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Colton Worley (Illustrateur)
ISBN : 1606908499
Éditeur : Dynamite Entertainment (02/03/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
All small towns have secrets. All small towns have ghosts. Blackcross, in America's Pacific Northwest, has more secrets than most... and it is being haunted by something impossible. Gary Preston has burned himself to death by the lake, but there's no body. Bob Stewart receives chemical burns from a mailbomb, but in the shape of a skull and crossbones. Marietta Chesler practices her trade as a fake psychic medium, but is visited by a masked spirit in red. Something i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  24 mai 2018
Ce tome contient une histoire complète qui peut être lue sans connaissance préalable des personnages. Il contient les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2015, écrits par Warren Ellis, dessinés et encrés par Colton Worley, avec une mise en couleurs réalisée par Morgan Hickman. Les couvertures principales sont l'oeuvre de Tula Lotay. Ce tome comprend également les couvertures alternatives réalisées par Jason Howard, Jae Lee, Declan Shalvey (*6), Gabriel Hardman (*6), Colton Worley (*8), Darick Robertson.
Dans l'état de Washington, Gary Preston s'est rendu à proximité du lac Nedor. Il a garé son véhicule sur le chemin qui y mène. Il en est descendu. Il se tient au bord de l'eau et se dénude. Il s'asperge de carburant et sort une fusée de détresse. Il s'immole par le feu et pénètre dans l'eau du lac. La même nuit, l'agent spécial Bart Hill du FBI arrive sur les lieux d'un crime dans la même région. Il y retrouve 2 autres agents. Ensemble ils s'enfoncent dans les bois jusqu'à parvenir au pied du cadavre d'un homme adulte. L'assassin, un tueur en série, a laissé sa marque distinctive sur la victime : une étoile de David (ou un pentagramme) gravée sur son torse dénudé, et 5 lignes horizontales parallèles à côté, toujours sur le torse. Les enquêteurs lui ont donné le surnom d'Esprit de l'Amérique. Pour eux, le tueur se dirige vers une petite ville située au nord, appelée Blackcross. Dans une maison isolée, à proximité de cette ville, Marietta Chesler, une diseuse de bonne aventure, est en train de prendre un verre, et demande à Brett (son amant) de lui lâcher la grappe. En se retournant vers son miroir, elle voit y apparaître la silhouette d'une femme avec une robe rouge et un loup rouge, qui l'appelle Lady Satan et qui lui dit qu'elle doit les laisser entrer. Dans les bois, un homme en feu est en train de marcher.
Rob Benton se réveille d'un bond dans son lit, terrifié. Après être passé aux toilettes se rafraîchir, il consulte son téléphone et y trouve un texto d'un certain bl@ckt3rr0r lui indiquant que leur moment arrive. On frappe à sa porte, il va ouvrir à Chavis, député du shérif, qui vient effectuer son rendez-vous trimestriel pour vérifier que tout va bien, car Benton bénéficie du programme de protection des témoins (witsec). Puis Benton se rend à son boulot dans une supérette. Il accueille Erin qui livre les colis. Il en réceptionne un avec une étiquette indiquant qu'il contient des éthers formiques. Quelque part dans les bois l'agent du FBI Bart Hill a dormi dans sa voiture. Il est tiré de son sommeil par un appel de son supérieur qui lui indique que la situation a évolué à Blackcross et qu'il doit s'y rendre au plus vite.
En 2008, Alex Ross, aidé par Jim Krueger, décide de ramener sur le devant de la scène des superhéros du Golden Age, tombés dans l'oubli depuis. Il s'agit essentiellement de superhéros précédemment publiés par l'éditeur Nedor, et passés dans le domaine public. Il rassemble ces différents personnages (y compris ceux rapatriés d'autres éditeurs) sous le nom de Project Superpowers, ce qui donne lieu à une première minisérie Project Superpowers en 2008, suivie par d'autres consacrées à Black Terror, Death Defying Devil, Masquerade, et même aux supercriminels. le lecteur voit donc arriver ce nouveau projet un peu étonné que l'éditeur persiste dans la même voie, et il remarque qu'il est écrit par nul autre que Warren Ellis, scénariste iconoclaste, réputé pour ses intrigues ambitieuses, et assez exigeant vis-à-vis des dessinateurs. Effectivement l'entrée à la matière correspond bien à la manière d'écrire d'Ellis, avec un acte horrible et intriguant, un individu qui s'immole par le feu, sous l'influence d'une force qui s'exprime par une voix désincarnée.
Le lecteur comprend rapidement que quelques-uns des habitants de la petite ville de Blackcross entendent des voix ou subissent des apparitions troublantes qui correspondent à des manifestations des superhéros promis par le titre, ceux de l'éditeur Nedor, et plus précisément American Spirit, Black Terror, Death-Defying Devil, The Flame, Green Lama, Lady Satan et Woman in Red. Mais en fait le déroulement du récit est tel qu'il n'est pas besoin d'avoir une connaissance préalable de ces personnages pour pouvoir comprendre et apprécier le récit. En fait le lecteur qui attendrait des révélations sur eux en serait pour ses frais. Par contre, dès la première séquence, le lecteur peut constater que le scénariste ne va pas ménager la peine de l'artiste. Précédemment à ce récit, Worley avait déjà réalisé quelques histoires pour l'éditeur Dynamite, en particulier celles consacrées au personnage du Shadow, par exemple The Shadow now avec un scénario de David Liss. Avec cette première séquence muette de 6 pages, le lecteur découvre un artiste qui dessine de manière réaliste, avec des traits de contour un tout petit peu lâches, une utilisation intéressante des aplats de noir et des zones ombrées pour installer une atmosphère, et une très grande lisibilité de ses planches qui se comprennent du premier coup d'oeil.
Par la suite, Warren Ellis conçoit à nouveau régulièrement des séquences muettes comme un accident de la route sur 4 pages, une bagarre à coups de poing de 3 pages, l'apparition d'American Spirit au milieu de la route pour une séquence d'affrontement de 10 pages s'étalant sur 2 épisodes, etc. À chaque fois, Colton Worley construit ses pages pour coller à la nature des événements, pouvant alterner avec un découpage en cases traditionnelles, des cases de la largeur de la page, et même des cases de la hauteur de la page. le lecteur se projette facilement dans le monde qu'il décrit, car il insère un niveau de détails suffisant, avec une bonne authenticité que ce soit pour les véhicules ou pour les appareils (de cuisine ou de bureau, et même de l'hôpital) du quotidien. Il trouve le point d'équilibre entre la banalité du quotidien, les accessoires génériques et standardisés, et une atmosphère rurale, en particulier par la présence très marquée de la forêt. de même il représente des personnages ordinaires, à la fois dans leurs tenue vestimentaire (que ce soit l'uniforme de policier ou de livreur, ou dans des vêtements civils pratiques) et dans leurs postures qui sont naturelles et celles d'adultes normaux. En outre, il n'y a que lors de l'affrontement final dans le dernier épisode que le nombre d'arrière-plans vides se fait réellement sentir.
Il n'y a pas que dans l'introduction que Warren Ellis ait conçu une scène dérangeante. Colton Worley se retrouve donc à mettre en images d'autres moments où il doit savamment doser ses effets pour obtenir un état entre la réalité et le rêve, laissant planer le doute dans l'esprit du lecteur. La première scène au miroir est mise en scène de manière littérale, car le lecteur comprend bien qu'il ne peut pas s'agir d'une apparition littérale d'un spectre. Par la suite, la question continue de se poser de savoir ce que sont ces manifestations spectrales d'individus costumés qui ne sont perçus que par une poignée de personnes. Les dessins montrent bien que leur présence est incongrue dans un environnement aussi prosaïque. Ils amènent alors le lecteur à supputer sur la réalité de ce qui peut bien être à l'oeuvre. Au fil des épisodes, il s'aperçoit que le scénariste joue à un jeu roublard, dans lequel il ne donne pas beaucoup d'informations. En fait il introduit les différents personnages civils (Robert Benton, Bart Hill, Gary Preston, Jeff Dumont, Marietta Chesler, Maggie Allen) et leur situation sociale, mais sans en révéler plus. D'une certaine manière, il fait durer son suspense jusqu'au dernier épisode, où il révèle la clef de l'énigme. Au fil des pages, le lecteur ressent une forte impression de décompression, l'histoire se limitant à montrer la prise de conscience progressive des personnages civils, et quelques apparitions d'American Spirit.
Effectivement, il s'agit d'une oeuvre mineure de Warren Ellis dans la mesure où il a bâti une histoire de 6 épisodes, sur une seule idée, celle de ces apparitions mystérieuses des superhéros Nedor qui semblent être connectés aux personnages civils qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Ellis joue habilement sur le décalage entre ces 2 groupes pour faire naître une sensation d'horreur. Cela commence dès la première scène avec l'immolation par le feu. Par la suite, un civil décide d'attaquer physiquement un des superhéros en passe de réincarnation, à savoir Black Terror. Ce dernier se défend de toute ses forces, arrachant d'un coup de poing, la mâchoire inférieure de son assaillant, qui vole à travers la pièce. À nouveau, les dessins très prosaïques de Worley transcrivent eux aussi avec force l'horreur de moment. du coup s'il faut trouver un thème à ce récit, c'est celui de la monstruosité des superhéros disposant d'une force physique qui constitue un danger d'une magnitude incommensurable pour tout être humain normal.
Encore une fois, Warren Ellis revient aux superhéros pour une nouvelle interprétation. Avec les superhéros Nedor, il jouit d'une totale liberté, car l'éditeur Dynamite n'impose aucune forme de continuité. Effectivement, il propose un scénario construit sur une idée maline dont il tire le meilleur parti pour en faire s'exprimer toute l'horreur qui en découle. Colton Worley effectue un travail narratif très professionnel, et bien adapté à la nature du récit. Mais le lecteur ne peut s'empêcher d'observer que le scénariste s'est montré un peu paresseux, ou un peu optimiste en pensant qu'il y avait matière à 6 épisodes. du coup il décompresse son récit, laissant Worley faire parler la poudre. Ce dernier s'en acquitte bien, mais il ne peut pas masquer que 4 épisodes auraient suffi.
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