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Juliette Bourdin (Traducteur)
EAN : 9782072899751
192 pages
Gallimard (06/05/2021)
3.77/5   53 notes
Résumé :
Un pays non nommé se relève avec peine d’une sombre décennie de guerre civile. Afin de commémorer l’armistice tant attendu, le gouvernement ordonne la construction d’une route reliant le Sud dévasté à la capitale du Nord victorieux. Deux entrepreneurs étrangers ont pour mission de goudronner en quelques jours ce chemin long de plusieurs kilomètres, après quoi sera organisée une grande parade où les gens du Sud se rendront au Nord en empruntant cette nouvelle voie. M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà un moment que j'avais envie de livre un roman de l'américain Dave Eggers.
Un peu au hasard, j'ai pris » la Parade » à la bibliothèque.

Nous sommes dans un pays inconnu (Balkans ? pays africain ? …à) – ce qui est sûr c'est que c'est un pays pauvre, où le Su de et le Nord communique mal : l'histoire démarre lorsqu'on apprend qu'on va construire une grande route goudronnée pour relier le Sud à la capitale, promesse de développement de cette région enclavée.

Deux personnages principaux vont être au centre de l'histoire : le premier est désigné par « Quatre » - dans l'entreprise où il travaille on ne s'embête pas avec les vrais noms – et le second est « Neuf ».
Le premier est le conducteur d'une machine extraordinaire, flambant neuf, une sorte d'enrobeuse de travaux publics destinée à goudronner la future route. le second est censé aider le premier à éviter tous les obstacles sur la route, au propre comme au figuré.

Mais rien ne va se passer comme prévu. Tout oppose les deux hommes : autant le premier est droit et rigoureux, autant le second flâne en route, drague les filles des villages avoisinants, partage le repas des villageois, quitte à négliger son travail d'adjoint.

Quatre hésite à le dénoncer à l'entreprise qui les emploie au loin (aux Etats-Unis ?) et quand enfin, alors que Neuf n'en fait qu'à sa tête et qu'il faudrait l'évacuer en urgence, il se décide à appeler via le téléphone satellitaire qui est censé rester dans la cabine de la machine : celui-ci a disparu comme tout le matériel de secours prévu en cas de danger.

Dave Eggers dresse un portrait cynique de ses hommes envoyés dans des pays pauvres censés aider les populations locales, mais la fin ne laissera guère d'espoir alors que la « parade » - inauguration finale de la route enfin goudronnée où les gens du Sud sont censés arriver à la capitale – va tourner au cauchemar.

Dans un moment où la géopolitique est très présente, l'auteur américain, avec beaucoup de recul grâce à une forme d'humour noir bien présent, questionne avec un certain talent nos actions dites humanitaires – au prix parfois d'effets collatéraux désastreux.
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J'ai emprunté ce roman par hasard à la médiathèque .

Il emmène le lecteur au coeur d'une contrée lointaine, imaginaire, non nommée : pays africain , sud - américain ? , exsangue , détruite , en cours de reconstruction après une décennie de guerre civile que les habitants avaient crue sans fin .
Pourtant il y avait de la joie et une effervescence d'initiatives au milieu du chaos , un afflux incroyable d'aides au développement , de fonds de reconstruction ,d'étrangers venus évaluer , conseiller , distribuer subventions , pots- de - vin et percevoir des honoraires.

Afin de commémorer l'armistice tant attendu , le gouvernement ordonne la construction d'une route reliant le Sud dévasté à la capitale du Nord victorieux : symbole de la paix des braves .

Deux entrepreneurs étrangers ont pour mission de goudronner en quelques jours cette voie longue de plusieurs kilomètres , après quoi sera organisée une «  grande parade » où les gens du Sud se rendront au Nord en empruntant cette nouvelle route , le Nord et le Sud fraîchement réconciliés …
Les employés étrangers qui asphaltent choisissent un numéro , l'un se nommera Quatre et l'autre Neuf ….

Sans rien dévoiler je dirai simplement que «  Neuf » transgresse tous les codes comme un chien fou, «  Quatre » ne dévie jamais de sa route : tout les oppose , c'est le ressort de l'intrigue .
L'auteur questionne avec talent la valeur des tentatives de reconstruction par ceux qui sont à l'origine du carnage.
Il porte un regard d'une belle acuité sur le monde , dresse des portraits plutôt cyniques .
Brève , dure , percutante , à l'humour parfait , cette fable géopolitique, étonnante , clairvoyante , sans fantaisie , ni suspense , à la morale implacable, au sein d'un monde complexe et douloureux nous pousse à nous interroger sur nos relations avec le tiers monde , notre part d'humanité , notre capacité à ignorer les malheurs du monde .

La fin coup de poing , glaçante , tempère, je dirai même ——- douche nos optimismes définitivement ——-nous fait réfléchir , surprise très douloureuse sur la route immaculée : dure parabole sur l'incommunicabilité entre les hommes !
Ah , le thème de «  La Route » me fait penser à d'autres romans de la même veine ……
Un auteur talentueux que je ne connaissais pas !
Mais ce n'est que mon avis , bien sûr !





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Un extraordinaire anti-road trip et une nouvelle parabole politique, de ces histoires symboliques rondement menées et pleines de rebondissements dont Dave Eggers a le secret, voilà ce que retient le lecteur, illuminé, quand il quitte, presque à regret, La Parade, au terme du roman ! Parce que, si tout au long de la lecture, on garde en mémoire ce que d'autres auteurs, Gracq, McCarthy, Vittorini ou Kerangal, ont fait de ce thème de la route ou de ceux, voisins, du pont et du tunnel, les traitant souvent comme des images de ce qui rapproche les hommes, ici la métaphore s'enrichit de multiples autres échos, nous engageant à réfléchir sur notre Histoire contemporaine et… à nous méfier des apparences.
Quatre et Neuf – cette réduction de leurs identités à des numéros laisse d'emblée envisager une certaine forme de conditionnement social – ont été embauchés, comme des techniciens compétents, pour parachever une route reliant le Sud à la capitale du pays, en la couvrant de macadam. L'enjeu est important, parce que le pays sort d'une longue guerre civile qui a opposé des rebelles au Sud à l'armée du Nord, et que la route, qui symbolise l'effort de réconciliation, doit être, une fois achevée, le théâtre d'une « parade », censée célébrer la reconstruction, la paix retrouvée. Et il faudra que l'enrobage de la voie soit parfait, un long ruban noir brillant, rehaussé sur le côté et en son centre de belles lignes jaunes.
Pour réaliser cette noble tâche, Quatre doit conduire le « finisseur » (le nom de l'engin fait frémir…), le RS-80, une extraordinaire machine à goudronner, toute neuve et conçue en elle-même comme un modèle d'univers autosuffisant. Neuf, quant à lui, veillera à faciliter son travail, en le précédant sur la route, à bord d'un quad, pour prévenir les obstacles et dégager du chemin les éventuels intrus. Mais, bien vite, les relations entre les deux hommes se dégradent. Quand Quatre, en bon petit soldat, s'emploie à respecter scrupuleusement les règles et le programme, Neuf, lui, prend de grandes libertés, allant au contact des gens de la région, partageant leur nourriture, leur conversation …et leur lit, quitte à contrevenir à toutes les consignes de réserve et de précautions sanitaires qui ont été données aux deux hommes. Quatre et Neuf, une « extension de la machine », comme le premier se définit lui-même, contre un enthousiaste indiscipliné, un dangereux électron libre… Quand Neuf finit par payer le prix de ses écarts, en tombant gravement malade, les rapports entre les deux hommes se transforment pourtant, et Quatre, le quasi robot, se pare d'humanité. le contrat sera-t-il finalement rempli ? La route achevée, avec les lendemains qui chantent qu'on nous laisse espérer ? A voir, à lire surtout…
Après le Cercle et son extraordinaire coup de théâtre final, Dave Eggers nous invite, avec la même malice et son inégalable talent de conteur, à tempérer notre optimisme et notre confiance dans les vertus de la résilience. Quand la littérature montre un regard d'une telle acuité sur le monde et ses faux-semblants, on en redemande !
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« La Parade » est un court roman de Dave Eggers, traduit par Juliette Bourdin (2021, Gallimard, 192 p).
Un pays, que l'on peut croire africain ou sud-américain, tout juste sorti d'une guerre entre le Nord et le Sud. Un président, dont une des concubines, la préférée, a été tuée lors d'un attentat, désire marquer la paix revenue par la construction d'une route asphaltée de 230 km de long, qui unirait le nord et le sud. La route, toute noire, possède aussi ses maques de peinture, ce qui fait plus gai. Elle sera, une fois achevée, l'endroit d'une grande parade, d'où le titre, qui devrait réunir, en une grande fête les peuples du nord et du sud. « le cortège quitterait la capitale et se dirigerait vers le sud, symbolisant la fin de décennies de guerre et le début de la paix et de la prospérité désormais possibles grâce à cette route ». Pour cela, on a embauché une société spécialisée qui a acheminée une gigantesque machine, la RS-80, qui remplace la RS-50, devenue quasi obsolète. « Tout lui semblait-il, avait été simplifié et renforcé ». La machine est quasi automatisée, se nourrissant de capsules d'asphalte, des cubes de 2 m de côté, déjà prédisposés le long de la route. Tout y est automatisé et piloté par un seul homme, Quatre, dit également La Montre. Un autre aide, Deux, lui est adjoint, qui est chargé d'ouvrir la voie à l'aide d'un quad, et de contrôler et sécuriser le trajet avant le passage de l'engin. « Si vous trouvez une variation de surface significative, vous êtes chargé de la remplir avant l'arrivée du RS-80, et si la variation est trop importante pour être corrigée, vous devrez m'appeler par radio ou revenir me voir en personne. Ensuite, nous pouvons évaluer si nous mettons hors tension pour corriger l'anomalie ou si nous la réparons ».
Les deux personnages sont ainsi appelés, ce qui évite d'avoir des problèmes d'identification, lors de prise éventuelle d'otage. Tous contacts avec les populations locales sont également fortement déconseillés, toujours pour des problèmes de sécurité. Sur ce point Quatre est très strict, fort de ses 63 missions précédentes dans de pareilles conditions. Neuf, plus jeune, est beaucoup plus permissif, échangeant et partageant la vie des populations locales, ce qui lui vaut des prises de bec avec Quatre, son supérieur, sans en avoir le titre. « C'était la première fois que Quatre rencontrait cet homme et il ne s'estimait pas capable de prédiction, mais il comprit sur-le-champ que Neuf était un agent du chaos et compliquerait encore plus la tâche ardue qui les attendait ».
Les habitants que les deux hommes rencontrent ne sont ni des saints ni des ravisseurs avides d'argent. En témoignent les personnages de Médaillon et Cousin, deux pseudonymes. le premier fait référence au fait qu'un « grand médaillon en argent dansait autour de son sternum, suspendu à une cordelette en cuir noir ». le second est présenté comme étant simplement son cousin. Tous deux voyagent sur un « tuk-tuk jaune », tricycle motorisé indien, rencontré un peu partout dans le monde.
Quatre est d'abord suspicieux envers leur « aide », mais une fois qu'ils ont récupéré des médicaments, l'ont aidé à éviter de tomber sous la coupe des troupes locales et ont considérablement repris le travail de défrichement de Neuf, il est obligé de changer d'avis. Il admet que Médallion, malgré le fait qu'il s'attend à être payé, est « un leader, un amuseur, un homme avec beaucoup de charme ». En général, la population veut aider et ils demandent être indemnisés pour cette aide. de fait, ils veulent vraiment sortir le pays de la guerre. En effet, le pays est jonché de mines dans les forêts et des montagnes sacs en plastique noirs contiennent les résidus de la longue guerre civile. La population, en général, souhaite la prospérité et de meilleurs soins de santé pour leurs proches. En cela, la route leur apparait comme un chemin vers la paix retrouvée.
Le roman fait aussi allusion à l'aide étrangère, aux erreurs de l'Occident, mais aussi le prix qu'en paye ceux qui arrivent avec les meilleures intentions et se retrouvent face à une réalité de violence et de corruption si écrasante qu'ils se sentent impuissants et perdent toute envie de bien faire. Ainsi, dans un dispensaire d'une ONG rencontré en cours de route, les soignants sont plus absorbés par un match de football tandis que les gens attendent patiemment à la porte de l'enceinte pour des médicament qui pourraient les sauver. Une autre attend la fin du stage pour être rapatriée. Par contre ils ont tous des voitures blanches neuves.

Dave Eggers est un auteur relativement connu. Il est également le fondateur du magazine « The Believer » qui a eu provisoirement une version traduite en français. On lui doit aussi une librairie indépendante à San Francisco, « The McSweeney's Store » un peu à l'écart dans Valencia Street, avec sa devanture un peu terne et grise. Avant sa restauration, j'y avais été faire un tour et j'avais été impressionné par les empilements de feuillets de livres à venir. Cette image m'est restée, comparable au fouillis organisé qui régnait dans l'ancienne libraire de José Corti, à côté du Luxembourg, où le vieil homme, toujours tout en noir, officiait. Il faut dire que la maison d'édition, qui est une organisation à but non lucratif, ne fait que très peu d'épreuves, qui coutent cher. Leur politique est d'imprimer presque à la demande, après la sortie d'imprimerie des couvertures. D'où l'abondance des épreuves non encore reliées.
Dave Eggers a aussi développé le « 826 Valencia », au nom pris de son adresse. C'est une organisation à but non-lucratif qui se consacre à aider les enfants et les jeunes adultes à développer leurs compétences en écriture. Une aide aux enseignant pour leur fournir des supports servant à inspirer leurs élèves à écrire. On y trouve aussi un des rares « Pirate Supply Store », où on peut trouver des vêtements, des cache-oeil, des drapeaux et des crânes, ainsi que cartes de trésors caché.
Il convient de noter que le caractère non-lucratif de ces associations, implique que les droits d'auteur des publications sont entièrement reversés à l'aide aux plus démunis, pour l'éducation et le développement des adolescents.
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Ce roman s'ouvre sur la rencontre de deux hommes dont nous ne saurons jamais les noms puisqu'ils utilisent des chiffres pour s'identifier, ainsi nous allons suivre "quatre" et "neuf". Ces deux hommes sont dépêchés par une compagnie chargée de goudronner une route allant du nord au sud d'un pays fictif. Ce pays se relève tout juste d'une terrible guerre civile et la réconciliation entre le nord et le sud est matérialisée en partie par cette route et par une fabuleuse parade qui doit l'emprunter. Les deux hommes doivent donc finir leur tâche en temps et en heure.

Évidemment, cette tâche ne va pas être un long fleuve tranquille. Les deux hommes ont des personnalités diamétralement opposées. le premier est méticuleux, froid, il a une tâche à accomplir et il n'en démord pas. Son sens de l'organisation et du respect des règles à l'excès nous donne l'impression d'être en face d'un robot. le deuxième est beaucoup plus expansif et prend énormément de risques en allant au contact de la population locale. Au fil du récit, les deux hommes vont se découvrir, s'agacer mais également apprendre l'un de l'autre.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai adoré cette lecture et c'est même un petit coup de coeur. Tout d'abord j'ai accroché au style de l'auteur. le roman est court, moins de 200 pages, pour autant il s'y passe beaucoup de choses. Cette dichotomie entre les deux personnages principaux est clairement le gros point fort de ce roman et c'est d'ailleurs bel et bien l'élément central. L'évolution des personnages tout au long du récit et des péripéties est particulièrement intéressante à suivre.

Si les deux personnages principaux sont au centre de l'attention, on retrouve quelques personnages secondaires intéressants. Ce sont des locaux, qui ont vécus ou plutôt survécus aux violences de cette guerre civile. Il y a toujours cette appréhension à chaque rencontre, ce sont pourtant souvent des gens heureux de par la paix retrouvée mais aussi par les opportunités que va apporter cette route en construction mais il pourrait aussi s'agir de séditieux et chaque rencontre peut s'avérer dangereuse. On a donc une certaine tension qui s'installe petit à petit au fil du récit et il y a certains passages que j'ai lu quasiment en apnée tant la tension est palpable.

Je regrette d'ailleurs un peu que certains personnages secondaires ne soient pas plus développés. On pouvait imaginer des "flashbacks" sur la période de la guerre, les causes de la guerre... On reste plutôt dans le flou. Cela semble voulu par l'auteur mais autant dire qu'on termine la lecture avec pas mal de questions sans réponses.

La fin du récit est une fin "choc". Elle m'a clairement laissé pantois. Je n'en dirai évidemment pas plus pour ne pas gâcher la surprise.

Au final, ce roman est une excellente surprise. Je ne sais pas si il plaira à tout le monde (sûrement que non, c'est quand même très rare un roman qui plaît à tout le monde) mais il m'a bluffé. C'est original, incroyablement maitrisé tant sur le fond que sur la forme. Il faut accepter de terminer la lecture en gardant en tête des questions sans réponses mais c'est à ce moment que l'imaginaire de chacun va entrer en jeu. D'autant plus que beaucoup d'éléments du récit vont bien se prêter à la réflexion.

Un découverte que je recommande fortement !
Lien : https://marquepageetexlibris..
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critiques presse (2)
Bibliobs
20 août 2021
Un roman à l’humour parfait et plein de surprises.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeSoir
10 mai 2021
Deux Occidentaux relient d’un trait de bitume des régions longtemps en guerre.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Aux premières lueurs du jour, Quatre se réveilla dans un silence anormal et s’aperçut qu’il n’avait pas entendu Neuf rentrer la veille. Il se leva, sortit de sa tente et ne vit aucun signe de lui. Le quad n’était pas là non plus.
En temps normal, il s’en serait alarmé, mais Quatre savait que cela ne voulait probablement rien dire. Neuf n’était pas en danger ; il avait simplement couché ailleurs. Debout à l’extérieur de la tente, il versa un paquet de protéines dans une tasse d’eau, remua et but la mixture. Tandis qu’il avait la dernière gorgée, il aperçut soudain un nuage de poussière qui provenait d’une pente rocheuse devant lui. Neuf descendait la colline pour rejoindre la route : il conduisait le quad avec imprudence et portait toujours le foulard violet. Son casque avait disparu.

« J’ai raté le petit déjeuner ? » demanda-t-il ?
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«  Partout , on voyait des scènes de reconstruction .

Sur un échafaudage branlant de branches noueuses , une dizaine de maçons réparaient un bâtiment municipal avec un trou en forrme de nuage dans sa façade .
Juste à côté , une femme , la cinquantaine, vêtue d’un manteau d’hiver doublé de fourrure ,était assise sous un parasol à rayures ,près d’une photocopieuse de bureau qu’elle avait traînée tant bien que mal jusqu’au bord de la route » ….
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«  C’était une ville en plein essor , éveillée et vivante après une guerre civile que ses habitants avaient crue sans fin .
Tout le verre avait été brisé , tous les toits s’étaient effondrés, il y avait des culs- de - jatte et des dispensaires remplis de mourants et d’indigents .
Il y avait un million de déplacés , un million d’exilés , dix mille orphelins .
Et pourtant , tout le monde était en liesse au milieu des constructions , au milieu des ordures à l’abandon , des déchets déversés dans les cours d’eau voisins » …
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Quatre se releva et s'imprégna du calme absolu de son environnement. Il ne voyait aucun hameau et n'entendait personne. C'était cela, la sérénité : être seul avec sa route et le finisseur. C'était le travail dans sa quintessence - tout le reste était inutile. Il avait grandi dans une ferme et vivait maintenant sur une île, et il avait eu l'occasion d'observer que la majeure partie de la Terre - ses mers, ses plaines et ses montagnes - était vide et silencieuse. La condition naturelle du monde, son état dominant, était le calme absolu - bénédiction illogique de cet état de fait - les créatures qui font du bruit, soit la quasi-totalité de l'humanité, recherchent la proximité d'encore plus de bruit, laissant ainsi la majorité de la planète déserte et sereine.
(pp.37-38)
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Si vous trouvez une variation de surface significative, vous êtes chargé de la remplir avant l'arrivée du RS-80, et si la variation est trop importante pour être corrigée, vous devrez m'appeler par radio ou revenir me voir en personne. Ensuite, nous pouvons évaluer si nous mettons hors tension pour corriger l'anomalie ou si nous la réparons
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Videos de Dave Eggers (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dave Eggers
Philippe vous présente deux coups de coeur ! - le premier est La parade de Dave Eggers aux éditions Gallimard A retrouver sur notre site : https://bit.ly/3p6CcMf - le second est Au nord du monde de Marcel Theroux aux éditions Zulma A retrouver sur notre site : https://bit.ly/3uDFDLn
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