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EAN : 9782267026405
224 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (10/04/2014)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« Edward St Aubyn fait partie des quelques géants de la fiction anglaise contemporaine, qui se comptent sur les doigts d?une main. Il a toujours élaboré avec talent une forme de satire qui n?exclut pas une forme de compassion et de compréhension. À présent, son regard se pose sur l?univers absurde de l?attribution des prix littéraires. Le résultat est désopilant. » Edmund White. « L?esprit de Wilde, la légèreté de Wodehouse, la cruauté de Waugh. [?] Aucun résumé de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  13 février 2017
Auteur britannique sachant manier l'humour, Edward St Aubyn s'attaque ici au grotesque ou au charme désuet, comme on veut, des prix littéraires. Bien sûr, tout cela se passe de l'autre côté de la Manche et ne nous concerne guère… quoique…
Ici, il s'agit de décerner le prix Elysian, du nom d'une firme agrochimique faisant bien penser à un géant des pesticides dont Marie-Monique Robin a démontré tout le mal qu'il cause à la planète. Sir David Hampshire demande à Malcolm Craig de présider le comité dont il a déjà choisi les membres. On y trouve Jo Cross, « une garce condescendante », Vanessa Shaw, universitaire d'Oxford, Penny Feathers, ancienne maîtresse d'Hampshire, et Tobias Benedict, filleul du même Sir David…
Tour à tour, l'auteur nous présente les membres du jury avec beaucoup d'humour mais ne cache pas toutes les interférences existant forcément dans ce petit monde. Nous savons tout : que la fille de Vanessa est anorexique, qu'Alan Oaks, éditeur, couche avec Katherine Burns qui, elle-même, auteure à succès a bien d'autres amants mais que son livre n'a pas été sélectionné.
Chaque membre du jury a choisi de défendre un livre différent mais le président compte bien imposer son choix en tentant de s'allier les voix de Penny et de Tobias. Tout se complique avec l'arrivée de Sonny qui fut Maharaja de Badanpur, en Inde et qui est l'auteur d'un roman à succès : L'éléphant de Mulberry…
L'auteur ou plutôt sa traductrice utilise le mot peu utilisé et pourtant judicieusement formé : un tapuscrit, pour désigner les textes remis par les écrivains aux éditeurs. À plusieurs reprises, Edward St Aubyn se moque des logiciels facilitant l'écriture et n'hésite pas à citer des extraits très amusants des livres en lice pour le fameux prix.
Dans ce véritable jeu de quilles, la tante du Maharaja, Tantine, risque bien de jouer les trouble-fête avec La cuisine du palais que certains qualifient de roman mais que Vanessa traite de simple livre de cuisine ! Didier Leroux, un Français, joue aussi son rôle dans une remise du prix Elysian complètement rocambolesque : « Les invités allaient fourmiller dans le Salon officiel, buvant du champagne, regardant les portraits royaux, examinant le plan de table posé sur un chevalet non loin de la porte. »
Nous laisserons la conclusion à Katherine et à Sam… sur l'oreiller :
« J'en ai marre des prix, dit-elle.
- Comparaison, compétition, envie et souci, dit Sam.
- Faisons juste l'amour et soyons heureux.
- Vaste programme, dit Sam, comme De Gaulle a répondu au perturbateur qui avait crié : « Mort aux cons ! » »
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Pirouette0001
  06 juillet 2014
Voici un plaisant court roman qui se gausse des prix littéraires. L'auteur nous emmène dans les coulisses d'un prix britannique, qu'il dépeint avec un humour féroce. Et pour ne pas déflorer l'histoire, je n'en dirai pas plus.
C'est une satire acerbe, mais bien agréable à lire. Sans doute, lire le livre en version originale doit apporter un plus, car parfois la traduction m'a parue un peu plate, comme souvent chez l'éditeur Bourgois.
Commenter  J’apprécie          80
Eleusis
  23 juin 2015
Dans Sans voix, le romancier décortique toute la mécanique derrière un prix littéraire, brossant au passage une galerie de portraits du monde de la culture voire au-delà. On y croise plusieurs écrivains hauts en couleur, du pédant verbeux avide de concepts à la belle femme libérée qui collectionne les hommes pour ne pas se faire attendre ; éditeurs, journalistes et politiques. Les défauts y apparaissent sous une lumière crue, frappants et drôles, sans pourtant que les personnages ridiculisés deviennent détestables. C'est peut-être ce qui me fait le plus apprécier une satire, je crois : que l'auteur ne sombre pas dans le mépris et la condescendance trop facile. L'exercice est difficile et je suis assez admirative devant St-Aubyn d'avoir su garder le cap. J'ai beaucoup apprécié également les petites réflexions distillés sur le rapport de l'écrivain à son art. Quand certains se débattent avec le silence, d'autres ont à faire avec un trop plein de mots qui les habitent. Ainsi Didier dont la logorrhée donne lieu à des délires interprétatifs sans cesse renouvelés. Ainsi Katherine, qui s'abîme dans l'amour pour faire taire un instant le bavardage qui l'obsède. Tout tourne donc autour du silence - silence, tentation ou effroi de tous les écrivains - et du brouhaha - idem. Dans l'autre extrême, Penny, écrivain médiocre, se raccroche à Scriptor Royal Plus (suite du logiciel Scriptor puis Scriptor royal), un logiciel providentiel qui propose des suites possibles au mot écrit :
" Quand on entrait un mot, par exemple, « réfugié », plusieurs suggestions bien utiles apparaissaient :« serrant un ballot pitoyable » ou « aux yeux tourmentés par la faim » ; pour « assassin », on obtenait « une eau glacée coulait dans ses veines » et « son regard était mince et froid ». Au mot « chaussures », on trouvait « sérieusement éraflées », « soigneusement cirées », « qui avaient fait leur temps » et « achetées à Paris ». "
L'image est drôle et dit pourtant toute l'inquiétude d'un glissement vers une langue standardisée et des clichés envahissants. Cela pourtant ne reviendrait-il pas à demeurer "sans voix", justement ? Les livres sélectionnés pour le prix sont presque tous cités au fur et à mesure du roman, lus par l'un ou l'autre des protagonistes, à l'exception de deux d'entre eux qui occupent pourtant une grande part de l'intrigue. Les autres sont l'occasion d'autant de pastiches, mettant en lumière les tics d'écriture propres à chaque genre. Ceux que l'on n'entend pas, paradoxalement, sont ceux qui semblent le plus proches, parfois, de la littérature. Sans doute, vu la conclusion du roman, parce que la littérature selon St-Aubyn, c'est réussir à faire cesser le bavardage, pour faire entendre les mots qui comptent. Je ne peux que le remercier de m'avoir rappelé cette leçon, et par le rire encore. J'en avais particulièrement besoin ces derniers temps.
(Challenge Bookopoly)
Lien : https://gnossiennes.wordpres..
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keisha
  29 septembre 2014
En cette période fébrile (pour certains) d'attribution des prix littéraires, je me suis plongée dans les dessous du prix Elysian, sorti de l'imagination de l'auteur. le comité de sélection est une équipe d'individualités en désaccord sur ce que doit être un roman et pour lesquels lire les romans en lice n'est qu'un point de détail. le lecteur aura tout de même droit à quelques extraits parfois ahurissants de la prose des auteurs. L'on suivra aussi avec joie un prince indien et sa Tantine, dont le livre de cuisine envoyé par erreur sera dans la dernière sélection, tandis que la même erreur privera Katherine, la femme aux multiples amants (!) de toute participation au prix. Vraiment jubilatoire.
Penny écrit des romans en utilisant le logiciel Scriptor Royal Plus:
"Quand on entrait un mot, par exemple 'réfugié', plusieurs suggestions bien utiles apparaissaient : 'serrant un ballot pitoyable' ou 'aux yeux tourmentés par la faim'; pour 'assassin', on obtenait 'une eau glacée coulait dans ses veines' et 'son regard était mince et froid'. Au mot 'chaussures', on trouvait 'sérieusement éraflées', soigneusement cirées', 'qui avaient fait leur temps' et 'achetées à Paris'. Si on tapait 'rivière' [..] on obtenait 'sombres flots pailletés d'or' ou 'dans sa tenue vespérale de soie chatoyante'."
Un très beau passage (il n'y a pas que du caustique dans ce roman)
"Elle se rendit compte qu'elle pensait au roi Lear après la mort de Cordelia.
Et elle se demanda pourquoi un livre devrait remporter ce foutu prix auquel elle participait à moins d'avoir une chance de faire comme la pièce de Shakespeare à l'instant : revenir à la mémoire d'une personne lorsqu'elle voulait pleurer mais n'y arrivait pas, ou voulait réfléchir mais ne réussissait pas à penser clairement, ou voulait rire mais ne voyait aucun motif de gaieté."
Didier (un français prolixe et difficile à suivre -pour moi en tout cas -mais hilarant), sur le fameux Livre de cuisine:
"Manifestement nous sommes en présence du texte-textile, tissage ourdissant un voile qui dissimule son sujet évident, exprimant l'excès de la langue figurée sur tout sens assigné ou, plus généralement, la force excessive du signifiant par rapport au signifié qui essaie de le contenir. Une recette du Livre de cuisine du palais est aussi une recette du Livre de cuisine de l'anarchiste! Précisément parce que la langue éclate de sens qui subvertissent notre lecture logocentrique du texte, y compris le texte que nous appelons 'Réalité'."
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Bougnadour
  13 août 2018
Dans la grande tradition des comédies grinçantes et britanniques, E. Saint Aubyn s'en prend au milieu littéraire anglais.
A l'occasion de l'attribution d'un prestigieux prix, un jury est réuni autour d'un politicien has been, le choc des egos, les préjugés, les intérêts financiers et autres histoires de fesses vont conduire à la catastrophe annoncée. C'est méchant, caricatural, prévisible mais tellement délectable !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Pirouette0001Pirouette0001   05 juillet 2014
Ils s'étaient éloignés, comme le font les gens lorsqu'ils se promettent de rester en relation ; ceux qui vont rester en relation n'ont pas besoin de promesse.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   30 avril 2014
Avant que les inévitables contre-courants des bonnes nouvelles inattendues et des occasions forgeant le caractère compromettent l'avenir, le pessimisme demeurait parfait, hors d'atteinte de cette qualité beaucoup plus insidieuse et dangereuse, la déception. Le promesse de jeunes écrivains était parfaite aussi, avant qu'ils n'échouent, s'épuisent ou ne meurent - mais cela se produirait sous un autre gouvernement et un autre comité.
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AxelinouAxelinou   31 mars 2015
L'impulsivité indique toujours une absence de spontanéité.
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