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ISBN : 2843440734
Éditeur : Le Bélial' (20/09/2006)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 170 notes)
Résumé :
Des drogues qui brouillent la réalité et provoquent la conjonction des possibles. Des perroquets génétiquement améliorés qui jouent En attendant Godot. Des milliardaires élaborant des chimères, mi-hommes mi-animaux, pour assouvir leurs passions esthétiques. Des femmes qui accueillent dans leur ventre le cerveau de leur mari le temps de reconstruire son corps. Des enlèvements pratiqués sur des répliques mémorielles de personnalités humaines. Des fous de Dieu inventan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Tatooa
  15 décembre 2015
Puissant.
Un avis sur Greg Egan, ça ne peut pas s'improviser. D'où le fait que je l'ai d'abord travaillé sous word, ce que je ne fais que très rarement, car j'adore improviser mes avis, d'habitude. Mais là, je ne peux pas.
D'abord parce que Greg Egan, c'est de la science-fiction de haute volée. Voire de la haute voltige. Si certaines de ses nouvelles sont très accessibles au commun des mortels dont je me considère comme partie intégrante, il y en a quelques-unes qui sont vraiment pas piquées des hannetons, niveau « sciences ».
Par ailleurs, il y en a également qui sont pas piquées des hannetons niveau imagination, la mienne a été tordue dans tous les sens dans cette lecture, jusqu'à la limite « bah non, là, je ne comprends absolument pas le fond de cette histoire ». Je parle de la nouvelle « l'enlèvement », qui m'a laissée totalement, absolument et désespérément sur le carreau. Je n'y ai rien compris. Il faudra que je la relise. La toute première, déjà, donne le ton. "L'assassin infini". Ne vous laissez surtout pas dégoûter du recueil par cette nouvelle très difficile d'accès. Ce serait dommage, il y en a après qui sont bien plus "simples", quoi que toujours argumentées avec justesse.
Il se trouve, je dois avouer, que je suis malade avec des hauts et des bas depuis vendredi, il semblerait que je cumule en quelques jours les moult maladies que j'ai « évitées » de septembre à maintenant. Finalement je préfère comme ça, un gros tas de maladies d'un coup, sauf que ça use quand même pas mal... Et la grosse fatigue qui va avec, n'aide pas la compréhension de certaines des nouvelles d'Egan.
Un auteur qu'il faut lire quand on est en possession de toutes (et plus si possible) ses capacités intellectuelles et imaginatives…
Parce qu'en plus d'être une boule niveau sciences, monsieur Egan peut se targuer de soulever et de pointer et de triturer les problèmes de société actuels que nous connaissons bien pour en faire des avenirs supra-glauques, des nouvelles qui décoiffent sa race tant ça nous en met plein la gueule (tiens, bim! voilà dans ta face de lecteur insouciant les conséquences du réchauffement climatique, des manipulations génétiques, sbam! de l'intelligence artificielle et de la thérapie génique, crac! des nano-technologies et de ton obsession d'éternité, prends-toi ça dans les gencives, paf !).
Je ne vais pas revenir sur chaque nouvelle, maintenant, c'est à vous de découvrir tout ça. Autant vous dire que ça remue pas mal les tripes, que ça fait fumer la cervelle, que ça pose des tas de questions intelligentes, et que ça vient, pour finir, vous mettre KO par crochet du futur et direct de l'avenir pas si lointains vus par Egan.
Une très belle découverte que je dois à Mladoria (et sa destination « phare » du mois pour le challenge « autour du monde » sur Babelio), d'un auteur que je ne connaissais pas du tout, que j'ai déniché sur Wiki, évalué sur Babelio par ses notes comme « à lire » et décidé de découvrir pour ce challenge. J'en lirai d'autres, c'est sûr !
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lyoko
  12 janvier 2016
Si je n'avais pas lu avec attention la critique de Tatooa, je pense que avant la fin de la première nouvelle de ce recueil j'aurais abandonné ce livre. (Je ne comprends même pas comment la maison d'édition l'a laissée mettre en pole position d'ailleurs).
Bon vous l'aurez compris , cette première lecture ne m'a pas plu...parce contre la suite a vraiment été un moment de plaisir et de véritable science fiction.. Aussi bien dans le développement scientifique de l'auteur (qui est pointu et très intéressant) que dans celui de son imagination (très fertile).
Je me suis juste donné du temps entre chaque histoire afin des les savourer à leur juste valeur... La lecture de Greg Egan était une première pour moi, mais ne sera très certainement pas la dernière.
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LeScribouillard
  19 août 2019
On compare parfois Greg Egan à Ken Liu parce qu'ils font de la SF, ce qui est absurde selon moi car cela reviendrait à comparer Hugo et Zola parce qu'ils font de la littérature du XIXe. Liu est à fond dans les rapports humains, Egan dans les concepts abstraits et mindfucks. Ce qui lui vaut du coup d'être considéré comme un auteur minéral, glacé, aux personnages sans âme, au style froid et inexistant et aux écrits incompréhensibles au commun des mortels. Je pensais donc tenter ce recueil en toute connaissance de cause, ne sachant pas si j'allais continuer jusqu'au bout. Mais force m'est de constater une chose, c'est que la réputation, c'est comme les slips, les enfants : ce qu'on vous colle aux fesses n'est pas forcément ce qui vous reflète le mieux.
L'Assassin infini
On pouvait malgré tout légitimement se poser des grosses questions avec cette première nouvelle qui vous retourne le cerveau avec tout un tas de possibilités mathématiques sur les probabilités qui découleraient d'un nombre infini d'univers parallèles. Pourtant, disons-le, en-dehors du fait qu'une partie du jargon peut s'avérer obscure pour le néophyte, en faisant l'effort d'interpréter les quelques termes qu'on comprend mal, on se rend compte qu'on saisit la plupart des idées qu'il développe. Pour ma part, j'ai souvent songé à écrire moi aussi sur les conséquences de ce genre de machins. En gros, toute l'idée est là : où que vous alliez, qui que vous soyez, autant de fois vous pourrez buter le méchant, il y aura toujours une infinité d'univers où vous ne l'aurez pas fait. (Et aussi où vous l'aurez fait ! Ça fera juste un infini deux fois plus petit, mais ça reste infini : si vous comptez jusqu'à l'infini de 2 en 2 ou de 5 en 5, dans de 5 en 5 y'aura moins de nombres, mais ce sera toujours l'infini. Vous suivez ?)
D'entrée, on sent que l'auteur a bel et bien un style ; et outre l'aspect purement science-fictif, il se débrouille parfaitement bien dans le hard-boiled ! La plume est sèche, rapide, effrénée, l'idéal qui sied pour un texte alliant noir et action.
Je ressens néanmoins une légère déception sur un point, car si le côté matheux est traité avec réalisme, celui de comment accéder aux univers parallèles me semble hautement hasardeux. En gros, vous vous camez à tel machin, et tout ce qui se trouve autour de vous s'en va vadrouiller dans le Multivers. Sans plus d'explication sur le pourquoi du comment ; reste que ça fait des scènes sympas façon Spider-Man into the Spiderverse.
Lumière des évènements
Nous pouvons voir le futur de nos vies, ce qui signifie que celui-ci est entièrement déterminé. Mais c'est une catastrophe : le libre-arbitre n'existe donc pas ! « Et alors ? nous dit notre héros. C'est pas la fin du monde ! » Simplement le futur à venir est-il vraiment celui qui va se produire… ou celui que ses habitants veulent nous montrer ?
C'est un excellent texte, triste ou glaçant selon votre humeur, apportant un regard très pessimiste sur la liberté de l'Homme, voire sa nature profonde. Egan évite avec justesse tout manichéisme et dresse en quelques coups de pinceau des phénomènes politiques, astrophysiques ou sociaux tout en leur conférant un véritable réalisme. Ce n'est certes pas ce qu'il y a de plus joyeux, mais ça n'en est pas moins passionnant.
Eugène
Des millionnaires veulent un enfant, c'est alors qu'on leur propose de leur créer l'enfant parfait. Un très bon texte encore une fois, où l'auteur nous expose non sans humour toute sa misanthropie, avec une fin dont la portée philosophique nous amène à réfléchir sur notre imperfection. On regrettera en revanche que pour ce faire l'auteur s'écarte de la hard-SF pour y livrer ce qui ressemble bien plus à une incursion dans le fantastique.
La Caresse
Un flic « augmenté » enquête sur la mort d'une savante folle qui avait créé en cachette une femme à tête de léopard. Je croyais que je n'aimerais pas cette nouvelle longue (80 pages, en plus !), mais finalement on se prend vite au jeu… même si l'histoire prend un tournant qu'on n'attendait pas forcément, avec certes un antagoniste surprenant, mais venant gaspiller le potentiel d'un roman d'enquête en cessant de traiter certaines thématiques esquissées, notamment sur la flicaille du futur. Egan n'en profite pas moins pour nous livrer sa culture sur l'art avec des théories solides et donnant envie de s'y essayer (ahum… certaines plus que d'autres).
Soeurs de sang
Paula et Karen sont soeurs jumelles, mais toutes deux sont atteintes d'une leucémie à cause d'un virus déréglant leurs gènes, fruit d'une expérience de laboratoire qui a mal tourné. Passées quelques explications en médecine, Egan lance un pied-de-nez à ceux qui l'accusent d'être trop froid et se focalise exclusivement sur les relations humaines avec une finesse dans la psychologie de son héroïne, non sans lancer au passage quelques piques sanglantes sur notre société.
Axiomatique
Mark veut se venger du meurtrier de sa femme. Mais c'est un homme faible et hésitant, qui décide donc de s'implanter un axiomatique histoire de modifier son comportement. le genre de petites saloperies qui vous pondent des micromachines dans le cerveau pour vous faire croire par exemple que vous êtes invincible. Problème : ça marche trop bien.
Cette nouvelle reprend les qualités de la précédente, mais de manière un peu plus hasardeuse : certaines blagues cyniques sonnent trop caricaturales pour qu'on y croie vraiment (celles sur les jeunes qu'on n'oserait plus faire depuis les années 80), mais Egan évite encore une fois le pathos pour nous donner une psychologie solide et dont les modifications sont traitées avec réalisme, à défaut d'un modèle sociétal qui ait les mêmes faveurs (franchement je vois mal comment justifier la vente d'un objet susceptible de transformer les gens en machines à tuer… Ça ferait des clients en moins !).
Le Coffre-fort
Un homme se réveille chaque matin dans le corps d'une nouvelle personne. Toujours dans la même ville, souvent dans les mêmes quartiers, et toujours des personnes nées en novembre ou en octobre 1953. Pourquoi ?
Un texte qui s'éloigne de la hard-SF encore plus que le précédent mais garde une explication scientifique plausible. Encore une fois, très bien ficelé, l'histoire est une tranche de vie tout en gardant notre attention et parvient à trouver une conclusion du coup forcément ouverte mais très satisfaisante.
Le Point de vue du plafond
Un producteur se fait tirer dessus ; quand il se réveille, tout ce qu'il voit est perçu du plafond. Un texte aux bizarreries plausibles, où Egan révèle également un peu de sa cinéphilie encore une fois entre deux blagues à l'acide. le tout forme un mélange de sérieux et de second degré qui m'a plutôt laissé en-dehors vu toutes les réflexions et expériences avec lesquelles on démantèle les farfeluteries.
Mais ce point de vue virtuel est loin d'être une idée jetée en l'air juste comme ça ; c'est une métaphore du cinéma, un autre mode de vision différent de la réalité nous permettant de la percevoir sous un nouvel angle. Alors que le vrai cinéma semble se perdre pour gagner de l'audimat, Egan en propose un autre, un cinéma permanent, toujours déphasé avec la réalité et en phase en même temps, où le spectateur se retrouve le héros et donc amené à réfléchir sur sa propre existence.
L'Enlèvement
Pour une fois, on est d'accord, il va falloir un petit moment à s'habituer au texte : le vocabulaire technique et le ton distancié du début font qu'on peine à s'immerger dans la psyché des personnages. Par la suite, ceux-ci deviennent parfaitement lisibles, avec leurs petites contradictions qui finissent par leur conférer une âme.
On suit donc un collectionneur d'arts dont la femme a été enlevée… mais en fait non. Tout ce que je peux vous dire de plus, c'est : si on se sauvegardait, est-ce que notre sauvergarde serait toujours nous ou non ?
En apprenant à être moi
Une nouvelle sur le même thème, avec à nouveau une science transhumaniste n'attachant pas autant d'importance à suffisamment de réalisme pour être considérée comme hard. Ce qui est très loin d'en faire un mauvais texte : le questionnement de départ et la manière dont il est abordé est passionnant pour n'importe qui qui aurait ouvert un livre de philo au moins une fois dans sa vie, et le texte se finit haletant pour plonger vers une chute à double tranchant. Glaçant.
Les Douves
D'un côté une enquête avec un arsenal biologique pointilleux ; de l'autre, une anticipation de la vie de tous les jours alors que le racisme est en train de grimper. Une nouvelle courte et brillante, très ardue mais passionnante à suivre. Sachez juste que le style d'Egan allant droit au but, il faut rester très attentif pour comprendre comment les deux intrigues se rejoignent et comment l'enquête est résolue (moi-même, j'ai dû relire la fin). Est-ce que ce serait possible de la rééditer en 2022 ?
La Marche
Vous connaissiez les Unknown Movies ; mais connaissiez-vous les Unknown Reflexions ? Ce nouveau narrateur est ainsi confronté à un tueur à gages qui possède une vision du monde pour le moins marginale… mais diablement cohérente. Et quelle chute, mes amis ! On se croirait dans les meilleures heures de Cowboy Bebop, quand la réalité se fait onirique et que la vie et la mort, la tristesse et la joie deviennent inextricablement liés.
Le P'tit-mignon
Tous les bébés à -20% ! Commandez dès maintenant votre P'tit-Mignon, garanti 4 ans ! Un animal servile, bête et adorable, avec la parfaite allure d'un charmant bambin pour combler votre instinct paternel ! Personnalisable à volonté (si, si, c'est dans l'texte), et disponible dans tous vos Darty (bon, d'accord, ça, ça l'est pas) !
Ça peut paraître extrêmement cynique dit comme ça, mais notre narrateur est une bonne pomme. Il veut un bébé, un bébé à tout prix. Et pour ça, il est prêt à tout, y compris… à en commander un.
Le ton du texte est presque flaubertien : on rit jaune tellement tout sonne comme de la guimauve, et pourtant peu à peu on finit par s'attacher à ce personnage qui refuse de sortir de son monde d'illusions. La fin vient enfin nous délivrer une grande leçon de l'art de la nouvelle : les meilleures chutes sont parfois les plus visibles !
Vers les ténèbres
Avec L'Assassin infini, je dirais que ce sont les deux seuls textes vraiment difficiles du recueil. Celui-ci vient lui aussi compenser avec une action effrénée et un côté presque thriller par moments. le concept est assez simple : un trou de ver apparaît à différents endroits du globe ; pratique pour circuler, me diriez-vous ? Sauf qu'à l'intérieur, les règles de la physique sont modifiées : si vous vous dirigez vers le centre, vous rejoignez l'autre côté où le trou de ver veut que vous alliez ; sinon, SKROUITCH !
C'est nerveux, imaginatif, rythmé. Néanmoins, le ton assez noir et le côté hard-SF très prononcé pourront déranger certains lecteurs.
Un amour approprié
Une femme doit acheter un nouveau corps pour son mari blessé à mort ; seul problème, le temps de sa fabrication, son cerveau doit continuer d'être irrigué. Mais les toubibs du futur ont tout prévu… sauf le confort : pour des raisons économiques, elle va devoir porter deux ans et demie le cerveau de son mari ! Je vous épargnerais la blague de mauvais goût sur si c'est une fille ou un garçon.
Outre un voyage mental dans les névroses d'une femme enceinte contre son gré, on peut voir ici de nombreux degrés de lecture : celui féministe, bien sûr, mais aussi une dénonciation violente de la société prête à sacrifier tout et n'importe quoi pour faire marcher le business, y compris au détriment de ceux qui la composent. On regrettera juste qu'il n'y ait pas vraiment de conclusion ; juste une fin qui laisse un arrière-goût amer pour un très long moment.
La Morale et le Virologue
Et s'il existait un virus-miracle qui ne tuait que ceux qui le méritaient ? Choqué par l'impureté sexuelle (qu'il voit cela dit un peu partout et y éprouvant lui-même un intérêt pour le moins peu recommandable), un pasteur décide de créer le sida, mais en mieux. Un pamphlet contre le fanatisme religieux bardé d'ironie noire et faisant rire jaune qui n'en oublie pas la science pour autant, contrairement à trop d'auteurs SF français. Noir et cynique, mais jamais gratuit, Egan ne tombe pas dans le piège facile de l'anti-religiosité et s'immisce dans la psychologie retorse de son personnage tout en en restant distancé (comme le témoigne l'usage de la troisième personne inhabituel face à la plupart des autres nouvelles du recueil).
Plus près de toi
Dans le même univers qu'En apprenant à être moi, mais plus loin dans le futur, Plus près de toi est un des textes les plus philosophiques en se posant une question qui me taraude encore souvent : peut-on effleurer la conscience de quelqu'un d'autre ? Voire même devenir lui ? Tout en abordant l'éventualité du solipsisme et la solitude de l'Homme face à l'herméticité du reste de l'Univers, ce texte prouve une fois de plus s'il le fallait que la SF est le meilleur genre pour mettre en scène des raisonnements complexes à travers des exemples fictifs. S'il n'y avait pas le côté sexuel parfois très prononcé chez la partenaire du héros, je dirais bien volontiers que c'est un texte comme ça qu'on devrait voir à la fac (et que j'espère découvrir dans un mois), ne serait-ce que pour le style, direct et jouant sur l'implicite, en disant le moins pour être compris le mieux possible.
Orbites instables dans la sphère des illusions
Et si les croyances du plus grand nombre se mettaient à déteindre sur les autres ? Il finirait par y avoir des zones entièrement dominées par une religion dont on ne pourrait pas soustraire nos convictions, cherchant toujours à s'enfler comme un trou noir, aspirant dans leur « orbite » tous ceux qui passeraient à proximité. Un vagabond tente ainsi de les éviter afin de préserver son libre-arbitre de ces mensonges… Mais penser qu'ils en sont, n'est-ce pas déjà une croyance ?
Une nouvelle abstraite mais très compréhensible, et sans doute une de celles qui m'a inexplicablement le plus plu (sans doute un peu pour le plaisir à saisir des high concepts aussi limpides). Encore une fois la part belle aux réflexions, avec presque un petit côté post-apo dans une ville à moitié déserte qui peut ne pas être dénué de charme pour je devine un grand nombre de lecteurs.
Conclusion
Donc, si je récapitule bien :
- Greg Egan n'a pas de style : BULLSHIT !
- Greg Egan ne sait pas faire de personnages touchants : BULLSHIT !
- Greg Egan est un forcené des concepts incompréhensibles : OH HI, MARK !
Au final, je n'attribuerais pas le fait à ce que l'on se ressente souvent distancé de ses textes à cause du fait qu'ils seraient déconnectés de l'humain ; Egan sait se faire humain, c'est sa misanthropie qui repousse, le fait qu'il puisse par moments détester à ce point quelque chose qu'il connaît si bien. Mais c'est toujours pour de bonnes raisons.
Alors je fais peut-être un peu ma mauvaise foi, oui Axiomatique est loin d'être le bouquin le plus froid et tordu à comprendre qu'il ait écrit, mais ça prouve qu'il sait faire de la hard science, et plus largement de la SF, accessible et de haute qualité. Et quand on regarde de plus près sa bibliographie, on se rend compte que c'est loin d'être une exception : Zendegi, Cérès et Vesta, Nuits Cristallines, Perihelion Summer… Mais c'est que je vous vois, vous, derrière vos écrans, à vous demander quand est-ce que je vais me mettre à la partie hardcore de son oeuvre, histoire que vous me voyez me tabasser avec le bouquin tellement j'y comprendrais rien aux termes scientifiques ; sauf que bande de petits malins, c'est aussi la partie la plus dingue et palpitante de son oeuvre, et oui, je confirme que je vais me mettre à Diaspora, et j'ajoute que c'est prévu pour décembre. Soyez au rendez-vous ou non, mais c'est pour votre culture…
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muet-comme-un-carpe-diem
  24 juillet 2009
La science fiction n'est pas qu'un vivier pour l'industrie du cinéma en quête d'images fortes. Elle est avant tout un des pans de la littérature permettant de s'interroger sur les tendances lourdes de notre époque. Ceux et celles qui la qualifient de mineure feraient bien de la fréquenter un peu plus assidument.
C'est pourquoi il faut saluer l'heureuse initiative des éditions Bélial et quarante-deux qui ont réuni dans trois volumes la majeure partie des nouvelles de Greg Egan. Après Radieux, Axiomatique donne à la science fiction une dimension éthique appréciable.
Lumière des événements :
Les comités de bioéthique et les commissions scientifiques ont multiplié les avis et les rapports ses dernières années pour aider les parlementaires à définir les limites à donner à la recherche. Mais sous la pression économique et le lobbying de certaines firmes on voit que certains pays sont tentés de les reculer.
Aussi, il importe que les citoyens puissent continuer non seulement à être informés en temps réel des manoeuvres des uns et des autres mais également qu'ils puissent réfléchir aux enjeux et aux risques qui se profilent derrière l'une ou l'autre des avancées scientifiques en cette période où la technologie est omniprésente et ne cesse de fournir toujours plus vite accès à des options qui faisaient figure de chimères de science fiction il n'y a que trente ans.
La nouvelle Lumière des évènements a des atomes crochus avec le magnifique roman de Stefan Wul L'orphelin de Perdide puisqu'elle développe l'idée d'une possible communication au travers des époques entre un individu et .... lui-même. (Pour les parents lecteurs de SF qui voudraient faire découvrir les aventures de cet orphelin à leurs enfants Moébius en avait fait une adaptation à l'écran avec le dessin animé Les maîtres du temps )
La rédaction d'un journal intime permet de synthétiser les évènements et les réflexions prégnantes de la journée en quelques lignes à plus ou moins haute tension.
Que se passerait-il si les applications de la recherche fondamentale permettaient de démocratiser la possibilité de faire parvenir bien avant votre naissance ce récit quotidien ? L'exercice de style prendrait alors une toute autre ampleur n'est-ce pas ?
Donneriez-vous un maximum de détails pour vous éviter l'angoisse des lendemains ou au contraire choisiriez-vous de vous laisser une marge de découverte en multipliant les ellipses ?
Qui plus est, quel sens donner à L Histoire si désormais les témoignages et les analyses des événements ne proviennent plus du passé mais de l'avenir ?
Autant de questions qui permettent de s'interroger sur la condition humaine, les paradoxes temporels mais aussi des thématiques hélas bien plus inscrites dans l'actualité comme les tentations voire les tentatives de certaines politiciens de réécrire l'histoire.
Coffre fort :
A mon sens "Coffre fort" est une des meilleures nouvelles du recueil Axiomatique de Greg Egan. La littérature et le cinéma fantastiques ne sont pas avares d'histoires de créatures psychiques extraterrestres ou démoniaques qui passent d'un corps à un autre comme Cela de Moka ou le témoin du mal avec Denzel Washington.
Toutefois à la manière d'Anne Rice qui livrait les états d'âmes d'un groupe de vampires, Greg Egan nous invite à découvrir ceux d'une entité changeant de corps au sein d'une même ville après chaque période de sommeil.
A l'aide d'un récit à la première personne qui sème le trouble d'entrée de jeu chez le lecteur, le romancier australien passe en revue les interrogations de cette entité durant les différentes périodes de sa vie. Il nous relate comment elle en est venue à comprendre comment elle changeait d'apparence quotidiennement, comment elle a fait le deuil bon gré mal gré d'une vie de famille normale et comment elle est parvenue à suivre bon an mal an une scolarité, et enfin comment le rapport au corps lors de son adolescence s'en est trouvé complexifié.
Devenu adulte, il lui a fallu se résigner à devenir un imposteur permanent pour prendre la place de ses hôtes aussi discretement que possible dans leur vie privée parfois double et dans leur vie publique souvent monotone en s'appuyant sur le moindre détail pour donner le change au mieux sans toujours pouvoir éviter des incidents plus ou moins graves de conséquences pour la personne qui lui prête son corps sans le savoir. Paradoxalement cette attention de chaque instant la rend chaque jour un peu plus humaine.

Pour autant elle ne renonce pas à tenter de construire en pointillé sa vie propre tant elle aspire à la normalité surtout lorsqu'elle découvre l'explication probable de son état en prenant la place d'un infirmier psychiatrique.
Axiomatique :
Pour les rolistes quadragénaires qui ont passé quantité de nuits blanches à jouer des personnages de solos ou de techies dans de frénétiques parties de Cyberpunk bien avant que la trilogie Matrix ne déchaînent les passions, le monde futuriste de Greg Egan sera un bain de jouvence.
Les implants éléctroniques associés aux drogues en tout genre et à la chirurgie permettent à tout un chacun d'apprendre instantanément une langue étrangère, de maîtriser la caméra occulaire directement reliée au cerveau (cf l'excellent roman L'enigme de l'univers disponible en livre de poche) et diverses interfaces de navigation sur la toile du village global, mais également d'améliorer considérablement les performances physiques à l'aide de messages biochimiques en mesure d'anihiler toutes sensations de fatigue (cf le roman Isolation lui aussi disponible en poche).
Une fois "réveillé" l'implant est placé dans une narine comme si c'était une prise de tabac. Les nanomachines qui le composent se frayent ensuite par elles-mêmes un chemin jusqu'aux connections neuronales idoines.
Jusqu'ici, me direz-vous, rien de très nouveau sous le soleil de la science fiction mais dans la nouvelle éponyme du recueil Axiomatique, Greg Egan prédit également que les implants électroniques et les nouvelles drogues seront d'abord plebiscités pour leurs applications hallucinogènes et érotiques et pire encore dans le coaching psychologique à dimension plus ou moins religieuse.
Le romancier australien apporte une dimension supplémentaire pour questionner le lecteur sur ce qui fonde l'humain au-delà de toutes ces prothèses électroniques ou biochimiques en employant un procédé qui rappelle en creux le thème de la nouvelle d'Isaac Asimov "L'homme bicentenaire" ou le film Je suis un cyborg de Park Chan-Wook
Un implant peut-il contribuer à aider quelqu'un à faire son deuil en levant tout ou partie de ses interdits moraux et/ou éthiques ?
Soeurs de sang:
Victime pour des raisons génétiques d'un virus qui n'aurait jamais dû sortir du laboratoire souterrain où il a muté avec l'aide de chercheurs en quête de la meilleure arme biologique au moindre frais, Karen Rees doit se résigner à prendre à heures fixes un médicament.
Un médicament qui à défaut d'être à coup sûr le bon est susceptible de faire l'affaire selon les bases de données des firmes pharmaceutiques peu enclines à se lancer dans des recherches de fond pour "à peine" 80000 personnes infectées et une centaine de décès annuels. Une impression de déjà vu vous gagne, ne cherchez pas c'est malheureusement ce qui se passe d'ores et déjà pour bon nombre de maladies dites orphelines.
Grâce à ses talents informatiques, Karen parvient à localiser sa soeur jumelle qui écume le globe moins pour trouver la matière à ses articles de vulgarisation scientifique que pour assouvir sa passion pour les voyages. Pourra-t-elle la prévenir à temps des risques d'être également atteinte par ce virus ?
La nouvelle "Soeurs de sang" du recueil Axiomatique de Greg Egan s'interroge comme Un crabe sur la banquette arrière d'Elisabeth Gille sur les affres du malade dont les moins douloureuses ne sont sans doute pas les modifications qu'entraînent sa pathologie dans ses relations sociales mais au-delà analyse froidement ce que peut entraîner une politique médicale conditionnée par des entreprises pharmaceutiques pour qui la rentabilité est la priorité absolue.
La Caresse :
Depuis le mythe de Pygmalion qui avait donné vie à sa scuplture, bon nombre d'auteurs se sont emparés du thème de l'oeuvre d'art qui s'anime. Pour n'en citer que quelques-uns La Vénus d'Ille de Mérimée, Omphale de Théophile Gautier, le géant égoïste d'Oscar Wilde, le roi et l'oiseau de Jacques Prévert, L'extraordinaire tableau de Félix Clousseau de Jon Agee.
Par contre, je connaissais peu d'écrivains de science fiction qui se soient essayés à décliner dans leur genre littéraire cette oeuvre d'art qui prend vie. Juliette Canche, un des personnages de Bref rapport sur une très fugitive beauté de Jérôme Leroy, a créé une simulation en trois dimensions de trois tableaux du peintre surréaliste Paul Delvaux.(L'Aube sur la ville, La Vénus endormie et La ville rouge) où le spectateur peut "se promener, caresser les personnages, parler avec eux, éprouver la fraîcheur du marbre et la richesse des étoffes".

Avec la nouvelle La caresse comprise dans le recueil AxiomatiqueGreg Egan va plus loin en imaginant qu'un esthète est tellement passionné par une oeuvre qu'il n'a de cesse de lui donner corps. Non seulement il va imiter le Docteur Moreau d'H.G. Wells en donnant vie par manipulation génétique à une femme léopard identique à celle peinte par Fernand Khnopff en 1986 mais il va pousser le zèle jusqu'à s'efforcer de rétablir tout le contexte du tableau fut-ce au prix d'une longue et minutieuse préparation qui le contraindra à transférer sa mémoire dans un clone pour mener à terme son projet. "C'est le réseau des relations entre les sujets d'une part, et entre les sujets et les décors d'autre part qui consiste le défi de la génération à venir".

Une monomanie qui plus est quelque peu en marge de la légalité puisqu'il n'hésitera pas à enlever un homme et à modifier son apparence pour qu'il ressemble à l'homme qui colle sa joue contre celle de la sphinx.
Eugène :
Après avoir passé en revue les différents arguments qui tendent à prouver que les loteries sont de vastes escroqueries et que leurs évolutions au fil du temps n'ont été qu'une adaptation à ce que les joueurs y recherchaient, Greg Egan s'applique dans sa nouvelle "Eugène" à entrevoir ce quelle pourrait être pour un couple de gagnants la meilleure façon d'employer leurs gains faramineux. Au delà de prosaïques aspirations matérielles et puisque l'indécision plus que l'avarice diffèrent le choix de la juste cause qu'ils pouraient financer, ils décident de contacter le meilleur spécialiste en reproduction que l'argent pouvait acheter.
L'ambition de ce dernier ne se limite pas à aider ce couple à sélectionner leurs gamètes pour éviter à leur progéniture des soucis de santé. Il entend créer à l'aide de la manne financière qu'ils apportent au projet Potentiel humain un enfant pourvu de tous les atouts physiques, intellectuels et partant sociaux possibles .

Le passage où les parents se laissent convaincre fait froid dans le dos car comme Greg Egan montre comment les arguments du savant font glisser les attentes légitimes des parents vers des choix inquiétants pour l'avenir.
Au contraire de Bienvenue à Gattaca où l'on voit un enfant né en dehors de toute sélection naturelle parvenir à réaliser son rêve de partir dans l'espace en dépit des obstacles d'une société eugéniste, Greg Egan suppose que c'est l'ultime produit de cette sélection qui va paradoxalement contrer l'avènement d'un monde discriminatoire.
Lien : http://muet-comme-un-carpe-d..
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bbintein
  11 mars 2012
A nouvelles technologies, nouvelles tournures d'esprit.
Egan n'est pas de la famille des psychédéliques, dont regorge la science-fiction dite sérieuse. Pour ouvrir le champ des possibles mentaux, son outil n'est pas le délire verbal mais la rigueur d'une démonstration mathématique, appliquée aux multiples registres explorés par ses textes.
Une nouvelle de Greg Egan, c'est d'abord un contexte scientifique hypothétique, rendu plausible par la précision des explications techniques ; c'est ensuite l'inventaire exhaustif de des systèmes de croyance et des bouleversements psychologiques engendrés par la situation technologique donnée. Dans le cycle implicite de textes auquel appartient "Radieux" (qui donne son titre au deuxième tome de l'intégrale), l'auteur envisage différentes étapes d'une humanité soumise à un nouveau mode d'existence (virtuelle, évidemment), jusqu'à des états vertigineux de l'identité humaine. La radicale étrangeté des modes de pensée associés à chaque nouvel environnement décrit, il nous la donne à lire du point de vue, exotique s'il en est, de personnages dont les structures mentales sont a priori inconcevable pour notre conscience actuelle.
C'est un peu comme si un auteur contemporain était capable de composer, comme oeuvre de fiction, la République de Platon : il inventerait le livre, la République, mais aussi son auteur, Platon, la Grèce de Périclès autour, et toutes les problématiques propres à ce contexte géographique et temporel particulier.
Lire de la philosophie d'un autre âge et d'un autre lieu a pour nous un intérêt double. Il y a son contenu lui-même, plus ou moins utile, plus ou moins dépassé, ou décalé par rapport à nos propres enjeux actuels, qu'ils soient politiques, sociaux, culturels ou psychologiques. Il y a aussi la possibilité qu'elle nous offre de comprendre en creux, par déduction, l'état de l'âme humaine dans un environnement entièrement dépris du nôtre. Greg Egan est capable de produire cet intérêt double dans sa science-fiction. On est bien dans le dépaysement propre au genre, mais loin d'être naïf, c'est le dépaysement sophistiqué que procure la possibilité d'entrevoir un autre état de l'identité humaine. En cela, la littérature de Greg Egan est rarement purement distrayante ; le lecteur est d'abord soumis à l'effort de suivre des raisonnements scientifiques pas piqués des hannetons, ensuite il doit sans cesse combler les lacunes du texte quant à la nature des motivations et des discours des personnages, amplement détaillés mais jamais ramenés, dans les nouvelles les plus difficiles, à des catégories de pensée qui nous seraient familières.
Ca a l'air abscons comme ça, mais tous les récits ne sont pas aussi radicalement exotiques que ce que j'essaye de décrire ici ; certains se contentent d'être juste compliqués et pointilleux... Mais tous creusent la question fondamentale de l'identité, de la nature du moi, et à suivre pas à pas ses hypothèses, on finit par s'en trouver un peu éclairé...
Petit conseil de lecture : l'intégrale proposée par le Bélial, savamment composée, suit un parcours logique dans le corpus des nouvelles ; commencez donc par le premier tome, Axiomatique. Et peut-être que si les subtils glissements spatio-temporels de "l'assassin infini", porte d'entrée un peu lourde à pousser, ne te donnent pas le vertige, alors tu pourras t'abstenir, ami lecteur, de pousser plus avant, car tu ne rencontreras ici que l'ennui.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett   10 mars 2010
"Tu sais ce que c'est, les jeux d'argent ? Une sorte de taxe: une taxe sur la stupidité. Une taxe sur la cupidité. Une certaine quantité d'argent change de mains de façon aléatoire, mais le flux va toujours dans le même sens: vers le gouvernement, les opérateurs de casinos, les bookmakers, le crime organisé. Si jamais tu gagnes, ça ne sera pas contre eux. Ils prendront toujours leur part. Tu auras gagné, oui, mais contre tous les perdants, contre tous les fauchés, et c'est tout."
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TatooaTatooa   14 décembre 2015
En réalité, les êtres humains sont capables de tout : torture, génocide, cannibalisme, viol. Après quoi - du moins, c'est ce que j'ai entendu dire -, la plupart d'entre eux sont encore capables d'être gentils avec les enfants ou avec les animaux, d'être émus aux larmes, par une musique, et de se comporter, en général, comme si toutes leurs facultés émotionnelles étaient intactes.
(Dans "Un amour approprié")
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SpilettSpilett   18 mars 2010
Mais la vie n'est qu'imitation; il ne faut pas cracher dessus. Les organes de notre corps se reconstruisent constamment à leur image. Une cellule qui se divise meurt, et celles qui prennent sa place ne sont que des imposteurs. Ton corps ne contient plus un seul des atomes avec lesquels tu es née... alors qu'est-ce qui te donne ton identité ? C'est un schéma informationnel, pas quelque chose de physique. Et si un ordinateur se mettait à imiter ton corps - au lieu que ce soit lui qui s'imite lui-même -, la seule vraie différence serait que la machine ferait moins d'erreurs.
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TatooaTatooa   14 décembre 2015
Attirer l'attention du Seuil est une très mauvaise idée. A l'intérieur du trou de ver, le temps est mélangé à l'une des dimensions spatiales ; de plus, par nécessité physique ou par conception, tout ce qui correspond à un mouvement du futur vers le passé est interdit. Traduit dans la géométrie actuelle du trou de ver, cela veut dire que quand le Seuil se matérialise autour de vous, il devient impossible de s'éloigner du centre. Vous avez un temps inconnu, peut-être dix-huit minutes, peut-être plus, peut-être moins, pour gagner la sécurité du Cœur dans ces conditions bizarres. De plus, la lumière est soumise aux mêmes effets ; elle ne peut se propager que vers l'intérieur. Tout ce qui est plus proche que vous du centre se trouve dans un futur invisible.
Vous courez vers les ténèbres.
(Dans "Le coureur")
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TatooaTatooa   13 décembre 2015
Je veux terminer ma vie en être humain : en réanimation, planant sous morphine, entouré de médecins totalement hors de prix, et de machines brutales acharnées à me maintenir en vie. Et ensuite, mon cadavre pourra partir en orbite, de préférence autour du soleil. Je me moque du prix, du moment que je ne termine pas dans ce putain de cycle naturel : carbone, phosphore, azote. "Gaïa, je te répudie". Va sucer la substance de quelqu'un d'autre, espèce de salope avide.
(Dans "La marche")
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Vidéo de Greg Egan
Cérès et Vesta - Greg Egan Une Heure Lumière (Le Bélial') // 2017 // 144 pages
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