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EAN : 9782258116580
320 pages
Éditeur : Les Presses De La Cite (29/01/2015)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes)
Résumé :
" Ma fille ne se marie pas ! " Voici ce que rétorque la paysanne Aimée aux soupirants de Jeanne. Car la mère, vouée à la solitude depuis la mort au front de son mari adoré durant la Grande Guerre, et dont elle relit, inconsolable, les lettres d'amour, décide de garder près d'elle ses deux derniers enfants. Sinon, qui pour travailler la terre ? Initiée par Aimée, accoucheuse à l'occasion, aux mystères de la vie, Jeanne, elle, n'enfantera jamais. Mais la belle Jeanne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Mariloup
  22 février 2015
Un grand merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité pour cette agréable lecture.
Je tiens à dire que la couverture est très jolie, soft, les couleurs sont douces et apaisantes. Parfois, il est bon d'avoir une couverture simple qui attire l'oeil, cela est très engageant pour la lecture qui va suivre.
Alors, dès la première page lue, ma première impression a été positive. J'adhérais déjà.
Le roman est écrit à la première personne du singulier, ce qui m'a permis de me rapprocher un peu plus de Jeanne. de plus, son histoire est racontée sous la forme de mémoires, les propres mémoires de Jeanne, une Jeanne centenaire.
Il y a très peu de dialogues, un minimum sinon ce n'est que du récit. Évidemment, puisque cette histoire est relatée sous forme de mémoires.
La plume de l'auteur est fort agréable et fluide; il y a de belles paroles qui sonnaient agréablement à mes yeux, à mes oreilles; chaque chapitre est titré, je trouve que c'est mieux, cela nous permet de savoir de quoi il sera question dans ce chapitre.
J'ai vraiment eu l'impression d'être dans une autre époque, un autre lieu. Il y a beaucoup de dates, mais ça m'a permis de me repérer dans le temps.
Au début, je pensais que ce livre se passerait au XVIIIe siècle, je m'imaginais bien cette époque en lisant le résumé et pourtant, j'ai eu la surprise de voir que non, que cela se passait au XXe siècle, pendant les deux Guerres Mondiales (bien relatées).
Une part de moi a été touchée par les malheurs de Jeanne, par son amour interdit avec Germain. Une belle histoire d'amour, pure et simple.
Beaucoup de paroles de Jeanne m'ont touché, ça ferait de belles citations. J'ai noté celle-ci notamment: "On ne naît pas libre, même si l'on marche sans chaînes." Cette citation est parfaite pour montrer le thème du livre, pour rappeler qu'en ce temps, les parents avaient tout droit sur leurs enfants y compris sur leur destin.
#Spoilers#
La Jeanne centenaire nous conte son histoire, revient sur les points importants de sa longue vie. La vie de ses parents avant et après leur rencontre; sa naissance; l'amour qu'elle porte à sa terre natale qu'elle ne souhaite pour rien au monde quitter; la mort de son père; l'après-guerre de 14-18 (avec les maladies, les pertes, le chagrin...); sa mère qui n'a jamais plus jamais été la même depuis le décès de son mari; son amitié avec le jeune Germain; leur amitié qui va se transformer progressivement en amour, en attirance; le jour où elle devient femme; son apprentissage en tant que sage-femme; son questionnement sur le fait d'être une femme, une mère; son examen qu'elle réussit haut-la-main; le départ de Germain au loin pour trouver du travail; les mères qui choisissent la voie de leurs enfants à leur place; sa passion pour l'écriture (aime le vieux français, écrit dans des journaux intimes); son amour des livres (des histoires d'amour, qui finissent bien); les falaises dont elle a fait son refuge secret; son admiration pour certaines femmes de son entourage, la part féministe de la société du temps jadis; les longues années sans son bien-aimé; leur adolescence séparés l'un de l'autre; la demande en mariage de Germain; leurs rendez-vous secrets; l'attente du retour de son amoureux de son service militaire; la cruauté de la vie; sa mère qui ne pensait qu'à elle; ses travaux dans la ferme familiale; ses liens avec ses deux grand-frères; les secrets répétés de sa mère (dont à propos de la demande en mariage de Germain); lui qui renonçait à elle; elle qui l'attendait impatiemment, sans savoir; les mensonges; la vérité qui éclate, douloureuse; l'amour qui survit à tour; la Seconde Guerre Mondiale qui éclate; l'occupation allemande; le départ des membres chers à son coeur pour le front; l'un de ces frères qui subit le même sort qu'elle (pas de mariage, travail à la ferme obligatoire), frère dont elle est très proche; Jeanne qui finit vieille fille à cause de sa mère; une demande en mariage à 35 ans par un homme rencontré sur les falaises; le refus de sa mère encore une fois (qui compte bien la garder pour elle seule); le retour de Germain, leur amitié; sa liberté à la mort de sa mère; la perte de l'amour, le vrai; sa vieillesse; les souvenirs; l'amour dans la mort...
En refermant le livre, j'étais vraiment satisfaite de ma lecture mais j'avais quand même une petite déception, peut-être que j'en attendais beaucoup plus en lisant le résumé. Ce fut une belle découverte et ça m'a permis de sortir un peu des sentiers battus, de découvrir un autre genre littéraire.
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thisou08
  26 mars 2018
Cette histoire, vraie de surcroit, m'a révoltée.
De quel droit cette mère refuse-t-elle à sa fille ce qu'elle a elle-même connu : l'amour ?
Mystère de ces communes rurales qui suivent encore au vingtième siècle des traditions ancestrales où les enfants sont soumis aux parents, au maître et au curé.
C'est de l'esclavage.
Et la fin ne rattrape pas les années de bonheur perdues par la faute de cette mère abusive.
L'auteur sait très bien restituer l'époque, l'atmosphère et les sentiments en écrivant son récit à la première personne.
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FannyNetherfieldPark
  29 mars 2015
Aujourd'hui je vous retrouve avec un roman du terroir. Etant native de Normandie et passionnée par cette région, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté de cette histoire qui se déroule dans le Cotentin. Ce genre de littérature nécessite forcément une plongée dans des coutumes, dans une époque, dans une autre manière de vivre. Ici, l'auteure a su retranscrire ce qu'était la vie durant la première moitié du XXe siècle dans une région battue par les vents. L'importance de la terre, de la famille, du respect des conventions sont des éléments centraux. Cependant, j'aurais adoré que Catherine Ecole-Boivin aille encore plus loin dans la description des paysages. Je n'ai pas suffisamment retrouvé la beauté sauvage de ce littoral.
Ce roman nous conte une histoire d'amour presque impossible. Jeanne est un personnage ambigu. Elle possède une certaine force de caractère tout en se laissant facilement manipuler et enfermer par sa mère. J'ai apprécié son attachement à son village et à ses falaises. Je connais bien ce sentiment même si j'ai fini par partir et suivre mon instinct. Pas un seul jour ne se passe sans que je ne pense à la Normandie et à l'océan. Je me suis finalement sentie proche d'elle. Je comprends son choix qui peut paraitre lâche et facile. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants. le fil conducteur est clairement la découverte de la vie de Jeanne de sa naissance jusqu'à son décès. Il y a quelques rebondissements et une belle plume avec quelques mots de patois.
Il s'agit d'un livre qui m'a dans l'ensemble plutôt plu. Il aurait surement mérité un peu plus de profondeur et de descriptions. Jeanne est un personnage que j'ai su comprendre. Mention spéciale à la couverte qui est très réussie!
Lien : https://danslemanoirauxlivre..
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ktylauney
  12 avril 2016

La vie de Jeanne, née en 1912 à Jobourg, une commune de la Hague dans le Cotentin.
Un destin de femme qui ne laissera personne indifférent.
Un amour contrarié entre cette jeune femme et celui qu'elle aime, Germain.
J'avoue avoir été révoltée par le pouvoir exercé par les parents sur leurs enfants pour décider à leur place de leurs faits et gestes, de leurs pensées, de leur métier, en bref de leur destin. [/J'ai trouvé la mère de Jeanne particulièrement égoïste en lui gâchant sa vie pour pouvoir la garder près d'elle et éloigner tous ses "prétendants". Lui interdire le bonheur, l'amour et aussi d'avoir des enfants.]
Je me dis.... que de vies gâchées! Une vie nous n'en avons qu'une seule. Elle est si courte aussi. Alors je suis colère en ayant terminé ce récit et j'ai sombré dans la mélancolie. Je me demande comment j'aurais réagi à la place de Jeanne tout en sachant qu'il faut se mettre à sa place, dans le contexte de son époque.
Jeanne et un de ses frères n'ayant pu se marier ont essayé de se rebeller à leur façon. Il n'empêche qu'à cette époque les parents ressortaient toujours "gagnants" et c'est ce qui m'a profondément révoltée.
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CoquelicoteAzimutee
  01 mars 2015
Merci beaucoup à Babelio qui me permet régulièrement d'élargir mes horizons littéraires grâce à ses opérations Masse Critique. Cette fois, j'ai reçu le roman Jeanne des falaises de Catherine Ecole-Boivin, publié chez Presses de la Cité, un éditeur que je trouve vraiment de qualité.

Jeanne est née en 1912, dans un coin de Normandie taillé dans les falaises où la vie est restée telle qu'elle était au XIXème siècle. de la mort de son père dépendra toute sa vie, car ce décès marquera violemment sa mère et la façon de celle-ci d'élever ses enfants.

J'ai remarqué dès les premières phrases la poésie du style de l'auteure, que je ne connaissais pas du tout. Il y a de très, très beaux passages, qui ressortent dans le texte et nous prennent par surprise, que ce soient des descriptions de paysage ou l'expression de sentiments. En revanche, j'avoue que par moments je n'ai tout simplement pas compris ce que voulait dire l'auteure, des moments complètement opaques pour moi au niveau du sens. C'est arrivé peut-être trois ou quatre fois, mais ça m'a un peu déstabilisée.

De même, bien que j'aie apprécié le personnage de Jeanne, j'ai eu du mal à les comprendre, elle et sa relation avec Germain. J'ai bien vu dans le roman qu'elle était comme prise au piège par sa mère et le coin reculé, presque hors du temps, où elle est née, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a manqué de courage et d'audace et qu'elle mérite les injustices subies. J'ai dans ma famille une histoire d'amour contrarié. Si mes grands-parents n'avaient pas écouté leur coeur, comme Jeanne, je n'existerais même pas, alors je ne peux souscrire aux choix de Jeanne.

En outre, je ne vois pas bien quel message voulait faire passer Catherine Ecole-Boivin. Ou souhaitait-elle simplement raconter cette histoire vraie douce-amère d'une façon plus romancée, qu'elle semble avoir déjà abordée d'un point de vue plus documentaire avec Jeanne de Jobourg, paroles d'une paysanne du Cotentin ? J'ai en tout cas trouvé la description de la vie sur la presqu'île de la Hague très intéressante. Je ne suis pas Normande mais j'habite en Normandie depuis quelques mois et j'ai vraiment apprécié le patois, les us et coutumes, les paysages décrits… J'irai bien y faire un tour !

Jeanne des falaises est un beau roman, qui ne m'a pas convaincue entièrement pour des raisons purement personnelles. Je retiens la très belle plume de l'auteure, que j'espère relire un jour avec un autre ouvrage.
Lien : http://sans-grand-interet.co..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
MariloupMariloup   13 février 2015
_ Y t'a vue t'angoulêmer avec lui!
Je me défends timidement, on n'accuse que les suspects. Ce cantonnier, cet "écoute aux portes", je vais l'éviter désormais.
_ Oui, j'ai embrassé Germain. C'est pas un crime!
_ Tu vois, t'avoues. Mais t'as pas honte, mais t'as pas honte!
Je reste silencieuse devant sa colère.
Non, je n'ai pas honte d'un baiser de rien du tout; dans mes livres, les héros vont beaucoup plus loin qu'un baiser, ils enlacent leurs corps pour ne devenir qu'un.
Comment? A cette époque, je l'ignore encore!
Impossible de raconter à ma mère nos deux visages l'un contre l'autre, mon impression d'invincibilité quand mes lèvres ont touché les siennes, cette soif que m'a procurée son baiser. J'ai vu de près Germain, son visage si grand, le paysage de ses yeux, celui de son iris orné de fils d'or, couleur des ajoncs des landes, en forme d'étoile. Ce dessin d'iris commun à nous tous ici, qui caractérise les yeux des Celtes.
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thisou08thisou08   26 mars 2018
Les vieux sont vieux après quarante ans, on se marie pour les enfants et non pour la bagatelle. Sacrifiés, nous avons réussi par nécessité à nous découvrir l'un sans l'autre, à force d'avoir été privés l'un de l'autre.
Un renoncement au plaisir mais pas au souvenir.
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MariloupMariloup   12 février 2015
J'ai dispersé mes doutes, pour rester, survivre à tous, le plus longtemps possible avec mon grand amour.
Est-ce la guerre qui m'a permis de devenir centenaire?
Je ne veux pas céder à la mort et lui chercher gribouille.
Je vis longtemps pour elle, non pas contre elle. J'ai un secret, ma grande histoire à moi, si dérisoire à l'échelle humaine. Elle se résume à un prénom, ce prénom me tient aux falaises et à ma terre, le vide n'est rien à côté du plein de ce que je vis en aimant à ma manière Germain.
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MariloupMariloup   04 février 2015
C'est cela qu'est ma vie, ma liberté, à la manière de la chèvre de Monsieur Seguin, préférant la mort à la chaîne la retenant. Mes pas périlleux, pour des crustacés, quelques patelles entourées de varech, pour un peu d'eau iodée sur mes doigts.
La Hague, cette presqu'île à part, édifie mon destin. Paysanne, je lui ai obéi. Obéi autant qu'à ma mère qui a voulu que je reste son enfant, en contrepartie de la perte de l'homme de sa vie, mon père chéri.
Par amour de ma terre et de ma mère, à mon tour j'ai laissé l'homme que j'aimais m'abandonner.
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thisou08thisou08   25 mars 2018
Lui, la quarantaine, est rentré de la guerre alcoolique. Il s'est mis à boire là-bas. Les hommes sont revenus soûls des misères des tranchées.
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Videos de Catherine Ecole-Boivin (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Ecole-Boivin
Foire du livre 2016 – Terres de France Cette émission s’intitule « Terres de France », présentée par Patrick Bouthet qui reçoit : - Edouard Brasey pour son ouvrage « Le domaine des Oliviers », aux éditions Calman Lévy - Catherine École-Boivin pour sa publication « Enfuir l’hiver », aux éditions Presses de la Cité
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