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EAN : 9782501133937
704 pages
Éditeur : Marabout (07/11/2018)
4.43/5   7 notes
Résumé :
Il était le plus fort, le plus. drôle, le plus beau, le plus courageux, ou tout simplement The Greatest (le meilleur, comme il se définissait lui-même). Mohamed Ali fut l'une des personnalités les plus sensationnelles du XXe siècle et probablement l'homme le plus célèbre de la planète en son temps. Cette biographie, qui fait désormais office de référence dans la description et l'analyse de la vie de Mohamed Ali, révèle un personnage complexe. L'auteur a mené plus de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Stockard
  14 mars 2019
Pas de bol, comme bien souvent pour les non-américains, certains livres ne passent pas l'Atlantique. C'est le cas des ouvrages sur Mohamed Ali qui existent par dizaines aux USA et qu'on compte sur les doigts d'une main (à quelques doigts près) dans l'Hexagone. C'est frustrant... ou plutôt, c'était frustrant. Jonathan Eig vient d'y mettre bon ordre une fois pour toute avec son magistral Ali : Une Vie. Nul besoin de moult bouquins quand un seul suffit à tous les autres et on peut dire que cette biographie du Champion n'est rien de moins qu'une petite merveille.
Couvrant la naissance de Cassius Clay à Louisville en 1942 à la mort de Mohamed Ali en 2016, Jonathan Eig nous raconte la grande Histoire de l'Amérique des années 60 à nos jours et l'histoire plus grande encore du plus génial sportif de tous les temps (je pèse mes mots), celle du jeune boxeur le plus détesté d'Amérique (Amérique blanche, entendons bien. Pensez, Noir, musulman, insolent, refusant la place de citoyen de seconde zone à laquelle sa couleur de peau le réduit et qui se permet en plus l'affront de refuser d'aller combattre au Vietnam, tenant ferme sur ses positions même une fois son titre de champion du monde et son droit d'exercer la boxe retirés) à l'ambassadeur de la paix, lentement mais sûrement grignoté par la maladie et d'un seul coup adulé par cette même Amérique, soufflée, admirative et émue "And look ! It's Muhammad Ali !!!" quand l'immense champion apparaitra à la surprise générale un soir de 1996 à Atlanta pour allumer la torche olympique*. Trente-six ans après avoir gagné sa propre médaille d'or aux jeux de Rome, Mohamed Ali, torche dans la main droite et tremblements incontrôlables de la main gauche a pu mesurer, à travers l'ovation rendue au Centennial Olympic Stadium, le chemin parcouru et savourer l'amour indéfectible que lui vouait enfin son pays.
Ali : Une Vie est une mine d'informations, d'anecdotes, d'histoires drôles (la préférée d'Ali : « Qu'a dit Abraham Lincoln lorsqu'il s'est réveillé après trois jours de soûlerie ? "J'ai affranchi QUI ?" »), d'histoires tristes aussi mais toujours dissipées par l'optimisme et la confiance légendaires du boxeur. On y découvre un homme gentil, incroyablement généreux (confinant à la naïveté parfois, véritable aimant à escrocs en tous genres) et qui derrière ses attaques ad personam (Sonny Liston, l'ours affreux ; George Foreman, l'oncle Tom ; Joe Frazier, trop bête pour être champion etc.) à fin de promotion de ses matchs, sachant qu'un public considérable se déplacerait dans l'espoir de le voir ravaler ses mots et ses dents, cultivait en fait un profond respect pour ses adversaires qui le lui ont bien rendu, pour ceux encore de ce monde, lors de ses funérailles.
Inutile d'être fan de sport pour apprécier ce personnage unique dont Jonathan Eig, qui n'exagère pas ses forces (the Greatest of all time) ni n'amoindrit ses faiblesses (l'argent, les femmes), nous livre une biographie chronologique, claire et détaillée pour toutes celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur cette icône du 20e siècle et dont le fait d'être ou non amateur de boxe n'entre finalement pas en compte même si chacun de ses combats y est bien entendu relaté, décortiqué et finement analysé, le vocabulaire employé est à la portée de tous, « jab » étant peut-être pour les non initiés le seul mot un poil technique du récit (c'est dire).
Tout ce que l'on retient, c'est que malgré ses prestigieux leaders, sans Mohamed Ali le mouvement des droits civiques aux États-Unis n'aurait pas eu le même impact.
Quel grand Homme et quel putain de grand Champion !
Énorme merci à Babelio, aux éditions Marabout-Hachette et à Jonathan Eig dont la somme de recherche et de travail (qu'on imagine colossale) nous permet de faire un peu mieux connaissance avec cette source d'inspiration atypique et formidable. J'ajoute que j'ai accompagné cette somptueuse biographie des albums "Tomorrow is the Question !" d'Ornette Coleman et de "Steam" d'Archie Shepp, et sans surprise : ça se marie à la perfection.
En conclusion, Seth Abraham (ex président de la chaîne Time Warner Sports) est peut-être celui qui a le mieux trouvé les mots quand il déclare au sujet de Mohamed Ali : « Il est à moitié réel, à moitié conte folklorique. Je sais que le géant Paul Bunyan et le boeuf bleu n'ont jamais existé, mais ils font partie de la légende américaine. Il est presque Paul Bunyan... Mohamed Ali : y a-t-il jamais eu un personnage pareil ? »

* https://www.youtube.com/watch?v=80wMMFAcweQ
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KateMoore
  02 avril 2019
Jonathan Eig, avec « Ali : une vie », nous donne à lire la biographie la plus exhaustive à ce jour sur le mythique boxeur.
Pourtant, Cassius Clay (son « nom d'esclave » comme il le rappelait lui-même) a été un des sportifs les plus filmés, par exemple le film « When We Were Kings » sorti en 1996 et consacré à son combat avec George Foreman en 1974 à Kinshasa ; comptant des centaines d'articles sur ses combats mais aussi sur sa vie privée / intime, le plus photographié….
Mohamed Ali est LE sportif le plus connu de par le monde. Il a été à la fois adulé et honni, connu pour ses engagements politiques : en 1967, il avait refusé d'aller combattre au Vietnam. Ce qui lui coûtera son titre mondial de meilleur poids lourds et sa licence de boxe.
Le boxeur était loin d'être un saint. Jonathan Eig ne nous cache pas ses parties pris excentriques en politique. Il était avide de gloire, d'argent, à la fois religieux et coureur de jupons.
Mohamed Ali était tout en ambivalence, un paradoxe à lui tout seul. Né à Louisville, Kentucky, au temps de la ségrégation raciale et mort durant le mandat du premier Président afro-américain des Etats-Unis, Barack Obama.
La biographie, « Ali : une vie » nous rappelle que le boxeur a été partie prenante des luttes des noirs pour la reconnaissance de leurs droits civiques, entre autres. Il a été le reflet de l'Histoire des Etats-Unis de la deuxième partie du vingtième siècle, loin d'en avoir fini avec le racisme et une ségrégation encore très forts dans les Etats du Sud.
Et avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, les Américains voient ressurgir le Ku Klux Klan et tous ces groupuscules blancs et racistes.
Jonathan Eig a mené un travail titanesque. Il s'est plongé dans des milliers de pages concernant le boxeur, pour écrire cette biographie.
Il ne tombe pas dans l'angélisme même si j'ai senti une admiration de l'auteur pour son sujet. Il a, notamment, cassé certains mythes et légendes. Il instruit le « dossier » du boxeur à charge et à décharge.
Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce livre sans être une grande fan de boxe mais la personnalité de Mohamed Ali m'a toujours fascinée.
Il reste, pour moi, le plus grand poids lourds de l'Histoire de la boxe.
Je remercie tout particulièrement Babelio qui grâce à la Masse Critique m'a permis de lire cette admirable biographie sur Mohamed Ali, le boxeur de tous les superlatifs.
Je veux, aussi, remercier les Editions Marabout et l'auteur de ce livre, Jonathan Eig.
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SabrinaTrublet
  09 mars 2019
Ali : une vie
Jonathan EIG
LA biographie la plus détaillée de la vie de Cassius Marcellus Clay junior alias Mohamed Ali (624 pages).
J'ai appris énormément de choses dans cette bio, plus sur l'homme que sur le sportif d'ailleurs.
Son refus de partir combattre au Vietnam, son arrogance, sa générosité, ses 4 mariages et son entrée dans l'islam entre autres...
J'ai encore plus apprécié l'homme même si sa personnalité m'a laissé perplexe et je trouve le sportif encore plus grand.
Le constat est amer une fois qu'on comprend la cupidité qui l'a animé au détriment de sa santé.
Ce livre est très bien documenté au niveau médical d'ailleurs.
Mais c'est rassurant de voir que les siens ne l'ont jamais lâché.
Un très bel hommage à ce triple champion du monde des poids lourds et médaillé olympique.🏆🏆🏆🥇🥊
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maxitodeuzio
  16 février 2019
Excellent livre, très bien documenté sur la vie du boxeur. L'auteur arrive à nous faire comprendre les tourments, les aspirations, et les contradictions de cet athlète controversé et adulé. À travers les pages de ce livre, on découvre aussi, quelque peu, un pan de l'histoire du mouvement d'émancipation des noirs américains dans les années 1950-1960.
Aux dires de l'auteur, dans la vie d'Ali (Cassius Marcellus Clay Jr), la chance et le timing ont toujours joué un rôle , ainsi que le hasard et les choix. Cet homme cupide, bon, et parfois naïf, à l'égo démesuré, a fait le choix d'un sport cruel qui lui a apporté la gloire et la fortune, tout en lui enlevant ultimement la santé.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   10 mars 2019
« Ali ! Ali ! Ali ! Ali ! Ali ! Ali ! Ali ! Ali ! »
C'était nouveau. Il n'avait jamais été acclamé ainsi. Ni comme Ali ni comme Clay. Lors de presque tous ses matchs précédents, il avait été le méchant, la grande gueule, le parvenu, le traître, celui que tout le monde voulait voir quitter le ring sur une civière, de préférence avec des gouttelettes de sang dans son sillage. Et maintenant, alors qu'il risquait encore la prison pour refus de conscription, alors qu'il était encore musulman, encore l'un des Noirs les plus détestés d'Amérique, quelques minutes avant d'affronter un Blanc dans le grand État de Géorgie... voilà que cette foule majoritairement blanche était de son côté ? C'était une scène sortie du pire cauchemar de Lester Maddox, un peu comme de voir l'acteur noir Paul Robeson jouer le rôle de Rhett Butler dans Autant en emporte le vent... sauf que c'était la réalité.
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StockardStockard   13 mars 2019
Lorsqu'il en eut mesuré l'importance, Ali se mit à répéter la formule : « Je n'ai aucun litige avec ces Viêt-Congs. » Dans une vie riche en petites phrases, celle-ci allait devenir la plus mémorable. Elle était pleine d'esprit et de rébellion. Et peu importait qu'elle ait été calculée ou non puisqu'elle était fondamentalement vraie. Seul, pratiquement sans l'appui des intellectuels ou des leaders religieux du pays, il avait adopté une position qui, par ironie du sort, était tout à fait américaine. Comme Henry David Thoreau, qui refusait de payer des impôts pour financer l'esclavage et la guerre contre le Mexique, comme les Noirs qui refusaient de quitter les restaurants réservés aux Blancs dans le sud des États-Unis, Ali prenait position en faveur de la désobéissance civile, en faveur de la liberté.
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StockardStockard   06 mars 2019
Tôt ou tard, tout grand boxeur finit par être entouré d'une cour. Au départ, le sportif est flatté par l'attention des gens qui veulent être près de lui. Il pense que les flatteurs l'amuseront et seront peut-être même utiles. Avant qu'il ait pu s'en rendre compte, il voyage avec une foule d'individus gratifiés de vagues titres et d'emplois plus vagues encore, d'hommes qui s'attendent à descendre dans les hôtels de première classe, à être bien nourris, à ce qu'on leur fournisse de jolies femmes, et à ce qu'on les paye en liquide.
Au sommet de sa carrière, Sugar Ray Robinson comptait dans son entourage un barbier, un professeur de golf, une masseuse, un coach vocal, un coach théâtral, une secrétaire et un nain qui lui servait de mascotte. Parfois, Frank Sinatra était aussi de la compagnie.
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StockardStockard   05 mars 2019
Pour être sûr que le puissant combattant conserve une image inoffensive hors du ring, Joe Louis vivait selon des règles strictes imposées par ses managers : il ne devait jamais être photographié avec une Blanche ; il ne devait jamais entrer seul dans une boîte de nuit ; il ne devait jamais se réjouir de la chute d'un adversaire, ne jamais lever les bras en signe de victoire, ou se vanter de son talent en interview. Il n'était pas Sambo, le bouffon maladroit et souriant des spectacles où des chanteurs blancs se déguisaient en Noirs, mais il n'avait pas non plus son libre arbitre. Il était « Good Joe », le « nègre » qui sait rester à sa place et qui est reconnaissant pour les possibilités que lui offre l'Amérique blanche.
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StockardStockard   16 mars 2019
Pourquoi l'Amérique était-elle disposée à sacrifier tant de vies pour le Vietnam ? Pourquoi comptait-on un nombre disproportionné de Noirs américains parmi les victimes ? Pourquoi tant de jeunes Blancs évitaient-ils le service en s'inscrivant à l'université ou en engageant des avocats pour exploiter les failles juridiques, tandis que les pauvres ne pouvaient échapper à la conscription ? Et, comme le demandait une brochure distribuée par le groupe Students for a Democratic Society : « Quel genre d'Amérique répond par le napalm et la défoliation à la pauvreté et à l'oppression au Vietnam ? Qui répond par le silence à la pauvreté et à l'oppression dans le Mississippi ? »
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Le combat entre Mohamed Ali et George Foreman à Kinshasa en 1974.
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