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EAN : 9782072701856
208 pages
Gallimard (11/05/2017)
3.55/5   109 notes
Résumé :
Chine, Delphine et Stéphane ont une passion commune : la danse. Sans elle, ils ne se seraient sans doute jamais rencontrés. Milieux sociaux, origines géographiques, motivations, histoires familiales, tout les opposait. À l'École de danse de l'Opéra, ils vont cohabiter, se détester, se jauger, s'aider ? La danse est exigeante. Chine, Delphine et Stéphane iront-ils au bout de leurs rêves ?
Avec beaucoup d'humour et de tendresse, Astrid Éliard nous entraîne dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Chine, Delphine et Stéphane, trois jeunes adolescents, partagent la même passion : la danse. A Nanterre, à l'école de danse de Paris, ils font leurs armes : pirouettes, sauts, pointes et dégagés, fondus et développés,… Les exercices sont physiques, astreignants, techniques, parfois très loin de leurs rêves de danse. Les professeurs sont exigeants et attentifs ; la compétition est forcément là. Internes comme la majorité des élèves, ils pensent et respirent danse. Mais s'ils partagent le même rêve, devenir un jour danseur ou danseuse étoile, ils ont chacun leur propre histoire et vivent donc différemment cette expérience. Surtout, ils restent des adolescents de treize ans, avec leurs complexes, leurs espoirs et leurs premiers émois amoureux.

En commençant ce livre, je m'attendais à plonger dans le monde exigeant et discipliné de la danse classique et découvrir un univers que je ne connais pas du tout. Mais en suivant ces trois petits rats de l'Opéra, on partage surtout la vie de trois adolescents parmi tant d'autres. Chaque chapitre alterne le récit de Chine, de Delphine et de Stéphane. Au fil de leurs paroles, on découvre comment cette passion de la danse est née chez chacun d'eux, avant de suivre leurs débuts à l'école de danse. Chine, petite bonne femme sérieuse qui a dû très tôt se débrouiller seule face à une mère irresponsable, voit dans la danse un monde à sa mesure : ordonné et discipliné. Delphine, enfant choyée, n'a jamais manqué de rien. Et le plus grand manque qui s'impose à elle est alors celui auquel elle s'attendait le moins : ses parents. Stéphane, dernier d'une fratrie de cinq, est le trublion de sa famille : cancre, insolent, ingérable. La danse, pour lui, est une révélation où enfin il peut s'accomplir et devenir quelqu'un.

La danse, en fait, apparaît tout au long de ce livre en filigranes. On passe rapidement dans les couloirs et salles de cours. Par contre, on s'attarde beaucoup plus sur les sentiments et appréhensions de nos jeunes danseurs. Les box de l'internat et la cantine de l'école, voilà où se passe l'essentiel de l'intrigue. le style est très simple, les thèmes collés au plus près des préoccupations adolescentes. Car ce n'est pas tant de futures Etoiles que l'auteure s'attache à décrire, mais des adolescents bien normaux avec leurs histoires d'amitié, les relations avec les parents, les premiers désirs, la prise d'indépendance.... Bref, des jeunes de leur époque.

Les personnages sont certes sympathiques, parfois touchants et drôles mais j'avoue que ce roman m'a laissée sur ma faim, tant dans l'écriture que dans l'intrigue qui manque finalement pour ma part de profondeur. Quant à la fin, je l'ai trouvée un peu trop rapide et abrupte.

En bref, une lecture agréable mais sans plus.
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Magnifique. Ce petit roman est à couper le souffle. Il y a des lectures que l'on n'avait pas anticipées. Elles nous tombent dessus et laissent leurs marques. Ce livre en fait définitivement parti ! Je me suis fait prendre au piège. Bernée par une lecture que je jugeais simple. Je suis tombée à terre et j'en suis ressortie conquise.

Je me baladais au bord de la mer lorsque j'ai vu un salon du livre, isolé, avec quelques auteurs prêt à discuter, à donner de leurs temps ! Ce roman avait remporté le prix littéraire desservi par ce salon. Ma curiosité maladive a donc pris le dessus et je suis ressortie avec le fameux roman (entre autre). La danse a toujours eu une douce résonance en moi. J'en ai fait pendant une dizaine d'années. Et même si je ne suis pas arrivée à un niveau professionnel, j'ai toujours apprécié ces moments où la rigueur extrême et la passion se lit en des instants uniques !

Je ne m'attendais pas à tomber sur une perle comme celle-ci en ouvrant le roman. Les émotions sont justes et puissantes. On nous présente le monde difficile des petits rats de l'opéra. C'est un monde où les diktats font la loi. L'auteur parvient avec brio à lier le monde dur de la danse aux interrogations des enfants. Car il ne faut pas oublier que ces futures ballerines sont avant tout des enfants. Des petites filles et des jeunes garçons que l'on épuise, que l'on pousse au-delà des limites pour qu'à peine 10% d'entre eux deviennent des danseurs étoiles. La danse est peut être une passion, mais pour y parvenir c'est un travail sur le corps et l'esprit qui entraîne ces personnes dans une vie de droiture à bien des niveaux.

On nous plonge dans la tête de trois futurs danseurs. Chine, Delphine et Stéphane n'ont qu'une passion : la danse. Il rentre dans la prestigieuse école de l'Opéra à Nanterre. Mais lorsque leurs pieds ne virevoltent pas, lorsqu'ils ne sont pas entrain d'exécuter des pas de bourrée ou autres mouvements complexes, ils se livrent aux interrogations des jeunes de leurs âges. Les corps évoluent, les hormones et les émotions prennent le pas. Mais comment peut-on se construire lorsque chaque parcelle de votre vie est mesurée : poids, taille, repos, maladie, etc. L'auteur nous livre ici, bien plus qu'un simple roman, c'est un témoignage. C'est beau, intelligent et puissant. Je me suis laissé emporter par cette écriture envoûtante, et comme dans un rêve agréable, j'en redemande.

Ce roman allie la dureté de l'acharnement face à la réalité d'être un enfant, de se construire. Entre possibilité et passion. J'ai adoré. Je ne connaissais pas cette auteure, mais je suis conquise. C'est tout simplement aérien, on saute, on virevolte et on part avec elle !
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Danser. Un seul verbe pour titre. Qui, sitôt prononcé s'anime. Une petite musique monte d'abord puis les gestes viennent, élégants et majestueux, émouvants et gracieux. Chine, Delphine et Stéphane ne rêvent que de ça : danser. le jour, la nuit, pas de pause, pas d'autres pensées que la danse. C'est le pivot de leur existence, le coeur. C'est ce qui les fait se lever le matin, s'endormir le soir. C'est leur oxygène, leur bouteille à la mer. Ces trois jeunes gens ont tout misé sur leur étoile, qui brille au loin. L'atteindre est leur souhait le plus cher, la décrocher, leur espoir le plus grand. Aujourd'hui petits rats, demain étoiles de l'Opéra de Paris.
Ils viennent d'ici et là en France, de milieux sociaux différents, de parcours divers. Tous les trois ont intégré l'illustre école de danse, réputée à travers le monde. Ils ont quitté leur famille, leurs attaches, leurs habitudes au nom de leur passion. le visage souvent grave – d'enfants qui ont grandi plus vite que les autres –, l'esprit volontaire et combatif, l'attitude responsable, le discours mesuré, et le corps malléable qui se tend, s'articule, se relâche, souffre. Car l'apprentissage de la danse passe par la souffrance, inéluctable. Jamais de plainte ni de soupir. Des doutes et des angoisses parfois, des boules au ventre, une gorge qui se noue. La cohabitation est difficile quelquefois avec les autres danseurs... l'adolescence et ses tourments, le grand chambardement des sentiments. Mais la passion est toujours là, quoiqu'il arrive, solide, forte et imperturbable.
Danser. Six lettres qui contiennent toute la vie de Chine, Delphine et Stéphane, des lettres fragiles tenues par un fil, qui, à tout moment peut se rompre.
Avec empathie, je suis entrée dans ce monde – rigoureux et féroce – des petits rats de l'Opéra de Paris. J'ai écouté leurs voix : tour à tour passionnées, révoltées, tristes, joyeuses, déterminées, touchantes, grinçantes, timides, amoureuses et j'ai compris leurs doutes, leur rage et leur amour pour la danse. J'ai aimé les voir évoluer sur la scène de leur existence où le réel, le rêve, la beauté et la souffrance se mêlent sans cesse dans un ballet de sentiments et de sensations.

Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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Objectivité zéro pour ce « Danser » d'Astrid Eliard : pensez-vous, un roman qui raconte la vie de trois « petits rats de l'Opéra » !!! Moi qui suis fascinée depuis ma plus tendre enfance par la danse, Garnier, les tutus, les pointes et j'en passe, bref, je ne pouvais pas passer à côté !!!
Nous suivons donc la première année d'école de danse de Chine, jeune fille très douée mais pas forcément gâtée par la vie, Stéphane, garçon rebelle qui à sa plus grande surprise a trouvé sa voie dans les entrechats ( ?!), et de, tenez-vous bien, Delphine, fifille à ses parents que tout le monde adore. Nous découvrons à travers eux le travail que la danse implique, les doutes aussi, le décalage entre la vie « normale » et celle de tous les jours à l'intérieur de l'école, mais également les petits tracas que connaissent tous les adolescents…
Vous l'aurez compris, j'ai dévoré ce livre : j'ai trouvé qu'il était très bien documenté, pas du tout à côté de la plaque, tout en restant accessible aux non-initiés. Il était presque trop court ! Je recommande, forcément.
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Chine, Delphine et Stéphane ont quatorze ans. Ils ont été admis à l'École de danse de l'opéra où ils sont internes, et leurs regards croisés nous font pénétrer ce monde plein d'exigences. Entre désir de dépassement de soi pour atteindre la perfection d'un pas, volonté de faire partie des sélectionnés pour la deuxième année et émois adolescents, l'auteure nous livre un portrait tout en nuances et en sensibilité de ce monde si particulier, si fermé des petits rats de l'opéra.

L'internat est un bouleversement pour tous. Stéphane découvre que le monde familial a changé en son absence ; les parents de Delphine sont un peu déboussolés par le vide de la maison, cinq jours sur sept ; la douleur de Chine dont la mère-enfant est soulagée de se débarrasser trois week-end sur quatre de cette adolescente encombrante, tout est raconté sobrement. Différents milieux sociaux, éducatifs, mais une même passion : danser, et cela transcende les vies.

J'ai beaucoup aimé ce livre, pour sa tendresse envers ses jeunes personnages, pour sa vérité humaine, pour son style tout en nuances et en sensibilité.

Par exemple le portrait de Chine par Delphine :

Chine est la fille la plus silencieuse que j'aie jamais connue. Elle arrive à ne pas faire grincer la porte de la salle de bains quand elle va prendre sa douche, et dans la chambre c'est toujours un courant d'air qui me fait comprendre qu'elle a ouvert la fenêtre. Quand elle mange, qu'elle mâche, c'est comme si elle se nourrissait de nuages ; elle lit des livres qu'on croirait sans pages ; son téléphone ne sonne, ne vibre pas ; sa brosse glisse sur ses cheveux, sans jamais accrocher un noeud. Elle me fait penser à une poupée tout emballée de ouate, dans sa boîte. (p. 29)

Delphine, la fille unique très gâtée, très populaire, change peu à peu, transformée par l'internat et la loi inflexible de la danse :

Où est ma place ? Dehors ou dedans ? La vérité c'est que dehors, la danse, la musique – les nocturnes de Chopin sur les grands pliés – me manqueraient, et que dedans, je n'en finirais jamais de courir après les appels en absence de maman.

Elle analyse avec lucidité le monde qui sépare les danseuses des autres femmes :

Métier, passion… le plus dur, je crois, est de devoir décider maintenant, comme si on n'avait que quelques secondes, pour monter dans un train pour un trajet très long, un train sans arrêt et sans retour en arrière possible. Faut pas se gourrer de destination. C'est con, mais je suis un peu triste à l'idée que je ne ressemblerai jamais à ma mère, une femme ronde de partout, qui a une incroyable collection de tabliers et de livres de cuisine. le genre de bonne femme, si tu la croises dans la rue, tu te dis qu'elle a eu au moins quatre enfants. Les danseuses sont plus sèches, elles ont les os « pointus », peut-être vieillissent-elles moins bien, même si elles se font appeler Mademoiselle toute leur vie, et qu'elles gardent leurs cheveux longs, comme les jeunes filles. C'est la scène qui les rend belles, d'une beauté éphémère, car en vrai elles sont toujours un peu… décevantes, comme ternies par le monde réel. (p. 117-118)

« Ternies par le monde réel »… C'est imagé comme le grand miroir qui contraint les danseuses à la bonne position. La fin douce-amère, je ne vous la raconterai pas. Elle clôt magnifiquement cette ouverture dans un monde qui restera définitivement fermé à la plupart d'entre nous.
Danser
Astrid Éliard
Mercure de France, janvier 2016, 184 p., 17,50 €
ISBN : 9782715241268


Lien : http://nicole-giroud.fr/dans..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
« Métier, passion... Le plus dur, je crois, est de devoir décider maintenant, comme si on n'avait que quelques secondes pour monter dans un train pour un trajet très long, un train sans arrêt et sans retour en arrière possible. Faut pas se gourer de destination. C'est con, mais je suis parfois un peu triste à l'idée que je ne ressemblerai jamais à ma mère, une femme ronde de partout, qui a une incroyable collection de tabliers et de livres de cuisine. Le genre de bonne femme, si tu la croises dans la rue, tu te dis qu'elle a eu au moins quatre enfants. Les danseuses sont plus sèches, elles ont les os « pointus », peut-être vieillissent-elles moins bien, même si elles se font appeler Mademoiselle toute leur vie, et qu'elles gardent leurs cheveux longs, comme les jeunes filles. C'est la scène qui les rend belles, d'une beauté éphémère, car en vrai elles sont toujours un peu... décevantes, comme ternies par le monde réel. »
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« C'est frappant quand elles sont sur les pointes. Ça leur allonge les jambes et les bras, leur affine les chevilles, la taille. Je sais pas qui a inventé les pointes, mais j'imagine un putain de fétichiste, un type qui devait penser que l'idéal féminin est concentré dans le pied. Pas dans les seins, les fesses, non, ça c'est pour les mecs qui n'y connaissent rien. Dans le pied. La cambrure du cou-de-pied. Depuis que j'ai découvert ça, je déshabille tous les pieds que je croise ici. »
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artiste. ce mot me fout les boules comme vous n'en avez pas idée. dès que je l'entends, j'ai direct envie de rentrer à Montpelier de rejoindre Maelys et céleste sous l'abribus, de gratter l'échine de mon capuche.
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J'ai jamais eu de petit copain. Je ne suis pas pressée de frotter ma langue contre la langue d'un autre. Faut voir la bouche des garçons à treize ans, il y a du métal, des élastiques, de la nourriture coincée dedans. Non, franchement, je préfère attendre...
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« Ici, il ne se passe pas un jour sans qu'on nous raconte l'histoire d'une fille qui a tout abandonné après une fracture. On nous répète qu'on est cassable, qu'une mauvais chute peut tout faire foirer – c'est ce que me dit Mlle Laroche pour que j'apprenne mes verbes irréguliers : si je me casse une jambe, au moins je saurai que seek-sought-sought, je pourrai passer mon bac, faire des études et décrocher un métier – (...) »
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Astrid Eliard : Construire un recueil nouvelles .Comment construire un recueil de nouvelles ? D'abord choisir un thème. Mais ensuite comment se créent les différentes nouvelles ? Astrid Eliard nous révèle comment elle a élaboré son recueil de nouvelles Nuits de noces.Cette interview a été réalisée dans le cadre de la 5e édition du Salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière (77) qui s'est tenue le 19 novembre 2011. Astrid Eliard a été la lauréate du Prix Ozoir elles en 2010.
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