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