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EAN : 9782072875861
480 pages
Éditeur : Gallimard (09/04/2020)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 52 notes)
Résumé :
La Barbade, 1830. À onze ans, Washington Black n’a d’autre horizon que le champ de canne à sucre de la plantation où il travaille avec d’autres esclaves. Quand le destin frappe à sa porte, c’est sous les traits de Titch, un scientifique anglais, jeune frère de son maître qui le choisit comme serviteur. Wash montre un talent inné pour le dessin et une curiosité d’esprit telle qu’il est promu assistant pour le projet fou de l’extravagant inventeur: construire un ballo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  31 mai 2019
"J'avais 10 ou 11 ans, je ne sais pas exactement, à la mort de mon premier maître". "Je le vois plutôt à présent comme un spécimen préservé dans un flacon". Ces quelques mots ponctuent le début du livre d'Esi Edugyan, ce sont les mots de Washington Black le narrateur.
Dans cette plantation à la Barbade, la mort était une libération. Big Kit une vieille esclave noire implorait la mort, amèrement, satisfaite de chaque nouvelle mort. Dans sa croyance, les morts renaissent indemnes dans leurs terres natales et repartaient libres. "L'homme blanc était comme une goutte de poison versée dans un puits."

Le bon Titch est effrayé par ce maître sanguinaire, son frère Christopher, capable avec une assiette de casser le nez de la pauvre Kit. « Oh zut je me suis coupé, se lamente t-il page 34. Aussi quand Titch propose à Wash, "ton véritable travail sera de m'assister", le jeune Washington ne le croit pas, et reste effrayé sous le coup des paroles de Kit.

Cependant Washington révèle un talent inné pour le dessin et une curiosité d'esprit qui lui permet de saisir au vol des scènes utiles à la mise au point du prototype , un ballon dirigeable. Il se voit traité comme un assistant pour le projet fou de l'extravagant pionnier. Washington Black devient au fil des pages le titre du roman hors normes d'Esi Edugyan, à découvrir aussi pour ses autres livres.
Fils d'un savant explorateur du pôle sud, Titch caresse l'espoir de combler son propre père. Paradoxe évangélique c'est la plantation de la Barbade qui finance les projets altruistes du père.

Lorsqu'un vent mauvais les oblige à quitter précipitamment l'île de la Barbade par les airs, l'aventure prend un cours inattendu, et c'est au pied d'un mat, d'un bateau anglais navigant en pleine mer qu'ils auront la vie sauve.
De caravelles en goélettes c'est l'aventure, vers le pôle Nord qui va bientôt s'ouvrir à eux. C'est dans le froid glacial que le jeune esclave va gagner chaudement ses galons d'homme libre.

Une histoire comme un parcours initiatique fait d'embûches, de romances, de fièvres. Un vrai roman dans le style du Comte de Monte-Cristo , avec ses bienfaiteurs et ses tortionnaires ou ses chasseurs d'esclaves, en fuite les esclaves souvent mis à prix pour des petits ou démesurés pactoles.

L'ouverture tardive des archives des plantations de la Barbade, permettra au jeune émancipé de se réapproprier son enfance et découvrir qui était sa mère.
Le récit d'une très belle qualité littéraire, et un sens de l'intrigue se conjuguent pour un roman qui émerge du lot par sa puissance évocatrice son originalité et sa documentation.

Une étonnante incursion dans les sciences et les découvertes du XIX ème siècle. La mise en perspective de l'esclavage est construit entre les excès de uns et l'altruisme des autres, la ligne noire de l'intolérable est totalement fixée, une immense leçon d'histoire.

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Commenter  J’apprécie          380
Labelettedusud
  06 juillet 2019
Oh quel livre atypique que voici !
Outre le fait qu'il nous soit présenté comme le livre de chevet de Barack Obama himself, sa lecture m'a rendu perplexe à plus d'un titre.
Je l'ai beaucoup apprécié mais je vais bien avoir du mal de vous dire pourquoi.
La raison ? Impossible de le mettre dans une case.
Je sais, ça ne vous aide pas mais au moins ça vous intrigue. Et puis un livre qui évite les cases, c'est plutôt bon signe, non ?
Comment vous le présenter alors ? En vous disant ce qu'il n'est pas !
Ce n'est pas qu'un simple livre d'aventures comme pourrait le laisser croire la couverture. Pourtant, il est truffé de péripéties vécues par le héros. Cela m'a rappelé Jules Verne et son rocambolesque tour du monde en 80 jours. Je m'imaginais Washington Black dans la peau de Passe-partout.
Ce n'est pas non plus qu'un plaidoyer contre l'esclavage même si l'esclavage, son abolition et la période qui a suivi sont déterminants pour l'avenir de Washigton Black.
C'est encore moins une histoire d'amour bien qu'il soit présent sous plusieurs formes.
J'ai trouvé cette épopée incroyable, loufoque sans pour autant me relever la nuit pour le finir au plus vite.
Et pourtant, maintenant que je l'ai terminée, je ne peux m'empêcher de penser au destin incroyable de Washington Black.
Je crois au final que c'est une histoire de résilience, de quête d'identité et d'affranchissement.
Oh et puis zut ! Quand je vous dis que j'ai beaucoup de mal à en parler !
Vous savez quoi ? Lisez-le ! Il le mérite, ses nombreuses distinctions l'attestent.
Et c'est encore la meilleure manière de vous faire une idée, non ?
Lien : https://belettedusud.wixsite..
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vieuchamp
  26 novembre 2019
C'est un coup de coeur pour moi.
L'histoire est assez originale, car le départ se situe dans des plantations de canne à sucre, à l'époque de l'esclavage. Washington Black est un petit garçon noir de 11 ans qui va être pris sous la coupe d'un nouveau maître qui l'embarque dans sa quête de recherches et expérimentations.
S'en suit une espèce de road-movie (genre que j'affectionne tout particulièrement) qui va nous faire traverser les galères de quelques pays un peu partout dans le monde.
Roman pris un peu par hasard, mais je ne l'ai jamais regretté. Je suis rapidement devenu par le biais de ce livre, le protecteur par intérim de Washington Black dans la lutte contre les misères du monde, et la lutte pour sa survie.
Belle surprise. Je conseille vivement.
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sweetie
  14 janvier 2020
« J'étais un enfant noir et rien d'autre - je n'avais aucun avenir devant moi et dans mon passé, il y avait peu de clémence. Je n'étais rien et je mourrais n'étant rien, hâtivement traqué et massacré. »
La Barbade, 1830, sur une plantation de canne à sucre, George Washington Black, onze ans, « élevé dans les chaînes et le sang » sous la férule de maîtres et contremaîtres sadiques, verra le destin tourner lorsqu'il fera la rencontre de Christopher Wilde (Titch) qui lui fera voir la vie différemment et espérer une liberté improbable dans un monde et un siècle où sévit l'esclavage.
Ce roman historique a été finaliste du Man Booker Prize et a gagné le Giller Prize, récompense méritée. Esi Edugyan, en faisant parler et évoluer ce jeune homme sur une période de près de dix ans, a donné une dimension émouvante au récit parfois très dur sur l'asservissement. Nous assistons donc à une certaine rédemption humaine et à ce titre, ce roman procure un immense bienfait. Très belle lecture que je recommande à ceux et celles qui ont beaucoup lu sur l'esclavage mais qui souhaite sortir des histoires convenues sur ce thème.
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yv1
  09 juin 2020
George Washington Black naît esclave à La Barbade en 1818. Baptisé ainsi par son maître de l'époque habitué des facéties patronymiques. le maître meurt et c'est un neveu cruel qui prend la suite. le frère de celui-ci, Christopher Wilde dit Titch, scientifique, qui rêve de faire voler un ballon, prend Wash sous son aile pour l'assister dans ce projet. Wash révèle bientôt un talent de dessinateur hors paire que Titch veut mettre à profit. Un jour, Wash est accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis et Titch et lui s'évadent en ballon. C'est le début d'un incroyable périple.
Quel roman ! Imaginez un mix de Harriet Beecher-Stowe (La case de l'oncle Tom) et de Jules Verne. Presque 500 pages dans sa version poche que j'ai dévorées, tant l'aventure est au coin de toutes les pages. Un moment de repos pour Titch et Wash ? Un événement les fait repartir, plus loin, jusqu'au Pôle Nord. Ces péripéties rythment le roman et lui donnent un attrait évident. Il y a aussi les balbutiements de la science et les découvertes incroyables des héros.
Il y a surtout l'esclavage et les conditions de survie des esclaves qui sont terribles, cruelles : "Nous avons pris Broad Street et en levant les yeux je vis une rangée de cages en bois dur qui luisaient, argentées, au soleil. A l'intérieur, des esclaves, assis, debout, certains pressant leurs visages fatigués contre les barreaux. le sol à leurs pieds était jonché de vieux habits et de leurs propres déjections, et en passant lentement la puanteur choquante parvenait jusqu'à nous. Monsieur Philip ne posa pas de question sur eux. Mais je savais qu'il s'agissait de fugitifs." (p. 96/97)
Esi Edugyan décrit l'horrible et même plus-qu'horrible, l'inhumaine condition des esclaves, violés, agressés sans cesse, chaque jour, chaque heure, sans droit, à peine celui de vivre à condition de travailler, moins bien traités que les objets par leurs maîtres. Ce qui fait la grande force et la réussite de son roman, ce sont ses personnages, parfois caricaturaux parce que engoncés dans des principes dont ils ne peuvent se défaire : un riche blanc ne peut pas avoir de sympathie pour un esclave noir sous peine de se mettre sa famille à dos et de renoncer à l'argent et tout ce qui va avec ; un noir ne peut accéder à la liberté et s'il entre dans une relation privilégiée avec un blanc n'est plus considéré par les autres esclaves comme des leurs... Chacun d'eux blanc comme noir est à la recherche d'un idéal, d'une identité, de ses origines. C'est, pour Wash, un exceptionnel roman initiatique et pour moi, un roman formidable qui m'a fait revenir des années en arrière lorsque je lisais avidement les romans cités plus haut comme "référence" pour celui-ci.
Publié chez Liana Lévi en 2019, il paraît chez Folio et je ne saurai que vous le conseiller, mais préparez-vous à ne pas pouvoir arrêter de tourner les pages...
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critiques presse (2)
Culturebox   03 juillet 2020
Esi Edugyan ne se contente pas de raconter une magnifique épopée humaine, elle la met en mots avec des phrases chaloupées qui nous entraînent dans un récit rythmé par ses accélérations - comme si nous étions spectateurs de ce qui est en train de se passer
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   03 juin 2019
Un vrai plaisir de lecture, l’auteure de 3 minutes 33 secondes nous conviant à un inoubliable voyage initiatique.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Olivia-AOlivia-A   19 juin 2020
"En racontant ma vie à un groupe d'insulaires, je leur ai parlé de sa disparition. Eh bien, à ma grande consternation, ils ont tous éclaté de rire. J'étais stupéfait. J'ai pensé qu'ils m'avaient mal compris. J'ai donc encore essayé d'expliquer et ils ont ri encore plus fort.
"C'était moi qui n'avais pas compris, voyez-vous. La vie revêt pour eux un caractère tellement sacré que nous avons peine à l'imaginer. Cela leur semblait donc absurde que quelqu'un choisisse d'y mettre fin. Un acte insensé, ridicule. En tout cas, j'ai dû reconnaître alors que mes valeurs - celles qui me sont chères en tant que sujet britannique - ne sont pas les seules, ni les meilleures qu'on puisse avoir dans l'existence. J'ai compris qu'il y a de nombreuses manières d'être au monde, et que privilégier un ensemble rigide de croyances plutôt qu'un autre, c'était perdre quelque chose. Tout peut sembler bizarre, et tout a de la valeur. Ou du moins, tout mérite d'être étudié."
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musaraneusmusaraneus   03 juin 2020
James fut le premier des nouvelles victimes ; d’autres meurtres suivirent. Des hommes malades étaient fouettés à mort ou pendus au-dessus des champs ou tués à coups de fusil. J’étais encore un enfant et je pleurais la nuit. Mais à chaque nouvelle mort Big Kit se contentait de grogner, amèrement satisfaite, ses yeux d’ambre plissés de colère.
La mort était une libération. C’était ce qu’elle voulait me faire comprendre, je crois. Elle ne la craignait pas. Elle appartenait à une foi très ancienne, enracinée dans les hautes berges de l’Afrique, et dans cette croyance les morts renaissaient, indemnes, dans leurs terres natales, et repartaient libres.
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FleitourFleitour   30 mai 2019
Elle n'avait aucune tolérance pour tout ce qui n'était pas anglais.
Bien qu'étant elle-même une femme originale,
son regard sur le monde était rigide, implacable et démodé.
p 334
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FleitourFleitour   31 mai 2019
L'ancien maitre, le père de Christopher,
Il est mort très vieux et il avait sûrement cessé d'être utile à qui que ce soit.
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sweetiesweetie   14 janvier 2020
(...) la liberté m'avait semblé une chose dans laquelle je pourrais vivre, un chaud manteau que je pourrais revêtir, comme une armure contre le monde.
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