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EAN : 9782264080950
408 pages
10-18 (15/09/2022)
2.88/5   286 notes
Résumé :
Qui n'a jamais rêvé de monter un jour sur scène ? De quitter l'ombre pour se retrouver sous les feux des projecteurs ?
C'est l'ambition que partage une petite bande d'adolescents dans le San Fransisco débridé des années 1970. Avec leur groupe de musique punk, ils jouent dans des bars, font des pogos et se donnent l'illusion d'une désinvolture propre à leur jeunesse. Mais le temps passe et l'irrévérence laisse bientôt place aux contraintes de la vie adulte. Be... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (88) Voir plus Ajouter une critique
2,88

sur 286 notes
Il y a un parfum de chef d'oeuvre dans cet ouvrage !
Ils sont des gens comme les autres, liés entre eux parce qu'ils sont amis, parents ou que le hasard a fait croiser leur route. Entre la fin des années 80 et maintenant, Jennifer Egan nous les raconte par épisode plus ou moins marquant de leur existence, sans forcément respecter un ordre chronologique. Sexe, drogues et Rock n'roll pourrait être le leitmotiv de leur vie. Ils ont tous des projets, des espoirs, un horizon qu'ils se sont imaginé, mais des éléments extérieurs, le facteur inconnu ou l'intervention divine, qui peut dire, la vie tout simplement se les accaparera et les transformera.
« Qu'avons-nous fait de nos rêves ? » ne se lit pas comme un roman. Ce sont les chroniques de gens qui cherchent tout simplement à exister. C'est aussi une invitation au bilan.
Même si l'auteur peut parfois nous perdre au travers de l'architecture hétéroclite de son ouvrage, les idées qu'elle soulève, l'écriture remarquable et ses personnages font que c'est un beau livre dont le titre ne peut que nous interpeler.
Prix Pulitzer 2011.
Traduction de Sylvie Schneiter.
Editions Stock, Points, 403 pages.
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Bien sur pour commencer un grand merci à Babelio et aux Editions Points pour cette masse critique.
D'autant plus que le plaisir est au rendez-vous. En suivant plusieurs personnages, sur plusieurs décennies, à des instants précis de leurs vies, Jennifer Egan brosse un portrait à la fois désabusé, pessimiste, un brun nostalgique sur nos rêves adolescents On est déstabilisé au départ par la forme narrative choisit par Egan, mais très vite sa qualité d'écriture balaie nos réticences. Ce choix narratif nous permets d'apprendre au détour d'une phrase, d'un paragraphe ce que sont devenus ces héros et de faire le lien entre chacun des protagonistes. J'ai notamment beaucoup aimé le personnage de Sasha qui me semble le plus réussit du roman. Un récit choral émouvant et mélancolique. Moi, j'y ai pris beaucoup de plaisir.
Qu'avons-nous fait de nos rêves ? Jennifer Egan en a fait un très beau roman.
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Insipide. Fade. Inconsistant. Sans être un grand spécialiste de la littérature américaine, décerner le prix Pulitzer à ce livre est je trouve assez inquiétant de l'état de l'art littéraire américain ! Il fait pale figure quand on regarde la liste de ce prix entre Steinbeck ou Hemingway pour ne citer qu'eux.
Ce n'est pas le style qui m'a dérangé, passant d'une période à une autre, d'un personnage à un autre sans forcement de lien immédiat. Non le problème de ce livre ce sont ses personnages ! Ils m'ont tout simplement ennuyés, j'en avais rien à faire de leur petit destin. Les phrases sont plates et surtout nos protagonistes ont tous des traumatismes, entre des parents morts, des suicides, le sida, la prison, les drogués, les alcoolos, le bipolaire, la voleuse compulsive, comment peut on arriver à un résultat aussi transparent avec autant de vices réunis dans un seul récit ?
Seul les personnages de Bosco et Jules ont suscités un peu d'intérêt au cours de ma lecture, respectivement l'alcoolique et l'ancien taulard, ils apportent enfin une touche d'humour, de fantaisie. Hélas ce fut de courte durée puisque dès le chapitre suivant on repart pour une toute autre histoire consacrée à un dictateur, réenclenchant la boucle de l'ennui jusqu'au dernier chapitre. La fin assez nostalgique, ne me dérange pas, je commençais peut être enfin à ressentir une forme d'empathie pour cette galerie de personnages et ce fut le point final... Tant pis pour moi !

Revenons à la forme, la grande originalité de ce livre est la présence pendant 70 pages d'une présentation type powerpoint. J'avais encore jamais vu ce procédé utilisé dans un récit. Pourquoi pas mais c'est trop long et cette technique n'a guère augmenté mon attention pour cette histoire.

Sans oublier l'utilisation de l'expression holocauste esthétique pour parler de la fin des arts authentiques envahis par le numérique ! Je trouve ce comparatif stupide, assez dérangeant au regard de l'histoire.
L'écriture en elle même est assez simpliste, citons par exemple Dolly s'acheta un café qu'elle but ! Non vraiment en général quand on achète un café il sert à arroser les plantes... ou encore "quelques fois j'imagine quand je regarde en arrière en ce moment précis et je me demande où je serais quand je regarderai en arrière" , la redondance est lourde, pas très agréable à la lecture.
Autre point qui peut expliquer mon désintérêt pour ce livre, la répétition excessive du prénom des personnages. Certes ils sont nombreux mais Egan rappelle quasiment à chaque ligne leurs noms ralentissant le rythme.

Pour conclure, je dis pas que ce livre est mauvais, en fin de compte j'en sais rien puisque comme Ladivine de Marie Ndiaye il m'a tout bonnement pas intéressé.

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Je suis ressortie de ce roman avec une impression de puzzle, les chapitres en constituant les pièces. Mais, ne disposant pas de l'image sur le couvercle de la boîte pour me servir de modèle, j'ai eu du mal à les assembler en quelque chose de cohérent. Sans compter que ce « quelque chose » me paraît inachevé. En fait, plutôt qu'un puzzle, ce serait une de ces mosaïques antiques dont on n'aurait retrouvé que des fragments, en appelant à notre imagination pour reconstituer le tout.
Bien sûr on repère facilement le thème, le fil conducteur : un groupe d'amis fans de punk-rock dans le San Francisco des années 70. Pendant les 50 années suivantes, certains se marieront, d'autres se perdront de vue, ou divorceront, ou se croiseront à nouveau, ou se suicideront. Tous vivront des galères, certains rebondiront (ou pas), d'autres mourront d'un cancer, se remarieront et/ou auront d'autres enfants.
Tous sont nostalgiques de leur jeunesse insouciante, planant entre musique, alcool et drogue, et se demandent où sont passés leurs idéaux d'alors.
Tous se souviennent. Ce sont ces souvenirs qui sont égrenés au fil des chapitres, remontant à la surface sans linéarité, déclenchés par un rien, un son, une association d'idée, une sensation de déjà-vu.
Roman choral (quoi d'autre pour un livre truffé de références musicales – qui malheureusement ne m'ont guère parlé), avec autant de styles de narration que de chapitres, ce livre distille mélancolie et regrets à haute dose, néanmoins éclaboussés de quelques gouttes lumineuses.

L'absence de chronologie, le mélange des styles et des époques, les nombreux personnages m'ont rendu l'ensemble un peu difficile à suivre. J'ai même été tentée de le relire avant de le chroniquer pour rétablir les liens entre les épisodes.
Oeuvre géniale pour certains, prétentieuse et laborieuse pour d'autres, ni l'un ni l'autre pour moi. C'est bien écrit, créatif mais complexe, un peu trop dense peut-être. Prometteur, en fait. Je garde une impression douce-amère de ce récit baigné de nostalgie, qui me renvoie son titre en pleine figure, et qui me laisse drôlement pensive…

Merci à Babelio et aux éditions Points pour cette découverte intéressante.
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Ce qui est bien avec le titre, en tout cas français, de ce roman de Jennifer Egan, c'est qu'on ne s'embarrasse pas à chercher bien loin ce que cette dernière cherche à nous dire : « Qu'avons-nous fait de nos rêves ? » parle sans surprise d'êtres qui se réveillent un jour en se rendant compte que leur vie a commencé sans eux, et que le virage qu'elle a pris ne leur pas apporté tout à fait ce qu'ils attendaient. Que les promesses illimitées de la jeunesse se sont transformées en un cadre étriqué une fois la vue adulte atteinte. « Life is a bitch », comme on dit en vo. C'est dur, c'est âpre et c'est amer, comme la boule dans la gorge quand on a envie de pleurer.

« Qu'avons-nous fait de nos rêves ? » s'ouvre sur deux personnages qui seront un fil rouge dans ce roman choral, beaucoup (trop) de personnages allant être introduits par la suite : Bennie, un magnat de l'industrie musicale et son assistante Sasha.

Sasha est kleptomane, elle ne peut s'en empêcher malgré sa volonté de s'en sortir et l'aide qu'elle reçoit à contrecoeur d'un psy qu'elle a pourtant embauché.
Bennie, quant à lui, est en pleine crise - de quarantaine, de mélancolie - et mène une vie dominée par le regret de sa jeunesse punk pleine de rêves où tout allait bien. Aujourd'hui il ne bande plus, il déteste son job, et il s'occupe mal de son fils qu'il voit peu depuis sa séparation.
Ce sont des personnages dont la sensation de vide est matérialisée par celui qu'a créé la chute du World Trade Center dans New York, que d'ailleurs Sasha évoque régulièrement dans les premières pages.

Le début de ce roman m'a fait fortement penser à la littérature américaine du début des années 2010, Jay McInerney et Brett Easton Ellis en tête, avec ces personnages à la dérive et égoïstes dans l'observation de leur petit nombril, symboles d'une occidentalisation et d'un capitalisme forcenés. Rien d'étonnant ceci dit, puisqu'il a été écrit pendant cette période. J'aime ce type de romans pour ces chroniques désenchantées de personnes ordinaires, et j'étais curieuse de savoir où Jennifer Egan allait les emmener dans ce roman.

Surprise, au bout de quelques pages on quitte rapidement Bennie et Sasha pour faire la connaissances d'autres personnages, à une époque différente, et ce de manière incessante, comme un kaléidoscope un peu éclaté de vies décevantes et déçues, avant de revenir vers eux deux, là encore à une autre période de leur vie. J'ai eu du mal à suivre ces changements incessants, d'autant plus que certains détails donnés incidemment au début d'une histoire ont parfois pris de l'importance plus tard sauf que je ne m'en souvenais vaguement, et de ce fait j'ai été complètement perdue. En outre, les personnages finissent tous par se connaître et se croiser, comme dans les mauvaises séries où les rebondissements se concentrent sur les mêmes personnages par économie. Et Jennifer Egan confine à la radinerie dans le destin de ses personnages : ils sont tous désenchantés, pas épanouis, et finissent par tourner en rond. En outre, l'autrice se permet, en pythie omnisciente, de nous raconter le déroulé futur de leurs vies en quelques mots vite troussés, nous rappelant que ces destins de peu d'importance sont déjà tout tracés, qu'aucune surprise ne peut avoir lieu et que la déprime attend au tournant. Impossible dans ces conditions de s'attacher aux personnages et de s'intéresser autrement que superficiellement à leurs vies. Et pourtant, ce roman s'est vu décerner le Pulitzer, la preuve si besoin était, qu'aucun prix ne peut garantir l'intérêt d'un roman…
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critiques presse (3)
Telerama
27 novembre 2012
Séduisant, virtuose, ancré dans notre temps qu'il sait capter et dont il produit une représentation qui sonne très juste, Qu'avons-nous fait de nos rêves ? demeure un beau roman mélancolique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress
02 octobre 2012
Mrs Egan […] n'a pas son pareil pour sonder les fêlures, montrer les aléas de l'existence. On en ressort ému et ébloui par tant de grâce et de maîtrise.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress
21 septembre 2012
Jennifer Egan brosse le portrait d'une bande de quadras californiens désenchantés. Une recherche du temps perdu bien trop laborieuse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
[Dans les années 2020]:
Rebecca était une pointure dans le monde universitaire. Son dernier livre traitait du phénomène des mots-enveloppes, un terme de son invention désignant ceux qui ne signifiaient plus rien sans guillemets. L'anglais en était truffé: "ami" et "réel", "histoire" et "changement", autant de mots vides de sens désormais, réduits à des cosses. Certains tels "identité", "recherche" ou "nuage" étaient exsangues en raison de leur usage sur la Toile. Pour d'autres, les raisons étaient plus complexes - pourquoi "américain" était-il devenu ironique? Comment se faisait-il que "démocratie" s'employait d'une façon narquoise, moqueuse?
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Dans sa voiture, en route pour récupérer son fils, Bennie passait des Sleepers aux Dead Kennedys, groupes de San Francisco qui avaient rythmé sa jeunesse. Il les écoutait pour leur imperfection: de véritables musiciens jouant sur de véritables instruments dans un véritable studio. A présent, cette caractéristique (pour peu qu'elle existât encore) était un effet de conversion numérique, non le fruit d'un enregistrement sur une bonne vieille bande. (...) Trop limpide, trop aseptisé. La précision, la perfection, voilà le problème; la numérisation, voilà le problème, elle vidait de substance tout ce qui se prenait dans les rets microscopiques de son système. C'était la mort du cinéma, de la photographie, de la musique. Un holocauste esthétique!
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« Je ne comprends pas ce qui t'es arrivé, Jules », déclara Stephanie.
Il contempla les silhouettes miroitantes des gratte-ciel de Lower Manhattan sans les reconnaître : « Je suis comme l'Amérique. »
Stephanie, désarçonnée, pivota sur son siège pour le regarder. « Qu'est-ce que tu racontes?
- Nous nous sommes sali les mains », précisa Jules.
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Insatisfaction structurelle:retrouver une situation qui vous a convenu après avoir fait l'expérience d'un mode de vie plus exaltant ou plus luxueux et découvrir qu'on ne la supporte plus.
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_"J'ai l'impression que c'est la fin de tout".
Elle pensait au passé, celui d'avant leur mariage, la maternité, l'argent, la renonciation aux drogues dures, les responsabilités, lorsqu'il trainaient dans le Lower East Side, se couchaient après le levé du soleil, déboulaient dans des appartements d'inconnus, faisaient l'amour dans des lieux quasiment publics, se lancaient dans des aventures risquées au nombre desquelles figurait se piquer à l'héroine, parce que rien n'était sérieux. Ils étaient jeunes, bénis des dieux, forts, à quoi bon se tracasser ? si ca ne leur plaisait pas, ils pouvaient repartir à zéro.
a présent, lui, malade et à peine capable de se déplacer, projetait fébrilement sa mort.
Etait-ce le fruit d'une aberration monstrueuse des lois naturelles ou d'une telle évidence qu'ils auraient du le prévoir ? En étaient-ils responsables d'une manière ou d'une autre ?
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Booksmith hosts Jennifer Egan for a reading and Q&A around her new novel The Candy House on April 18, 2022.
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