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EAN : 9782490418244
162 pages
Éditeur : Géphyre (13/09/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Salim est arrivé de Syrie tout seul. Orphelin, mineur isolé placé d'urgence, adolescent déboussolé.
Nicolas est professeur de français en collège, dans une petite ville rurale. Lorsque le proviseur lui confie Salim, Nicolas voit sa routine, ses habitudes, ses convictions chamboulées.
Car Salim n’est pas un adolescent comme les autres. Arrivé de Syrie, ici il n’est pas simplement « un élève », mais un « mineur isolé étranger », sans aucun contact possib... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
  09 octobre 2019
La guerre, on en a entendu parler, on y est confrontés par nos lectures, par ouï dire, par les infos, on réalise sa cruauté par le biais d'images soigneusement sélectionnées lors des journaux télévisés, on sait qu'elle existe, quelque part… on y pense et puis on oublie… Parce qu'on ne la côtoie pas..
Et quand vous êtes professeur de français dans la campagne, loin du tumulte de la ville, dans un collège de province où il ne se passe pas grand-chose, et que soudain, le principal vous demande d'apprendre la langue de Molière à Salim, qui arrivé de Syrie, probablement orphelin, livré à lui-même, puis accueilli dans une famille qui peut avoir des difficultés à s'adapter à ses pratiques religieuses, et cela se conçoit aisément, un ado qui porte en lui les horreurs vécues en Syrie, un ado qui ne parvient pas à se faire entendre, qui pleure parce qu'il ne pourra pas faire le Ramadan, parce qu'il ne peut pas manger Halal, parce qu'il veut un téléphone pour avoir des nouvelles des siens, des demandes légitimes … Que faites-vous ? Vous en rêvez la nuit, vous y pensez… souvent, très souvent, vous vous sentez impuissant, vous essayez de parlementer avec les éducateurs, les collègues, le principal… En vain…
C'est exactement ce que veut nous amener à comprendre Silène Edgar à travers ce court mais efficace récit : l'accueil d'un émigrant n'est pas chose facile, trop de vécu que l'on ne peut partager avec sa famille d'accueil, avec un professeur plein de bonne volonté qui ne sait pas quels sujets aborder sans froisser, sans blesser, sans faire pleurer... Divers thèmes sont abordés à travers l'histoire de Salim : la religion, la tolérance, la compassion, mais également le manque de moyen pour accueillir ces émigrants, des éducateurs qui n'ont pas de solution, pas de psychologues, et une bonne lourdeur administrative.

L'auteur soulève des questions auxquelles je n'avais pas forcément pensé, c'est la raison pour laquelle ce récit restera gravé dans ma mémoire. Un livre à lire et à relire.
Je remercie Babélio et les éditions Gephyre pour ce partenariat
Challenge MULTI-DEFIS
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coquinnette1974
  13 septembre 2019
Je remercie chaleureusement les éditions Géphyre pour l'envoi, en service presse, du roman : Ce caillou dans ma chaussure de Silène Edgar.
Je connais cette autrice pour ses romans jeunesse et j'étais curieuse de découvrir son nouveau roman pour adultes (mais il peut aussi être lu par les adolescents).
Ce caillou dans ma chaussure, c'est l'histoire d'un professeur de collège : Nicolas et d'un jeune réfugié : Salim. Ce dernier est syrien et il arrive en cours d'année dans un petit village français, dans une famille d'accueil et au collège où enseigne Nicolas. Celui-ci aime son métier, il a accepté sans réfléchir d'apprendre le français à ce jeune réfugié. Mineur, sans parents sur le territoire français, la vie est assez compliquée pour lui. Il ne parle pas un mot de français au début. Il ne s'entend pas avec le père de la famille d'accueil, il veut vivre sa religion comme il le souhaite. Mais Monsieur H. ne l'entend pas de cette oreille..
Peu à peu, Salim touche de plus en plus son professeur, au point de devenir comme un caillou dans sa chaussure...
Ce caillou dans ma chaussure est un court roman, poignant et très bien écrit. Silène Edgar a réussi à trouver le ton juste, ce qui n'est pas évident vu le thème abordé.
Nous avons tous des préjugés contre les réfugiés, même les professeurs qui s'en occupent et leur apprennent notre langue. Difficile de ne pas penser à tout ce que l'on entend sur la Syrie, sur les terroristes..
Nicolas est consciencieux, il a accepté sans réfléchir de s'occuper de ce jeune mineur mais il n'a pas pensé à ce que cela impliquait. Il ignorait que le sort de Salim lui tiendrait tant à coeur...
C'est un roman tout simple qui a su me toucher en plein coeur.
J'ai apprécié les personnages principaux, mais aussi le personnage du proviseur. Il n'a pas toujours le bon rôle toutefois lui aussi fait au mieux, avec ses moyens.
Je ne vais pas en dire plus, il est difficile de ne pas trop en dévoiler quand le roman fait moins de 100 pages.
Je vous recommande sans aucune hésitation ce très bon roman, qui mérite un énorme cinq étoiles.
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prune42
  24 septembre 2019
Nicolas est professeur de français dans un collège dans un village à la campagne. le proviseur de l'établissement lui demande de donner des cours de FLE, c'est-à-dire pour apprendre le français, à Salim, un jeune adolescent réfugié syrien. Mais au-delà de la maîtrise de la langue, Nicolas se rend compte que Salim n'est pas heureux dans sa famille d'accueil qui ne comprend pas ses pratiques religieuses. Nicolas va essayer de faire tout ce qu'il est possible pour que Salim change de famille mais il s'aperçoit vite que ses efforts sont très limités…
Je remercie tout d'abord Babelio à travers l'opération Masse Critique et la maison d'éditions Gephyre qui m'a permis de découvrir ce roman sur l'exemple d'un jeune réfugié arrivant en France. de Silène Edgar, je connaissais déjà "14-14" que j'avais beaucoup apprécié.
Ce court roman de 140 pages m'a touchée, cette histoire de professeur de français qui doit aider un élève allophone nouvellement arrivé sur le territoire, sonne terriblement juste. Je me suis aussi retrouvée dans ce roman (peut-être y a t-il une forte part de témoignage ici ?) car quand j'ai travaillé en lycée, j'ai dû enseigner quelque temps les bases de la langue à quelques élèves allophones elles aussi.
J'ai aussi retrouvé dans ce livre l'ambiance "Education Nationale" que je connais bien, la salle des profs, les problèmes de discipline, le désintérêt des élèves pour les cours, la hiérarchie… cela m'a rappelé des souvenirs.
Ce roman, qui se lit vite en raison de sa taille, nous incite je pense, à réfléchir autrement au problème des réfugiés. Il est fait mention souvent aux préjugés que nous avons sur ces personnes, au rejet qu'elles vivent au quotidien, cela sonne vrai malheureusement.
La fin du roman est assez triste, l'enseignant n'a rien pu faire de plus pour aider ce jeune adolescent, j'ai de la peine pour lui, même si ce n'est qu'une fiction, diront certains.
La métaphore contenue dans le titre est bien trouvée, "un caillou dans la chaussure", c'est quelque chose qui empêche de marcher correctement, de bien avancer et à travers cette expérience, l'enseignant s'est rendu compte que ce souci prenait beaucoup de place dans son esprit, que c'était quelque chose de lourd pour lui et que finalement, il n'avait pas tellement de soutien dans cette situation.
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Les_lectures_de_Sophie
  11 octobre 2019
Ce petit roman est une bombe !!! Pour son style d'abord, mais aussi pour le sujet qu'il aborde. Silène Edgar aborde de manière frontale ce thème qui divise, mais qui ne devrait pas. le quotidien de ces jeunes migrants, mineurs isolés, au mieux séparés de leur famille, quand ils en ont encore… On a trop souvent peur de ce qu'on ne connait pas, mais une fois refermé ce livre, il n'y a plus de raison de craindre ce jeune syrien, ou les autres, tous ceux qui veulent juste survivre et s'intégrer au mieux. J'ai l'impression de répéter ce que je disais de Pour un sourire de Milad, de la même autrice, paru lui aussi récemment, et qui traite du même sujet, mais d'un autre point de vue, sans doute plus adapté aux ados, à savoir la rencontre entre un jeune syrien et une jeune française… (ma chronique).
Dans Ce caillou dans ma chaussure, c'est Nicolas, professeur de français chargé d'enseigner à Salim des bases qui lui permettrons de se débrouiller dans sa vie quotidienne, et peut-être même, qui sait, de suivre en classe… Nicolas nous partage le journal de bord de cette aventure, où il peut royalement voir Salim deux heures par semaine ! Comment peut-on prétendre intégrer un mineur isolé, puisque c'est l'expression consacrée, en lui consacrant deux heures par semaine pour lui apprendre le français ??? Et comment peut-on demander à un professeur de faire en sorte que ce jeune soit autonome dans sa manière de s'exprimer et puisse suivre en cours avec si peu de temps, même avec la meilleure volonté du monde ? le pire je pense, c'est d'exiger du professeur d'oublier cet enfant entre deux heures de cours, peu importe les problèmes rencontrés. Ce n'est pas son problème de savoir comment vit Salim, il doit juste lui enseigner le français. Par moments, Nicolas laisse de côté la mise en forme de son témoignage, et passe du mode journal de bord au journal intime, sans fioritures, tant il est dépassé (dégoûté ?) par les événements.
Je ne souhaitais pas faire de cette chronique une tribune politique, mais je crois qu'il est nécessaire parfois de dire et d'écrire pour défendre des causes auxquelles on croit. Plus jeune, j'ai appris à l'école que je vivais dans le pays des Droits de l'Homme, et je trouvais ça merveilleux. En grandissant un peu, je me suis petit à petit rendu compte que pour avoir des droits, il fallait avant tout respecter les « devoirs » qui nous étaient imposés, notamment celui de ne pas aider notre prochain s'il vient de l'étranger pour sauver sa vie. Notre « devoir » est de dénoncer ses hommes et femmes qui luttent pour mettre leur famille à l'abri. Notre « devoir » semble être de faire en sorte de croire que les adolescents qui débarquent de Syrie ou d'ailleurs sont tous majeurs pour pouvoir les renvoyer. Mais les renvoyer où ? Ont-ils encore une famille, une maison, un village même ? Comment peut-on imaginer un enfant expliquer que dans son pays, c'est normal de mourir avant d'avoir eu le temps de grandir ? Comment peut-on laisser faire ça ?
J'ai rencontré Silène Edgar lors du festival Étonnants Voyageurs à Saint Malo en juin dernier, et on avait beaucoup échangé sur le sujet. Une rencontre humaine très forte, et un moment qui me restera en mémoire. Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de rencontrer quelqu'un avec qui on partage tant de valeurs. Déjà dans le roman qu'elle dédicaçait, Les affamés, et encore plus peut-être pour les deux romans publiés ces dernières semaines. Je la remercie d'ailleurs d'avoir demandé à Géphyre de m'envoyer la version numérique avant même que le livre soit imprimé.
Sache, Silène, que j'ai été très touchée par Pour un sourire de Milad, mais encore plus émue à la lecture de ce roman ci, dont je sais à quel point il te tient à coeur. J'espère vraiment que Ce caillou dans ma chaussure sera un caillou (et pourquoi pas un pavé) dans la mare de nos gouvernants, mais surtout dans la vie des gens qui le lirons, et qu'ils ne regarderons plus jamais les « mineurs isolés » comme des terroristes potentiels, ou des profiteurs qui ne viennent que pour les aides de l'état, mais comme des êtres humains, tout simplement. Des survivants, qui ont vécu dans leur courte vie bien plus que nous ne sommes capables de l'imaginer. Merci à toi d'avoir replacé l'humain au centre du débat, d'avoir rappelé que, migrants ou pas, nous sommes avant tout des êtres humains, et qu'il est inadmissible de traiter des êtres humains, et en particulier des enfants, comme ils le sont actuellement, en 2019, dans ce pays qui se dit des Droits de l'Homme. (nb : les répétitions sont tout à fait volontaires^^)
J'ai reçu la version papier de ce roman de la part de Silène Edgar et des éditions Géphyre. Merci à eux pour la confiance, et à Silène pour les échanges.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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EvlyneLeraut
  05 juin 2020
Sociétal, contemporain, « Ce caillou dans ma chaussure ». « L'histoire de Salim » dénonce le rude de l'intégration pour les mineurs isolés. Silène Edgar se confond dans le jeu narratif. Elle (il) écrit jour après jour un pan de la vie de Salim, jeune collégien Syrien dans un village sans nom et universel. L'incipit : « Salim est un garçon de quatorze ans. » inaugure une trame précise, actuelle, solaire. le narrateur est professeur de français et sera l'ombre de Salim (le prénom a été changé) et bien plus encore. Nous pénétrons à pas feutrés dans les arcades de l'Education Nationale. Dans ces diktats d'intégration pour ces jeunes exilés. Et là, le journal enfle de difficultés, de silences lourds sur les consciences. La carricature est d'acier, de peur, et d'aprioris. le narrateur va être à l'instar du Petit Prince de Saint-Exupéry. Apprivoiser ce jeune adolescent meurtri par la violence, la disparition des siens et les images terribles qui heurtent sa mémoire. « Ce caillou dans ma chaussure » est le radeau de Géricault. Les vents contraires, la confiance enfouie sous les chapes conformistes. Ne pas craindre, ne pas déranger. Regarder Salim et voir un terroriste. Sourire à Salim et trop s'attacher à cet oisillon orphelin. Laisser partir l'enfant. Point noir dans un chemin labyrinthique. Ce récit bleu nuit est la somme de tous, face à ces enfants des écueils, des rochers ensanglantés. On ne sait pas son parcours, les visions d'horreurs qui lui ont creusé des rides sur le front. Ce récit appuie là où ça fait mal. Si lucide, que Salim est symbole. L'enfant incompris par sa famille d'accueil. En proie à sa religion qu'il désire de toutes ses forces pratiquer et que ses hôtes refoulent du pied. Racines emmêlées dans un vide abyssal. Combien de cailloux dans cette chaussure qui s'épuise des difficultés rencontrées devenue trop lourde pour résister aux affres ? Sans clichés, sans pathos, poser les faits sur le tableau noir. L'histoire de Salim est tragique. « Salim arrive en pleurs. -Qu'est-ce qui se passe ? -C'est monsieur H, je me suis disputé avec lui. -Mais pourquoi ? -A cause du Ramadan, il ne veut toujours pas que je le fasse. Et je n'ai rien mangé depuis hier. » Que va-t-il se passer ? « L'histoire de Salim » est un combat. Une épreuve annoncée par une douleur vive, évolutive, caillou dans la chaussure qui ne peut se rendre invisible. Parabole des luttes vaines. Cacher cet enfant oubliette. Murer sa mémoire. Laissez s'écrouler Salim sous les souffrances. Et ne pas prendre pour soi son bagage trop lourd sur ses épaules immenses d'incompréhension et de solitude. Ce récit n'est pas un conte, une légende ancestrale, c'est l'éclat d'une réalité fissurée par l'indifférence. Emouvant, tremblant, « Ce caillou dans ma chaussure. L'histoire de Salim » est publié par Les Editions Gephyre , également en lice pour le fabuleux Prix Hors Concours 2020.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
prune42prune42   24 septembre 2019
C'est le luxe de l'écriture, transformer un remords qui vous torture en Message, au creux de l'œuvre littéraire, comme pour donner une validité à l'expérience. C'est dérisoire (souvent) ou grandiose (plus que rare) selon les cas.
C'est en tout cas un exutoire.
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prune42prune42   24 septembre 2019
Les semaines passent assez lentement, quand on a un caillou dans la chaussure. Il ne se laisse pas oublier, il empêche le temps de filer comme il le fait habituellement.
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Videos de Silène Edgar (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Silène Edgar
Enregistrement du jeudi 11 juin 2020 dans le cadre du colloque universitaire des Imaginales : « Game of Thrones, nouveau modèle pour la fantasy ? ».
Table ronde animée par Stéphanie Nicot. Avec Emmanuel Chastellière, Lionel Davoust, Silène Edgar, Estelle Faye et Aurélie Wellenstein.
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