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ISBN : 202137713X
Éditeur : Seuil (05/10/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L'enfant n'était pas encore née, mais Io-Anna s'était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

" Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur. " Cette parole, Io-Anna l'a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu'elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le cœur à lui dire, elle-même, ce qu'... >Voir plus
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critiques presse (2)
LaPresse   26 janvier 2018
Dans sa prose captivante, le Togolais d'origine Kossi Efoui raconte l'histoire de la famille de Grace, de ses espoirs, entre traditions et révoltes, de la liberté et des contraintes.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   27 novembre 2017
L’heure de faire parler les femmes de sa famille, que l’écrivain togolais appelle ses « initiatrices », avait sonné. « Cantique de l’acacia » leur rend hommage.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
richardcpotvinrichardcpotvin   26 février 2018

Nous n'appartenons pas à un pays, disais Grâce, nous n'appartenons à aucun pays fait de main d'homme. Nous appartenons à la lune qui fait les marées et les menstrues. L'héritage de l'océan dure plus longtemps que l’héritage d'un pays. Nous n'appartenons pas à l'Histoire, nous appartenons aux cycles de l'invisible placenta. Et si l'on portait autrefois le placenta en terre et qu'on y plantait un acacia, c'était pour donner à l'enfant le goût du chant.

Un jour , l'esprit de choses et des hommes se manifesta dans une femme. Aussitôt la femme se mit à parler dans une langue pleine de fleurs et d'images, une langue sauvage au oreilles des siens. elle nommait des millions de millions de choses qui n'existaient pas encore.

Les gens prirent la femme pour une folle, la saisirent, la jetèrent à l'eau. Un poisson l'avala, avala sa voix. Une histoire qui aurait pu s’arrêter là.

Mais voilà qu'un jour, un pêcheur pêcha le poisson qui avait avalé la femme, le mangea, et alors il ne parla plus que dans la langue sauvage.







Puis ils lui lancèrent des cailloux et l'homme mourut. Et sa voix mourut. L'homme et sa voix furent enterrés bien profondément dans le désert où passe le vent.

Une histoire qui aurait pu s'arrêter là.
Mais le vent...

Le vent, à force de passer et repasser son chemin,petit à petit, grain de sable après grain de sable creusait la terre, grattait la terre comme le chat gratte le tissu. Un jour, une fine poussière, emportée par le vent, voyagea jusqu'au couscous d'un chasseur. Aussitôt que le chasseur eu mangé son couscous, il se mit à parler une langue pleine de mystère. On l'attrapa. On le réduisit en cendre. On réduisit sa voix au silence. On dispersa la cendre et le silence dans l'espace depuis le haut d'une montagne.

Une histoire qui aurait pu s'arrêter là.
Mais sur la montagne vivait un homme. Son métier consistait à pincer la corde d'un instrument pour faire entendre des harmonies célestes. Il avala, par la bouche et par les narines, le parfum de l'homme qui se dissipait dans l'atmosphère.
Aussitôt qu'il avala ce parfum, il se mit à chanter la langue sauvage. Le peuple accourut, furieux, armé, décidé. L'homme chantait:



Et voici ce qui arriva: tous les gestes de mise à mort furent suspendus. Le chant continuait. Tous les cris: à mort, à mort, furent suspendu. C'est ainsi que pour la première fois vint au monde le chant. Et la vie s'y accrochait, et la mort s'y suspendait.
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AchaelaAchaela   12 février 2018
Car tout événement vient au monde par deux chemins : le chemin de l'aller qui est celui des faits, et le chemin du retour, où les faits se transforment en mots, chansons, paraboles, contes, devinettes, proverbes, prophéties, mythes. Privés de ce chemin de retour, les faits errent dans un monde suspendu entre les choses manifestées et les choses possibles. Pas tout à fait advenus et pas tout à fait possibles.
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AchaelaAchaela   12 février 2018
Joyce, quand elle était enfant, Io-Anna lui racontait l'histoire du grain de beauté, l'histoire de deux êtres qui se sont beaucoup aimés dans une vie antérieure et qui, devenus inséparables jusque dans la mort, se réincarnent en un seul et même corps, l'un choisissant d'être grain de beauté pour s'attacher au corps de l'autre dans une nouvelle vie. Quand elle rencontra Kitha, Joyce dit à sa mère et à ses amis que si elle mourrait à l'instant même elle n'en aurait pas assez de mille vies pour revenir avec lui, dans le même corps, non pas sous l'apparence d'un grain de beauté mais sous la forme du sourire attaché à son visage.
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AchaelaAchaela   12 février 2018
La machine à souvenir, c'est ainsi qu'il présentait l'appareil photographique à ceux qui le voyaient pour la première fois, émerveillés et moqueurs, qui trouvaient que dormir avec une image de soi-même accrochée au mur était chose souverainement absurde. Comme si on avait peur de ne pas se reconnaître au réveil.
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