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EAN : 9782746747371
296 pages
Autrement (26/09/2018)
4.27/5   80 notes
Résumé :
« Quand des Blancs feuillettent un magazine, surfent sur Internet ou zappent à la télévision, il ne leur semble jamais étrange de voir des gens qui leur ressemblent en position d’autorité. Les affirmations positives de la blanchité sont tellement répandues que le Blanc moyen ne les remarque même pas.
Etre blanc, c’est être humain ; être blanc, c’est universel. Je ne le sais que trop, car je ne suis pas blanche. »


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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Je n'aime pas les livres militants, mais il faut croire que j'aime me faire mal car je continue à les lire. Dans la série “déconstruction et militantisme woke”, voilà un beau spécimen : un essai publié en 2017 par une jeune journaliste britannique noire dont le titre “Why I do not talk to white people about race” sent déjà bon la lutte contre les oppressions et les privilèges.
Cet essai fait suite à un article de 2014 éponyme dont la thèse était celle-ci : le racisme des “Blancs” contre les “Noirs” est "structurel", que les Blancs ne peuvent pas comprendre les problèmes et souffrances des “Coloured” (il y a une incompatibilité émotionnelle), et donc il ne sert à rien d'en parler avec eux.
Le bouquin développe plus en profondeur ce thème - et cette thèse - avec la structure générale suivante : (1) l'histoire britannique est marquée par un racisme (2) qui persévère de façon “structurelle” dans la société actuelle. Malgré cela, la thèse officielle pour le racisme consiste à invisibiliser les races (“colour-blindness”), une position qui ne permet pas de rendre compte du “privilège blanc” (3) à l'oeuvre, privilège qui consiste simplement, pour les Blancs, à ne pas subir de problème “de race”, car les Blancs n'ont pas de couleur. (4) les Blancs ont tellement peur de perdre leur privilège qu'ils ont le fantasme d'une “black planet”. (5) Les femmes blanches ne sont pas en reste, et, toutes privilégiées qu'elles sont, refusent le mouvement intersectionnel des femmes noires. (6) La question de la lutte des classes, ou de la pauvreté, n'est amenée par les Blancs que comme un alibi pour décrire cette “working class” comme blanche d'abord, de façon à nier les conditions de vie difficile des “Noirs”.

La thèse centrale étant que, dans la société britannique, les blancs sont privilégiés par un système structurellement raciste. Spoiler : le livre échoue à prouver cela.
Reprenons donc tout cela point par point ; attention c'est long.

“Histories”

Le premier chapitre est un rappel de phénomènes historiques, lois, ou faits divers qui ont ponctué l'histoire britannique, et montrer que l'histoire de la Grande-Bretagne depuis plusieurs siècles est marquée par le racisme des “Whites” contre les “Blacks”. le but est de redonner une visibilité à l'histoire britannique des luttes pour les droits civiques des minorités visibles.
Ce long chapitre est le plus consensuel (car on parle d'histoire), mais il y a déjà pas mal de choses problématiques. D'abord, les notions de blanc et de noir, qui ne sont jamais explicitées et qui interrogent sur le périmètre choisi : l'auteur parle-t-elle seulement de la Grande Bretagne, ou du reste de l'Europe, voire également des Etats-Unis ? Mystère, car le propos semble parfois local, parfois à dimension plus générale. Est-ce que l'opposition "Black" / "White" peut être étendue aux autres minorités visibles ? Mystère aussi.
Le choix des événements relatés et leur non-inscription dans un contexte global posent question. Car en effet, si la Grande-Bretagne a été l'un des principaux acteurs de la traite esclavagiste, pourquoi ne pas rappeler que ce pays a été le premier à l'abolir ? Que les Etats côtiers africains qui vivaient de l'esclavage eux-mêmes n'ont pas compris cette abolition qui allaient contre leurs intérêts ? L'idée n'est pas de donner une médaille morale à la Grande-Bretagne, mais il aurait été juste de dire que l'Europe n'a pas inventé l'esclavage - qui a perduré en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie orientale bien après l'abolition en Europe - mais a inventé l'abolition...
Le reste du chapitre consiste à aligner les anecdotes des bavures policières que l'on ne peut que condamner, mais qui ne disent rien en soi sur l'ampleur du phénomène raciste dans la société britannique. Car aucune étude holistique, aucun chiffre ne permet dans le livre de prouver de façon quantitative la thèse de l'auteur. Dans de nombreux cas, il est même difficile de trancher en faveur de l'explication du racisme plutôt que celle de l'incompétence. On se contente donc de montrer qu'il y a eu et qu'il y a du racisme dans la police, mais on ne montre pas dans quelle mesure ce racisme est ancré, et donc en quoi il serait “systémique”.

“System”

Le deuxième chapitre se concentre bien sur cette notion de racisme “systémique”, “structurel” qui serait à l'oeuvre dans la société britannique, et qui entraverait les chances de succès des jeunes Noirs en Grande-Bretagne.
On retrouve d'abord le même défaut qu'au chapitre précédent : aucun donnée n'est fournie, et on devra se contenter de savoir qu'à copie égale, les Noirs sont moins bien notés à l'école, que les Noirs ont moins de chance d'obtenir des entretiens d'embauche, de garder leur emploi en temps de crise, etc. Ce qui est probablement le cas, mais dans quelle mesure ? Jamais le contexte n'est précisé (quelle période ? quel périmètre géographique ?), jamais on ne saura si dans les études montrant ces phénomènes la classe sociale a été neutralisée, donc il est impossible de savoir exactement l'impact de la race dans ces discriminations.
Ce qui est bien embêtant, car le droit non seulement est égalitaire mais condamne formellement toute discrimination sur l'origine ou la couleur de peau, le racisme issu de la société est la seule carte restante à ce militantisme noir pour prétendre à un racisme structurel dans ce pays.
L'auteure critique la “colour-blindness”, la position universaliste consistant à ne pas regarder la couleur de peau, en la considérant “puérile”, mais ne voit pas que c'est le rôle de l'Etat de considérer en droit les individus égaux, et que d'ailleurs c'est cette position universaliste qui a fait reculer les thèses racistes depuis 1945. Comment peut-on qualifier de raciste un système qui fait tout pour être “colour-blind” ?

"White privilege”

Le corollaire du racisme systémique, c'est que les Blancs, qui ne subissent pas de discriminations ou d'oppression contre leur “race”, sont en creux “privilégiés”. Evidemment, le terme est très mal choisi, et enrichit la catégorie des concepts militants polémiques forgés à partir de mots dévoyés. Car le privilège renvoie à l'origine à une notion de droit, accordé de façon indû à une minorité constituant une élite. Ici, il est utilisé comme une “non-discrimation” en faveur de la majorité. Rien à voir avec le terme d'origine, mais admettons.
Le postulat est que la couleur n'est rien pour un Blanc, car Le Blanc est la normalité dans le monde. Ce postulat est évidemment faux à l'échelle du monde, et il suffit d'aller en Afrique ou en Asie orientale se voir infliger un tarif 2 à 3 fois supérieur au tarif local (même en étant résident) pour s'en rendre compte. Dans ces pays, le blanc n'a pas de privilège en tant que blanc - au contraire -; seulement en tant que riche. Reni Eddo-Lodge doit donc confondre la Grande-Bretagne et le monde, ou l'Occident et le monde (et là c'est du gros ethnocentrisme, à défaut d'être du racisme).
Par ailleurs, c'est un poncif que de rappeler que toutes les cultures humaines cultivent l'entre-soi : ce qui est ‘normal' dans un pays arabe ou subsaharien n'est bien sûr pas le normal en Europe. Mais considérer déjà que tous les habitants sont égaux est une avancée éthique formidable qui ne va pas du tout de soi, car plutôt contraire aux instincts biologiques humains (voir “the expanding circle” de Peter Singer). Que dans un pays blanc à 90% (et historiquement 100%) les représentations soient blanches ne choquera que les plus mauvais en maths - ou les individus de mauvaise foi.
Un des principaux corollaires de ce white privilege est que le racisme contre les Blancs ne peut pas exister, car le racisme est “structurel” et donc ne peut être exercé que par les Dominants. Ce qui est à la fois faux et dangereux. Faux car il repose sur la réduction arbitraire du racisme au seul racisme structurel, ce qui équivaut à considérer par sophisme que parce qu'il y a des transports publics, tous les transports sont publics, et que les modes de transport privés (taxis, covoiturage) n'existent pas. Ou que, parce qu'il y a beaucoup de Hollandais qui vont en Côte d'Azur, il ne peut pas y avoir de Provençaux aux Pays-Bas. Ensuite, négliger le racisme potentiel venant de “dominés” car il serait négligeable - et pas si grave que ça en fin de compte - est une erreur politique / morale tragiquement illustrée par le génocide rwandais, et qui d'ailleurs n'a aucun sens en droit, qui s'applique à des individus et non des communautés aux contours indéfinis.

Mais on aura bien du mal à convaincre quelqu'un comme Reni Eddo-Lodge, car pour elle, tout “coloured person” qui échoue d'une façon ou d'une autre est victime de racisme, et en douter, c'est être aveuglé dans son “privilège blanc” et refuser de reconnaitre le racisme systémique. L'argumentation, tautologique, tourne en rond, irréfutable. Persuadée d'avoir raison, mais sur ses gardes, elle voit tous les Blancs comme des ennemis potentiels de sa cause et en vient à confesser qu'elle se sent plus à l'aise à parler avec des personnes ouvertement racistes car au moins, elle connaît leur position... Triste situation d'une militante fanatisée qui ne voit plus le monde qu'en noir et blanc...

Le white privilege, comme un aboutissement des contradictions d'une lutte anti-raciste devenue fanatique, est devenu un terme permettant aux plus radicaux de ces militants “racisés” de s'accorder le droit d'essentialiser leurs adversaires (“White people playing divide & rule”) alors même que - rappellelons-le leur - leur cause consiste à l'origine à lutter contre les discriminations et les préjugés... Mais attention, ils ont trouvé la parade ! C'est la “white victimhood” : les Blancs brandissent le racisme anti-blanc pour éviter d'avoir à parler du racisme systémique. Contre des gens qui exigent d'eux de la cohérence, ils répondent donc par un procès d'intention sous forme de raisonnement circulaire. Ce n'est pas vraiment comme ça que ces nouveaux militants gagneront en crédibilité...

En conclusion, l'auteur affirme que le white privilege est le signe d'une “white ideology” dont le but est de favoriser indûment les Blancs dans la société. Alors même qu'elle reconnaît que le droit est égalitaire, que le droit punit la discrimination raciale, que l'école promeut une société non-raciste considèrant tous les individus de la même manière (la “colour-blindness” si décriée), qu'il n'est pas bon de s'afficher ouvertement raciste car c'est très mal vu... alors même que tout porte à croire que le “système” est contre le racisme, elle finit donc par supputer une “white ideology” pour affirmer son affirmation infondée de racisme structurel. Sans autre preuve pour supporter son existence que quelques discours conservateurs datant des années 1960, ou des slogans du parti de Nigel Farage (slogans xénophobes plus que racistes d'ailleurs), notre auteur se créé donc un grotesque homme blanc de paille pour s'offrir un ennemi à la hauteur de son ressentiment. C'est toute l'imposture de Reni Eddo-Lodge : gonfler la menace, réduire ses adversaires (car de son point de vue les Blancs sont des adversaires) au discours de l'extrême droite pour justifier la radicalité de son fonds de commerce.

"Fear of a black planet"

Ce que les privilégiés redoutent par-dessus tout, bien sûr, c'est de voir leur privilège remis en question. La plus grande peur du Blanc serait donc de voir sa domination démographique remise en question. L'expression de l'auteure “Fear of a black planet” est doublement fausse : 1) il ne s'agit pas de la peur d'un changement de peuplement de la planète, mais du pays (encore une fois : la Grande-Bretagne n'est pas le monde) ; 2) la peur concerne l'étranger, et pas seulement les noirs, elle est xénophobe, et non raciste. Eh oui, notre auteure, noire, invisibilise l'ensemble des minorités ethniques et religieuses de Grande Bretagne, qui ont tout autant le droit que la “communauté noire” à être opprimées par la White Ideology... En brandissant cette “fear of a black planet”, l'auteure créé un nouvel homme de paille où toute personne qui aurait tendance à défendre la culture britannique (remplaçable par tout pays européen) est assimilée aux tenants du grand remplacement comme Nick Griffin au UK, dans le but de la disqualifier par association.

La “fear of a black planet” est pour l'auteure représentée dans les productions des cinémas britannique ou américain, dans lesquelles les acteurs noirs seraient effacés, imparfaits : on ne pourrait pas s'attacher à eux. Ce doit être un biais de confirmation (partagé ?) car moi depuis 30 ans je constate exactement l'inverse. Des anecdotes sont ainsi empilées pour montrer que les Blancs ont inconsciemment peur des Noirs, ou qu'ils estiment qu'ils ne sont pas au niveau des Blancs (voir par exemple la polémique concernant la possibilité de voir une Hermione noire dans l'univers de Harry Potter). Là-dedans, il y a incontestablement du vrai (même si bien des interprétations rapportées sont discutables, comme le prétendu biais raciste d'Hollywood), mais encore une fois, une somme d'anecdotes n'est pas une bonne démonstration.

"The feminism question"

On attaque là le chapitre le plus polémique et le plus comique en même temps. Pour l'auteure, le féminisme blanc est une escroquerie car il ne penserait qu'à la catégorie “sexe” ou “gender” sans penser à la “race”. Et - quel affront ! - le féminisme blanc serait lui-même raciste.
Sans vouloir supporter toutes les revendications actuelles du féminisme (dont une bonne partie du mouvement me semble partir en vrille tout autant que l'antiracisme), il y a quand même une différence fondamentale entre le sexe et tous les autres types de “communautés opprimées “: la... biologie. Eh oui, quel que soit le pays, la classe, le milieu, l'opinion politique, religieuse... Eh bien les gamins auront 1 chance sur 2 d'être une fille... Donc le sexisme est bien un sujet qui touche, par définition, tout le monde ; pas forcément le racisme.
Donc faire le reproche à une série (ici Girls, que je n'ai pas vu) de ne pas comporter de personnages noirs... Eh bien non, si les groupes d'affinités dans la vraie vie sont peu mixés du point de vue de la couleur de peau dans un contexte donné (ici New York), pourquoi se forcer dans la fiction à le faire ? Pas que ce soit interdit, mais il n'y a aucune raison pour que ce soit quelque chose d'obligatoire... Eh oui, peut être que si la société considère que la question du sexisme est “plus importante” que le racisme anti-noir ou la transphobie, c'est peut être que plus de personnes sont concernées, et que ce problème transcende les classes sociales...

L'auteure se plaint alors, à ce moment comme à d'autres du livre, d'être couramment dans des situations où elle est la seule noire dans les mouvements féministes. Mais 1) en quoi cela est-il choquant dans la mesure où 5% à peine de la population britannique est noire ? 2) Est ce de la faute des Blanches si les Noires ne se mobilisent pas dans les combats féministes ?

Bref, il est amusant de voir que les armes rhétoriques (les sophismes, épouvantails, et tautologies) des féministes radicales se retournent contre elles quand elles sont utilisées par une nouvelle étoile montante de la galaxie des idéologies post-marxistes. Et que les militants les plus radicaux des différentes causes, à force de s'auto-radicaliser, finissent par ne plus du tout s'entendre et se comprendre, comme des espèces qui étant parties habiter des niches environnementales étanches n'arrivent plus à se reproduire. Mais il est désespérant de voir que l'auteure n'a pas compris que les représentations majoritaires correspondent à l'apparence de la population majoritaire. Et donc n'a pas compris ce qu'est une société.

Finalement, Mme. Eddo-Lodge a elle-même des problèmes avec l'altérité : incapable de comprendre qu'on puisse considérer les individus au delà de leur "race", incapable de penser qu'on puisse séparer la question du sexisme et du racisme, incapable de penser que les gens d'une “race” sont capables de penser par eux-mêmes au-delà des stéréotypes. Ce qui n'entre pas dans son logiciel militant est inintelligible.
Elle ne comprend que le langage de la subjectivité, de l'émotion, du ressenti, de la souffrance. Mais son empathie se limite à ceux qui lui ressemblent (physiquement) et qui pensent comme elle (faut pas déconner) : ainsi, elle se retrouve périodiquement dans ces safe spaces avec d'autres femmes noires, des personnes qui ont vécu ce qu'elle a vécu, et ensemble elles évacuent leur colère et leurs frustrations (ses mots).
On devine au vu du ton de l'ouvrage qu'en effet, cette frustration doit être énorme. Surtout qu'elle est toute entière destinée à un ennemi, seul bouc-émissaire qui par son sacrifice apaise la colère militante : le blanc. Les sociologues de l'intersectionnalité femme / noire, projet noble s'il en est, n'iront pas se demander si les conditions spécifiques de la femme noire peuvent être liées au fait précisément d'appartenir à la communauté noire, et à vérifier les effets d'un machisme spécifique aux communautés noires. Car ce type d'investigation affaiblirait la cause noire. Or, la question féministe est pour elle une question secondaire par rapport à la question raciale, si bien que chez une femme blanche, elle voit un “oppresseur” avant de voir une “opprimée”. Peu importe ce que ces féministes peuvent se dire : elles sont blanches, donc défendent un “white feminist”. Cette essentialisation est ahurissante d'incohérence intellectuelle pour des gens qui disent lutter contre les stéréotypes, discriminations et les oppressions, mais cette logique ne surprend malheureusement plus dans cette ‘arms race' militante à qui aura la plus grosse oppression : car les “opprimés” ont le droit d'utiliser des stéréotypes pour détruire leurs adversaires désignés.

Une course dont le but revendiqué, est non pas l'égalité, ou même “l'inclusion” des catégories opprimées, mais le renversement entier d'un système qui les considère comme ‘différents'. Reni Eddo-Lodge, amplifiant les erreurs des gauchistes des années 1960-1970, souhaite donc changer la nature humaine. Bon courage.

(Petit aparté: Un exemple montre les ravages du militantisme fanatisé sur la capacité à former une argumentation rationnelle. David Cameron, alors premier ministre, s'est plaint que certaines femmes issues de l'immigration viennent rejoindre leur mari et n'apprennent toujours pas, après plusieurs années en Grande Bretagne, la langue anglaise. Et Cameron d'affirmer que certaines traditions patriarcales de pays étrangers ne sont pas compatibles avec la société britannique. L'auteure, choquée que Cameron puisse parler de “patriarcat”, réplique que la Grande Bretagne est aussi une société patriarcale et donc que le problème n'en est pas un. Par un médiocre tour de passe-passe rhétorique (assimiler de façon équivoque deux situations différentes au même mot, “patriarcat”), elle en vient à la fois à 1) discréditer une problématique sociale pourtant réelle - des individus s'installent sur un territoire en suivant des normes culturelles et morales différentes de la population majoritaire dudit territoire - 2) accuser Cameron d'instrumentaliser le sujet pour s'en prendre aux “Musulmans”... Car la division du combat racial est contraire à la Cause, tout ce qui pourrait s'approcher d'une critique négative d'éléments de cultures ‘étrangères' (minoritaires, donc opprimées) est tu. Il ne faudrait surtout pas laisser penser que le patriarcat est plus prégnant et liberticide chez certaines communautés que chez les “white”...)


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Je viens ajouter ma pierre à l'édifice des critiques positives de ce livre. Lire Reni Eddo-Lodge est nécessaire. Ce livre tire son origine d'un post Facebook où elle expliquait qu'elle mettait désormais des barrières, face aux réactions d'incompréhension, d'agressivité, de déni, de refus d'écoute, des blancs, lorsqu'elle abordait la question de la race, et de l'ensemble de discriminations qui y sont liés. "Comment pouvait-on dire que le racisme existait toujours, puisque les couleurs n'existaient pas ? / puisque la discrimination positive existe ?", lui opposaient ces personnes. Tout un ensemble de réactions violentes, l'amenant à refuser de continuer à discuter de cette question avec des personnes refusant de toute manière le dialogue et l'écoute, la remise en question et l'acceptation du vécu d'une autre. Au bout d'un moment, la nécessité de se protéger de ce genre d'actes devient nécessaire.

Puis, une chose en amenant une autre, les réactions jaillissant de toute part, un livre est né. Et ce livre est définitivement à lire, et une bonne chose qu'il existe.
Au cours de ces chapitres, Reni Eddo-Lodge revient sur les fondamentaux, ceux qui n'ont jamais été posé, et qui ont besoin d'être connus : l'histoire, tout d'abord. Rappeler le poids de l'empire colonial britannique qui a façonné une certaine vision des peuples colonisés, rappeler les vols de l'histoire, ces personnes dont l'impérialisme blanc a volé l'existence, rappeler les injustices criantes et révoltantes, et les évolutions de langage pour bien instituer une distinction entre les couleurs de peau et le sentiment d'appartenance à un pays. Rappeler aussi que le racisme existe toujours, et qu'il se manifeste dans toutes les sphères de la société, que ce n'est pas qu'un phénomène qui est cantonné aux Etats-Unis d'Amérique - contrairement à ce qu'on aimerait croire. Cela permet à Eddo-Lodge d'expliquer le concept de racisme structurel et de système raciste institutionnalisé, tout un ensemble d'éléments qui, mis bout à bout, expliquent les inégalités, les barrières à l'entrée des institutions, l'invisibilisation des problèmes et surtout favorisent l'acceptation du développement de discours extrêmement racistes (avec le fameux couplet du "qu'ils retournent chez eux" et autres fabuleux arguments qui fleurent bon le "nationalisme" puant et dangereux)...
Le système tel qu'il perdure, est à détruire. Ce système qui privilégie toujours les mêmes, ceux qui ont le pouvoir et qui se cooptent entre eux.
En parlant ensuite du féminisme, Eddo-Lodge aborde la notion d'intersectionnalité : les femmes noires sont à l'intersection entre deux systèmes d'oppression : le sexisme, et le racisme. Il faut donc en prendre conscience, accepter et reconnaître que les femmes noires subiront une oppression différentiée des femmes blanches, accepter et reconnaître que le privilège blanc existe et qu'il est nécessaire de lutter contre, tout comme il est nécessaire d'instaurer des espaces de non-mixité.

C'est un ouvrage très complet, très intéressant, qui suscite indignations, envies de mettre à bas un système d'oppression racial, qui puise ses bases également dans le sexisme et le classisme (le capitalisme, voilà l'ennemi, comme dirait l'autre), l'envie également d'en parler autour de soi, parce que la prise de conscience est nécessaire.
Je suis reconnaissante à Reni Eddo-Lodge d'avoir écrit ce livre, d'avoir accepté de continuer à parler de races, parce qu'il m'a donné des clés supplémentaires pour analyser le système et prendre mes distances à son encontre, parce qu'il m'a donné des arguments pour explorer ce sujet dans mon entourage et m'a permis de rendre visibles des choses que je ne voyais pas spécialement jusque-là.
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Dans cet essai la journaliste britannique noire Reni Eddo-Lodge traite du racisme systémique et du privilège blanc, c'est-à-dire que quand on est blanc on vit sans y penser au quotidien et ceci sans que, bien souvent, les bénéficiaires de ce privilège n'en aient conscience. L'ouvrage commence par une histoire des Noirs au Royaume-Uni depuis la traite esclavagiste jusqu'au Brexit. La façon dont l'apport des personnes non-blanches est occultée dans l'enseignement de l'histoire du pays est pointée. Il y a pourtant depuis 1987 un Black history month (Mois de l'histoire des Noirs) au Royaume-Uni. Je fais le parallèle avec la France où, à ma connaissance, il n'existe pas de telle manifestation et ça me donne envie de lire une histoire des Noirs en France (si ça existe).

Blanc est la couleur par défaut : en littérature, si la couleur d'un personnage n'est pas précisée, c'est qu'il est blanc. S'il est noir, c'est dit. le personnage d'Hermione Granger dans Harry Potter et l'enfant maudit peut-il être joué par une actrice noire ? Ce choix a déclenché une polémique en 2015. de façon très convaincante l'autrice imagine une Hermione métisse, traitée de "Sang-de-bourbe" -de sang impur- par ses camarades.

J'ai été choquée par ce que j'ai lu concernant la prise en charge de la santé mentale : les Noirs sont plus exposés au risque d'être hospitalisés d'office dans un établissement psychiatrique, reçoivent des doses de médicaments anti-psychotiques supérieures à celles de Blancs souffrant des mêmes problèmes de santé, sont hospitalisés plus longtemps et enfin sont diagnostiqués comme séniles à un stade plus tardif. Ces statistiques concernent le Royaume-Uni mais j'imagine aisément qu'on pourrait constater la même chose en France seulement les statistiques ethniques sont interdites dans notre pays. Je suis convaincue que refuser ces statistiques ne permet pas de lutter correctement contre le racisme.

"Choisir de ne pas voir la race n'aide pas à déconstruire les structures racistes ni à améliorer concrètement le sort quotidien des personnes de couleur. Pour démanteler les structures racistes et injustes nous devons voir la race. Nous devons voir qui tire parti de sa couleur de peau, qui est injustement affecté par les stéréotypes négatifs pesant sur la race et à qui reviennent le pouvoir et les privilèges -mérités ou non-, en raison de sa race, de sa classe ou de son sexe. Pour changer le système, il est essentiel de voir la race."

Le racisme est en effet systémique : Reni Eddo-Lodge montre qu'à chaque étape de leur vie les personnes racisées sont victimes de préjugés et stéréotypes qui rendent leur réussite plus difficile ce qui n'est pas le cas des Blancs. C'est pourquoi il n'est pas pertinent de parler de racisme anti-Blancs. L'autrice apporte donc des arguments en faveur de la discrimination positive et contre l'illusion de la méritocratie. Ne devrait-on pas juger les candidats sur leurs seuls mérites ? Comme si seul le talent expliquait le monopole des hommes blancs d'âge mûr aux échelon supérieurs de la plupart des corps de métier.

Reni Eddo-Lodge aborde aussi le sujet de l'intersectionnalité, c'est-à-dire le croisement de deux discriminations , ici racisme et sexisme, qui touchent les femmes noires. Les féministes blanches ne sont pas suffisamment conscientes du privilège blanc et c'est pourquoi il est important pour les féministes noires de pouvoir se réunir entre elles. le même chapitre traite de l'islamophobie : "Que les activistes féministes se gardent de s'allier à des forces politiques qui ne prennent la défense des femmes que quand il s'agit de dénigrer les musulmans", dit-elle car concentrer les accusations de sexisme sur l'islam et les musulmans, se convaincre "que la misogynie n'est qu'un concept importé de l'étranger, cela revient à dire qu'elle n'est pas un problème chez nous."

J'ai beaucoup apprécié la lecture de cet essai que j'ai trouvé d'accès abordable. La réflexion est fouillée mais expliquée par de nombreux exemples concrets. Reni Eddo-Lodge est une femme dynamique qui veut changer le système et dit ce qu'elle a à dire sans se laisser intimider et cela me plaît. Même si les données concernent le Royaume-Uni il me paraît évident que les analyses fonctionnent aussi pour la France.
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Un essai intéressant, basé sur un article de blogs et les réactions d'internautes qui ont suivi ; le prologue fait même un retour sur la publication de l'ouvrage et son impact sur les gens. L'ouvrage est écrit d'une manière plutôt "orale", et transmet des idées intéressantes, qui remuent et donnent à réfléchir ; mais c'est parfois basé sur de l'anecdotique et certains passages sont un peu fouillis. L'auteure porte des revendications antiracistes, et explique que les Blancs sont en position de domination et veulent rarement le reconnaître : c'est faire preuve de "color blindness". Elle analyse avec grande justesse la peur d'une planète noire, la misogynie inhérentes au nationalisme blanc, la manière dont le terme multiculturalisme était devenu un gros mot, la victimisation blanche... et démontre que les personnes discriminées cumulent souvent des positions d'infériorité dans ces différents domaines : race, catégorie socio-professionnelle, genre... ces différents domaines sont souvent indissociables. L'auteure aide à prendre conscience de la réalité concrète du privilège blanc, donne des éléments pour percevoir et combattre le racisme, et délivre ainsi un message d'optimisme, malgré tout.
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Au programme du bookclub féministe Our Shared Shelf en début d'année, ce livre me tentait depuis un bout de temps. le titre en dit déjà long sur le contenu, « pourquoi je ne parle plus de race aux Blancs », si on devait le traduire en français.
Ce livre a été une grosse claque pour moi. Je savais que je sortais de ma zone de confort, mais je ne pensais pas être aussi aveugle. Heureusement, il y a des autrices comme Reni Eddo-Lodge ou Chimamanda Ngozi Adichie pour m'ouvrir les yeux.

Dans cet essai, Reni Eddo-Lodge aborde la question de la race, et surtout des Noirs, des relations entre Noirs et Blancs, en Grande-Bretagne. Il est vrai que quand on parle racisme/esclavagisme, on pense tout de suite aux Etats-Unis : aux plantations de cotons et la ségrégation qui a sévi là-bas. Or, nous explique Reni Eddo-Lodge, cet automatisme nous laisse penser que les problématiques racistes ne sont légitimes qu'Outre-Atlantique, alors qu'il n'en est rien.
La Grande-Bretagne a elle aussi joué un rôle majeur dans l'esclavagisme et n'est pas en reste en ce qui concerne le racisme. En lisant le premier chapitre consacré à l'histoire en Grande-Bretagne, j'ai réalisé que ce pays, aussi grunge et libéré soit-il, repose sur un fond de racisme.
Je suis tombée des nues. Les propos de l'autrice, étayés par une argumentation claire et des chiffres récents, ont ébranlé mes convictions. Et ce tout au long du livre.

Reni Eddo-Lodge aborde de nombreuses thématiques qui touchent au problème de la race et mets les mots sur des phénomènes auxquels je ne pense pas forcément en tant que femme Blanche : le « white privilege » ou le privilège des Blancs en français, qui consiste à avoir des avantages majeurs dans la vie grâce à une peau blanche (avantages sociaux, professionnels, relationnels…) ;

La « color-blindness » ou être aveugle à la couleur en français, tout simplement ignorer la différence de couleur de peau. Si cela peut paraître être la meilleure solution pour rester sur un pied d'égalité, Reni Eddo-Lodge explique qu'en fait, cet aveuglement n'aide en rien la lutte contre le racisme, bien au contraire. Pour elle, il faut voir les différences, reconnaître les races pour pouvoir éradiquer le racisme.

Dans le chapitre sur le féminisme, Reni Eddo-Lodge aborde la question de l'intersectionnalité. le féminisme, pour être réellement ancré dans l'égalité des sexes, doit prendre en compte toutes les femmes : qu'elles soient Noires, Blanches, lesbiennes, trans, etc, toutes les différentes « sections » de femmes doivent être écoutées et représentées. le féminisme intersectionnel n'est pas vieux, puisque le terme a été utilisé pour la première fois dans les années 1990. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille fortement l'article des Glorieuses sur le féminisme intersectionnel.

Je pourrais continuer à écrire des tartines sur cet essai. Il m'a fait énormément réfléchir, me remettre en question. C'est une lecture que je trouve essentielle, dans laquelle Reni Eddo-Lodge parle avec franchise de sujets qui sont encore tabous aujourd'hui, notamment concernant la race.
Lien : http://mybooksntea.wordpress..
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critiques presse (2)
LaPresse
06 mai 2019
Un livre coup-de-poing qui dénonce le racisme structurel et qui a fait d'elle une voix incontournable dans le débat sur le racisme.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeSoir
28 septembre 2018
Le racisme est un problème de Blancs. Le titre de l’ouvrage (sa traduction en français plutôt) de la journaliste et essayiste Reni Eddo-Lodge annonce la couleur. Sorte de Rokhaya Diallo britannique, l’autrice est une militante féministe et anti-raciste qui n’a pas pour habitude de tenir des propos tièdes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
 On exige toujours des femmes d’aujourd’hui qu’elles fassent l’effort de franchir le fossé de l’ignorance masculine et qu’elles éduquent les hommes quant à notre existence et quant à nos besoins. C’est là une vieille technique élémentaire de tous les oppresseurs, qui maintiennent les opprimés occupés des intérêts du maître. À présent, on entend dire que c’est aux femmes de couleur, malgré une résistance prodigieuse, d’éduquer les femmes blanches quant à notre existence, nos différences, nos rôles relatifs dans notre survie commune. C’est là une dérivation des énergies et une répétition tragique de la pensée raciste patriarcale. 
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Not seeing race does little to deconstruct racist structures or materially improve the conditions which people of colour are subject to daily. In order to dismantle unjust, racist structures, we must see race. We must see who benefits from their race, who is disproportionaly impacted by negative strereotypes about their race (...). Seeing race is essential to changing the system.
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Le racisme structurel, c’est une culture organisationnelle blanche, impénétrable, créée par ces mêmes individus ; quiconque ne s’inscrit pas dans cette culture doit, au choix, s’adapter ou s’attendre à échouer. Le terme structurel est souvent le seul moyen de désigner ce qui est imperceptible : les froncements de sourcils silencieux, les préjugés implicites, les jugements à l’emporte-pièce, sans fondement réel, sur la compétence d’une personne. L’année où j’ai décidé que je ne parlerai plus de race avec des Blancs, l’enquête de la British Social Attitudes* révélait que le nombre d’individus prêts à reconnaître qu’ils étaient racistes avait sensiblement augmenté4. La hausse la plus forte, d’après un article du Guardian, concernait « les travailleurs blancs âgés de 35 à 64 ans, très instruits et gagnant beaucoup d’argent5 ». Voilà à quoi ressemble le racisme structurel. Il ne se limite pas aux a priori personnels, mais comprend également les répercussions collectives des préjugés. Ce type de racisme est susceptible de peser de manière considérable sur les chances de réussite de certains. Il est fort probable, en effet, que ces hommes blancs, éduqués et hautement rémunérés soient des propriétaires, des chefs d’entreprises, des P.-D.G., des chefs d’établissement ou des vice-présidents d’université. Très souvent, ils seront en position d’avoir un impact sur la vie d’autrui.
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La peur d’une planète noire suggère que les personnes de couleur s’approprient injustement des ressources rares, rationnées et pourtant indispensables, et fait croire que l’augmentation du nombre de personnes de couleur à des postes-clés risque de produire un profond retournement de situation.
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Un journal, quelle que soit sa ligne éditoriale, ce n’est jamais que du papier. Sa puissance n’a rien à voir avec celle des médias télévisuels. Et ce sont eux, les médias télévisuels, qui sont gérés par une poignée d’individus et dirigés par de petits groupes d’intérêt voulant tous la même chose, qui ont réellement de l’impact. Oubliez le Daily Mail, ce sont les séries qui façonnent la manière dont les gens pensent.Quand vous dites qu’ils veulent tous la même chose, à quoi faites-vous référence ? Je travaille en effet dans le domaine des médias, et la plupart des gens y sont blancs. Le journalisme britannique compte environ 96 % de Blancs. Les salles de presse sont loin d’être multiculturelles.Non, non, non, c’est vrai, mais c’est encore un exemple de l’hypocrisie de l’élite libérale. Ils veulent bien que la classe ouvrière profite de cette formidable diversité, de l’immigration de masse et des avantages qui l’accompagnent. Mais ils n’en veulent pas pour eux-mêmes, bien entendu. Ni pour leurs enfants. Les Rupert Murdoch de ce monde, ils veulent le pouvoir, ils veulent la richesse, mais ils veulent surtout que personne ne se mette en travers de leur chemin.
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Vidéo de Reni Eddo-Lodge
Analyse du Pr Coovi.
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