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Alain Jumeau (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070342077
Éditeur : Gallimard (04/02/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Daniel Deronda (1876) est le dernier roman de George Eliot, la plus grande romancière de l'époque victorienne, connue pour ses positions féministes et la profondeur de ses analyses psychologiques. George Eliot ne s'y limite plus à l'exploration d'un microcosme géographique et social, mais présente des catégories sociales nouvelles, tout en s'ouvrant largement sur le monde. Située dans un passé proche du temps de la narration, l'histoire est traversée par les mouveme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
  10 février 2018
Il y a quelques mois j'ai fait connaissance avec George Eliot, j'ai aimé son style, son art de dresser de beaux portraits psychologiques.
Il était temps de la retrouver dans son roman sans doute le plus abouti mais aussi celui qui souleva le plus de polémiques.
Middlemarch nous avait emporté dans une ville de province, ici c'est l'Europe qui est le terrain de jeux de George Eliot. On voyage de l'Angleterre aux villes d'eaux allemandes, de Gênes à New-York.
La romancière de plus joue avec la chronologie classique de façon un peu déroutante au début du roman et elle y intègre les grands événements de l'époque : la guerre de Sécession et les péripéties de l'indépendance italienne.
Mais venons en au coeur du roman.
Le personnage central, comme le titre l'indique, est Daniel Deronda, un beau jeune homme, c'est le héros type, jeune aristocrate un brin idéaliste, bon, chevaleresque avec les dames, intelligent.
Mais l'auteur aime les détours aussi le personnage qui apparait en premier c'est Gwendolen Harleth.
Dans une station balnéaire en Allemagne Gwendolen perd son argent à la roulette et dans le même temps apprend que sa famille est ruinée et que seul un mariage pourrait lui permettre de sortir de cette impasse. La jeune fille belle et pleine d'esprit est ainsi poussée dans les bras d'un homme riche, Mr de Grandcourt, qui va lui mener une vie impossible, un mari que l'on qualifierait aujourd'hui de manipulateur pervers !
C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Daniel Deronda qui va tenté de soutenir la jeune femme enferrée dans un mariage désastreux.
Si d'Deronda est brillant, il est aussi inquiet car il redoute d'apprendre la vérité sur sa naissance. Il aime et respect son tuteur, Hugo Mallinger, mais soupçonne qu'il est son fils illégitime, un bâtard, ce qui dans la société de l'époque est pire que tout.
En preux chevalier il a sauvé la vie à une jeune fille, Mirah, qui tentait de mettre fin à ses jours. Il la confie à une famille amie et petit à petit apprend son histoire. Il fait ainsi connaissance avec un milieu bien différent du sien, Mirah est juive et artiste.
Il va peu à peu être fasciné par le judaïsme, ses pratiques religieuses, sa culture et sa littérature. Il devient ami avec Mordecaï le frère de Mirah.

L'intrigue romanesque est agréable à suivre mais ce qui fait l'intérêt de ce roman c'est surtout le rôle de passeur de Daniel Deronda, passeur entre deux cultures, entre deux traditions religieuses.
En Italie quelques années auparavant Giuseppe Verdi a créé Nabucco et son célèbre choeur des Hébreux inspiré du Psaume 137.
Le sujet était osé pour l'époque et a dérouté bien des lecteurs de George Eliot.
Ce roman est une belle et grande fresque qui s'aventure en terrain inexploré. C'est un volet de l'histoire des juifs anglais plutôt nouveau dans la littérature de l'époque, même si Benjamin Disraéli a été nommé premier ministre, les juifs étaient toujours victimes des préjugés les plus habituels.
Ainsi le rêve de Mordécaï d' « une nouvelle Judée, située entre l'Est et l'Ouest - une alliance de réconciliation - un lieu d'arrêt des inimitiés, un terrain neutre » reflète l'intérêt de l'auteur pour ce sujet et son absence de préjugé, elle publia un essai contre l'antisémitisme ce qui n'était pas franchement dans l'air du temps.
Quelques années plus tard Théodore Herzl va écrire et militer pour la création d'un état juif et plus tard encore le gouvernement anglais par la voix de Lord Balfour « va envisager favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous efforts pour faciliter la réalisation de ce projet, étant bien entendu qu'il ne sera rien fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine et aux droits et au statut politique dont jouissent les juifs dans tout autre pays. »
Roman ambitieux et profond. George Eliot n'a pas sa pareille pour la profondeur des analyses psychologiques de ses personnages.
Ici elle élargit considérablement son éventail en se tournant vers des catégories sociales jamais mises en avant sauf parfois pour les caricaturer.
Si vous ajoutez à cela qu'elle fait d'un bâtard le héros du livre et qu'elle dépeint le mariage comme un enfer pour la femme ! Il y a là tous les ingrédients d'un livre scandaleux.
J'ai vraiment beaucoup d'admiration pour George Eliot, non seulement pour son talent d'écrivain mais aussi pour sa curiosité et son courage.
La BBC a fait une adaptation du roman mais hélas il n'y a pas de version sous-titrée en français.


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ignatus-reilly
  26 mai 2011
Pourquoi les jeunes filles sont-elles obligées de se marier ?
C'est la question que se pose Gwendolen Harleth, l'une des protagonistes de ce roman .
Daniel Deronda, lui, est un jeune homme, élevé par Sir Mallinger, dont il pense être le fils illégitime
Et enfin, Myrah est une jeune juive désespérée, sauvée du suicide par Deronda. Elle recherche sa mère et son frère dont elle a été séparée toute petite par la volonté de son père.
Outre la bonne société victorienne, George Eliot dresse un tableau de la communauté juive en Angleterre .
Plusieurs thématiques sont développées : la condition féminine et ce que les femmes peuvent attendre ou craindre du mariage, les différentes religions et notamment la religion juive, l'opposition du bien et du mal à travers Deronda et Myrah (le bien), Grandcourt (le mal). Il est plus difficile de situer Gwendolen, elle est plutôt égoïste, orgueilleuse, arrogante et terriblement sûre de son pouvoir et de ses capacités. C'est le personnage le plus complexe. Elle ne veut pas être une femme comme les autres, elle veut vivre sa vie comme elle l'entend, ne surtout pas se soumettre mais faire ses propres choix et acquérir cette liberté implique de faire souffrir autrui.
Pour caricaturer , on pourrait dire que le coeur de Deronda oscille entre le bien et le mal, entre Gwendolen la blonde et Myrah la brune.
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maylibel
  18 juillet 2012
Le titre de ce roman peut s'avérer au début de la lecture assez trompeur car dans ce premier volume, George Eliot nous raconte davantage l'histoire de Gwendolen Harleth, jeune fille ruinée dont le héros éponyme fait la connaissance au cours de l'incipit : elle joue à la roulette tandis que lui l'observe. Au-delà de ces personnages, l'auteure nous brosse d'ailleurs un fascinant tableau de la société victorienne en donnant vie à de nombreux personnages secondaires : ainsi, Daniel sauve la vie d'une jeune fille juive, Mirah, alors qu'elle tente de se noyer, introduisant peu à peu dans son ouvrage une réflexion sur ce qu'est qu'être juif. Gwendolen est quant à elle courtisée par un héritier, M. Grandcourt, qui s'avère avoir déjà une amante et quatre enfants, ce qui permet à George Eliot d'évoquer le sort difficile des femmes ayant eu des enfants hors mariage à cette époque.
Les cinq cents pages du premier volume comportent des longueurs, notamment dans les descriptions. le personnage de Gwendolen est étonnant d'orgueil, mais non dénué de courage ; quant à celui de Daniel Deronda, il apparaît comme juste et bon, assez intéressant mais il faut sans doute se reporter au deuxième volume pour en apprendre davantage. C'est ce à quoi je vais m'atteler désormais.
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AliceFee
  13 mai 2012
• Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Daniel Deronda?
"Je fais la connaissance de Daniel Deronda à l'époque où je cherchais encore un auteur qui pourrait se rapprocher de l'univers de Jane Austen, de sa plume et de son génie. Depuis, j'ai compris que cela n'existait pas!"
• Dites-nous en un peu plus sur son histoire...
"Daniel Deronda a été élevé par un gentleman anglais mais ne connaît rien de ses véritables origines. Il va peu à peu être tiraillé entre deux mondes et deux traditions très différentes, représentés par deux rencontres marquantes dans sa vie, Mirah et Gwendolen."

• Mais que s'est-il exactement passé entre vous?

"Il est une fois encore très difficile de vous expliquer ce que j'ai aimé dans ce livre et ce qui m'a déplu, sans vous dévoiler le dénouement! Personnellement, j'ai toujours pensé qu'un livre de plus de 1000 pages bénéficierait largement de quelques coupes, et Daniel Deronda me conforte dans cette idée. On n'en finit plus de descriptions, de questionnements philosophiques et de débats théologiques. Heureusement, ils sont tout de même intéressants et rendus par la plume efficace de George Eliot, mais je n'y peux rien, je préfère l'action! Quant aux personnages, on se demande un moment pourquoi le livre ne s'appelle pas plutôt Gwendolen Harleth qui est finalement selon moi le personnage le plus intéressant de l'histoire, celui qui présente le plus de relief et d'évolution."
• Et comment cela s'est-il fini?
"J'ai été assez surprise et déçue de la fin. Cela ne change pas le fait que c'est un livre que j'ai globalement apprécié mais il y a petit peu de lâcheté et d'inachevé dans ces dernières pages selon moi, un certain manque de passion également..."
Lien : http://booksaremywonderland...
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ElizaLectures
  02 août 2011
Prévoyez du temps pour lire Daniel Deronda, car ce n'est pas un roman qu'on lit en pointillés ! Gwendolen Harleth est une jeune fille vive et pleine d'esprit, au caractère bien affirmé. Un revers de fortune la pousse dans les bras du riche Mr Grandcourt, avec lequel elle sera vite malheureuse, tandis qu'elle développe une profonde amitié pour Daniel Deronda, le pupille de sir Hugo Mallinger. Alors que Daniel éprouve une réelle fascination pour Gwendolen, qui se débat comme un animal blessé entre son mari et la maîtresse de celui-ci, il sauve de la noyade une jeune juive, Mirah, et découvre un monde complètement différent auprès de sa famille, fait de douceur et d'humilité. Animés par une foi solide et portés par l'espoir d'un retour en Israël, Mirah et son frère Mordecai bouleversent les pensées de Daniel, et vont avoir une influence décisive sur son avenir, comme le montrera le dénouement (attendu mais non moins passionnant) du roman.
Cette grande fresque, avec un volet de l'histoire des juifs anglais plutôt nouveau dans la littérature de l'époque, n'est pas animée que par le tourbillon des sentiments. George Eliot, en fine observatrice des moeurs et des actions de chacun, dépose sur leurs routes quantités d'obstacles à surmonter pour mieux faire émerger leur caractère. Un roman magnifique, porté par un véritable souffle, qu'on lit d'une traite !
Lien : http://passionlectures.wordp..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ignatus-reillyignatus-reilly   26 mai 2011
Elle était maintenant persuadée qu'il avait l'intention de s'intéresser à elle, de marquer son admiration pour elle de façon évidente ; et il commençait à sembler probable qu'il serait en son pouvoir de le refuser ; c'était donc un plaisir de calculer les avantages qui rendraient ce refus splendide, en estimant M. Grandcourt au maximum de sa valeur.
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ignatus-reillyignatus-reilly   14 mai 2011
C'est pourquoi je sois obligée de me demander si, même privée de son charme puissant et de sa situation filiale particulière, Gwendolen n'aurait quand même pas joué la reine en exil, si seulement elle avait conservé l'énergie innée de son désir égoïste et sa capacité d'inspirer la crainte de ce qu'elle pouvait dire ou faire.
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ignatus-reillyignatus-reilly   14 mai 2011
Il est possible de ressentir un vif amour de soi sans être satisfait de soi et même en étant d'autant plus mécontent de soi que l'on se soucie au plus haut point de son petit noyau de sensibilité égoïste ; mais Gwendolen ne connaissait rien d'un tel conflit intérieur.






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ignatus-reillyignatus-reilly   26 mai 2011
Les erreurs de son comportement avec Deronda étaient dues à une absence de sensibilité à l'égard de se qui pouvait se passer dans d'autres esprits, surtout des esprits d'enfants, ce qui faisait partie des faiblesses les plus répandues, même chez des hommes bien disposés comme lui, lorsque la vie s'est montrée en général confortable pour eux et qu'ils ont dépensé tranquillement leur énergie en vue de se sentir heureux.
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ignatus-reillyignatus-reilly   26 mai 2011
La sensibilité précoce de Deronda, chargée au départ d'une indignation spontanée et d'une fierté rebelle, avait suscité chez lui une réflexion prématurée sur certaines questions de la vie ; elle avait donné une orientation à sa conscience, une sympathie pour certains maux, et une volonté tendue dans certaines directions, qui le distinguait des autres jeunes bien plus que tous les talents qu'il possédait.
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Videos de George Eliot (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Eliot
Pour son dernier livre, Mona Ozouf rend hommage à l?écrivain britannique George Eliot. le portrait d?une femme affranchie et talentueuse, à l?image de sa contemporaine George Sand. Retrouvez « L?autre George » aux éditions Gallimard.
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Ce roman a été adapté par la BBC en 1991 avec Iain Glen, Susannah Harker et Patsy Kensit :

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