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EAN : 9782070129348
416 pages
Gallimard (13/04/2012)
3.97/5   59 notes
Résumé :
Originaire de Syrie, Abdulrahman Zeitoun est arrivé à la Nouvelle Orléans dans les années 1990 et a épousé Kathy, une jeune Américaine convertie à l'islam.Il y a fondé une entreprise de bâtiment qui s'avère très prospère.Ce récit relate l'expérience de cette famille lors du passage de l'ouragan Katrina durant l'été 2005.
Malgré l'évacuation de la ville et la fuite de sa famille Zeitoun décide de rester sur place pour surveiller sa maison et de nombreux chanti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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jlvlivres
  20 octobre 2021
« Zeitoun », traduit par Clément Baude (2012, Gallimard, 416 p), n'est pas un roman, c'est Dave Eggers, l'auteur qui l'écrit. Il s'agit plutôt d'un reportage sur le Syrien Adulrahman Zeitoun, arrivé à La Nouvelle-Orléans dans les années 90 et qui a épousé Kathy, une jeune américaine convertie à l'Islam. Ils ont fondé une entreprise de bâtiment qui deviendra assez vite prospère. Puis arrive l'ouragan Katrina pendant l'été 2005. La ville est évacuée, dont la famille de Zeitoun, mais ce dernier décide de rester pour surveiller ses nombreux chantiers et sa maison. A l'aide d'un petit canoë, il parcourt la ville inondée, secoure les habitants, prévient les secours. Sa femme suit à la télévision les violences et pillages. Elle le supplie de s'en aller. Et puis un jour, il disparait, arrêté par la Garde Nationale et soupçonné de pillages. C'est le début de son cauchemar, la fin du rêve américain.
Dave Eggers est né à Boston, et la famille déménage dans la banlieue de Chicago, où il suit des études de journalisme à University of Illinois at Urbana-Champaign, études interrompues par la mort de ses deux parents en 1991 et 1992. Il doit élever son plus jeune frère alors âgé de 8 ans. Il s'applique à être à la fois père et grand frère, décidant de vivre à Berkeley en Californie. C'est le sujet de son livre « Une oeuvre déchirante d'un génie renversant » (2001, Balland, Vintage, 543 p). Il fait du travail intérimaire et se lance dans la conception graphique indépendante pour un journal local. Finalement, avec son ami David Moodie, ils reprennent un journal local gratuit « Cups » qui évolue progressivement vers un magazine satirique « Might ». Il se marie avec Vendela Vida, également écrivain, auteur de « Sans Gravité » (2005, Editions de l'Olivier, 250 p) et « Soleil de Minuit » (2008, Editions de l'Olivier, 240 p), tous deux traduit par Adèle Carasso.
On connait Dave Eggers, auteur d'une dizaine d'ouvrages. Il est aussi le fondateur, avec sa femme Vendela Vida, du magazine « The Believer » qui a eu provisoirement une version traduite en français, ainsi que des éditions « McSweeney ». Il gère également une librairie indépendante à San Francisco, « The McSweeney's Store » un peu à l'écart dans Valencia Street. Une première maison qui est en banqueroute en 2006. Qu'à cela ne tienne. Dave Eggers se relève et fonde une organisation à but non lucratif « McSweeney.org » ainsi que Valencia 826, école d'écriture. Tous les ans, un recueil appelé « McSweeney's Collection » publie un volume de nouvelles, poésies et textes divers. Un vrai régal. « The Believer » est un magazine, globalement issu tous les deux mois, maintenant associé à « The University of Nevada », Las Vegas. Son but est de faire connaître de jeunes auteurs, des essais aussi bien que des bandes dessinées, des interviews, et des chroniques régulières de Nick Hornby sur ce qu'il vient de lire « Stuff I've been Reading » and Peter Orner « Notes in the Margin ». Ce dernier a publié un recueil de nouvelles assez étonnantes « Last Car over the Sagamore Bridge » dans lequel deux frères se plantent en voiture sous le pont à Chappaquiddick. Une histoire qui n'est pas sans rappeler le même sort survenu au sénateur Ted Kennedy, de retour d'une soirée arrosée avec sa directrice de campagne politique à Martha's Vineyard, le séjour des New Yorkais très huppés.
Pour en revenir à « Zeitoun », il faut rappeler que l'ouragan Katrina frappe la Louisiane en aout 2005, faisant plus de 1800 morts et disparus. Cet ouragan est l'un des plus étendus avec un rayon de plus de 650 km, l'un des six ouragans les plus puissants jamais enregistrés. L'oeil de l'ouragan fait 40 km, et les vents ont pu atteindre 280 km/h. La ville de New Orleans doit être évacuée car elle est située sous le niveau de la mer. le président George W. Bush préconise l'évacuation, mais la gouverneur de Louisiane ordonne « l'évacuation volontaire » des régions côtières du Sud, sans plan d'évacuation et refuse de « fédéraliser » la Garde Nationale de l'État de Louisiane ce qui équivaut à se dessaisir de son commandement. Les sinistrés attendent plus de 48 heures l'arrivée des premiers secours et l'évacuation des victimes dure jusqu'en septembre 2005. le président se contente de survoler la zone en avion, sans jamais y atterrir. Il semble déconnecté de la réalité. Sur place, le « New Orleans Police Department » (NOPD) se distingue par un tiers des abandons de poste.

Retour donc à Abdulrahman Zeitoun et sa famille de trois enfants, plus un antérieur au mariage avec Kathy, tous bien intégrés depuis une dizaine d'années à New Orleans. Départ dans la vie dans la ville portuaire de Jableh, puis une vingtaine d'années de travail en mer, membre d'équipage de pécheurs. Il s'installe aux Etats Unis en 1988, rencontre Kathy, originaire de Baton Rouge qui se convertit à l'islam. Puis ils fondent leur entreprise « Zeitoun Painting Contractors LLC ». On découvre alors son quotidien à New Orleans avant l'ouragan Katrina. Les faits sont relatés de manière chronologique.
A l'approche de l'ouragan, la famille part pout Baton Rouge. Leur maison est alors inondée jusqu'au deuxième étage. « Même si tout habitant de la Nouvelle-Orléans s'attend à de grandes inondations et sait qu'une telle chose est possible dans une ville entourée d'eau et protégée par des digues mal conçues, le spectacle, à la lumière du jour, dépassait tout ce qu'il s'était imaginé. Il ne put penser qu'au Jugement dernier, à Noé, aux quarante jours de pluie. Et pourtant tout était si calme, si silencieux. Rien ne bougeait. Assis sur son toit, il balaya du regard l'horizon pour tenter de repérer un être humain, un animal, une machine en mouvement. Rien ». Il réalise alors que ce n'est plus un raz de marée, mais de l'eau douce « Il ne comprenait pas. La veille, l'eau avait disparu, comme il l'avait lui-même prévu. A présent, elle revenait, mais beaucoup plus puissante. Et celle-là ne ressemblait pas à l'eau boueuse du jour d'avant : elle était verte et claire. C'était l'eau d'un lac.. A cet instant, Zeitoun comprit que les digues avaient été submergées ou abimées. Aucun doute possible. La ville serait rapidement inondée ». il commence alors à explorer le voisinage dans un canoë d'occasion. Il distribue des vivres et des fournitures dont il disposait, transporte ses voisins vers les des parties plus hautes de la ville. Il prend même soin des chiens abandonnés.
Le 6 septembre, il est arrêté dans l'une de ses maisons de location avec trois compagnons. avec un ami syrien, Nasser Dayoob, son locataire Todd Gambino et Ronnie, un homme blanc. C'est un groupe mixte, de la Grade Nationale et police local (NOPD). Zeitoun explique qu'il est le propriétaire, mais la seule réponse a été la demande de sa carte d'identité par l'un des gardes nationaux. Au moment où il a vu mon nom, « Pourquoi sommes nous ici ? » demandent-ils à un soldat qui passait. « Vous êtes al-Qaida, les gars », a-t-on répondu. Un autre soldat a dit en passant : « Taliban ».
Transfer au centre pénitentiaire de Elayn Hunt où il est détenu 20 jours sans procès. Interrogé par des agents il est placé en isolement. « Chaque fois qu'un crime était commis par un musulman, la foi de cette personne était mentionnée, quelle que soit sa pertinence. Lorsqu'un crime est commis par un chrétien, mentionnent-ils sa religion ? … Lorsqu'un crime est commis par un Noir, il est mentionné dès le premier souffle : « Un Afro-Américain a été arrêté aujourd'hui… » Mais qu'en est-il des Allemands-Américains ? Anglo-Américains ? Un homme blanc braque un dépanneur et entendons-nous qu'il est d'origine écossaise ? Dans aucun autre cas, l'ascendance n'est mentionnée ». L'Amérique est encore sous le choc ses attentats du 11 septembre avec la psychose anti-terroriste du gouvernement américain. Guantanamo est présent dans tous les esprits. Zeitoun sera libéré sous caution de 75 000 USD. Les autres s'en sont moins bien sortis : Dayoob, Gambino et Ronnie resteront cinq, six et huit mois en prison, malgré les efforts de Zeitoun pour les en sortir. Les charges contre eux sont finalement abandonnées. Un total de 1200 détenus, dont la plupart étaient des Afro-Américains ont été détenus à « Camp Greyhound » à la suite de l'ouragan.
Zeitoun deviendra presque un héros malgré lui de cet épisode. Il et passé passant de héros américain à terroriste aux yeux des autorités américaines. Cependant la suite est moins brillante. Très vite les relations se relâchent dans le couple. Une interview entre Zeitoun, Kathy et Dave Eggers parue en 2010 dans « Democracy Now » fait la part des choses. Une autre interview, de Kathy Zeitoun publiée dans le « New York Times » précise que le livre dépeint avec précision la relation du couple à l'époque. Par contre, depuis ces évènements, son ex-mari serait devenu un homme plus colérique ainsi qu'un musulman plus radical. Il est même accusé de violences. Témoignage de deux passants qui ont prouvé la gravité de l'attaque au fer à repasser. L'un d'eux, James Barber, a déclaré au juge qu'il avait dû asperger Zeitoun de gaz poivré et le frapper « 20 fois » pour l'éloigner de son ex-femme. Un autre témoin, Charlotte Rolfs, a déclaré qu'elle s'était arrêtée alors qu'elle conduisait dans Prytania street pour venir en aide à la femme alors que celle-ci était étouffée. « Je pensais qu'il allait la tuer juste là », a-t-elle dit.
Les histoires d'amour finissent mal, en général. Alexandre Vialatte aurait ajouté « Et c'est ainsi qu'Allah est grand ».
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brigittelascombe
  11 mai 2012
"Vous appartenez tous à Al-Quaïda"
Voilà la grosse boulette, l'énorme erreur judiciaire sur laquelle est basée Zeitoun, le témoignage fort (recueilli par Dave Eggers, éditeur, romancier et nouvelliste) qui a touché dans son corps, son coeur et son âme Abdulrahman Zeitoun, un brave entrepreneur en maçonnerie, un honnête Syrien, un simple habitant de la Nouvelle-Orléans ayant établi "des rondes de sauvetages" alors que l'ouragan Katrina sévissait en aout 2005, détruisait les digues et inondait la ville.
Outre l'affolement, la panique face à l'angoisse de mort ou la mort même, les réactions de chacun entre lucidité (comme Kathy la femme de Zeitoun partie se mettre à l'abri avec ses enfants dans l'Arizona), profit (pillages) ou courage (comme Zeitoun allant de droite à gauche pour évaluer les dégâts); tous ces points que l'on retrouve dans l'excellent Ouragan; c'est surtout (à mon avis) l'injustice et l'avilissement d'une incarcération abusive (basée sur un malentendu)qui est traitée dans ce document véridique; l'absurdité et la violence du système judiciaire.
J'ai lu en faisant abstraction des allusions religieuses (pro port du hijab) ou politiques (anti américaines) afin de rester neutre dans mon opinion.
Dave Eggers, à l'écriture sobre et alerte, sait rendre l'angoisse sous-jacente par moult rebondissements,sait opposer les forces du bien et du mal pour relancer l'action et tirer des larmes au lecteur face à des chiens morts de faim ou un homme-enfant châtié.
Petit plus:détail sans importance qui m'a comblée: la trame lisse du papier utilisé par Normandie Roto Impression s.a.s qui rend les pages agréables à feuilleter.
Gros plus:les droits d'auteur de ce livre sont reversés à la Zeitoun Foundation, créee en 2009 par la famille Zeitoun pour "aider à la reconstruction de la Nouvelle-Orléans et promouvoir le respect des droits de l'homme".
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myrtille81
  19 août 2013
Après l'ouragan Katrina, il y a eu beaucoup de livres, films documentaires et même une excellente série. Chacun apporte un éclairage nouveau sur l'ampleur de la catastrophe et surtout l'incurie de l'État, abandon tel qu'il ne peut être seulement imputé à une désorganisation.
Parmi ces documents, Zeitoun a toute sa place car il apporte un nouveau point de vue, celui du simple citoyen et par la mise en perspectives avec les événements du 11 septembre.
Dave Eggers a choisi de suivre un homme pendant l'ouragan et les jours qui ont suivi, et de raconter de façon journalistique et factuelle ce qu'il lui ait arrivé. Abdulrahman Zeitoun est un entrepreneur d'origine syrienne, installé à la nouvelle-Orléans depuis de nombreuses années. Bien intégré dans la société, marié et père de trois enfants, c'est un homme apprécié. Quand l'ouragan se prépare, il ne peut concevoir de quitter la ville, il tient à faire face à ses responsabilités et, sa famille à l'abri, il reste pour prendre soin de sa maison et de son entreprise. Quand il constate l'ampleur des dégâts, il prend son canoë et parcours les rues de la ville afin de venir en aide aux habitants. Mais, accusé à tord, il se retrouvera dans une spirale infernale et découvrira avec horreur les agissements des représentants de la loi et du gouvernement.
Zeitoun est un récit, il ne faut donc pas y chercher quelconque plaisir littéraire. C'est un témoignage, une façon de dénoncer une situation à travers l'exemple d'une histoire individuelle. Et ça fonctionne. Dave Eggers prends le temps de s'attarder sur la vie de Zeitoun, son enfance en Syrie, son quotidien d'avant Katrina. Et le lecteur ne peut que se sentir concerné par les événements traumatisants qu'il sera amené à vivre. le récit exacerbe sa sensibilité, son sens de l'injustice.
Le bémol que j'apporterais au récit est que Dave Eggers va trop loin en voulant présenter son personnage comme quelqu'un de parfait, un homme trop bon, trop droit, trop honnête. Et c'est dommage car le récit n'a pas besoin de ça pour dénoncer ces événements. Au contraire. Ce que Zeitoun a vécu est horrible, contraire aux droits de l'Homme, au respect qui doit porté à l'être humain. Et ce même si Zeitoun avait été moins vertueux, même s'il avait été détesté de ses voisin, même s'il avait eu un casier judiciaire.
Il n'en reste pas moins que Zeitoun est un récit touchant et accablant pour l'État américain qui a laissé à l'abandon des milliers de personnes et n'a pas réussi à maintenir un état de droits, qui a bafoué les droits de l'Homme et la Constitution américaine.
Lien : http://mumuzbooks.blogspot.f..
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Theoma
  04 décembre 2012
La famille Zeitoun, la Nouvelle-Orléans, l'ouragan Katrina.
Voilà tout ce que je savais sur ce livre. J'ai terminé ma lecture il y a quelques semaines et j'y ai, depuis, repensé tous les jours.
J'ai été adoptée par les Zeitoun qui, par le biais de ce récit, m'ont passé le témoin pour que je le transmette à mon tour. Pourquoi ai-je été autant bouleversée ? Tout d'abord, la forme. Dave Eggers a réussi l'impossible. Écrire les faits sans ennuyer, transcender le récit en roman au suspense haletant. Chaque mot est habité par la rigueur. Aucun militantisme, aucune fureur. La transmission épurée des évènements.
En tournant les pages, j'ai redouté, craint, attendu mais admiré aussi. le parcours des Zeitoun, leur foi en Dieu, leur famille et la vie. Leur goût pour ce pays aux grands principes de libertés, leur ténacité dans l'adversité, leur capacité à s'écouter, à donner du sens là où il est difficile d'en trouver.
Le livre est sorti aux États-Unis en 2009. Aujourd'hui, le couple est divorcé et Abdulrahman Zeitoun a été arrêté pour violences conjugales. D'aucuns reprochent à Dave Eggers d'avoir volontairement enjolivé la réalité en décrivant un couple heureux en ménage et un homme héroïque.
Dans une interview donnée au New-York Times, Kathy Zeitoun précise que le livre dépeint avec précision la relation du couple à l'époque. Depuis les évènements, son ex-mari serait devenu un homme plus colérique ainsi qu'un musulman plus radical.
Si les actes de Zeitoun sont hautement condamnables – il serait d'ailleurs intéressant d'évaluer une éventuelle cause à effet - je n'adhère en aucun cas au procès d'intention qui est fait à Dave Eggers. Durant ma lecture, je n'ai jamais considéré Zeitoun comme un héros mais comme un homme lambda confronté à une grave injustice.
Depuis sa création, l'Amérique a un besoin viscéral de héros, sentiment exacerbé par le 11 septembre. Ce sont donc les lecteurs de Zeitoun qui ont mis le personnage principal de ce récit sur un piédestal. Pour ma part, j'ai été profondément remuée par une société qui met, avant tout, en oeuvre des solutions militaires au lieu de secourir, en priorité, des vies humaines.
L'effondrement d'un monde, l'humiliation que l'on croyait impossible, le basculement vers la terreur. Un livre qui, sans pathos, irradie d'intelligence.
Lien : http://www.audouchoc.com/art..
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miloupio
  23 janvier 2014
Le livre commence par "Ce livre n'est pas un roman mais une histoire vraie", pourtant il se lit comme un roman. On découvre Monsieur Zeitoun à travers les difficultés causées par Katrina. L'ouragan n'a pas infligé que des dégâts matériel, il a aussi dévasté les Hommes. Les événements sont si incroyables que l'on oublie que c'est ce qui c'est réellement passé.
Zeitoun est un modèle à suivre pour bien des gens. Il est travailleur, serviable et aime sa famille du fond du coeur. Il a émigré aux États-Unis pour se fixer et rencontrer l'amour de sa vie. C'est un entrepreneur qui ne compte pas ses heures et très courageux. le "récit" commence quelques jours avant Katrina. On voit vivre la famille Zeitoun, on ressent l'amour qui les unit. Mais Katrina arrive, sa femme et ses enfants partent se réfugier à Bâton Rouge, mais lui décide de rester. Commence alors un étrange voyage pour notre homme.
Ce livre m'a permis d'avoir un nouveau regard sur les ouragans et surtout sur la couverture médiatique de manière général. Alors que les média décrivent une ville où les pillages et meurtres s'enchaînent, Zeitoun lui, fats part d'un monde paisible, où les gens s'entraident. Cela m'a rappelé la couverture médiatique, notamment étrangère, lors des émeutes dans les banlieues françaises. Les média étrangers donnaient l'impression que c'était la révolution partout. En réalité, la violence ne touchait que certains quartiers. C'est la même chose pour la Nouvelle-Orléans.
Alors que Zeitoun continue à aider ceux qui en ont besoin, il est arrêté. Cela a été le passage le plus difficile à lire pour moi. On voit ces États-Unis qui se targuent d'être les défenseurs des démocraties bafouer les droits les plus élémentaires. Il est arrêté chez lui, sans aucune explication et détenu dans des conditions inhumaines. Sa femme reste sans nouvelle. L'auteur parvient à nous faire ressentir toute l'angoisse de ses personnes.
J'avoue que j'ai été choquée des conditions de détention ainsi que des motifs. On se croirait à Guantanamo! Et pauvre Zeitoun dont les seuls délits sont d'aider et d'être musulman. C'est un autre aspect que j'ai beaucoup apprécié dans le livre. Habituellement quand on évoque les Musulmans c'est pour les distinguer des autres religions. Là on voit ce qui les rapproche, c'est un bel appel à la tolérance. Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. En effet, quand on l'a commencé, on a du mal à s'arrêter!
Pour conclure, c'est un livre poignant qui ne laissera personne indifférent. Il ne faut pas passer à côté!
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critiques presse (2)
Lexpress   21 mai 2012
Si le style se révèle parfois un peu plat, ce n'est que pour mieux mettre en lumière l'effarante mécanique d'un système sans âme, prêt à broyer un homme au nom d'un idéal nommé sécurité. Jusqu'au prochain déluge?
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   23 avril 2012
L’habile gestion du suspens, la retenue, l’absence de tout jugement, en font un réquisitoire d’autant plus implacable contre les errements d’un gouvernement obsédé par la menace extérieure […].
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   15 janvier 2013
Si on le lançait sur le sujet, alors c’en était terminé d’un repas agréable. Il commençait par une défense des musulmans en Amérique et déployait son argument à partir de là. Depuis les attaques sur New York, disait-il, chaque fois qu’un crime était commis par un musulman, on mentionnait la religion du coupeble, sans que cela ait un quelconque rapport avec les faits. Quand un crime est commis par un chrétien, parle-t-on de sa religion ? Si un chrétien est arrêté à l’aéroport après avoir tenté d’emporter une arme à bord d’un avion, est-ce que le monde occidental apprend qu’un chrétien a été interpellé puis interrogé par la police ?
+ Lire la suite
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AifelleAifelle   11 septembre 2012
"Il était partagé face à ce qu'il voyait, une version réfractée de sa ville, où les maisons et les arbres étaient coupés en deux par cette nappe d'eau étonnamment calme sur laquelle ils se reflétaient. L'apparition de ce nouveau monde ranima l'aventurier qui sommeillait en lui - il voulait tout voir, la ville entière, ce qu'il en était advenu. Mais le constructeur qu'il était pensait aussi aux dégâts, au temps qu'il faudrait pour tout reconstruire. Des années, dix peut-être. Il se demanda si le reste du monde voyait déjà la même chose que lui : un désastre aux dimensions rendues mythiques par son échelle et par sa violence."
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brigittelascombebrigittelascombe   11 mai 2012
Il ne comprenait pas.La veille,l'eau avait disparu,comme il l'avait lui-même prévu.A présent,elle revenait,mais beaucoup plus puissante.Et celle-là ne ressemblait pas à l'eau boueuse du jour d'avant:elle était verte et claire.C'était l'eau d'un lac.
A cet instant,Zeitoun comprit que les digues avaient été submergées ou abimées.Aucun doute possible.La ville serait rapidement inondée.
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brigittelascombebrigittelascombe   11 mai 2012
En temps normal il aurait volé au secours de n'importe quel individu brutalisé comme l'avait été l'homme-enfant.Mais là,il n'avait pu que regarder faire les gardiens, impuissants,conscient de l'avilissement que cela représentait-c'était une punition pour tous les prisonniers.Elle leur ôtait une part d'humanité.
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brigittelascombebrigittelascombe   11 mai 2012
Kathy se moquait souvent du caractère têtu de Zeitoun,de son refus de plier face à n'importe quelle force,naturelle ou autre.Mais c'était plus fort que lui.Il avait grandi dans l'ombre de son père,un marin légendaire qui avait affronté une série d'épreuves épiques et qui avait toujours,par miracle,survécu.
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Videos de Dave Eggers (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dave Eggers
Philippe vous présente deux coups de coeur ! - le premier est La parade de Dave Eggers aux éditions Gallimard A retrouver sur notre site : https://bit.ly/3p6CcMf - le second est Au nord du monde de Marcel Theroux aux éditions Zulma A retrouver sur notre site : https://bit.ly/3uDFDLn
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