AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2264073969
Éditeur : 10-18 (06/06/2019)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Les soeurs Brontë sont un mystère. Isolées du monde, filles d’un pasteur de village, elles ont révolutionné l’histoire littéraire en publiant, sous pseudonymes masculins, des romans brûlants d’amour et de vie comme Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent.
Haworth, 1836. Dans les landes du Yorkshire, Charlotte (20 ans), Emily (18 ans) et Anne (16 ans) écrivent à la lumière de la bougie. Comment ces
jeunes femmes de condition modeste, sans relations ni entr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  16 décembre 2017
Du fond de leur Yorkshire victorien jusqu'à notre contemporanéité, les trois soeurs Brontë continuent de passionner et fasciner lecteurs et chercheurs du monde entier. Elles ont atteint par leurs oeuvres insurclassables une immortalité littéraire que peu d'auteurs ont la chance - ou le potentiel - de connaître.
L'aura El Makki, biographe entre autres de Thoreau, leur rend ici un vibrant hommage.  Si une couverture ne fait certes pas le livre, je tiens à remarquer l'esthétisme raffiné et symbolique de celle-ci. Sobre avec ses trois tulipes roses représentant chacune des soeurs, à égalité là où Anne la cadette souffre souvent d'une méconnaissance voire d'un rabaissement par rapport à ses aînées. C'est d'ailleurs un préjugé que Laura El Makki s'attache à gommer dans son bel essai. Elle montre que l'oeuvre d'Anne n'a pas à souffrir d'infériorité. Pas plus que son existence qui paraît souvent si effacée devant Emily et surtout Charlotte.
Autre point important qu'elle soulève : la force de vie qui guide ces trois femmes en dépit des épreuves, deuils et maladies. le sous-titre de l'ouvrage, "La force d'exister", souligne bien ce fait et se retrouve tout au long des chapitres, sources à l'appui. Leur existence n'a certes pas été un chemin de roses. Pourtant, les soeurs Brontë ont su surmonter et même transcender leurs peines grâce à l'écriture. Cet acte apparaît pour elles aussi nécessaire que le boire et le manger.
Laura El Makki combine aux connaissances liées à son sujet une qualité d'écriture et de réflexion indéniable. Sa biographie se lit - se dévore - comme un roman passionnant, s'efforcant de ranimer sous nos yeux trois jeunes femmes si tôt disparues mais si géniales. Sans oublier le père, Patrick, figure tutélaire attaché à sa famille, aux arts et à la culture, à ses devoirs de pasteur dans un Yorkshire en proie aux velléités de soulèvements contre l'industrialisation qui met tant d'ouvriers au chômage. Et Branwell bien sûr, le frère maudit, arrogant, sûr de son génie mais attendant qu'il tombe du ciel.
Ce livre ravira les lecteurs des soeurs Brontë. Et me donne grande envie de replonger encore et encore dans Les Hauts de Hurlevent, relire Agnès Grey ou La Recluse de Wildfell Hall et découvrir Shirley et Villette. Il y a tant à (re)trouver chez ces plumes magistrales de Haworth!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          252
Yaena
  28 janvier 2018
J'ai été complètement sous le charme de l'Angleterre Victorienne, de ses Landes grises, pluvieuses, venteuses, indomptées; de leur côté intrigant et mystérieux. Un lieu austère, inhospitalier de prime abord qui ne dévoile sa beauté qu'à ceux qui le méritent. Les soeurs Brontë étaient sans conteste de ceux là. On comprend mieux leur oeuvre à la lumière de l'environnement dans lequel elles ont grandit. On découvre des femmes loin de ce qu'on nous avait présenté jusqu'alors. L'auteur nous les décrit joyeuses et déterminées, parfois perdues, mélancoliques, bref vivantes. On découvre surtout une famille soudée et aimante, des enfants entourés qui vont avoir une enfance compliquée, mais pleine d'amour. Cette famille fait front et tient bon face aux épreuves de la vie qui ne les épargne pas: deuil, maladie, et un contexte économique et politique compliqué, qui est celui de l'Angleterre Victorienne du XIXème siècle. Une époque où la maladie guette tapie dans l'ombre, favorisée par des problèmes sanitaires importants. Élevés à la dure beaucoup d'enfants périssent. La famille Brontë ne fera pas exception.
Même si être enfants de pasteur les amènent à vivre plus ou moins en reclus, ils s'intéressent au monde qui les entoure. Ils développent très jeunes une conscience de la société dans laquelle ils vivent. Les problèmes politiques ne leur échappent pas. C'est d'ailleurs une grande préoccupation de leur père: comment éduquer ses enfants malgré son manque d'argent et surtout ses filles. A l'époque être femme et pauvre est une double peine et leur père en est conscient. J'ai été touchée par le combat de cet homme pour permettre à ses enfants d'accéder à la connaissance, au savoir. On sent une telle soif d'apprendre chez les soeurs Brontë, sans oublier cette imagination débordante, qui à bien des égards, a été salvatrice pour la fratrie. L'imagination et l'amour des livres et de l'écriture sont les fondations de leur famille. Pour autant il y a peu de perspectives d'avenir pour la gente féminine. Il fallait sans conteste une grande force de caractère pour accomplir ce qu'elles ont accompli en tant que femmes. Leur détermination est mise en exergue par la description qui nous est faite du frère Brontë, une personnalité qui apparaît bien fade par rapport à ses soeurs. C'est certainement le plus faible de la fratrie et celui qui a le moins bien réussi, alors même que son père à tout fait pour lui assurer un avenir. En tant qu'homme il a été privilégié en matière d'éducation, pour autant cela ne lui a pas permis de se réaliser. Il lui manquait la détermination qui animait ses soeurs. Sans cette détermination, jamais elles n'auraient réussi à faire reconnaître leur talent d'écrivain. Pourtant on voit mal comment il aurait pu en être autrement. L'écriture semble s'imposer à elles tout au long de leurs vies comme une évidence. Ce n'est pas un choix mais un besoin vital.
Laura EL MAKKI nous dresse un portrait complet de ces femmes, hors norme pour leur époque. Une plume sincère et sans fioriture dont certains regretteront peut être le style un peu froid, distant, mais qui je trouve, se prête très bien au documentaire et à l'objectivité necessaire à ce genre d'écrits.
C'est une belle biographie qui a le mérite de s'attacher autant au talent d'écrivain des soeurs Brontë qu'à leurs vies de femme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
tynn
  15 janvier 2018
Charlotte, Emily, Anne...
2 ans d'écart entre elles, et une bibliographie qui se démarque dans une société littéraire anglaise où les femmes tiennent alors peu de place.
Elles sont longtemps restées, dans la connaissance commune des soeurs Brontë, l'image d'austères parangons de vertu, filles de pasteur froid et rigoriste, petites souris grises et industrieuses dans un presbytère glacial du Yorkshire.
Laura El Makki nous fait découvrir d'autres femmes, toute une tribu élargie aux parents, aînées, frère, dans un combat déterminé pour la vie. Une famille aimante, des parents attentifs, un cercle domestique portant haut les valeurs d'amour et d'éducation.
On les découvre joyeuses, aimant la vie au grand air, curieuses de tout, avides de s'instruire, constituant en vase clos une pépinière d'idées et de créativité.
Pourtant tant d'épreuves, tant de pertes, tant de combats personnels pour exister, jusqu'à l'ultime défaite devant la maladie, bien trop précoce.
Au-delà de l'émergence de leur talent littéraire, c'est une reconstitution argumentée de la situation économique et sanitaire de l'Angleterre du 19e, l'immersion dans le quotidien d'une classe sociale confrontée à l'insoluble, quand il faut associer manque de finances et éducation des filles.

Ce conteste éclaire ainsi les oeuvres littéraires, nourries de l'expérience et des drames vécus. le plus touchante est sans doute de découvrir une famille soudée, attentive à l'autre dans le cercle intime, participant à l'émulation créative pour en faire immerger le meilleur.
Plus insolite de découvrir la vie dissolue d'un frère sans envergure, au tempérament faible. Et surprenant aussi d'apprendre que Charlotte, seule survivante de la fratrie, a pu être le conservateur sélectif de l'oeuvre de ses deux soeurs.
S'appuyant sur une solide documentation, Laura El Makki sait rendre vivante et fort attachante cette triple biographie, qui se lit comme un roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
ivredelivres
  28 mars 2018
Si comme moi vous avez déjà suivi Laura El Makki pendant les étés de France Inter, vous serez sans doute intéressé par ce livre.
J'aime la façon qu'elle a de présenter les choses, son regard, son questionnement par rapport aux écrivains et j'ai aimé la suivre sur les landes du Yorkshire et dans le presbytère d'Haworth à la recherche de ces trois femmes hors du commun que furent les soeurs Brontë.
En juillet prochain on fêtera le bicentenaire de la naissance d'Emily Brontë, cette année devrait voir éclore pas mal de livre à leur sujet.
Laura El Makki restitue la vie des trois soeurs et bien entendu du frère qui, si il n'est jamais nommé, est pourtant partout en filigrane.
L'auteur restitue parfaitement cette vie dans ce qu'elle a d'ordinaire, une vie sous l'oeil du père, un homme sévère mais pas du tout la caricature que l'on a bien voulu longtemps faire de lui.
Car après tout c'est lui qui a transmis à ses enfants l'envie et l'ambition de se réaliser dans l'art ou l'écriture.
Les trois jeunes femmes sont pleines de vie et parfois font preuve d'une révolte inattendue. Elles se sont à la fois soutenues mais elles ont aussi été en compétition les unes avec les autres.
Le frère ici est le moins intéressant des personnages, autant le père est réhabilité autant Branwell apparait veule et faible malgré des dons indéniables.
A la lecture des différents romans des soeurs Brontë on les imagine privées de tout, sombres, mais Laura El Makki balaye cette image et nous les présente plutôt comme assoiffées de vivre, de savoir, d'envie d'écrire.
Sans détailler la vie des trois soeurs au jour le jour, j'ai appris pas mal de détails que j'ignorais et qui éclairent bien les portraits que l'on se fait d'elles.
J'ai aimé en particulier les jeux de l'enfance avec les histoires imaginaires composées pour occupées les soirs d'ennui.
J'ai apprécié aussi de pouvoir croiser mes lectures avec la vie réelle, en particulier les expériences de Charlotte à Bruxelles ou d'Anne comme gouvernante.
Le succès n'a profité réellement qu'à Charlotte et encore très peu de temps. La disparition successive de Branwell, Emily et Anne est assez saisissante, au final ce sera un père qui restera seul alors qu'est né un véritable mythe littéraire.
Si vous n'avez jamais lu de biographie ou si comme moi vous vous étiez contenté des films sur le sujet, ce livre est parfait.
Simple, bien documenté, clair et qu'on ne peut que recommander aux lecteurs et qui donne bien entendu une furieuse envie de lire et relire les romans de ces soeurs exceptionnelles.


Lien : http://asautsetagambades.hau..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
sarahdu91
  01 mai 2018
C'est avec un grand plaisir que je me suis replongée dans la biographie des Soeurs Brontë et là je dois avouer que Laura El Makki nous a présenté un superbe écrit comme on a envie de les lire.
Bien évidemment il faut être adepte de la littérature Anglaise et se sentir proche de toutes ces femmes auteures qui ont eu une dure vie au XIXè pour percer les entrailles des éditeurs de l'époque.
Cela dit, je me suis sentie tellement bien en lisant cette biographie que j'avais l'impression d'y être aussi, les reprises des romans, les poèmes et lettres ont été plus qu'un hommage qu'on pourrait rendre à Charlotte, Emily et Anne pour leurs oeuvres.
Encore une fois, leurs romans ne sont pas dénués de sens puisqu'ils sont tous biographiques et autobiographiques, on peut donc les qualifier comme des mémoires romancées.
De vrais chefs d'oeuvres...
Commenter  J’apprécie          180
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   15 décembre 2017
Derrière chaque fenêtre, le cimetière d'abord, l'horizon ensuite. Ne pas chercher plus loin : elles avaient vécu, pensé, rêvé et écrit au seuil de la mort. (...) Jamais, pourtant, ces soeurs ne se sont coupées du réel pour se cloîtrer dans la fiction - bien qu'elles aient pu être tentées de le faire. Cet élan vers les lettres était un moyen de supporter le monde, pas de s'en extraire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
kuroinekokuroineko   16 décembre 2017
Elles sont mortes à l'âge où tout commence, où tout devrait commencer. Pourtant, d'un temps si court, elles ont su faire bon usage. Elles ont fait ce qui leur paraissait le plus nécessaire pour vivre. Pour s'emparer de la puissance - de le joie -, elles ont préféré le cercle primitif à la dispersion du monde. Leur talent, leur trouvaille fondamentale, n'a pas tant été d'écrire que de le faire ensemble. Contre le souci et le malheur, elles ont regardé les épreuves comme des chapitres et transformé les chocs en mots. Elles ont créé, quand d'autres auraient voulu mourir. Pour cela, elles ne sont pas des exemples à suivre mais des lueurs à guetter - des occasions de lumière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
kuroinekokuroineko   15 décembre 2017
Je suis convaincue qu'elles souriaient, les soeurs Brontë, qu'elles aimaient la vie. Il est bien inutile de les imaginer heureuses, mais il est fondamental de croire qu'elles ont pu connaître la joie, telle que Spinoza l'envisageait: celle, sublime et rare, qui découle de la capacité de chacun à《persévérer dans son être》, jour après jour. La joie, c'est la joie de faire,《la puissance d'agir》qui donne sens à l'existence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          53
kuroinekokuroineko   16 décembre 2017
Le génie, sans l'étude, sans l'art, sans la connaissance de ce qui a été fait, c'est la force sans le levier (...).
Certes le lapidaire ne fait pas le diamant, mais sans le lapidaire le plus beau diamant reste un caillou.

Commentaire de Constantin Heger sur un devoir de Charlotte, Bruxelles, 1843
Commenter  J’apprécie          70
kuroinekokuroineko   15 décembre 2017
(...) les "pauvres" soeurs étaient effectivement pauvres, nées dans une famille où l'argent manquait. Mais elles avaient ce que d'autres n'ont jamais connu: l'affection de leurs parents. On comptait peut-être les sous mais on s'aimait, chez les Brontë.
Commenter  J’apprécie          70
Videos de Laura El Makki (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laura El Makki
Entretien avec Laura El Makki.
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
836 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..