AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9780951375358
96 pages
Éditeur : (01/01/1900)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Quatre Quatuors est une composition riche qui élargit la vision spirituelle introduite dans « The Waste Land ». Ici, dans quatre poèmes liés ( “Burnt Norton,” “East Coker,” “The Dry Salvages” et “Little Gidding”), des thèmes philosophiques, spirituels et personnels émergent à travers des allusions symboliques et des références littéraires et religieuses orientales et occidentales. C'est l'apogée d'un homme considéré comme le plus grand poète du XXe siècle et l' une ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  07 avril 2020
"Words move, music moves
Only in time; but that which is only living
Can only die. Words, after speech, reach
Into the silence."
Rien ne vaut un aperçu, pour aborder cette tentative d'écrire quelques mots sur les "Quatre Quatuors" d'Eliot.
Ce long poème, une méditation sur la vie, le temps, la poésie ou tout simplement sur les mots a valu a son auteur le Prix Nobel de la littérature en 1948.
Quatre poèmes (appelés selon les endroits existants en Angleterre et aux Etats-Unis "Burnt Norton", "East Coker", "The Dry Salvages" et "Little Gidding") étaient d'abord écrits séparément, pour réapparaître ensemble en 1943 en tant que "Four Quartets".
T. S. Eliot (qui appartenait avec Joyce, Woolf ou Pound parmi les plus grands représentants de la littérature moderniste en langue anglaise) nous met ici devant son oeuvre la plus universelle, mais aussi la plus difficile à décrire.
On peut sourire en feuilletant ses "Practical Cats", ressentir une certaine tristesse en lisant sur le manque de substance et la désespérante vacuité de la vie d'une personne ("The Love Song of J. Alfred Prufrock"), des hommes en général (The Hollow Men"), ou de la civilisation entière ("The Waste Land"), mais les "Four Quartets" sont encore différents.
Comme le titre l'indique, la structure du poème est étroitement liée à la musique. Cette composition "musicale" est absolument brillante : quatre poèmes en cinq parties, changements fréquents de rythme, phrases qui débordent sur une autre ligne, motifs qui se répètent et reviennent cycliquement, tout comme ce "temps" dont Eliot nous parle.
On peut lire ce recueil comme un concert poétique; un quatuor où les instruments sont remplacés par quatre voix : on peut ainsi trouver un narrateur "lyrique", un autre plus "méditatif", le troisième se rapproche de la conversation ordinaire et le dernier nous renseigne d'une façon plus "didactique".
On peut alors passer d'un lyrisme enflammé du :
"The intolerable shirt of flame
Which human power cannot remove
We only live, only suspire
Consumed by either fire or fire."
directement au constat posé et paisible de la partie suivante :
"What we call beginning is often the end
And to make an end is to make a beginning.
The end is where we start from."
("Little Gidding", IV et V)
Pourtant, le poème n'a aucun véritable "narrateur" et ne raconte aucune histoire. Même ses (assez nombreuses) références n'ont pas besoin d'être expliquées comme dans "The Waste Land", car elles se fondent dans le texte pour créer quelque chose de définitivement universel. Certes, on peut trouver ces références géographiques dans les titres, et en fouillant un peu plus, aussi des allusions à l'arbre généalogique d'Eliot, aux textes bibliques, prière mariale, mais aussi à la Bhagavad-Gita ou aux textes mystiques du moyen-âge. Malgré tout, le résultat ne met pas en avant les préférences religieuses d'Eliot; c'est une pure méditation sur le temps et l'éternité, le mouvement et l'inertie, la vie et la mort.
On ne peut pas l'"expliquer", mais on peut se plonger dans sa sagesse paradoxale et le "revivre" à chaque nouvelle lecture, un peu comme quand vous appuyez sur "replay" quand votre morceau préféré est fini.
Eliot lui-même disait que l'obligation d'un poète est de taire humblement sa propre voix au profit d'une "voix supérieure", et d'agir comme un catalyseur d'une réaction alchimique.
Dans les "Four Quartets", cette alchimie opère comme nulle part ailleurs.
On ne peut pas donner plus de cinq étoiles, alors 5/5. Excellent et éternel Eliot. Elégant, édifiant, énigmatique, envoûtant, étourdissant et écrasant Eliot. Comme toujours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6214

Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
psechpsech   12 mars 2017
Pourtant l'enchaînement du passé et de l'avenir
Tissés dans la faiblesse du corps changeant
Protège l'homme du ciel et de la damnation
Que la chair ne peut supporter.
Le temps passé le temps futur
Ne permettent guère de conscience.
Être conscient c'est n'être pas dans la durée
Mais dans la durée seule le moment au jardin des roses,
Le moment sous la tonnelle où la pluie battait
Le moment dans l'église venteuse à l'heure où la fumée retombe
Peuvent être remémorés; enchevêtrés dans le passé et l'avenir
Et c'est dans le temps seul que le temps est conquis.
--
Yet the enchainment of past and future
Woven in the weakness of the changing body,
Protects mankind from heaven and damnation
Which flesh cannot endure.
Time past and time future
Allow but a little consciousness.
To be conscious is not to be in time
But only in time can the moment in the rose-garden,
The moment in the arbour where the rain beat,
The moment in the draughty church at smokefall
Be remembered; involved with past and future.
Only through time time is conquered.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
THonigerTHoniger   25 avril 2014
Nous n'aurons de cesse d'explorer,
Et la fin de toutes nos explorations
Sera de revenir à l'endroit d'où nous sommes partis
Et de connaître le lieu pour la première fois.
Commenter  J’apprécie          380
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   05 avril 2020
Do not let me hear
Of the wisdom of old men, but rather of their folly,
Their fear of fear and frenzy, their fear of possession,
Of belonging to another, or to others, or to God.
The only wisdom we can hope to acquire
Is the wisdom of humility: humility is endless.

("East Coker")
Commenter  J’apprécie          197
psechpsech   12 mars 2017
Le temps présent et le temps passé
sont tous deux présents peut-être dans le temps futur
et le temps futur contenu dans le temps passé.
Si tout temps est éternellement présent
tout temps est irrémissible.
Ce qui aurait pu être est une abstraction
qui ne demeure un perpétuel possible
que dans un monde de spéculation.
Ce qui aurait pu être et ce qui a été
tendent vers une seule fin, qui est toujours présente.
Des pas résonnent en écho dans la mémoire
le long du corridor que nous n’avons pas pris
vers la porte que nous n’avons jamais ouverte
sur le jardin de roses. Mes paroles font écho
ainsi, dans votre esprit.
Mais à quelle fin
troublent-elles la poussière d’une coupe de roses,
qu’en sais-je ?
---
Time present and time past
Are both perhaps present in time future
And time future contained in time past.
If all time is eternally present
All time is unredeemable.
What might have been is an abstraction
Remaining a perpetual possibility
Only in a world of speculation.
What might have been and what has been
Point to one end, which is always present.
Footfalls echo in the memory
Down the passage which we did not take
Towards the door we never opened
Into the rose-garden. My words echo
Thus, in your mind.
But to what purpose
Disturbing the dust on a bowl of rose-leaves
I do not know.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   21 mars 2020
For last year's words belong to last year's language
And next year's words await another voice.

(IV, "Little Gidding")
Commenter  J’apprécie          269

Videos de T.S. Eliot (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de T.S. Eliot
T. S. ELIOT – Une Vie, une Œuvre : La soif d'être (France Culture, 1997) Émission "Une Vie, une Œuvre", par Michel Cazenave, diffusée le 13 novembre 1997 sur France Culture. Invités : Marie-Christine Lemardeley, Bernard Brugière et Michaël Edwards.
autres livres classés : modernismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
898 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre