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Alexandre François d' Albert-Durade (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070426270
733 pages
Gallimard (13/02/2003)
3.94/5   189 notes
Résumé :
« Relire les romans de George Eliot nous procure toujours la même énergie et la même chaleur, à tel point qu’on ne veut plus la quitter. » (Virginia Woolf)

Élevée au moulin de Dorlcote, dans les paysages verdoyants du Lincolnshire, la toute jeune et idéaliste Maggie Tulliver forme avec son frère Tom un couple lié par un amour indestructible.

Ce lien est pourtant mis à mal après la mort de leur père, que la faillite a contraint à vendre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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Nous entrons dans la famille Tulliver en 1860 . Le père exploite un moulin sur la Floss, une rivière bien capricieuse mais nécessaire pour le moulin.
Les parents Tulliver ont deux enfants, Tom et Maggie.
Mr Tulliver veut absolument que Tom reçoive une bonne instruction.
Tom et Maggie se chamaillent déjà beaucoup dans l'enfance et se brouilleront pour une très longue période par la suite.
Maggie est une passionnée qui se verra rejetée par la société et par sa famille. Elle sera dans les critiques, comparée à George Eliot elle-même qui menait une existence décriée pour l'époque.
Tom lui, devra abandonner sa belle instruction pour venir en aide à son père, ruiné par un procès qui voulait le priver de l'irrigation par l'eau de la Floss.
Le livre est découpé en sept parties qui constituent des livres à eux seuls.
L'écriture est magnifique mais surtout, George Eliot a de l'humour, dépeint merveilleusement la campagne et le milieu humble de la famille Tulliver, leurs habitudes de vie.
En lisant le livre, j'ai ressenti le même plaisir qu'en observant un tableau de maîtres flamands mais cette fois du XVIIème siècle où on observe les habitants et leurs traditions.
Un très beau roman, très imposant. C'est pour cela que je l'ai lu en plusieurs parties car il me restait encore un exemplaire tout jauni du lycée et je tenais à redécouvrir le roman de façon plus approfondie
Celui-ci, tout neuf, je l'ai reçu des éditions Archipel : Archipoche, envoyé par Mylène que je remercie beaucoup.
Il paraîtra un peu en retard le 4 juin, je crois.

Challenge 19ème siècle
Challenge pavés
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Voici un roman qui nous en offre deux en un !

La première moitié évoquant l'adolescence de Maggie et de Tom, son frère ainé, au sein d'une famille menacée par la ruine, et l'impossible amitié entre Maggie et le fils de l'adversaire de son père … plonge le lecteur dans une idylle à la Roméo Juliette, localisée dans l'Angleterre Victorienne rurale.

La seconde partie, quelques années plus tard, voit Maggie devenue adulte et fort séduisante, capter l'attention des hommes et briser les coeurs « à l'insu de son plein grè ». Riche analyse psychologique, nourrie par la vie de son auteur Mary Ann Evans, obligée de se cacher sous le pseudonyme de George Eliot, pour échapper à l'opprobre dans lequel sa liaison avec George Lewes l'avait jetée.

Les pages décrivant l'exécration familiale et publique blessant Maggie, et par ricochet le pasteur, sont d'une saisissante actualité et font du Moulin sur la Floss un chef d'oeuvre à relire de toute urgence en notre époque de délation virale, de rumeurs et de fake news.

Le dénouement, particulièrement triste, de ces sept cents pages contribue au souvenir inoubliable que laisse ce livre apprécié de Proust et de l'impératrice Victoria.

PS : mon regard sur : Une passion pour George Eliot
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Grand roman, beaux personnages...Pourtant, à la relecture, je me demande où George Eliot a exactement voulu en venir et quel est le thème réel de son texte.
Tout part de l'opposition de caractère entre Tom et Maggie Tulliver, sa soeur. L'un incarne la raison, la justice, le devoir (d'ailleurs, il ne tombe pas amoureux) et l'autre la passion, l'émotion, l'empathie (elle n'arrête pas de tomber amoureuse de tout et n'importe qui, surtout ceux qu'il lui est interdit d'aimer : le fils bossu du notaire qui a ruiné son père, le fiancé ténébreux de sa cousine Lucy, une des seules personnes qui l'aime et la soutient comme une soeur. C'était à prévoir : pendant son enfance, Maggie avait fait exprès de faire tomber Lucy dans la boue, parce que Tom la punissait en ne lui adressant pas la parole et en ne s'adressant qu'à la douce Lucy. On le voit, les deux frères et soeurs sont coriaces à fréquenter.
Ils ont un moulin sur la Floss...Mais les vicissitudes de la fortune et le caractère emporté de Mr. Tulliver les ruine. A me lire, on dirait que les deux zouaves sont des petits démons, mais ce n'est pas du tout ainsi qu'ils sont présentés. Maggie est une héroïne très tourmentée, torturée, consciente de son "devoir", mais emportée par des passions qui la dépassent et qu'elle n'assume pas (à la différence de la Cathy d'Emily Brontë, dans une certaine mesure). Tom est rigide, droit, mais c'est lui qui détient la force dans la famille...Tout cela est embrouillé, car je ne trouve toujours pas le centre magnétique de tout cela. George Eliot aborde la condition des femmes, les préjugés envers elles, qu'elle démonte à force d'ironie, la bassesse et la mesquinerie de la société à travers le microcosme où évoluent les personnages principaux, soumis aux commérages des voisins, à l'avarice et à la stupidité de leurs proches, tous sexes confondus...Elle aborde la nostalgie de l'enfance, la force des passions, la force du devoir...Mais il y a quelque chose qui m'échappe, qui tient à Tom et Maggie, que je ne comprends pas, et qui ne m'avait pas frappée la première fois. Il faudra donc que je le relise, ce qui sera un grand plaisir.
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Comment ne pas s'attacher à Maggie, cette héroïne romantique - et tragique- du 19ème siècle anglais? le pays est en pleine transformation industrielle, enrichissant ceux qui ont le nez creux et laissant sur le chemin les autres. le père et la famille de son père sont de ceux-là, tandis que les soeurs de sa mère, bien mariées, se voient évoluer dans le confort et l'opulence.
Maggie, notre héroïne, a depuis sa plus tendre enfance un caractère émotif, intense et impulsif qui lui apporte beaucoup de malheurs et une mauvaise opinion de la part de ses tantes; Rien pourtant ne la fera céder au conformisme. Particulièrement intelligente et douée, elle souffre de son statut de fille en ce siècle où les femmes se destinent à servir l'homme et le foyer. Sa rencontre avec le fils de l'ennemi numéro un de son père, Philip Wakem, va lui apporter un peu de cette élévation intellectuelle et artistique dont elle a tant besoin, mais aussi de la tendresse et de l'affection. Malheureusement, l'amour qu'elle porte pour son frère Tom, opposé à cette relation au nom de leur père, l'obligera à y renoncer.
On est au coeur d'un drame social et romantique tout au long de ce roman qui déroule inexorablement sa trame tragique. La faute aux convenances, au puritanisme de cette époque? Les personnages de ce roman en sont finalement, tous, plus victimes que coupables d'intolérance.
George Elliot dépeint avec beaucoup de subtilité et de sensibilité ces convictions propres à chacun d'eux qui les poussent à agir; Quant à Maggie, son intégrité, son attachement aux valeurs développées dans son enfance l'entraîneront malheureusement à sa perte.

Malgré quelques interventions empruntées au cours du récit de la narratrice que j'ai trouvées un peu passéistes et maladroites, , j'ai été happée par ce roman social mais aussi profondément romantique.
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Plus connue pour son roman "Middlemarch", George Eliot signe toutefois ici un roman tout aussi complet et fascinant. Difficile de garder à l'esprit qu'il s'agit seulement de son second roman tant le style est affirmé et la construction romanesque sans lacune.

George Eliot est une femme de lettres anglaise plutôt mal connue des lecteurs français mais adulée par les lecteurs britanniques et on ne saurait leur tenir rigueur de ce favoritisme tant la vie et la carrière de George Eliot sont riches de rebondissements et de productions, ces dernières d'une profondeur psychologique louée à la fois par les critiques et les lecteurs.

Le réalisme tant vanté de ses descriptions imprègne ses romans d'une couleur très particulière et l'humour plein de mordant - qui n'est pas sans rappeler Jane Austen - rend ses personnages extrêmement attachants.

Dans "Le moulin sur la Floss", le lecteur suit l'enfance puis la jeunesse de Maggie, enfant mal dans sa peau et incomprise, très dépendante de l'affection de son frère Tom, facétieux et plutôt égoïste. Au fil de leurs deux jeunes existences, les rencontres, les rancoeurs et les événements vont leur tisser un avenir complexe qui ne sera pas simplifié par leurs affections sentimentales.

Le personnage de Maggie m'a irrésistiblement fait penser à celui de Bathsheba Everdene ("Loin de la foule déchaînée", Thomas Hardy) dans son besoin d'indépendance coriace. Une figure féminine superbe et d'une modernité époustouflante pour l'époque, rappelons que "Le moulin sur la Floss" est paru en 1860. D'ailleurs, pour moi il ne fait pas l'ombre d'un doute que George Eliot a inspiré un très grand nombre d'écrivains, à commencer par mon bien-aimé Thomas Hardy.

Je recommande très vivement ce roman, un classique à l'envergure universelle et intemporelle.


Challenge PAVES 2019
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Challenge NOTRE-DAME de Paris
Challenge MULTI-DÉFIS 2019
Challenge ABC 2018 - 2019

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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Nos vies sont tellement liées entre elles qu'il est absolument impossible que les fautes des uns ne retombent pas sur les autres ; même la justice fait ses victimes, et nous ne pouvons concevoir aucune punition qui ne s'étende en ondulations de souffrances non méritées bien au delà de son but.
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En supposant même - bien que cette supposition fût invraisemblable - qu'aucune des choses racontées sur Maggie n'était vraie, du moment qu'on les avait racontées, elles avaient fait naître au sujet de cette jeune personne des doutes suffisants pour que s'écartent d'elle toutes les femmes soucieuses de leur réputation - et du bien de la société.
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Le bon vieux Noël, avec ses cheveux blancs comme neige et son visage rougeaud, avait accompli son devoir, cette année-là, de la plus belle façon ; il avait mis en valeur ses précieux dons de la chaleur et de la couleur par tout le puissant contraste de la neige et du gel.
La neige s'étendait sur l'enclos et les bords de la rivière, en ondulations plus douces que les membres d'un petit enfant ; elle s'étendait en ourlant très finement le bord de chaque toit en pente et faisait ressortir le rouge foncé des pignons ; elle pesait lourdement sur les lauriers et les sapins, jusqu'au moment où elle tombait dans un frisson sonore ; elle habillait de blanc le terrain accidenté où poussaient les navets et transformait les moutons en grosses taches foncées ;
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La timidité d'un garçon n'est en aucune manière le signe d'un respect puissant ; et, tandis que vous lui faites des avances pour l'encourager, avec l'idée qu'il est subjugué par la conscience de votre âge et de votre sagesse, il y a gros à parier qu'il vous trouve extrêmement bizarre. La seule consolation que je puisse vous proposer, c'est que les jeunes garçons grecs pensaient probablement la même chose d'Aristote.
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M. Glegg aussi, de son côté, avait une double source d'activité intellectuelle, qui promettait à tous égards d'être inépuisable. D'une part, il se surprenait par ses découvertes en histoire naturelle, car il estimait que son jardin renfermait des chenilles, des limaces et des insectes vraiment prodigieux qui, pour autant qu'il sût, n'avaient encore jamais suscité l'observation humaine ; et il constatait des coïncidences remarquables entre ces phénomènes zoologiques et les grands événements de cette époque. Par exemple, avant l'incendie de la cathédrale d'York, il avait remarqué de mystérieuses marques en forme de serpent sur les feuilles des rosiers, ainsi qu'une concentration inhabituelle de limaces, dont la signification l'avait intrigué, jusqu'à ce que la solution lui apparût tout à coup, grâce à ce triste incendie
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De quel écrivain le grand Marcel Proust disait ne pouvoir lire deux pages sans pleurer ? Avouez que ça donne envie ? Indice : c'est une femme qui porte un nom d'homme, elle est anglaise, et a illuminé le 19ème siècle…
« Middlemarch » de George Eliot, c'est à lire en Pléiade ou en poche chez Folio.
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Ce roman a été adapté par la BBC en 1991 avec Iain Glen, Susannah Harker et Patsy Kensit :

Middlemarch
The Mill on the Floss (Le Moulin de la Floss)
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