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Valérie Malfoy (Traducteur)
ISBN : 2264041501
Éditeur : 10-18 (16/03/2006)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 52 notes)
Résumé :
A la suite d'un deuil, Gretel Ehrlich, scénariste à Hollywood, part à la recherche d'un lieu où abriter sa douleur. Ce sera le Wyoming. De cette existence au mileu d'une nature presque intacte, en compagnie de bergers et de cow-boys auprès desquels elle va redonner sens à sa vie, est née La Consolation des grands espaces. A la manière de Walden ou la vie dans les bois de Thoreau ou de Pélerinage à Tinker Creek d'Annie Dillard, cette peinture d'une Amérique insoupçon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Nadouch
  11 mars 2017
Vu le titre, je m'attendais à un livre davantage axé sur le rapport homme-nature, davantage d'introspection, de sensibilité peut-être, de paysages... Au lieu de cela, l'auteur raconte, à travers sa vie dans le Wyoming, où elle est partie à la suite d'un deuil, une succession de petites situations, elle décrit des personnes vivant comme des cowboys, des interactions entre bergers, etc...
Ce n'est pas du tout un récit de solitude, pas très descriptif non plus, c'est plutôt un instantané de la vie des agriculteurs (cowboys, bergers, etc...) dans les années 80 au Wyoming. Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, donc j'ai trouvé cela un peu superficiel et j'ai été déçue.
Néanmoins, quelques passages sont passionnants : la description et l'explication d'un concours de rodéo notamment est vraiment précise et fascinante.
Sinon, une lecture en demi-teinte pour moi.
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le_Bison
  31 janvier 2012
A la suite d'un deuil, Gretel Ehrlich a tout quitté pour s'installer dans le Wyoming. Elle espère y trouver un endroit où son chagrin et sa peine puissent s'exprimer, un endroit où elle pourra se recueillir et se consoler de cette profonde tristesse. Elle devient donc bergère, accompagne les troupeaux, côtoie bergers et cow-boys, parcoure les grandes pleines du Wyoming et du Montana. Plus essai que roman, ce livre offre la possibilité de vivre par procuration quelques instants anodins d'une vie banale de cow-boy ou de berger. Une écriture, une lecture proche de la nature qui m'a totalement immergé dans ces grands espaces, la consolation en moins. Car de la douleur de Gretel, il n'en n'est presque pas question. Au milieu de cet espace, elle ne l'oublie peut-être pas, mais elle revit, tout simplement. Elle découvre une nouvelle façon de vivre au milieu des herbes, à un autre rythme basé sur celui de ses moutons, sur celui des saisons et du chant des oiseaux.
J'aime le silence, ce silence lourd et pesant qui vous enferme dans une profonde solitude. « La Consolation des Grands Espaces » n'est pas une lecture à mettre dans toutes les mains. Certains vont s'ennuyer ferme, bailler aux corneilles devant ce spectacle si barbant en compagnie d'un troupeau de moutons incapable de faire autre chose que brouter ou bêler. Pour ma part, c'est tout le contraire. J'ai envie de découvrir cette vie, de m'échapper de mon urbanisme grisâtre moribond, de m'isoler et me sentir perdu au milieu de la nature, d'arrêter de courir derrière un métro bondé pour préférer courir derrière une brebis. Je rêve du Montana, du Dakota, du Wisconsin, du Wyoming et parfois du Kentucky. J'ai envie de devenir éleveur de bisons mais je pourrais débuter ma reconversion vers une nouvelle « carrière » comme gardien de moutons, histoire d'appréhender ces territoires sauvages au climat si rude et austère.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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keisha
  02 avril 2011
Dans ce récit faussement simple d'apparence, Gretel Ehrlich raconte son installation au Wyoming après un deuil. Elle nous fait découvrir ces grands espaces très faiblement peuplés, et particulièrement la vie des bergers et des cow-boys. Quelques cow girls aussi. Ce n'est pas la petite maison dans la prairie, il peut y faire très, mais vraiment très froid, la solitude n'est pas un vain mot, mais au final Gretel Erhlich donnera un nouveau sens à sa vie.

La nature a évidemment sa place dans cette histoire, pourrait-il en être autrement ? Mais jamais on ne s'attarde sur les descriptions.

"La nuit, au clair de lune, le pays est rayé d'argent- une crête, un rivière, un liseré de verdure qui s'étend jusque dans la montagne, puis le vaste ciel. Un matin, j'ai vu une lune toute ronde à l'ouest, juste au moment où le soleil se levait. Et tandis que je chevauchais à travers un pré, je me suis sentie suspendue entre ces deux astres, dans un équilibre précaire."
"En sortant de l'étable, nous vîmes une aurore boréale. On eut dit de la poudre tombée d'un visage de femme. Rouge à joues et ombres à paupière bleue veinaient les flèches de lumière blanche qui fusaient et vibraient, associant les couleurs -comme s'associent les destins- avant de s'effacer."

Mais ce qui est surtout remarquable et que je retiendrai, c'est le beau portrait des rudes habitants de la contrée, qui ont su conquérir le coeur de l'auteur.

"Parce que ces hommes travaillent avec des animaux, pas des machines ni des numéros, parce qu'ils vivent en plein air dans des paysages d'une beauté torrentielle, parce qu'ils sont assignés à un lieu et un quotidien embellis par d'impressionnants impondérables, parce que des veaux naissent et meurent dans leurs mains, parce qu'ils vont dans la montagne comme des pèlerins pour connaître le secret des wapitis, leur force est aussi de la douceur, leur dureté, une rare délicatesse."

Mille petites notations "vraies" émaillent le récit, qui propose aussi un reportage sur le rodéo ou des cérémonies indiennes ancestrales dans un monde moderne cependant.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Folfaerie
  30 janvier 2011
Voilà un bien beau titre pour inaugurer le challenge Nature Writing, non ? Pour ce premier billet, je vous emmène dans l'un des états les moins peuplés des U.S.A., le Wyoming, patrie des cow-boys, des paysages somptueux et du parc de Yellowstone.
Ce livre est un essai rédigé sur plusieurs années par Gretel Ehrlich qui s'exila dans le Wyoming, en 1976, à la suite d'un deuil. Il ne fallait rien moins que la solitude et la beauté des grands espaces pour supporter la perte d'un être cher. C'est l'Ouest américain dans toute sa splendeur, âpre, démesuré, sauvage (encore un peu, mais oui) et grandiose. Gretel choisit l'isolement dans une ferme où elle va exercer le métier de wrangler notamment. Elle garde les immenses troupeaux de moutons, participe un peu à la vie des ranches, décrit ses rares rencontres avec les locaux, disserte sur le mythe du cow-boy, rencontre des Indiens lors d'un pow-wow... des petits moments de sa vie qui paraissent bien anodins mais qui sont tout empreints de la nature qui l'entoure. C'est elle qui imprime sa marque sur les gens : au Wyoming, chacun, hommes et bêtes, agit en fonction de la saison, du relief, du temps. On affronte le froid et la neige, la chaleur et les insectes, le manque d'eau. Vos meilleurs amis ne sont pas nécessairement vos plus proches voisins - même si une solidarité instinctive s'établit rapidement - mais bien votre chien et vos chevaux; compagnons d'errance, témoins de vos joies et de vos peines.
Dans ces immenses étendues, propices à la rêverie et à la réflexion, Gretel finit par relativiser beaucoup de choses. "un jour passe. Chaque brin d'herbe compte". J'ai aimé que, pour une fois, un tel texte soit écrit par une femme. J'étais curieuse de savoir si les femmes sont aussi réceptives que les hommes au pouvoir de la nature, et comment elles envisagent leurs relations avec la nature. Gretel Ehrlich est lucide.
Une fois le livre terminé, on a l'impression que l'auteur (qui n'habite pas le Wyoming toute l'année) ne vit pleinement que lorsqu'elle est au contact de la nature, au sein d'une relative solitude. Il ne se passe pas grand-chose, surveiller les moutons, planter, semer, nourrir les bêtes, contempler les paysages, mais chaque geste, même le plus infime, le plus banal, est empreint de grâce et possède sa propre importance : marcher le long d'un ruisseau, se préparer une tasse de café, écouter les jappements du coyote, empiler du bois pour la cheminée... Gretel nous donne enfin un aperçu de la vie des cow-boys modernes, ceux qui travaillent encore pour les gros éleveurs, les héritiers des pionniers de l'Ouest qui tentent de survivre dans une société où tout tourne autour de l'argent. Il reste encore des irréductibles... Vous savez, le genre d'homme qu'incarne Robert Redford dans le film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux"...
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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veroherion
  29 septembre 2016
La Consolation des grands espaces est plus un essai (bien que Gretel Ehrlich n'essaie pas, elle fait !) qu'un roman, le témoignage d'un mode de vie plutôt qu'une fiction.
Elle parle de son entourage et de son environnement avec tellement d'empathie et de bienveillance qu'elle nous laisserait croire que le côté râpeux des vieux endurcis est d'une douceur infinie.
Elle nous laisserait penser que le froid et les averses prolongées sont d'une telle pureté que c'est vraiment quelque chose à vivre.
Elle décrit et notre esprit vagabonde derrière elle.
La consolation des grands espaces est vraiment un titre merveilleux et dit exactement ce que le livre contient.
Peu importe le pourquoi de sa vie au Wyoming, l'image qu'elle nous en donne est une consolation en soi, la lecture en est apaisement.
A lire dehors, les cheveux au vent, pieds nus. Interrompre sa lecture pour regarder la campagne infinie. Un petit bouquet de sauge peut être utile pour s'imprégner des parfums qu'on lit.
Ce n'est pas indispensable bien entendu.
Une bonne tasse de thé et un vieux canapé peuvent parfaitement faire l'affaire, du moment que les images nous remplissent la tête !
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   11 octobre 2014
J’ai passé des heures dans un pick-up qui montait à un campement, à l’aube, sans qu’aucune parole ne soit échangée ; j’ai connu des repas où les seuls mots prononcées étaient : « Merci, m’dame » marmonnés à la fin du dîner. Le silence est profond. Plutôt que des paroles, c’était un regard que l’on partage. Observé avec intensité, le monde se transforme. Le paysage fourmille de détails, et sur le fond de ce décor, le moindre geste se détache avec une précision presque douloureuse. L’atmosphère entre les gens est tendue. Les jours se déroulent, baignés de leur propre musique. Les nuits deviennent hallucinations, les rêves des prémonitions.
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GeraldineBGeraldineB   24 mai 2017
Nous avons tendance à le nier, et pourtant malgré toute notre richesse, nous ne nous reconnaissons plus dans nos biens matériels. Il suffit de regarder nos maisons pour constater que nous construisons "contre" l'espace, de même que nous buvons "contre" la souffrance et la solitude. Nous "remplissons" l'espace comme si c'était une coquille vide, avec des choses dont l'opacité nous empêche de voir ce qui est déjà là.
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chocobogirlchocobogirl   04 juillet 2011
Le mutisme de l'animal a les qualités purifiantes de l'espace : nous délaissons nos séduisantes spéculations intellectuelles par lesquelles nous mesurons l'ampleur de nos misères pour réagir dans des situations d'urgence. L'animal nous rattache au présent ; à ce que nous sommes à cet instant précis, pas à notre passé ni à ce que nous valons aux yeux de notre banquier. Ce qui apparait clairement à l'animal, ce ne sont pas les fioritures qui étoffent notre curriculum vitae affectif, mais ce qui en nous est le fleuve et le lit : agressivité, peur, insécurité, bonheur ou sérénité. Parce qu'ils ont la capacité de déchiffrer nos tics et odeurs, nous leur sommes transparents et, ainsi exposés, nous sommes enfin nous-mêmes.
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FolfaerieFolfaerie   30 janvier 2011
Nous autres Américains, nous aimons ajouter, remplir, comme si ce que nous avons, ce que nous sommes n'était pas suffisant. Nous avons tendance à le nier, et pourtant malgré toute notre richesse, nous ne nous reconnaissons plus dans nos biens matériels. Il suffit de regarder nos maisons pour constater que nous construisons contre l'espace, de même que nous buvons contre la souffrance et la solitude. Nous remplissons l'espace comme si c'était une coquille vide, avec des choses dont l'opacité nous empêche de voir ce qui est déjà là.
+ Lire la suite
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vlg0901vlg0901   25 novembre 2013
"Pour vivre bien ici, il faut savoir se débrouiller tant au plan affectif que matériel. Traditionnellement au moins, la vie d'un éleveur n'a rien à voir avec le matérialisme : elle représente les petits exploits dont l'homme, uni à l'animal, est capable, ainsi que les plaisirs simples -comme écouter la radio la nuit ou reconnaître les constellations. La dureté que j'apprenais n'était pas l'opiniâtreté du martyr, un héroïsme stupide, mais l'art d'endurer. Je me disais : pour être dur, il faut être fragile. La douceur est la vraie pugnacité".
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