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EAN : 9782924898734
168 pages
Éditeur : La Peuplade (10/09/2020)
4.02/5   30 notes
Résumé :
Quelque part en Islande, au bord de la mer, un village de maisons noires fait face à l’infini de l’eau. Dans son repaire, un romancier peine, sur sa vieille Olivetti, à écrire la vérité d’un couple parti en vacances pour se retrouver. Qui s’amuse ? se demande-t-il, déposant les feuilles dactylographiées sous la fenêtre sud claire. La radio, pendant ce temps-là, donne des nouvelles d’un autre monde : le séisme de Fukushima, l’assassinat de Ben Laden, la guerre en Syr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  24 septembre 2020
« T'es écrivain? »
« Faut croire. »
« Les écrivains sont des bons à rien. »
« Tout à fait », dis-je. »
« Absolument nuls. »
« Je ne saurais mieux dire », fais-je.
En faites il ne plaisante pas, en panne d'inspiration il s'est terré dans un village de pêcheurs au bord de l'océan. Une panne qui va lui donner matière à un autre livre.
Isolé du monde mais pas tant que ça, entre des beaux paysages de mer et de pluie, et un quotidien peuplé de gestes et d'actions simples pour vivre ou survivre, il suit l'actualité mondiale qui lui donne le pouls d'un monde à la dérive.
Ni histoire ni action à proprement parler ici, pourtant, en brèves notations donnant souvent matière à méditer, un texte bouillonnant de réflexions et de références littéraires et musicales, chargé d'un regard humble et ironique à la vie, avec l'arrière goût d'un amour terminé. le temps d'une lecture et de quatre saisons, une rencontre interessante avec un écrivain qui ne prend ni la vie ni lui-même au sérieux, une lecture extrêmement plaisante où il m'a très souvent fait sourire avec son humour subtil. Deuxième rencontre avec Gyrdir Eliasson après son magnifique « Au bord de la Sanda » un poète, un grand écrivain.
« Si c'était la radio qui faisait la loi, l'univers ne serait qu'un brasier de conflits. C'est peut être le cas en réalité. C'est malgré tout difficile à croire, quand on contemple par la fenêtre la mer tranquille et les boutons d'or du jardin qui inclinent leur corolle dans l'ombre. »

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Mhfasquel
  28 août 2020
Ravie de découvrir ce nouvel auteur islandais.
Un voyage en Islande et un voyage intérieur, dans lequel le narrateur n'est pas nommé - non plus que les autres personnages, ce qui renforce le côté universel...
En toile de fond, l'immensité de la mer, infinie, promesse d'inspiration pour un narrateur auteur, qui vit seul dans la maison noire d'un ami, afin d'écrire son roman. Un roman qui, étrangement, rappelle quelque peu sa propre histoire d'amour, puisque son couple et celui de ses personnages semblent désunis et surtout désenchantés.
Solitude amoureuse et aussi solitude de l'écrivain en panne d'inspiration, face à la mer avec vue sur le phare, sur les vagues toujours semblables et toujours différentes, aux couleurs changeantes selon ses humeurs, au gré des saisons.
Le roman est envoûtant. Entre autres parce que la typographie, les découpages, les thématiques fonctionnent en miroir des états d'âme du protagoniste et des couleurs omniprésentes.
En fin d'ouvrage, nous découvrons le prénom du protagoniste, Jonas qui, tel un prophète, nous met en garde contre les dangers et méfaits de nos sociétés : crises environnementales, politiques, sociétales, perte du "savoir-vivre ensemble" et des valeurs communes, dans des paragraphes qui semblent s'opposer en tout. Se confrontent ainsi le monde extérieur et le havre de paix islandais du protagoniste. Deux visions, deux univers aux antipodes, et pourtant deux mondes très sombres : l'un à cause des exactions dont les nouvelles à la radio s'abreuvent, l'autre, moins métaphoriquement, par ses couleurs parmi lesquelles le noir prédomine.
Deux opposés qui se rejoignent dans la solitude, la recherche de sens, les efforts pour se réaliser.
La Fenêtre au sud interroge sur le sens de l'art, sur le sens de la vie. C'est aussi pour moi la chronique d'un romancier en train de disparaître, comme les lettres de son roman inachevé.
Avant de conclure j'aimerais revenir sur la célèbre figure de Jonas, qui apporte, à mon avis, une lueur d'espoir à ces pages tourmentées.
Jonas, le cinquième prophète, est colérique, bouillonnant et surtout désobéissant ! Même pétri de bonnes intentions, il fait tout de travers, regimbe et proteste...
Certes, il sera puni mais ressortira non seulement indemne mais transformé du ventre de la baleine, libéré de ses oeillères. Dans la matrice, il fait noir, comme pour notre héros dans son havre obscur, mais on a des chances de ressurgir de ces endroits avec une vision nouvelle...
Jonas ne comprend rien à la miséricorde (divine, en l'occurrence) mais apprend à découvrir que repentir et prise de conscience peuvent apporter pardon et justice. Il est celui qui annonce une catastrophe qui, finalement, n'a pas lieu, et qui parvient à accoucher d'un autre lui-même, meilleur.
Métaphore de l'écrivain qui arrache son oeuvre du fond de ses entrailles dans le "travail" (de la naissance, ou renaissance), dans la douleur, leçons à entendre pour l'être humain face à la destruction de sa planète.
Beaucoup de grands messages dans ce très beau livre, à découvrir absolument.
Je conclurai avec la citation qui ouvre ce roman : "L'écrivain est celui qui a plus de mal à écrire que les autres."
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traversay
  22 septembre 2020
La fenêtre au sud se présente comme une suite de réflexions, consignées dans une sorte de journal intime, sur 4 saisons. le protagoniste est un écrivain solitaire, qui a peu de contacts avec ses voisins, et qui se retrouve encore plus isolé quand arrivent les premiers froids et qu'il ne reste plus qu'une supérette comme commerce ouvert. Autant que romancier, l'islandais Gyrdir Eliasson est poète et cela se sent dans son style et dans sa manière élégiaque de décrire la nature qui l'entoure et les petits faits du quotidien. L'auteur nous dit tout de son vertige de la page blanche et des caprices de sa machine à écrire (ruban à bout de souffle, lettre b récalcitrante ...). le ton de l'écrivain est à la mélancolie, à l'ironie et à l'humour dans des considérations brèves et souvent profondes aussi bien à propos de lui-même et de ses condisciples que de la population ovine ou de la marche chaotique du monde, qu'il perçoit à travers les nouvelles de la radio. A la fois anachorète, individu asocial et philosophe, le narrateur de la fenêtre au sud révèle aussi quelques bribes de son passé, de l'enfance à la femme de sa vie, qui l'a quitté déjà depuis plusieurs années. Si l'on ignore si le texte est d'essence autobiographique, le personnage du livre est en tous cas très touchant, dans le sens où malgré la richesse de sa vie intérieure, il est clair qu'il a fondamentalement raté sa vie et trouvé dans la solitude et l'écriture des manières un peu désespérées de ne pas totalement partir à la dérive.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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LadyDoubleH
  06 octobre 2020
La fenêtre au sud est une sorte de journal intime, une succession de réflexions et d'anecdotes de vie quotidienne. le narrateur est écrivain et peine sur une nouvelle histoire, qu'il tape sur sa machine à écrire Olivetti. L'encre pâlit, la lettre b tente de se faire la malle et l'homme solitaire regarde passer les jours. Quatre saisons s'écoulent dans cette maison coincée entre mer et montagne, isolée parmi quelques autres sur un bout de côte islandaise.
Ces pages dégagent un charme certain. Il ne s'y passe rien ou si peu et pourtant entre deux promenades jusqu'au phare et les nouvelles du monde à la radio, on y pense à la condition humaine, à la souffrance animale, on évoque l'amour et la création, les relations entre les êtres. le narrateur est touchant dans sa manière vaillante et pudique de surmonter ce qui semble être un ratage complet de sa vie, en tous cas à l'heure qu'il est. On lui devine une rupture ancienne mais pas cicatrisée, l'inspiration lui fait défaut, il se terre, solitaire. Et néanmoins il continue non sans humour à dérouler le fil du quotidien de ses jours.
Gyrdir Eliasson a une plume poétique à l'islandaise, un peu bourrue. Je me suis trouvée vraiment bien dans ces pages. La fenêtre au sud a été une excellente découverte et j'ai maintenant envie d'en lire plus de cet auteur. Deux autres de ses romans sont édités aux éditions la Peuplade, j'en ai repéré un à la médiathèque et l'autre d'occasion. A suivre.
« Mais bien sûr, ce n'est pas la longueur entre les maisons qui détermine la distance entre les hommes. »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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ramettes
  04 octobre 2020
J'ai découvert cet auteur cet été avec « Au bord de la Sandá » et ce fut un coup de foudre littéraire. J'étais en adéquation avec ce qu'il racontait et le personnage qu'il avait créé.
Cette fois-ci Gyrdir Eliasson met en scène un écrivain face à la mer. Un solitaire qui essai d'écrire dans un petit village de pêcheur islandais.
Mais voilà l'inspiration cela ne se commande pas. Il essai d'écrire le roman attendu par son éditeur et ce sont des poèmes qui lui viennent à l'esprit.
C'est un roman à la première personne alors on va avoir des monologues intérieurs et des scènes avec des interactions extérieures.
On va découvrir les petits parasitages qui font dériver ses pensées...
La famille, sa mère et sa soeur par téléphone interposé vont venir créer des interférences dans sa quête de tranquillité. Il y a une certaine régularité, surtout avec sa mère, une ponctuation temporelle.
D'autre part on a le propriétaire et ami qui lui prête la maison et son éditeur qui ponctuent leurs appels par des notions de temps… mais il arrive à repousser les dates butoirs.
Sa vieille machine à écrire qui s'emmêle les marteaux et le ruban qui s'abîme, ils rappellent l'usure du temps.
Les vacanciers qui viennent tous le week-end pendant la belle saison. Cela rythme ses semaines, car il perd la notion du temps à vivre ainsi en dehors de la vie sociale.
On lui prête gracieusement la maison, il y a donc un côté temporaire.
Ces lectures le plongent de plus en plus dans les souvenirs littéraires du passé, il retrouve des éditions qu'il avait étant plus jeune. Il en est de même pour le cinéma. C'est comme s'il se créait une bulle temporelle faite de bons souvenirs.
Les mauvaises nouvelles du monde lui parviennent par la radio, seul média qu'il s'autorise à petite dose. Nous sommes en 2011.
La musique tient une certaine place. Son ouïe est souvent sollicitée par la nature ce qui forme un contraste avec le glissement vers un certain mutisme, économie des mots.
Les rêves aussi faussent la relativité du temps. Il y a quelques scènes où la réalité est un peu irréelle.
J'aime beaucoup la composition du texte, qui ressemble à des réflexions dans un journal même s'il n'y a pas de date. On va avoir ainsi une alternance de tous les sujets dont j'ai parlé précédemment. On a aussi l'avancée (ou non-avancée) des scènes du roman en cours de création. Cela forme comme un tableau impressionniste. Il excelle dans l'art de l'ellipse.
Il y a beaucoup de références culturelles : littérature, cinématographiques, musicales, pictographiques…
Il partage ses réflexions autant sur ce qu'il écrit que sur ce qu'il lit.
Le narrateur à un côté désabusé, presque cynique. J'ai adoré ses réparties lorsqu'on lui dit qu'il est écrivain, ou sur son travail. Il y a de l'humour et de l'autodérision dans ce qu'il nous raconte, en contrepoint comme pour ne pas basculer dans la mélancolie totale.
Et l'amour dans tout ça me direz-vous ? il a un amour mystérieux, secret dont on ne saura pas grand-chose. Il y a une relation entre ce qu'il vit et ce qu'il arrive à écrire (ou plutôt ce qu'il n'arrive pas à écrire).
Au fur et à mesure on voit se dessiner le portrait du narrateur au fur et à mesure de l'avancée de la narration car toutes ses réflexions, introspections font avancer le récit de ces mois passés dans ce lieu isolé et magnifique.
J'ai adoré ses relations avec sa machine à écrire, les lettres qui s'emmêlent et l'encre qui s'épuise… Petit à petit on a l'impression que les mots qui resterons visibles seront les plus importants. Il brûle beaucoup de ses écrits, là aussi il ne restera que l'essentiel. On a presque l'impression de le voir et on sent que la fin sera sur la même idée…
Tout s'estompe au fil des mois qui passent. On le retrouve dans l'utilisation des couleurs si on retrouve des touches de vert, de jaune et de rouge. Il y a une prédominance de noir, de blanc et de gris…
D'avoir lu les deux romans à la suite, « Au bord de la Sánda » où l'on suit un peintre qui remets sa vie en cause et dans « Fenêtre au sud » avec cet écrivain qui se questionne aussi on a comme un diptyque. de la rivière à la mer… il sème des petits cailloux dans ces deux romans différents. Je n'ai pu m'empêcher de chercher un fil rouge… Par exemple cette femme mystérieuse sur la plage qui fait écho à la femme en rouge dans la forêt… Est-ce que le prochain roman nous parlera d'un musicien ?
Ce roman est un coup de coeur pour sa poésie et une nouvelle fois il y a des échos personnels.
Je remercie Babelio et les éditions de la Peuplade de m'avoir permis de lire ce roman de la rentrée.
Lien : http://ramettes.canalblog.co..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   24 septembre 2020
Je vais voir si la porte du phare est ouverte. Elle ne l’est pas bien entendu. Je m’assieds alors au bord de l’à-pic et j'éprouve à nouveau cette sensation qui est un mélange de vertige et d’envie de me jeter dans le vide pour mettre fin à cette prise de vue archilongue qu’est la vie d’un homme. Ce film non monté dont le fil conducteur paraît souvent bien confus.
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BookycookyBookycooky   23 septembre 2020
Les nouvelles de Syrie contribuent largement à épuiser ma réserve de foi en la vie. Il n’en reste plus que quelques gouttes. L’être humain ne carbure pas au pétrole, quoiqu’en pense les Américains.
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Charybde2Charybde2   07 octobre 2020
La soirée est douce, le soleil encore en vue. J’ai sorti la table de cuisine ce matin et me suis efforcé de taper sur l’Olivetti au lever du jour, mais ça n’a pas très bien marché. Je finissais par appuyer le doigt sans cesse sur la même lettre. Ce n’était pas le b. Maintenant je mets la table pour moi tout seul, et me sers le plat précuisiné de la marque 1944, que je mange à ciel ouvert en buvant une bière danoise. Il y a, bien sûr, quelque chose d’amoral dans le fait de boire de la bière danoise avec un plat célébrant la date de l’émancipation du peuple islandais de la tutelle du Danemark, mais ça m’est égal. Un couple d’âge mûr qui occupe l’une des autres maisons passe devant chez moi. Ils me regardent un instant avant de me dire bonsoir. Je lève ma fourchette en guise de salut, tel Neptune et son trident, tout en continuant mon repas. Ils descendent lentement vers le café. Il se pourrait que j’y aille moi-même ensuite, je verrai bien. En tout cas, je n’ai pas envie de me pencher plus longtemps sur la machine à écrire. Le dîner fini et la bouteille de bière vidée, je reste un moment à regarder en l’air. J’entends l’appel d’un courlis sur la lande. Il y en a qui veulent se mettre à les chasser pour les manger et qui ont écrit là-dessus des articles inspirés dans les journaux. C’est une des choses que j’ai le plus de mal à pardonner aux aristocrates anglais qui sont venus ici : le fait d’avoir tiré sur les oiseaux de la lande. Même William Morris bouffait des pluviers dorés en quantité. Une croyance populaire japonaise veut que lorsque les assassins d’oiseaux passent l’arme à gauche, tous les volatiles qu’ils ont abattus les attendent de l’autre côté, et ce n’est pas un comité d’accueil des plus tendres. Le maître pyrograveur Shiko Munakata (qui était presque aveugle) a fait toute une série de gravures sur ce sujet. À l’en croire, mieux vaut se restreindre en matière de tuerie d’oiseaux.
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BookycookyBookycooky   22 septembre 2020
C’est vrai ce qu’a dit Oscar Wilde: n’importe qui peut écrire un roman, s’il dispose d’une ignorance suffisamment vaste de la vie et de la littérature.
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NieleNiele   20 octobre 2020
J’ai eu le sentiment de faire une trouvaille quand je l’ai ramassé dans le terreau pour l’emporter. Je l'ai fait frire au beurre, non salé, et pendant qu'il grésillait, il m’est venu à l’esprit que j’étais en train d’imiter mon père, sans l’avoir prémédité. Je n’ai pas éprouvé le moindre effet secondaire après avoir mangé le champignon et j’ai fait un très beau rêve pendant la nuit, un rêve particulièrement artistique qui faisait penser à une pochette de vieux vinyle des années 1960-1970. La jouissance psychédélique se cache partout dans la nature.
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