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Alain Jumeau (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070426270
Éditeur : Gallimard (13/02/2003)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Ce sommet de l'histoire du roman anglais (qui en compte d'ailleurs beaucoup) date de 1860. Le thème principal en est l'amour tragique entre un frère et une sœur, qui se brouillent, pour se réconcilier dans la mort. Entre-temps, la jeune fille a été amoureuse d'un infirme, puis du fiancé de sa cousine : mal lui en prendra.
Le meilleur du livre est dans la peinture poétique de l'existence quotidienne la plus humble, dans "le sentiment de la question mystérieu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
migdal
  08 septembre 2018
Voici un roman qui nous en offre deux en un !
La première moitié évoquant l'adolescence de Maggie et de Tom, son frère ainé, au sein d'une famille menacée par la ruine, et l'impossible amitié entre Maggie et le fils de l'adversaire de son père … plonge le lecteur dans une idylle à la Roméo Juliette, localisée dans l'Angleterre Victorienne rurale.
La seconde partie, quelques années plus tard, voit Maggie devenue adulte et fort séduisante, capter l'attention des hommes et briser les coeurs « à l'insu de son plein grè ». Riche analyse psychologique, nourrie par la vie de son auteur Mary Ann Evans, obligée de se cacher sous le pseudonyme de George Eliot, pour échapper à l'opprobre dans lequel sa liaison avec George Lewes l'avait jetée.
Les pages décrivant l'exécration familiale et publique blessant Maggie, et par ricochet le pasteur, sont d'une saisissante actualité et font du Moulin sur la Floss un chef d'oeuvre à relire de toute urgence en notre époque de délation virale, de rumeurs et de fake news.
Le dénouement, particulièrement triste, de ces sept cents pages contribue au souvenir inoubliable que laisse ce livre apprécié de Proust et de l'impératrice Victoria.
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AgatheDumaurier
  24 mai 2018
Grand roman, beaux personnages...Pourtant, à la relecture, je me demande où George Eliot a exactement voulu en venir et quel est le thème réel de son texte.
Tout part de l'opposition de caractère entre Tom et Maggie Tulliver, sa soeur. L'un incarne la raison, la justice, le devoir (d'ailleurs, il ne tombe pas amoureux) et l'autre la passion, l'émotion, l'empathie (elle n'arrête pas de tomber amoureuse de tout et n'importe qui, surtout ceux qu'il lui est interdit d'aimer : le fils bossu du notaire qui a ruiné son père, le fiancé ténébreux de sa cousine Lucy, une des seules personnes qui l'aime et la soutient comme une soeur. C'était à prévoir : pendant son enfance, Maggie avait fait exprès de faire tomber Lucy dans la boue, parce que Tom la punissait en ne lui adressant pas la parole et en ne s'adressant qu'à la douce Lucy. On le voit, les deux frères et soeurs sont coriaces à fréquenter.
Ils ont un moulin sur la Floss...Mais les vicissitudes de la fortune et le caractère emporté de Mr. Tulliver les ruine. A me lire, on dirait que les deux zouaves sont des petits démons, mais ce n'est pas du tout ainsi qu'ils sont présentés. Maggie est une héroïne très tourmentée, torturée, consciente de son "devoir", mais emportée par des passions qui la dépassent et qu'elle n'assume pas (à la différence de la Cathy d'Emily Brontë, dans une certaine mesure). Tom est rigide, droit, mais c'est lui qui détient la force dans la famille...Tout cela est embrouillé, car je ne trouve toujours pas le centre magnétique de tout cela. George Eliot aborde la condition des femmes, les préjugés envers elles, qu'elle démonte à force d'ironie, la bassesse et la mesquinerie de la société à travers le microcosme où évoluent les personnages principaux, soumis aux commérages des voisins, à l'avarice et à la stupidité de leurs proches, tous sexes confondus...Elle aborde la nostalgie de l'enfance, la force des passions, la force du devoir...Mais il y a quelque chose qui m'échappe, qui tient à Tom et Maggie, que je ne comprends pas, et qui ne m'avait pas frappée la première fois. Il faudra donc que je le relise, ce qui sera un grand plaisir.
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Gwen21
  13 mai 2019
Plus connue pour son roman "Middlemarch", George Eliot signe toutefois ici un roman tout aussi complet et fascinant. Difficile de garder à l'esprit qu'il s'agit seulement de son second roman tant le style est affirmé et la construction romanesque sans lacune.
George Eliot est une femme de lettres anglaise plutôt mal connue des lecteurs français mais adulée par les lecteurs britanniques et on ne saurait leur tenir rigueur de ce favoritisme tant la vie et la carrière de George Eliot sont riches de rebondissements et de productions, ces dernières d'une profondeur psychologique louée à la fois par les critiques et les lecteurs.
Le réalisme tant vanté de ses descriptions imprègne ses romans d'une couleur très particulière et l'humour plein de mordant - qui n'est pas sans rappeler Jane Austen - rend ses personnages extrêmement attachants.
Dans "Le moulin sur la Floss", le lecteur suit l'enfance puis la jeunesse de Maggie, enfant mal dans sa peau et incomprise, très dépendante de l'affection de son frère Tom, facétieux et plutôt égoïste. Au fil de leurs deux jeunes existences, les rencontres, les rancoeurs et les événements vont leur tisser un avenir complexe qui ne sera pas simplifié par leurs affections sentimentales.
Le personnage de Maggie m'a irrésistiblement fait penser à celui de Bathsheba Everdene ("Loin de la foule déchaînée", Thomas Hardy) dans son besoin d'indépendance coriace. Une figure féminine superbe et d'une modernité époustouflante pour l'époque, rappelons que "Le moulin sur la Floss" est paru en 1860. D'ailleurs, pour moi il ne fait pas l'ombre d'un doute que George Eliot a inspiré un très grand nombre d'écrivains, à commencer par mon bien-aimé Thomas Hardy.
Je recommande très vivement ce roman, un classique à l'envergure universelle et intemporelle.

Challenge PAVES 2019
Challenge XIXème siècle 2019
Challenge NOTRE-DAME de Paris
Challenge MULTI-DÉFIS 2019
Challenge ABC 2018 - 2019
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PiertyM
  28 mai 2019
De la même manière que j'ai été éblouie par l'écriture majestueuse de George Elliot en lisant Middlemarch, de la même manière je viens d'être frappée de charme pour Le moulin sur la Floss avec une Maggie paraissant dénaturée par rapport à son époque, car il n y rien de plus valeureux à ses yeux que l'instruction. Une prouesse que je reconnais à cette auteure, c'est qu'elle a cette magie de dresser minutieusement le portrait de ses personnages sans nous entraîner dans une certaine forme de lassitude. On prend le temps de les découvrir, de les côtoyer, de les connaître, forcément on s'attache à eux. L'auteure développe autant de thèmes dans ce livre qu'il se présente au lecteur le véritable tableau de la vie de l'époque, partant de la vie quotidienne à la vie familiale, en passant par la vie en communauté qui peut subir l'incidence de certains tempéraments bouillants, ou de certaine puissance de naissance ou de position.
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LiliGalipette
  02 juillet 2016
Maggie Tulliver grandit dans le moulin de ses parents avec son frère Tom qu'elle aime et admire profondément. « Je l'aime plus que n'importe qui au monde ! Quand nous serons grands, j'irai habiter avec lui et je tiendrai son ménage. Nous vivrons toujours ensemble. » (p. 32) Mais Thomas est toujours prompt à réprimander sa petite soeur et les deux enfants se disputent souvent, le caractère bouillant et emporté de Maggie n'arrangeant rien. « Elle souciait fort peu d'avoir de jolis cheveux, mais elle entendait qu'on appréciât son intelligence et qu'on ne la réprimandât pas toujours à propos de tout. » (p. 67) Quand il est envoyé chez le révérend Stelling pour suivre une éducation très classique, Tom se détache de Maggie, mais prend fait et cause pour son père qui s'embourbe dans un procès compliqué. Hélas pour la famille Tulliver, la cause est perdue et tous les biens vendus. le père Tulliver, diminué par une attaque, ne peut plus vraiment subvenir aux besoins des siens et il fait promettre au jeune Tom de rembourser les dettes de la famille et de restaurer l'honneur des Tulliver. Avec acharnement, Tom économise chaque sou et entretient en son coeur une haine farouche contre l'avocat Wakem, responsable de la ruine des Tulliver, et contre son fils Philip, un jeune homme bossu. « Supposer que Wakem éprouvait pour Tulliver une haine semblable à celle que celui-ci lui portait serait supposer qu'un brochet et un gardon peuvent se considérer l'un et l'autre d'un même point de vue. » (p. 257) Pour ne rien arranger, Maggie devenue une belle jeune fille s'éprend de Philip Wakem, puis du fiancé de sa cousine, la charmante et douce Lucy, deux sentiments qui ne causeront que tourments et malheurs.
En khâgne, j'ai beaucoup souffert sur certains passages en version originale de ce roman. Treize ans plus tard, il était temps que je m'attaque à la version intégrale et traduite – autant se faciliter la tâche. Ce roman est un monument de la littérature anglaise et je le comprends tout à fait. Mais je n'ai pas été emportée par ce texte comme par d'autres classiques. J'ai constamment plaint cette pauvre Maggie qui réfrène ses sentiments pour plaire à son père et à son frère. Elle est la victime expiatoire d'une querelle qu'elle n'a jamais faite sienne. Les idées définitives de Tom et de son père rendent difficile tout attachement à ces personnages masculins qui se retrouvent dans la même humiliation butée et le même désir de vengeance. Il y a toutefois des passages délicieusement ironiques quand les soeurs de Mrs Tulliver et leurs époux entrent en scène. Tout ce petit monde très pénétré de son importance est parfaitement méprisable. La fin du roman, éminemment tragique, voit l'ultime réconciliation entre Tom et Maggie que la vie et l'orgueil n'avaient cessé de séparer. Je suis finalement contente d'avoir poursuivi ma lecture jusqu'au bout. Et j'ai beaucoup pensé à mon jumeau avec ce roman : nous sommes bien loin d'avoir les relations houleuses de Tom et Maggie, mais nous ne voyons pas assez souvent, c'est certain.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
AustralAustral   05 décembre 2012
Nos vies sont tellement liées entre elles qu'il est absolument impossible que les fautes des uns ne retombent pas sur les autres ; même la justice fait ses victimes, et nous ne pouvons concevoir aucune punition qui ne s'étende en ondulations de souffrances non méritées bien au delà de son but.
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YsYs   28 juillet 2015
La timidité d'un garçon n'est en aucune manière le signe d'un respect puissant ; et, tandis que vous lui faites des avances pour l'encourager, avec l'idée qu'il est subjugué par la conscience de votre âge et de votre sagesse, il y a gros à parier qu'il vous trouve extrêmement bizarre. La seule consolation que je puisse vous proposer, c'est que les jeunes garçons grecs pensaient probablement la même chose d'Aristote.
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AustralAustral   04 décembre 2012
Ce sont précisément les hommes les plus fiers et les plus obstinés qui cherchent à tourner les difficultés de leur position et qui se contredisent d'une manière soudaine : tout leur est plus facile que d'envisager le simple fait qu'ils ont été complètement battus et qu'il faut recommencer la vie à nouveau.
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AustralAustral   10 décembre 2012
Ici, on trouve les idées et les habitudes d'un monde de convention sans instruction et sans vernis, ce qui est certainement la forme la plus prosaïque de la vie humaine ; une orgueilleuse position de fortune se pavanant dans une voiture passée de mode ; de la mondanité sans ses brillants accessoires.
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AustralAustral   03 décembre 2012
Il est douteux que nous pussions avoir des soldats, si nous n'avions chez nous des gens pacifiques qui s'imaginent pouvoir être militaires. La guerre, comme d'autres spectacles dramatiques, pourrait peut-être cesser faute d'un public.
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Videos de George Eliot (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Eliot
Pour son dernier livre, Mona Ozouf rend hommage à l?écrivain britannique George Eliot. le portrait d?une femme affranchie et talentueuse, à l?image de sa contemporaine George Sand. Retrouvez « L?autre George » aux éditions Gallimard.
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Ce roman a été adapté par la BBC en 1991 avec Iain Glen, Susannah Harker et Patsy Kensit :

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The Mill on the Floss (Le Moulin de la Floss)
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