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ISBN : 2846263701
Éditeur : Au Diable Vauvert (18/08/2011)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :
« C’est l’histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son œil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d’une pomme. »

Treize clandestins, douze hommes et une femme, trouvent la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Missbouquin
  14 mai 2013
Treize personnes se noient en traversant le détroit de Gibraltar pour rejoindre l'Europe. C'est Omar qui les trouve tous, rejetés par la mer sur la plage, comme une ultime riposte du vieux continent contre l'invasion. Petit à petit, les gens du village se rassemblent et les souvenirs émergent. Chaque noyé est nommé, invoqué, son histoire est retracée, ses actes jusqu'au point final. Chaque parent pleure son mort. Mais le silence leur répond.
« C'est l'histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son oeil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d'une pomme. »
Petit texte reçu il y a quelques temps à la suite d'un concours par Cathy de Tu lis quoi, j'ai mis du temps avant de le sortir de mes étagères, et j'avoue que je ne le regrette pas. Sans être inoubliable, le récit est un très bel hommage à ces milliers de clandestins qui tentent de fuir leur pays pour un avenir meilleur. Des hommes, des femmes, des enfants qui tentent un dernier geste pour sortir de la misère. Et pour beaucoup, ce dernier geste ne sera que celui qui les mènera à la mort.
"L'une des caractéristiques de l'homme est d'oublier qu'il est mortel. L'une des caractéristiques de la mort est de le lui rappeler."
Déroutant par son mode de narration, ce roman polyphonique fait résonner des voix très différentes, de la prostituée enceinte au pauvre paysan. Il offre une voix à tous, non sans humour parfois. Dans tous les cas, ça ne fait pas de mal de prendre conscience de leur point de vue à eux, qui partent, et pas seulement du nôtre, qui les voyons arriver …
"Tous ont le regard fixé sur l'Europe, à quelques vingt kilomètres seulement, là-bas, par-delà le brouillard, et, dans leurs yeux humides, l'image de cette contrée où l'on trouve encore du travail, où les chemins sont pavés d'or et où fleurit l'arbre de la liberté."
Des mots qui nous font voir notre pays autrement …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Alphie
  09 octobre 2011
Difficile de mettre des mots sur ce que j'ai ressenti (ca m'arrive souvent en ce moment j'ai l'impression). le résumé me donnait l'impression presque d'un recueil de nouvelles ; on allait découvrir les différents personnages avant, et comprendre le pourquoi de cette embarcation. Au final, ce livre y ressemble mais l'auteur prend soin de brouiller les pistes.
Il débute par l'histoire d'une jeune fille du village d'où sont issus tous les naufragés, dès cette histoire, on comprend la nécessité que peuvent éprouver certaines personnes à fuir, à voir si ailleurs, l'herbe n'est pas meilleure.
Mais, même si ,à postériori, je pense que c'est l'objectif de l'auteur, je me suis un peu perdue en route, perdue dans la narration à la troisième personne alternée avec du « je » mais qui changeait de protagoniste, bref un mode de narration qui change à chaque chapitre, mais aussi des phrases à rallonge, avec des points virgules, des virgules (un peu comme celle là) et le chapitre suivant, des phrases courtes, plus comme une conversation. Si cette alternance nous permet de comprendre le changement de narrateur, le style employé avec un vocabulaire assez figé nous laisse bien de l'autre coté de l'océan.
Même si au final, il ressort de ce livre la misère sociale et la pauvreté des habitants de cette région, leur envie de partir quelque soit le risque encouru (quoique le connaissent ils vraiment ?) et leur histoire différentes s'explique mieux que ce que l'on peut imaginer. Il me reste un sentiment de perplexité, un manque d'émotion.
J'ai apprécié cependant toutes les métaphores à la mer, à ce bleu qui envahit l'espace, à cette mer que l'on ne peut dominer malgré nos espoirs et nos croyances.
Au total : Une immersion dans le destin de futurs clandestins qui n'ont pas eu le temps de le devenir.
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lamantalo
  13 octobre 2011
Première constatation : ce livre ne correspond pas tout à fait à l'idée que je m'en étais faite. Déroutant me semble un terme approprié pour le décrire : la narration est explosée, presque décousue, énigmatique. J'avoue avoir un peu de mal à me faire une vision précise de l'histoire de chacune de ces treize personnes, et que de ce point de vue l'histoire mériterait une seconde lecture.
Ce qui précède n'est pas une critique négative, au contraire. Je trouve cela agréable de se faire surprendre, un peu chambouler dans ses habitudes de lecture, d'autant que la langue est belle, riche, créative. le livre semble presque être fait pour être conté plus que lu, le style est oral (mais pour autant pas parlé, très littéraire au contraire).
De même qu'Alphie, j'ai ressenti une petite frustration car bizarrement, malgré ce que je viens de dire, moi non plus je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotion à la lecture. La faute peut-être à un récit trop intellectualisé, cette écriture un peu trop travaillée, en tout cas pour mes habitudes de lectrice.
J'ai apprécié le point de vue un peu "périphérique" d'Omar, qui est en même temps relié aux histoires des autres ; j'ai trouvé cela élégant, et c'est à ce personnage-là que j'ai pu le plus m'identifier.
En conclusion, un beau livre pas très facile d'accès, qui mérite qu'on s'y attarde et qu'on y revienne. :-)
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tulisquoi
  12 octobre 2011
Leur seule erreur, habiter du mauvais côté du détroit de Gibraltar. D'un côté, du leur, des mois et des mois sans pluie, le poisson qui devient rare, la terre qui ne produit plus rien. Et pourtant, la famille à nourrir quand même. Alors, d'abord, ils ont tenté la ville, pour trouver du travail, pour ramener un peu quelque chose et garder leur dignité d'homme. Mais même là, il n'y a pas assez pour tout le monde. de l'autre côté, le nôtre, la promesse d'un avenir meilleur, de travail, de nourriture à mettre dans le ventre des petits. Car, pour eux, l'Europe c'est, « à quelques vingt kilomètres seulement, là-bas, par-delà le brouillard, et, dans leurs yeux humides, l'image de cette contrée où l'on trouve encore du travail, où les chemins sont pavés d'or et où fleurit l'arbre de la liberté ».
Alors, ils sont treize à prendre la mer sur une petite barque. Treize à tenter de rallier cet autre côté qui leur semble paradisiaque. L'auteur va leur consacrer à chacun un chapitre. Chacun avec sa voix va nous raconter sa vie, ce qui l'a poussé à en arriver là. Et dès le départ on sait pourtant que cette barque n'atteindra jamais les rives tant attendues. Mais on s'attache quand même, et très vite, parce que l'auteur sait leur donner une épaisseur à ses personnages. Et ces treize-là parlent pour tous ceux qu'on a vu aux informations un jour, qu'on a oublié presque aussitôt, parce qu'ils étaient loin finalement ces morts, parce que le jour-là on avait autre chose en tête ou parce que c'est la vie tout simplement.
(lire la suite...)
Lien : http://www.tulisquoi.net/les..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MissbouquinMissbouquin   14 mai 2013
« C’est l’histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son œil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d’une pomme. »
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MissbouquinMissbouquin   14 mai 2013

"Tous ont le regard fixé sur l’Europe, à quelques vingt kilomètres seulement, là-bas, par-delà le brouillard, et, dans leurs yeux humides, l’image de cette contrée où l’on trouve encore du travail, où les chemins sont pavés d’or et où fleurit l’arbre de la liberté."
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AlphieAlphie   09 octobre 2011
Quand le ciel est entièrement bleu, quand il a la couleur de tes yeux, et qu’il se met à pleuvoir quand même, comme ça, sans prévenir, ce n’est pas pleuvoir qu’il faut dire, c’est pleurer.
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Jean_CauderanJean_Cauderan   29 août 2016
Les riches, il les avait observés, en traînant ses guêtres dans le VIIe, le XVIe ou le Faubourg Saint-Honoré. Et il s'en méfiait. Il ne les aimait pas. Il sentait en eux une bonne conscience à la fois arrogante et imbécile. Chez leurs femmes en particulier. (...) Ce qu'il ne leur pardonnait pas, c'était d'avoir l'air de trouver naturels et légitimes leurs privilèges, la possession des beaux quartiers, des beaux parcs, des beaux vêtements, des belles voitures ; mais plus encore (car après tout lui-même voulait avoir de l'argent, et n'y mettait aucun complexe) c'était leur ignorance. Les papas et les maris de ces femmes-là, eux, en gagnant l'argent, devaient au moins être conduits à voir lucidement la société comme elle est. Mais femmes, dans ce milieu-là, vivaient entre 205 et coiffeur, entre pédiatre et employées de maison (portugaises). Il les voyait, lui, il les regardait, il avait la curiosité d'aller marcher le long de leurs rues. Elles ne le voyaient pas, ne pensaient même pas à le regarder, et la Plaine Saint-Denis, elles ne devaient pas savoir où c'était, comment c'était, comment les autres femmes y vivaient. Il y avait là un crasse morale qui donnait à Mario des bouffées de violence -- d'où les histoires de bite : un raccourci.
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MissbouquinMissbouquin   14 mai 2013
"L’une des caractéristiques de l’homme est d’oublier qu’il est mortel. L’une des caractéristiques de la mort est de le lui rappeler."
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