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Critiques sur Le Grand Quoi (17)
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carre
  09 juin 2013

Mon cher Achab, comment as-tu fait pour rester fier et debout, après tout ce que tu as enduré ? le grand quoi raconte à travers le portrait de Valentino Achab Deng, le sort de nombreux enfants dit « les enfants perdus » qui se sont lancés dans une longue marche pour fuir la folie meurtrière des hommes. Eggers se fait le passeur de mots d'un garçon qui a vu et vécu l'horreur au quotidien. Nombre de ces amis sont tombés, tués par la bêtise humaine, par une nature inhospitalière, par la maladie. Toi Achab, « ta bonne étoile » t'as maintenue en vie. Ton récit est douloureux, ta foi dans la vie magnifique. Pourtant même après ton départ de Kakuma pour les Etats Unis, la violence de rattrapera mais une nouvelle fois, ta force intérieure te sauveras. Permets- moi de joindre à ton histoire tes amis Achor, Moses, Tabitha l'amour de ta vie, Noriyaki qui a cru en tes talents , la famille Gop qui t'a accueillit comme un fils.
Je terminerai par tes mots qui en disent plus long que n'importe quel discours.
« Je raconterai ces histoires à des gens qui écouteront et à ceux qui ne veulent pas les entendre, aux gens qui me le demanderont et à ceux qui me fuiront. Et tout le temps, je saurai que vous êtes là. Comment pourrais-je prétendre que vous n'existez pas ? Impossible. Ce serait comme si vous affirmiez que je n'existe pas ».
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ay_guadalquivir
  04 mars 2013
Dans son long roman, Eggers met en scène le récit de la fuite et de l'exil d'Achak Deng, régugié du Soudan, chassé de son village par la guerre. Comme un cercle qui se ferme lentement, c'est d'Atlanta qu'Achak raconte les événements du Soudan qui l'ont finalement conduit en Amérique. de son village détruit aux camps de réfugiés, de la fuite avec une troupe de jeunes garçons, de l'Ethiopie au Kenya, Achak a vécu la tragédie africaine si difficile à comprendre vue d'ici. Si le roman est long, c'est aussi parce que cette histoire est complexe, entremêlée. Tout au long du livre, Achak semble livré à un destin qui lui échappe, rejetté d'un endroit et traîné malgré lui vers un autre. Comment reprendre sa vie en main lorsque le sort s'acharne, est-ce possible? Au moment de partir pour l'Amérique, ces grandes questions se posent. Et comment au final être acteur de la poursuite du Grand Quoi?
Il m'a fallu du temps pour entrer dans ce livre, dont l'écriture je dois l'avouer ne pas pas transporté - trop journalistique peut-être. Mais le destin d'Achak emporte avec lui finalement le lecteur. Un beau livre d'Afrique.
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litolff
  23 septembre 2010
L'auteur a recueilli l'histoire de Valentino Achak Deng, un émigré soudanais, installé à Atlanta pour écrire ce roman-témoignage sur la sauvagerie des guerres africaines, et sur les flux migratoires qu'elles entraînent depuis plusieurs décennies.
Valentino, 8 ans, doit fuir son village soudanais, attaqué par les milices armées et se réfugie sur les routes bombardées par l'aviation soudanaise, comme des milliers d'autres qui forment de longues cohortes d'enfants dépenaillés et affamés. Certains meurent de soif, de faim, de fatigue, de maladie, d'autres sont fauchés par des balles ou dévorés par des lions... Valentino parviendra à gagner l'Ethiopie puis le Kenya et passera une dizaine d'années dans des camps de réfugiés («pas le pire endroit du continent africain, mais pas loin»).
Il parviendra enfin en Amérique où l'attend un autre enfer : déboussolé au coeur de la jungle urbaine d'une Amérique raciste, il se fait agresser dans son appartement et c'est une nouvelle violence que décrit Dave Eggers, en soulignant les désillusions de Valentino.

Un très beau livre qui peint avec sobriété et clarté le terrible tableau des migrations de masse, sans pathos ni apitoiement, même si l'on ressent son emopathie pour le héros.

Les droits du livre sont reversés à la Fondation Valentino Achak Deng, qui aide les réfugiés soudanais aux Etats- Unis.

PRIX MEDICIS DU ROMAN ETRANGER 2009
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anabelle
  07 mai 2010
DAVE EDGERS – LE GRAND QUOI – GALLIMARD
Dans ce long roman Valentino, jeune réfugié Somalien aux Etats-Unis, raconte sa vie.
Enfant, il fit partie de ces milliers « d'enfants perdus » qui ont traversé la Somalie à pied, jusqu'en Ethiopie, fuyant les combats, le massacre et l'agonie de leur peuple. Une marche dans le vide et la cruauté sur des milliers de kms.
Une longue route sur laquelle ils voient tomber nombre de leurs compagnons d'une troupe qui grossit tous les jours, croisent des hordes de soldats ne sachant plus parfois les ordres, aidés par des mirages leurs seuls vrais compagnons d'arme, se réfugient pour 1 heure dans le giron d'une mère sans enfants, marchent parfois plusieurs jours sans dormir, sans manger ni boire, devant âprement négocier et monnayer la moindre graine. Quand ils trouvent finalement leurs premiers camps de réfugiés, ceux-ci s'avèrent de véritables réservoirs d'embrigadement, et la troupe doit fuir.
Au bout du compte, il passera 13 ans de sa vie dans des camps, d'où il pourra grâce à des programmes humanitaires émigrer vers les Etats-Unis. Il faillit ne jamais pouvoir s'envoler, son avion devant partir le 11 septembre 2001. Finalement, avec le soutien sans faille d'un parrain, il reconstruit peu à peu sa vie.

C'est un livre profond, où l'on voit un enfant se battre mentalement pour sa survie, y compris aux Etats-Unis quand il faillit mourir dans un cambriolage raciste.
Une construction originale, avec des AR entre le passé et le présent, où l'on reçoit la parole de Valentino en pleine figure quand il s'adresse mentalement aux gens qu'il croise et raconte sa vie.
C'est ainsi le moyen de sa survie : il parle silencieusement aux autres, une manière de les regarder droit dans les yeux.

C'est un livre que l'auteur a construit avec le vrai Valentino, dans le cadre de longs entretiens. Pratiquement une biographie donc, mais dont la part romancée a une importance fondamentale car elle nous permet à nous lecteurs un retrait salvateur.
Valentino existe vraiment et a créé une fondation d'aide à la reconstruction de la Somalie et du Darfour, également aux réfugiés soudanais aux Etats-Unis.
« Losrque Dieu a créé la terre, il nous fit d'abord, nous le peuple des Monyjang. Il fit du premier homme la plus grande et la plus forte créature de la terre. Il lui donna une femme magnifique, la plus belle sur terre. Quand Dieu en eut terminé et que les Monyjang furent sur terre à attendre ses instructions, Dieu s'adressa à l'homme : « Maintenant que tu es là, sur la plus sacrée et la plus fertile des terres je peux te donner encore une chose. Une créature : une vache. Dieu donna donc à l'homme le bétail, un troupeau magnifique, exactement comme le souhaitaient les Monyjang. L'homme et la femme l'ont remercié du cadeau : ils savaient que les bêtes leur procureraient du lait et de la viande ainsi que la prospérité. Mais Dieu n'en n'avait pas fini. Il ajouta : « Choisis entre ce troupeau, qui est mon cadeau, et le Grand Quoi. »Le premier homme leva la tête vers Dieu et demanda ce que pouvait bien être ce grand Quoi. Dieu répondit à l'homme : « je ne peux pas te le dire mais il faut que tu choisisses entre le bétail et le Quoi ». L'homme et la femme avaient le troupeau sous les yeux. Ils savaient qu'avec ces bêtes il vivraient bien. Que pouvaient-ils espérer de plus ? L'homme et la femme trouvaient stupide d'abandonner ce troupeau pour le Quoi. L'homme opta pour le bétail. Dieu testait l'homme pour voir s'il se rendait compte de qui lui avait été donné, s'il savait se satisfaire de cette générosité plutôt que de l'échanger avec une énigme. »
Mais qu'est ce que le grand Quoi ? Quel est le dessein de Dieu pour Valentino ? Des questions qui, au bout du compte, hantent tout le roman et auxquelles nous lecteurs cherchons à répondre sans relâche
Anabelle
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melina1965
  17 septembre 2013
Pendant des semaines, Dave Eggers a recueilli le témoignage de Valentino Achak Deng, un émigré soudanais, installé à Atlanta.

De son histoire, il a su tirer un vrai livre de fiction qui sait éviter apitoiement et pathos même si l'empathie de l'auteur est perceptible à chaque page. C'est donc la voix de Valentino qu'on entend dans ce roman qui commence alors qu'il est attaqué chez lui par un couple d'Afro-américains. Superficiellement blessé, il doit ensuite attendre la police qui ne semble pas intéressée outre mesure par ce qui lui est arrivé puis il est forcé de patienter pendant d'interminables heures dans la salle d'attente d'un hôpital local.

Alors, pour passer le temps, il raconte, à qui veut l'entendre, sa vie d'une voix égale et dépourvue de colère. A l'âge de huit ans, il fuit son village de Mariai Bai, pour échapper aux attaques des milices armées par Khartoum. Comme des dizaines de milliers d'autres enfants, il parcourt à pied des centaines de kilomètres pour échapper au sort des enfants soldats et des esclaves ; certains n'arriveront pas au bout du chemin.

Lui, parvient à gagner l'Ethiopie et le Kenya, passe plus de dix ans dans des camps de réfugiés avant d'obtenir un visa pour l'Amérique. Ironie du sort, son départ est prévu le 11 septembre 2001. Quelques jours plus tard, il s'envole enfin pour Atlanta…

Un destin inoubliable dont le récit s'articule entre présent et passé, entre les Etats-Unis et l'Afrique.
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simae
  19 février 2011
Dave Eggers a recueilli le témoignage de Valentino Deng, Soudanais ayant fuit son village aux premières heures du conflit opposant le Nord, Khartoum, au Sud Soudan et ses villages traditionnels. Valentino n'avait que huit ans...
Le récit alterne entre la vie actuelle de Valentino aux Etats-Unis et son histoire. Il aurait pu être larmoyant, pathos...il n'en est rien, bien au contraire, il est simple mais bouleversant. Dave Eggers décrit certaines scènes d'une atrocité inimaginable, comme la masacre du fleuve Gilo, sans entrer dans des détails gores, on imagine l'horreur de ce moment.
L'histoire de Valentino et à travers lui de milliers d'enfants soudanais, est impressionnante : son village a été attaqué par les Musulmans envoyés par Khartoum, il est resté caché pendant que d'autres se faisaient tués sous ses yeux. Séparés de ses parents, des ses amis, il rejoint des groupes d'enfants et commencent alors de longs jours de marche. La faim, la soif, les attaques...la mort présente tous les jours. La vie ne tient qu'à un fil : l'espoir d'un jour meilleur, l'espoir qu'un jour cette guerre s'arrête pour retourner dans son village natal.
Valentino a rejoint l'Ethiopie puis le Kenya où il va passer des années dans un camp de réfugiés...des années. En commençant ce livre, je n'avais pas consience que tout ceci durait depuis si longtemps...
Au bout de 8 ans, les Etats-Unis ont commencé à sortir les enfants de ce camp de Kakuma pour leur donner leur chance sur le sol américain. Loin d'y trouver le bonheur imaginé, ils affrontent alors le racisme, la violence et la haine. le décalage est si grand que beaucoup perdront pied pour sombrer dans les addictions (drogue, alcool, jeux...).
Un témoignage important pour que le monde reste en alerte pour tous ces réfugiés, du Soudan ou d'ailleurs, encore si loin de leur pays.
Le grand Quoi a reçu le prix médicis étranger 2009 et tous les bénéficent de la vente du livre sont reversés à la Fondation Valentino Achak Deng.
Vous pouvez visiter le site www.valentinoachakdeng.com

Lien : http://lebacalivres.blogspot..
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Pipeau
  04 août 2014
On n'oubliera pas de sitôt l'histoire incroyablement émouvante de Valentino Achak Deng. A lire de toute urgence pour connaitre de l'intérieur la vie de réfugié. Chapeau David Eggers
Commenter  J’apprécie          20
bvb09
  06 octobre 2011
Quand, il y a quelques mois, j'ai appris que le Sud Soudan avait obtenu son indépendance j'ai été ému.
Ce livre en est la raison.
Il m'a fait découvrir un autre monde, un enfer, à travers le récit auto-biographique d'un homme de cette région.
La réalité dépasse la fiction de très loin sans effet de manche.
Commenter  J’apprécie          20
anabelle
  07 mai 2010
DAVE EDGERS – LE GRAND QUOI – GALLIMARD
Dans ce long roman Valentino, jeune réfugié Somalien aux Etats-Unis, raconte sa vie.
Enfant, il fit partie de ces milliers « d'enfants perdus » qui ont traversé la Somalie à pied, jusqu'en Ethiopie, fuyant les combats, le massacre et l'agonie de leur peuple. Une marche dans le vide et la cruauté sur des milliers de kms.
Une longue route sur laquelle ils voient tomber nombre de leurs compagnons d'une troupe qui grossit tous les jours, croisent des hordes de soldats ne sachant plus parfois les ordres, aidés par des mirages leurs seuls vrais compagnons d'arme, se réfugient pour 1 heure dans le giron d'une mère sans enfants, marchent parfois plusieurs jours sans dormir, sans manger ni boire, devant âprement négocier et monnayer la moindre graine. Quand ils trouvent finalement leurs premiers camps de réfugiés, ceux-ci s'avèrent de véritables réservoirs d'embrigadement, et la troupe doit fuir.
Au bout du compte, il passera 13 ans de sa vie dans des camps, d'où il pourra grâce à des programmes humanitaires émigrer vers les Etats-Unis. Il faillit ne jamais pouvoir s'envoler, son avion devant partir le 11 septembre 2001. Finalement, avec le soutien sans faille d'un parrain, il reconstruit peu à peu sa vie.

C'est un livre profond, où l'on voit un enfant se battre mentalement pour sa survie, y compris aux Etats-Unis quand il faillit mourir dans un cambriolage raciste.
Une construction originale, avec des AR entre le passé et le présent, où l'on reçoit la parole de Valentino en pleine figure quand il s'adresse mentalement aux gens qu'il croise et raconte sa vie.
C'est ainsi le moyen de sa survie : il parle silencieusement aux autres, une manière de les regarder droit dans les yeux.

C'est un livre que l'auteur a construit avec le vrai Valentino, dans le cadre de longs entretiens. Pratiquement une biographie donc, mais dont la part romancée a une importance fondamentale car elle nous permet à nous lecteurs un retrait salvateur.
Valentino existe vraiment et a créé une fondation d'aide à la reconstruction de la Somalie et du Darfour, également aux réfugiés soudanais aux Etats-Unis.
« Losrque Dieu a créé la terre, il nous fit d'abord, nous le peuple des Monyjang. Il fit du premier homme la plus grande et la plus forte créature de la terre. Il lui donna une femme magnifique, la plus belle sur terre. Quand Dieu en eut terminé et que les Monyjang furent sur terre à attendre ses instructions, Dieu s'adressa à l'homme : « Maintenant que tu es là, sur la plus sacrée et la plus fertile des terres je peux te donner encore une chose. Une créature : une vache. Dieu donna donc à l'homme le bétail, un troupeau magnifique, exactement comme le souhaitaient les Monyjang. L'homme et la femme l'ont remercié du cadeau : ils savaient que les bêtes leur procureraient du lait et de la viande ainsi que la prospérité. Mais Dieu n'en n'avait pas fini. Il ajouta : « Choisis entre ce troupeau, qui est mon cadeau, et le Grand Quoi. »Le premier homme leva la tête vers Dieu et demanda ce que pouvait bien être ce grand Quoi. Dieu répondit à l'homme : « je ne peux pas te le dire mais il faut que tu choisisses entre le bétail et le Quoi ». L'homme et la femme avaient le troupeau sous les yeux. Ils savaient qu'avec ces bêtes il vivraient bien. Que pouvaient-ils espérer de plus ? L'homme et la femme trouvaient stupide d'abandonner ce troupeau pour le Quoi. L'homme opta pour le bétail. Dieu testait l'homme pour voir s'il se rendait compte de qui lui avait été donné, s'il savait se satisfaire de cette générosité plutôt que de l'échanger avec une énigme. »
Mais qu'est ce que le grand Quoi ? Quel est le dessein de Dieu pour Valentino ? Des questions qui, au bout du compte, hantent tout le roman et auxquelles nous lecteurs cherchons à répondre sans relâche
Anabelle
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moertzombreur
  12 septembre 2014
Dave Eggers prête sa plume pour nous raconter l'odyssée véridique d'un jeune garçon soudanais.
Valentino s'adresse directement au lecteur, et nous livre ses souvenirs. Il raconte d'abord sa fuite à travers un pays ravagé par la guerre civile, aux côtés d'une bande d'enfants. Puis sa vie dans un camp de réfugiés au Kenya durant une dizaine d'années. Enfin son arrivée aux Etats-Unis, et comment il tente de se créer une nouvelle vie.
En parvenant, sans pathos, presque les yeux dans les yeux, à nous communiquer simplement une expérience humaine, l'auteur nous livre un véritable chef d'oeuvre.
Ce livre appartient à cette catégorie de livre qui vous hante encore longtemps après sa lecture.
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